‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 286 sur 479 · SAINT · texte numérisé non relu

SAINT

Nous entendons par ce mot un fidèle que Dieu a admis à la participation de sa gloire dans le ciel (Voyez canonisation, images).

Nous remarquerons ici que la béatification diffère de la canonisation d'un saint, non en la manière de procéder à la vérification des vertus et des miracles , mais en ce que, par la béatification, le pape permet seulement de faire l'office d'un saint dans un ordre religieux, dans un diocèse ou dans une église particulière ; au lieu que , par la canonisation, le pape permet d'en faire la fêle dans toutes les églises catholiques. Le pape Benoit XIV a beaucoup écrit sur la canonisation des saints ; nous allons extraire ici quelque 4-hose de son savant ouvrage.

point de sépulture à Poly carpe f de peur que les chrétiens ne quittassent le crucifié poar honorer le corps du bienheureux martyr. Ils ne savaient pas que nous ne pouvions jaaais quitter Jésus-Christ, qui a souffrit pour h salut de lous ceux qui se sauvent par loatl* monde, ni en honorer un autre en sa place; car nous l'adorons parce qu'il est le Fils fa Dieu. Mais nous regardons les martyrs comme ses disciples et ses imitateurs, et sons les honorons avec justice, à cause de lear affection invincible pour leur maître et lear roi... Pour nous,» ajoutent-ils, qnand ils art raconté comment on brAla le corps de saiat Polycarpe , «nous retirâmes set o$ plus précieux que des pierreries , et nous les ralaws

§ 1. Origine de la canonisation des saints.

Dans les jours de persécution, les combats des martyrs fournissaient aux chrétiens des spectacles de religion. Ils accouraient en foule, pour être les témoins de ces victoires. Ils recueillaient les restes vénérables de ces victimes avec une avidité qui les décelait quelquefois aux tyrans. On s'assemblait dans la suite autour de ces dépôts sacrés , pour célébrer le jour de leur triomphe. On y lisait l'histoire de leur confession et de leurs souffrances. Les actes qu'on en avait dressés entretenaient un commerce d'édification entre les églises éloignées. Les monuments les plus authentiques et les plus vénérables par leur antiquité, nous instruisent de ce détail. On le trouve tout entier dans la lettre des fidèles de Smyrne aux Philadelphiens, sur la mort de saint Polycarpe, leur évéque , disciple de saint Jean l'évaugéliste.

« Les juifs ,» disent-ils , après le récit de sa détention et de sa mort, «inspirèrent à Nicelas , de prier le proconsul qu'on ne donnât

où il était convenable, où le Seigneur fera la grâce de nous assembler comme il nous sera possible, pour célébrer avec joit la fête de son martyre...» Que ne poavoasnous pas conclure d'un langage si clairl (ta croyait donc déjà , dans les plus beaux joos de l'Eglise naissante, qu'on devait honortc les saints : on conservait donc alors lem reliques comme des trésors. On s'assemblait donc déjà pour célébrer des fêtes le jour é% leur mort : tout ce qui nous reste de rooasments des trois premiers siècles , atteste di même le aille des saints martyrs. On pont»

rait compiler des volumes immenses de «s témoignages.

Le nom de confesseur se donnait alors aax chrétiens, quand ils avaient fait une pnn fession publique de la foi devant les persécuteurs. C'étaient des soldats de Jésus-Christ éprouvés par les supplices, à qui souvent H ne manquait que le dernier coup de la mort On a étendu ce litre, depuis la paix de l'Eglise, aux fidèles qui s'endorment dans le sein du Seigneur, après une vie passée dam la persévérance de toute justice, ou l'exercice d'une pénitence laborieuse. Ces saillis confesseurs sont entré* plus tard en partage des honneurs que la religion accorde à ses héros. Saint Martin de Tours parait en avoir joui le premier, du moins en Occident. On peut rapporter au commencement du cinquième siècle l'établissement de sa fêle. Elis était ancienne dans son église quand on y célébra le premier rom-ile, l'an U>1. c Cet « illustre pontife ne donna point son saog « pour la foi ,» dit Sulpice-Sévère, son historien et son disciple , « mais il ne lai manqH « rien que l'occasion de le répandre; 1 « cul toutes les vertus, et par conséquent, « il mérita toute la gloire des martyrs. »

C'est sur le même principe que TEgliss entière s'est appuyée pour faire honorer la mémoire de ses enfants les plus illustres, lorsque Dieu lui-même a pris plaisir à les glorifier dans le monde par des miracles éclatants. C'est aussi dans ces maximes de la plus ancienne doctrine, qu'il faut chercher l'esprit des formalités qu'on observe dans la canonisation des saints.

§ 2. De V autorité du pape dans la canonisation des saints.

Le culte des anciens martyrs fut

le

DICT10NNAIUE DE DROIT CANON

rail même n'avoir été généralement adopté que longtemps après.

Quoi qu'il en soit, cette réserve a depuis dos siècles entiers la force d un usage universel ; quelques provinces de l'Eglise gallicane, aussi jalouses de maintenir les prérogatives de l'épîscopat, que zélées pour la gloire du premier siège apostolique, déclarent même expressément dans un concile de Vienne, en demandant au pape Grégoire IX la canonisation de saint Etienne de Die : « Que l'excellence des mérites connus dans les serviteurs de Dieu, n'autorise point les fidèles à Us honorer publiquement après leur mort ; mais qu'il faut à leur culte l'approbation du souverain pontife. »

C'est pour des raisons importantes que nulle Eglise n'a réclamé contre ce changement de discipline. La sainteté de ceux <ju on donne pour objets à la vénération publique, ne pouvant jamais être trop assurée, c'est un avantage pour la religion que la sentence de Tévéque diocésain reçoive par les enquêtes des commissaires apostoliques, par les discussions du tribunal romain, et par le jugement du saint-siége, promulgué dans tout le monde catholique, une authenticité qui ne laisse rien à désirer. D'ailleurs un décret solennel émané de l'autorité supérieure, et qui s'étend à tout l'univers, annonce d'une manière plus éclatante et plus uniforme la gloire des bienheureux. Les fidèles répandus dans le monde entier apprennent plus tôt à profiter de leurs exemples et de leur intercession.

On attendait autrefois la célébration d'un coneile pour canoniser les saints. Cdalric le fut par Jean XV dans un concile de Latran ; saint Gérard par Léon IX, dans un concile romain; et saint Sturme par Innocent II dans le second de Latran. Cet usage avait alors force de loi. Le pape Urbain 11 déclare dans une de ses lettres, qu'il faut des miracles attestés par des témoins oculaires, et le consentement d'un synode général ; mais celte coutume est abolie. Le pape pronooee seul la sentence. Il est vrai que le consistoire général tient en quelque sorte lieu des anciens conciles, puisqu'on y prend les avis de tous les évéques qui se trouvent dans la capitale du monde chrétien.

On a réduit à sept articles tous les honneurs que l'Eglise fait rendre aux saints canonisés : 1* Leurs noms sont inscrits dans les calendriers ecclésiastiques, les martyrologes, les litanies, et les autres diptyques sacrés. S 9 On les invoque publiquement dans les prières et dans les offices solennels. 3* On dédie sous leur invocation des temples et des autels. k m On offre en leur honneur le sacrifice adorable du corps et du sang de Jésus- Christ. 5* On célèbre le jour de leur (été, c'est-à-dire l'anniversaire de leur mort. 6° On expose leurs images dans les églises, et ils y sont représentés la tête environnée d'une couronne de lumière, qu'on appelle auréole.

7* Enfin, leurs reliques sont offertes à la vénération du peuple, et portées avec pompe dans les processions solennelles.

C'est dans tout l'univers chrétien q culte est autorisé par le décret de leur nisalion. Quand le souverain pontife claré leur sainteté, cVsl un devoir poi les fidèles de la reconnaître, et de leur le juste tribut de respects dus à celle < sublime.

La béatification au contraire n'est rq que comme le préliminaire d'une caa lion. C'est une espèce de permission | soire, restreinte par sa nature à l'A des lieux, ou A la qualité des père Les serviteurs de Dieu reçoivent, cm quence de ce jugement, le titre de bit reux. Cne ville, une province, un onl diocèse peuvent alors les honorer s nom. Quelquefois on approuve un oflfc ticulier, qui ne se récite qu'en sccnH préjudicier à celui du jour. Mais il f induit du pape pour ériger des autels f nom, et même pour exposer dans une ou leurs portraits ou leurs reliques.

Un décret du pape Alexandre Vil, d née 1659, défend absolument d'élciub béatifiés les honneurs qu'on reud lég menlaux saints canonisés.

Le pape Urbain VIII, dans son déc 13 mars 1625, envoyé à tous les en défend 1* de peindre les personnes i en odeur de sainteté, la tête courons cercle de lumière, qu'on appelle ta d exposer leurs tableaux dans les saints, autels, églises et chapelles; 2* i blier les histoires de leur vie, des rel de leurs vertus et de leurs mincies l'approbation de l'évéque diocésain, I de personnes doctes et p feus es. S'ils dans le cours de ces ouvrages, qu'ont à son héros le titre de saint ou de M reux, il ne faut l'entendre que de la f tion ( t de l'excellence de ses mérites vouloir prévenir le jugement de l'Eglts peut seule donner un véritable édâ gloire et à sa sainteté. Les auteurs de| écrits doivent mettre à la tête et à la leur livre une protestation, dont la for prescrite à cet effet, telle que nous k nons ci-après. 3* Enfin, il est défendi ner leurs tombeaux comme ceux ta saints, d'y suspendre des lampes aitl des images et des offrandes.

Protestations prescrites par notre saint-pèrele Mf VIII, pour être mises à h tête et à la fladfiSf fa il imprimer sur la vie , les remis et U s ■!■ serTiteurs de Dieu, qui ne sont oi béaUfiés y rfo

Première protestation, qui te met i

du livre.

« Notre saint-père le pape Urbah ayant défendu, par ses décrets des 12 1625, et 5 juillet 163V, di m prima l'examen et l'approbation de l'évéqat sain, aucuns livres contenant les acti* miracles et les révélations ûe$ pen mortes en odeur de sainteté, ou refi comme marlyrs : ayant en outre stala son décret du 5 juin 1631, que dans lt< l'on donnerait à ces personnes le m saint ou de bienheureux, on serait ta

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