‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 303 sur 479 · SERVICE DIVIN · texte numérisé non relu

SERVICE DIVIN

Ce sont les prières, le saint sacrifice, le* offices et les cérémonies qui se célèbrent dans l'Eglise, et dans lesquelles consiste le culte extérieur.

Sous le mot ofeice divin on voit en quo!

consiste l'office divin, par rapport aux prières oui le composent, l'obligation de ceux qui doivent le réciter et la manière dont il doit être récité en particulier et chanté en public.

Noos avons dit sous le même mot, § 5, en parlant des divers rits qui sont adoptés en France, que nos seigneurs les évéques do

[Trente-quatre.)

Langres et de Péripucux avaient rétabli dans leurs diocèses, suivant les désirs do sooverain pontiGe, la liturgie romaine, et nous avons rapporté le mandement que ce dernier prélat a publié à cette occasion. Mgr l'évéque de Gap vient de publier une lettre pastorale sur le même sujet. Elle exprime si bien la nécessité de s'attacher à l'unité dans la liturgie» comme dans tout le reste, que nous croyons devoir la rapporter ici en entier.

Lettbb pàstobalb de Mgr Vévéque de Gap, au sujet du rétablissement de la liturgie romaine dans son diocèse.

« Jean-Irénée Depéry, par la miséricorde de Dieu et la grâce du saint-siège apostolique, évéque de Gap.

c Au clergé de notre diocèse, salut et bénédiction en N. S. )• C « Messieurs et frères bien-aimés, « Quelques personnes en ce siècle, dit uu « des plus savants défenseurs de la liturgie c romaine, ont Tait la remarque que le cœur « des catholiques français était devenu plus « tendre pour Rome; que cette mère com- « mune , qui naguère était pour eux sim- « plement l'objet d'une vénération plus ou « moins froide, devenait de jour en jour le « centre de plus vives affections ; que les « pèlerinages vers cette cité sainte se multi- « pliaient dans une progression qui nous re- « portera bientôt aux jours les plus fervents « du moyen-âge; que l'amour toujours crois- « sant des fidèles pour le saint-siége aposto- « lique s'épanchait sans cesse, par les cent « bouches de la presse, en protestations, en « hommages, en vœux, en désirs pluscha- « leureux les uns que les autres. Oui, cer- « tes, il en est ainsi, et c'est là le grand fait * religieux qui s'accomplit aujourd'hui en « France. Mais qu'est-ce à dire, sinon nue, « dans la détresse où se trouve la foi dans « notre patrie, nous recourons au foyer de « la lumière et de la vie, pour obéir à l'in-

* slinct même de la conservation?

« Bâtons-nous donc de chercher la seule « vraie solidité sur la Pierre, la seule vraie « sécurité A l'ombre de la chaire apostoli- « que; aspirons la vie qui nous échappe de « toutes parts, en nous rapprochant plus « encore de ce centre unique où elle est im- « mortelle, et renions avec franchise toutes « autres maximes, tous autres usages que € ceux qui s'accordent avec la pleine et cn- « tière obéissance dans laquelle nous devons « précéder les autres églises, nous Français, « initiés A la foi par les pontifes romains dès « les premiers siècles, et tout récemment « rappelés de la mort A la vie par leur toute « puissante sollicitude. » (Dom Guéraoger, Défense des institutions liturgiques.)

« C'est, vénérables collaborateurs, pour répondre A la manifestation de ces besoins; c'est pour nous fortifier davantage au milieu des tempêtes quo soulève, plus violentes que jamais, le vent des variations humaines; c'est pour nous conformer aux bulles si pressantes de plusieurs saints pontifes, et

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donner un éclatant témoignage de notre attachement nu saint-siége; c'est pour obéira la voix de notre conscience d'évéque que mm avons cru devoir resserrer encore ht lion déjA ai étroits qui attachent l'antique Eglise de Gap A l'Eglise mère et maîtresse, en lai rendant cette forme liturgique dont elle fat dépouillée en 1764 , malgré les hantes et unanimes réclamations on chapitre de sa cathédrale et de tout son clergé. (Ces protestations, fondées sur le droit et formulées avec une respectueuse énergie, existent encore dans les archives du chapitre.)

« A côté de ces considérations générales il en existe d'autres particulières A notre diocèse. Renfermant dans sa nouvelle circoascription la métropole d'Embrun, illustre entre toutes, par son antiquité, par ses cosciles, par une succession de grands et saisis pontifes, par sa fidélité A conserrer religieesèment la liturgie romaine, le diocèse es Gap, uni dans une même foi» dut se trouver divisé dans la forme; il ne présenté phs celte unité qui fait la beauté, In force et la vie de l'Eglise. Bien souvent l'œil dn Mêle fut offensé de ses divergences, et an loi smr pie ne sut pas toujours les accepter sans scandale. De 1A e/icore durent naître pana les membres du clergé des vues moins uniformes ; ils purent se considérer comme n'appartenant plus A une seule et même Eaaaille, et nécessairement les rapports en devinrent moins étroits et moins fraternels. De 1A rnin des entraves pour l'administration, qui sauvent fut arrêtée dans ses projets et obligés plus d'une fois de tenir compte, dans le placement des'eurés, de la litureie suivie par la paroisse, du bréviaire récité par le prêtre.

« Mû par tous ces motifs, et roulant donner au saint pontife qui règne arec tant de gloire et qui gouverne avec une ai haute sa* gesse l'Eglise de Dieu, une marque de noire filial dévouement, réjouir son coeur de père, dissiper ses craintes, réaliser ses espérances; voulant répondre aux vœux et ans désirs empressés de nos vénérables frères, ks chanoines de notre cathédrale, voeux et désirs manifestés dans leur assemblée capitulai™ du 8 décembre 1844, noua avons statué, le 17 mars dernier, et le chapitre y a adhéré, que la liturgie romaine serait remise en vigueur A dater du saint jour de Pique de cette année, dans la cathédrale, si que, dès lors, elle devenait celle de loath diocèse. Nous laissons toutefois à la prsdence et au aèle de MM. les curés le cfceis des moyens les plus propres A procurer l'es* tier accomplissement de cette mesure ém leurs paroisses respectives.

« Nous avions compris, nos très-cbers esopérateurs, que de graves et nombres** occupations de votre laborieux minislfc* pourraient être , dans l'esprit de quelqoet»

uns, un obstacle A la téci talion ana bréviaire plus long que le bréviaire gallkaa.

Nous nous sommes donc adressé avec coefiance au chef de l'Eglise; nous lui avons etposé vos travaux, que multiplient, outre mesure , la piété des peuples et la difficile

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des lieux; cl , a roc sa condescendance habituelle, il est entré dans noire pensée. Par

on bref en date du 3 mars 1845, il autorise les prêtres du diocèse de Gap à remplacer

l'office de la férié, le jeudi, par celui du Saint- Sacrement et celui de taneta Maria in sabbato par celui de la Conception de la sainte Vierge. tes deux offices sont placés sous le rit semidouble. Sont exceptées les fériés du carême, de Tayent , les vigiles et fériés privilégiées. Par ce même bref, le souverain pontife nous accorde encore le pouvoir de dispenser d'une partie de l'office les prêtres occupés au salut des âmes , les jours seulement où le ministère pastoral leur laisse peu de moments pour le saint exercice de la prière. En vertu de ce pouvoir, nous permettons à fous les prêtres employés au soin des paroisses de ne réciter au premier nocturne des matines du dimanche que trois psaumes, depuis le dimanche de la Passion inclusivement jusqu'à l'Ascension, et, en outre, pendant les missions, les retraites et les quarante heures, là où elles sont établies. Ceux qui , à raison de grands travaux continuels ou accidentels, désireraient que cette concession fût étendue à d'antres dimanches , nous le demanderont par écrit.

c Ainsi modifié, le bréviaire romain ne dépasse plus en longueur le bréviaire gapenais; les offices doubles et semi-doubles, qui prennent les deux tiers de l'année, en sont même plus courts. Celui du dimanche ne revenant que rarement, n'en peut allonger que de quelaucs minutes au plus la récitation.

Or, quel est le prêtre qui voudrait compter arec Dieu pour si peu? Quel est celui qui, sans rémoras , ne dépense journellement un temps plus considérable en paroles vaines, en conversations inutiles?

« Nous ne nous arrêtons pas, messieurs et chers collaborateurs , à cette autre objection qui n'en est pas une, tirée de la comparaison que l'on établit pour le choix des prières, des hymnes, des leçons de l'Ecriture sainte et des saints Pères , entre le bréviaire romain et le bréviaire gallican. Nous n'admettons pas d'abord ces éloges outrés que l'on fait tout en faveur de l'un an détriment de l'autre. Les ■ou veaux offices composés depuis Urbain VIII ne le cèdent en rien aux plus beaux do la liturgie parisienne; en général, les légendes des saints ont plus d'onction, elles exhalent un parfum de piété plus tendre, qui dédommage de ces leçons à la latinité classique, sèche et froide, qui remplissent les nouveaux bréviaires. Ces formules si respectables et par leurs auteurs et par leur anli- 3uité, cachent souvent, dans la simplicité e leur diction , la profondeur et la richesse de la pensée. Et puis, au résumé, la poésie, la belle latinité, sont-elles donc une partie et une condition essentielle de la prière? Les apôtres tenaient-ils à ce beau langage lorsqu'ils disaient ; Non veni ad vos in sublimitaie sermonis, non in persuasibilibus humanœ sapUntiœ verbis (I ad Corinth., XI, &)• Les évéques, leurs dignes successeurs qui nous ont laissé les leçons , les légendes et les priè-

res conservées au romain , connaissaient Horace, Cicéron , leur belle langue, et, cependant ont-ils voulu de leur style? Non, messieurs, et nous n'avons pas le droit de nous montrer plus difficiles.

* A ces graves considérations, permetteznous d'en ajouter une, d'un ordre inférieur, il est vrai, mais que des fabriques, des paroisses et des curés pauvres comprendront fort bien, c'est que les livres de la liturgie romaine, par la modicité de leurs prix, seront toujours plus en rapport avec les ressources si faibles» si minimes des églises de notre diocèse. Ainsi , on évitera encore les frais énormes que nécessiterait la réimpression des bréviaires et missels gapenais , qui ne peuvent être remplacés par aucuns autres sans enfreindre la bulle de saint Pie V : Quo primumtempore, 1570 (Voyez cette bulle sous le mot office divin).

« Vous avez sans doute saisi, messieurs et chers coopérateurs, toute notre pensée.

Nous ayons dit les* motifs de nécessité et de haute convenance qui nous ont déterminé,

- vous en apprécierez toute la justesse , Tons verrez dans cette démarche nos désirs les plus ardents, et, ces désirs manifestés, vous vous empresserez d'y conformer votre conduite ; car, nous aimons à le répéter, auprès de vous

"les ordres deviennent inutiles. « Ce n'est « donc pas en commandant, mais en deman- « dant que nous vous parlons, et encore en

« demandantau nom et pour l'amour de Dieu, « qui, suivant la belle pensée de saint Fran- « çois de Sales , est et sera toujours le grand « mot de notre commerce avec vous. » (Esprit de saint François de Sales , tom. I, c. 27; édit. donnée par nous en 1840). Et, assurément, nous n'aurons pas besoin d'employer les moyens sévères qui furent mis en usage pour proscrire, il y a quatre-vingts ans, la liturgie romaine qui, toujours, avait été celle du diocèse de Gap, comme il est facile de s'en convaincre par les monuments les plus anciens que nous avons eus sous les yeux et par tous ceux qui sont restés dans vos églises (On demeure étonné en voyant les mesures outrées et extra - canoniques qui furent prises pour faire adopter la nouvelle liturgie, que repoussaient le clergé et les fidèles par attachement à l'Eglise romaine. Si ces liens se sont relâchés , à qui le doiton?...). '«

* Toutefois, en embrassant la liturgie romaine, nous ne voulons oublier aucune des

floires religieuses de ce pays; nous nous tudierons à faire revivre le culte des s;iinls qui illustrèrent les antiques églises de Gap et d'Embrun. Déjà nous avons recueilli avec le plus grand soin les pieuses et saintes traditions des premiers jours de ces églises ; nous n'avons rien négligé pour coordonner ces offices , pour leur donner toute l'authenticité désirable et les mettre à l'abri de la plus sévère critique. Un propre à l'usage du diocèse paraîtra donc bientôt adapté au bréviaire romain et sera mis en usage le I e ' janvier 1846.

« Ainsi , frères chéris , nous entrerons

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véritablement on communion de prières avec l'Eglise catholique. Chaque jour elles remonteront vers le ciel , ces prières , unies et mêlées avec celles du chef des pasteurs, avec celles de tant de saints prêtres, de tant de fervents religieux, de tant de courageux missiounaires qui, de tous les points de l'univers, ne forment qu'un seul chœur d'invocations, de louanges, de cantiques et d'actions de grâces. Quelle consolante pensée pour \olre religion et votre foi I

« Dans un siècle, messieurs, où l'impiélé cherche à diviser pour détruire ensuite , allachons-nous plus étroitement A celte pierre, à ce roc contre lequel les vents se déchaîneront, il est vrai, que les torrents viendront battre avec fureur, que les vagues amoncelées voudront couvrir, mais qui, inébranlable sur sa base immortelle, bravera leurs vains efforts 1 Unis par la foi, rallions-nous encore par l'unité des formes à celte Eglise, seule indéfectible. Les moments sont graves, les temps mauvais; déjà nous sommes remués, et peut-être le serons -nous plus profondément encore. L'unité seule, acceptée dans toutes ses applications, fera notre force, assurera notre triomphe et nous préservera de ces fluctuations , de ces divergences trop communes à l'esprit humain, qui, souvent,^ viennent déparer Tordre parfait et la mer-* veilleuse beauté de l'Eglise de Dieu.

« Obsecro vos ut digne ambuJelis vocatione qua voeati estis... solliciti servare unitatem spiritus in vinculo pacte... ut jam non simus parvuli fluctuantes , et circumferamur omni vento doclrinœ (Ad Eph., cap. 4).

« Recevez , messieurs et bien chers frères en Jésus-Christ, l'assurance de notre affectueux dévouement.

f Irénée, évéque de Gap.

« Par mandement :

«L'abbé James, ch. hon. y tecr.gén.*

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