‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 350 sur 479 · TRENTE · texte numérisé non relu

TRENTE

Celte ville , capitale du Trenlin en Italie, est célèbre par le dernier concile général dont nous allons parler assez succinctement.

Les progrès de l'hérésie de Luther, de Zuingle et de Calvin , indépendamment du relâchement de la discipline , firent sentir i tout le monde la nécessité pressante d'ua concile pour remédier à tous les maux qui affligeaient l'Eglise. L'empereur Charly- Quint le sollicita lui-même pendant longtemps, et le pape Paul III donna une bule pour la convocation d'un concile généra! i Manloue,le23 mai 1537. JI y exposa qu'apnt toujours désiré de purger l'Eglise dt-s nouvelles hérésies, et d'y rétablir ranciciu* discipline, il n avait pas trouvé d'autre moyen que d'assembler un concile général, et il Gt en même temps notifier sa bulle i tous les princes. La réponse des princes protestants fut, en substance, qu ils ne voulaient point d'un concile où le pape et le» évéques assisteraient comme juges. Luther s'emporta même , en celte occasion , avec une audace extrême contre l'autorité do pape. D'un autre câté , le duc de Manloot, n'ayant pas voulu accorder sa ville pour b tenue du concile, le pape prorogea jusqu'à novembre l'ouverture du concile , sans désigner le lieu. Ensuite, par une autre bulle, il le prorogea jusqu'en mai 1538 et désigaa la ville de Vicencc. Il nomma quelques cardinaux et quelques prélats pour travailler i la réforme : en conséquence, ils fireol in long mémoire où ils exposaient les abus i réformer; i* ceux qui regardaient l'Egli* en général ; 2° ceux qui étaient particuliers à l'Eglise de Rome. Le pape Paul III proposa lui-même la réforme en plein consistoire , mais les sentiments étant partages , on le renvoya au jugement du concile.

Aucun évéque ue s'étant rendu à Vicencr, le pape prorogea le concile jusqu'à Pâqu* 1539; et sur un nouveau partage d'atis « consistoire, le pape suspendit le concile cod voqué jusqu'au temps qu'il lui plairait de 1 Unir. *

EnGn, au bout de trois ans , et en 1511, après bien des contestations ent e le pape.

l'empereur et les princes catholiques suri* lieu du concile (car ceux-ci roulaient qu'il se tint en Allemagne, comme à Ratisbooie ou à Cologne , et le pape Paul 111 exigeait qu'il se tint en Italie), la ville de Trente % pr» posée par le pape, fut acceptée par les pnuces catholiques.

Eu conséquence , le pape indiqua par utt

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bulle le concile de Trenlc pour le 15 mars de Tannée suivante 15W, et nomma pour ses légats les cardinaux del Monte, évéque de Paiestrine, Marcel Cervin , prêtre, et Polus, diacre. Mais les contestations qui survenaient tous les jours Grent différer encore plus de deux ans l'ouverture du concili', qui ne se fit qu'au 13 décembre 15fc5.

Kn 15V7 , la ville de Trente ayant été menacée d'une maladie contagieuse, on lut, dans la huitième session, le 11 mars 15V7, le décret de la translation du concile à Bologne , contre l'opposition* des Espagnols et autres sujets de l'Empereur , ce qui excita de grandes contestations et donna lieu à ce formulaire de foi que l'Empereur Gl dresser par trois théologiens , en vingt-six articles, sous le nom d'intérim.

Sur ces entrefaites , le pape Paul III mourut l'an 1549 , et le cardinal del Monte lui succéda sous le nom de Jules III. Le nouveau pape rétablit bientôt le concile à Trente, £ar une bulle du k mars 1550. Le cardinal larcel Qrescentio , président du concile , Gt lire dans laonzième session, le 1 er mai 1551, un décret portant que le concile était commencé de nouveau et qu'il indiquait la session suivante au l tr septembre.

De nouvelles disputes survenues entre les ambassadeurs de l'Empereur et les légats du pape, produisirent , après la quinzième session , le 25 janvier 1552 , une nouvelle inaction dans le concile; la plupart des évéques se retirèrent, même de Trente, au bruit de la guerre entre l'Empereur et Maurice , électeur de Saxe.

Celle retraite donna lieu à la seizième session , le 28 mai 1552. On y lut un décret qui suspendait le concile jusqu'à ce que la paix et la sûreté eussent été rétablies ; en sorte qu'il demeura suspendu près de dix ans, c'est-à-dire jusqu'à l'an 1562 , qu'il fut convoqué de nouveau par le pape Pie IV, successeur de Jules 111, mort en 1555.

Ce pape nomma pour son premier légat au concile, Gonzague, cardinal de Mantouc.

11 se trouva, en conséquence , dans la dixseptième session , le 18 janvier 1562 , cent douze prélats et plusieurs théologiens; on y lut la bulle de convocation et un décret pour la continuation du concile , avec la clause proponentibus legalis, qui passa malgré l'opposition de quatre évéques espagnols, qui représentèrent que celte clause , étant nouvelle, ne devait p>int être admise, et que, d'ailleurs , elle était injurieuse aux conciles œcuméniques.

On avait déjà arrêté, dans les premières congrégations, qu'on déciderait à la pluraralité des suffrages particuliers , comme on avait fait au dernier concile de Latran , et non par le suffage des nations , comme on avait fait au concile de Constance; et que ceux qui étaient chargés de procuration n'auraient point voix delibérative dans le concile.

On lut dans la dix-neuvième session , le 14 mai 1562, les lettres de créance contenant les pouvoirs des ambassadeurs de France.

C'étaient les sieurs Saint Gelais de Lansac, Arnaud du Fcrrier et du Faur, seigneur de Pibrac, président au parlement de Toulouse, et depuis, avocat général au parlement de Paris. Ces deux derniers arrivèrent à Trente quelques jours après de Lansac et furent reçus avec lui dans une congrégation tenue à cet effet le 26 mai. C'est là que le sieur de Pibrac fil , au nom du roi , ce célèbre discours, où l'on remarque plus que de la franchise. Le promoteur du concile répondit au discours du sieur de Pibrac en disant, que les artifices de satan , si ingénieusement découverts dans ce discours, ne prévaudraient jamais contre le saint concile , parce que Jésus-Christ, qui y présidait et en qui ils met* taient leur confiance, saurait bien renverser tous les efforts du démon.

Dans l'intervalle de la vingt-deuxième session à la vingt-troisième , les ambassadeurs de France présentèrent aux légats les articles de réformation qu'ils avaient dressés; ils étaient au nombre de trente-deux : voici principalement ce qu'on v demandait :

Que l'on ne fil point d'evéques qui ne fussent vertueux et capables d'instruire;

Qu'on abolit la pluralité des bénéfices sans s'arrêter à la distinction des compatibles et incompatibles;

Qu'on fit en sorte que chaque curé eût assez de revenu pour entretenir deux clercs et exercer l'hospitalité;

Qu'on expliquât, à la messe, l'Evangile au

f>euple et la vertu des sacrements , avant do es administrer;

Que les bénéfices ne fussent donnés , ni à des étrangers, ni à des indignes ;

Qu'on abolit, comme contraires aux canons, les expectatives, les regrès, les résignations et les commendes;

Qu'on réunit les prieurés simples aux bénéfices à charge d'âmes dont ils auraient été démembrés ;

Que les évéques ne fissent rien d'important sans l'avis de leur chapitre;

Que les chanoines résidassent continuellement dans leurs églises ;

Qu'on n'excommuniât qu'après trois monitions, et seulement pour de grands péchés ;

Qu'il fût ordonné aux évéques de donner les bénéfices à ceux qui les fuyaient et non à ceux qui les demandaient, et qui, par cette raison, s'en déclaraient indignes;

Que les synodes diocésains s'assemblaient au moins une fois tous les ans , les provinciaux tous les trois ans et les généraux tous les dix ans.

On peut reconnaître dans le cours de cet ouvrage, par les différents décrets du concile, qui y sont rapportés, que toutes ces demandes n'eurent pas leur effet.

Le concile de Trente fut souscrit par quatre légats, deux cardiuaux, trois patriarches, vingt-cinq archevêques , cent soixante-huit évéques, trente-neuf procureurs pour les absents, sept abbés et sept généraux d'ordre.

Le pape Pie IV le confirma par la bulle suivante, du 26 janvier 156i.

nr,7

DICTIONNAIRE DE DROIT CANON

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Bcllb de Pie IV pour la confirmation du concile œcuménique et général de Trente.

« Pie, évéque, serviteur des servileurs de Dieu. •

« Pour en conserver le perpétuel souvenir.

« Béni s'oit Dieu, père de Notre-Seigneur Jésus-Christ , le père des miséricordes et le Dieu de toute consolation , qui a daigné jeter les yeux sur sa sainte Eglise , battue ot agitée de tant d'orages et de tant de tempêtes, et qui a donné , enfin, aux maux qui la travaillaient tous les jours de plus en plus , le remède dont elle avait besoin et quelle attendait depuis si longtemps. Paul III , de pieuse mémoire, notre prédécesseur, dans le désir d'extirper plusieurs hérésies pernicieuses , de corriger les mœurs , de rétablir la discipline ecclésiastique et de procurer la paix et la concorde entre les chrétiens , aurait, il y a longtemps, convoqué, dans la ville de Trente, le concile œcuménique et général, qui, dès lors , aurait été ouvert , et où il se serait tenu quelques sessions. Le même concile depuis , ayant été convoqué de nouveau dans la même ville par Jules, son successeur, après quelques autres sessions qui s'y seraient tenues, n'aurait pu encore être pour lors achevé à cause de divers obstacles et embarras qui seraient survenus : de sorte qu'au grand déplaisir de tous les gens de bien, il aurait été discontinué, pendant que tous les jours de plus en plus l'Eglise implorait ce remède. Mais aussitôt que nous serions entré au gouvernement du siège apostolique, nous aurions incontinent commencé, sur l'assurance en la miséricorde de Dieu, et par le zèle pastoral aue notre devoir nous inspirait, de travailler à la conclusion de cet ouvrage si saint et si nécessaire, et favorisé des pieuses inclinations de notre très-cher (ils en Jésus-Christ, Ferdinand, empereur élu des Romains, et de tous les autres rois, républiques et princes de la chrétienté; nous aurions enfin obtenu ce que nous avions lâché sans cesse de procurer par nos soins et par nos veilles continuelles , et ce que nous avions tant demandé par nos prières jour et nuit au Père des lumières. De manière que plusieurs évéques et autres prélats considérables, sur nos lettres de convocation et par leur propre zèle, s'étant rendus, de toutes les nations de la chrétienté, dans ladite ville, en ua nombre très-grand et digne d'un concile œcuménique , outre plusieurs autres grands personnages rccommandables par leur piété, par leur science dans les saintes lettres et

Ear leur connaissance des lois divines et umaines; Içs légats du siège apostolique présidant audit concile , et nous , de notre part, favorisant encore la liberté de rassemblée, jusque-là que par nos lettres écrites à nos légats, nous lui aurions laissé volontiers l'entière liberté de ses sentiments dans les choses mêmes qui sont proprement réservées au siège apostolique, tout ce qui restait à traiter , définir et ordonner touchant les sacrements et autres choses qui avaient paru nécessaires pour détruire les hérésies,

ôlcr les abus et corriger les mœurs, aurait été discuté avec tout le soin possible et dans une entière liberté par le saint concile, et défini, expliqué et ordonné avec toute leisc- I itude et toute la circonspection qoi s'y pou» vaient apporter. Toutes ces choses éUat ainsi achevées , le concile aurait été clos et terminé dans une si grande concorde et union de tous ceux qui y assistaient, qsll aurait paru visiblement qu'un consentcmesl si unanime était l'ouvrage du Seigneur des* nos propres yeux et ceux de tout le monde étaient avec nous* dans radmiratioo. Aussitôt , nous aurions ordonné des processions publiques dans cette ville où le clergé et le peuple auraient assisté solennellement avec beaucoup de dévotion ; et nous nous seriosi appliqué à faire rendre grâces à Dieu H à lui témoigner nos justes reconnaissances par une faveur si singulière et pour on si gras!

bienfait de sa divine majesté, puisque!

effet le succès si favorable do concile noct donne une espérance très-grande el presque certaine que de jour en jour l'Eglise t rera encore de plus grands avantages de ses secrets et de ses ordonnances.

« Cependant, ledit concile, par le respect qu'il a eu pour le siège apostolique, el suivant les traces des anciens conciles, mm»

ayant demandé, par un décret rendu à ce sajet dans une session publique, la confirmatkn de tous ses décrets, qui ont été rendus sont notre pontificat et du temps de nos prédécesseurs; nous, ayant été informé de la demande dudit concile, premièrement par lettres de nos légats, et ensuite deouis leur retour par ce qu'ils nous ont fidèlement rapporté de la part dudit concile : après vas mûre délibération à ce sujet avec nos lésera blés frères , les cardinaux de la saisie Eglise romaine, et après avoir, avant thaïes choses invoqué l'assistance du Saint- Esprit ; ayant reconnu tous lesdits décret!

être catholiques, utiles et salutaires au pesple chrétien ; à la gloire de Dieu tout-puissant, de Tavis et du consentement de aof dits frères aurions de l'autorité apostoliqse confirmé aujourd'hui, dans notre consistoire secret, tous et chacun lesdits décrets, et ordonné qu'ils seraient reçus et gardés par tous les fidèles, comme par la teneur en présentes, el pour un plus ample éclaircissement, nous les confirmons et ordonnons qu'ils soient reçus et observés.

« Mandons en vertu de la sainte obéissance et sous les peines établies par le»

saints canons et autres plus sjriéves, ssêsv de privation, et telles qu'il nous plaira A les décerner, à tous et à chacun nos vésérsbles frères , les patriarches , archevéqaes, évéques, et quelques autres prélats de l'Eglise que ce soit, de quelque état, rang H dignité qu'ils soient, quand ils seraient honorés de la qualité de cardinal ; qu'ils aiest à observer exactement lesdits décrets d statuts dans leurs églises, villes et diocèses, soit en jugement ou hors de jugement; d qu'ils aient soin de les faire observer iavislablement, chacun par ceux qui leur

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