P1ALES
Jean-Jacques Piales, savant canoniale, né vers 1720, au Mur-de-Barrès, dans le Rouereue, fut reçu avocat au parlement do Paris le h décembre 1747. Il se lia avec les hommes d'un parti qui avait alors une grande influence, cl devint l'intime ami de l'avocat Mcy, regardé comme la colonne du jansénisme. Us donnèrent l'un et l'autre un grand nombre de consultations, et prirent uoe part très-aclive aux affaires du parti. Piales perdit la vue vers 1763 , mais cet accident ne lui ôta rien de son zèle pour la cause qu'il soutenait. Il est mort le & août 1789. M. Du-
ftin qui loue sa piété, sa modestie, sa frugaité et sa bienfaisance, le fait mourir le k août 1785. Les ouvrages de Piales, que les changements survenus dans les matières ecclésiastiques rendent inutiles , sont au nombre de six : Traité des collations des bénéfices, 8 vol. in- Y± ; De la provision de la cour de Rome à titre de prévention, 2 vol. in- 12; De la dévolution, du dévolu et des vacances de plein droit, 3 vol. in-12; De l'expectative des gradués, 6 vol. in-12; Des commendes et des réserves, 3 vol. in-12; Des réparations et reconstructions des églises , k vol. et 5 dans l'édition donnée par Camus. M. Picot, dans une note du quatrième tome de ses Mémoires ecclésiastiques, attribue à Piales le premier vol. (le seul qui ait paru) de V Histoire de la fête de la Conception.
PITHOC.
Pierre Pithon naquit, en 1539, à Troyes en Champagne, d'une famille distinguée. Après son éducation domestique, il vint puiser à Paris le goût de l'antiquité. De Paris il passa A Bourges, et y acquit, sous le célèbre Cujas, toutes les connaissances nécessaires à un magistrat. Ses premiers pas dans la carrière du barreau ne furent pas bien assurés. La timidité glaçant son esprit, il fut obligé de renoncer à une profession qui demande de la hardiesse. Le calvinisme faisait alors des ravages sanglants en France : Pithou 9 imbu des erreurs de cette secte, faillit perdre la vie h la Saint-Bartbélcmy. Devenu catholique l'année d'après, quoique toujours prévenu pour les protestants et estimé d'eux, il fut substitut du procureur général, puis procureur général, en 1581 , dans la chambre de justice de Guyenne. H occupait la première place lorsque Grégoire XIII lança un bref
contre l'or Jonnance de Henri III, rendue ai sujet du concile de Trente. Pitkou publia un Mémoire où il défendit l'ordonnance do roi; car il était toujours prompt à suivre son ancienne ardeur contre le siège de Rome : il était de la société des beaux-esprit* qui composèrent contre la ligue la satire connue sous le nom de Calholicon d'Espagne , ce qui tenait un peu de l'inconséquence, dit Fellrr, car, étant devenu catholique, il était naturel qu'il tournât son génie caustique contre la ligue huguenote, formellement rebelle et sacrilège, plutôt que contre la ligue catholique. 11 mourut le jour anniversaire de sa naissance, à Nogcut-sur-Scine, le premier novembre 1596, à 57 ans. On a de lui un Traité des libertés de. l'Eglise gallicane, oA l'on trouve plus d'un reste de la religion que l'auteur avait abandonnée, Paris, 1609, in-8\ On en Gt depuis plusieurs éditions avec des preuves, commentaires, notes, etc. Tout le monde sait que M. Dupin atné s'est avisé d'en donner une nouvelle édition dans son Manuel de droit civil ecclésiastique qui vient d'être condamné par les évéques de France et la cour de Rome. Pierre Pithou publia earorc d'autres ouvrages et un grand nombre d'opuscules.
François Pithou, son frère puîné, né aussi à Troyes en 1543, où il mourut en 1621, eut part à la plupart des ouvrages de son frère, et il s'appliuua particulièrement à éclaircir le corps du droit canonique, imprimé à Paris en 1687, 2 vol. in-folio, avec leurs corrections, par les soins de Claude Le Pelletier.
PORTALI3.
te nom de Portalis est cité trop souvent dans cet ouvrage, les articles organiques dont il est le rédacteur, cl les rapports qui les ont précédés, ont eu trop d'influence sur la discipline de l'Eglise de France, pour que nous ne consacrions pas ici une notice à cet homme d'Etat si célèbre.
Jcan-Elienne-Maric Portalis né le 1** avril 1746, au Beausset en Provence, fut reçu.
à l'âge de 21 ans, au parlement d'Aix, rt dès son début , il se plaça parmi les jurisconsultes el les orateurs les plus distingues de celte époque. Plusieurs mémoires contribuèrent à établir sa réputation, entre autres sa Consultation sur la validité des mariages des protestants en France, Paris, 1770, iu-li Au commencement de la révolution, la modération de Portalis l'éloigna du rôle auquel auraient pu l'appeler ses talents, et dès 1790 il se retira à la campagne. Les troubles da midi et les préambules (tes persécutions révolutionnaires lui fii eut chercher un asiîe à Lyon, qu'il fut encore obligé de quitter.
Portalis se rendit à Paris dans les derniers mois de 1793; il ne larda pas à y être arrêté, el il ne recouvra sa liberté que plusieurs mois après la ( hulc de Robespierre.
Nommé en 1795 député du département de la Seine au conseil des anciens, il y développa un caractère plein de modération , el se montra constamment opposé au parti directorial.
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