‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 424 sur 479 · REB · texte numérisé non relu

REB

Portalis fui inscrit dans la liste de déportation du 18 fructidor an V ( 4 septembre 1797), après avoir voté contre les sociétés populaires; il se réfugia en Allemagne. Rappelé en France après la révolution du 18 brumaire (9 novembre 1799), il y arriva le 15 février 1800. Le 3 avril, on le nomma commissaire du gouvernement près du conseil des prises, et il entra dans le conseil d'Etat vers la On de la même année. Il présenta plusieurs projets de loi au corps législatif, et défendit plus particulièrement le projet relatif à l'établissement des tribunaux spéciaux, qui éprouva une forte opposition.

Peu de temps après, il présenta le projet du Code civil. Il fut chargé dans le mois d'août 1801 de toutes les affairés concernant les cultes. 11 fil reconduire à Rome le corps de PieVl, resté jusque-là à Valence. 11 ordonna d'effacer les inscriptions païennes qui restaient sur le frontispice des temples. Il rappela dans leur patrie les évéques démissionnaires qui en étaient exilés depuis tantd'anfiées; mesure qui fut le prélude d'un autre acte que réclamaient depuis longtemps la justice et l'humanité, le rappel des émigrés.

Le 5 avril 1809 il prononça devant le nouveau corps législatif que l'on venait de convoquer pour cet effet, un Discours $ur l'organisation des cultes et exposé des motifs du projet de loi relatif à la convention faite entre le saint -siège et le gouvernement français IVoyex ce discours dans le tome I er , col. 660}. Portalis établit dans ce discours des principes fort sages; mais on voit qu'il craignait de paraître trop favorable à la religion catholique , qu'il redoutait les sarcasmes de la philosophie, et qu'il avait été nourri dans les maximes exagérées des anciens parlemenfs. On dit aussi, pour l'excuser, qu'il voulait ménager les préventions que l'esprit révolutionnaire avait encore laissées chez beaucoup de gens en place contre la religion; préventions telles, que le gouvernement pouvait craindre que le concordat ne fût pas adopté, si l'on heurtait trop les opinions. Le discours de Portalis d'ailleurs était grave, décent, et conlrastait avec le langage révolutionnaire, inhumain et farouche dont cette même tribune avait retenti tant de fois.

Quoi qu'il en soit des motifs qui ont guidé cet homme d'Etat, un catholique ne peut admettre tous les principes de ce discours et du rapport qui le précède. Ainsi, par exempte, on lit dans le rapport ces mots : Le magistrat politique peut et doit intervenir dans tout ce qui concerne l'administration extérieure des choses sacrées ( tom. I", col. 648 ). // est quelquefois nécessaire û la tranquillité publique que les matières de l'instruction et de la prédication solennelle soient circonscrites par le magistrat; que l'Etat a intérêt d examiner la forme des décisions dogmatiques ; de commander le silence sur des points dont la discussion pourrait agiter trop les esprits ; et d'empêcher même, dans certaines occurrences, que les consciences ne soient arbitrairement alarmées ( col. 649). Ces principes conduiraient directement au schisme.

Droit ca^t»*. II.

M. Dupin, dans son Manuel de droit ecclésiastique, a retranché de ce discours ce qu'il a trouvé de favorable à la liberté d'enseignement (Voyez ci-dessus, tom. I", col. Mtf #t 668).

En 1803, Portalis fat élu candidat au sénat conservateur, et au mois de juillet 1804 il fut définitivement nommé ministre des cultes. Le i* r février 1805, il fut créé grand officier de la Légion-dHonncur. Il mourut le 25 août 1807. Bonaparte fit élever à ce mi* nistre une statue dans le conseil d'Etat.

En 1820, son fils a publié un ouvrage posthume intitulé : Traité sur l'usage et Vaous de l'esprit philosophique pendant le dixhuitième siècle, précédé d'une notice fort intéressante sur l'auteur, Paris, 2 vol. in 8\ C'est un livre très-remarquable par la philosophie religieuse qui y règne, par l'esprit de méthode, d'analyse et d'impartialité qui a présidé à sa composition , et par un style noble et élégant.

Son petit-fils vient de publier cette année 1845, Discours .rapports et travaux inédits sur le concordat de 1801 , les articles organiques publiés en même temps que ce concordat , et sur diverses questions de droit public, concernant la liberté des cultes etc. , 1 vol. in -8\

REBUFFE.

Pierre Rebuffe ou Rebuffi, savant jurisconsulte, naquit a Baillarques, à deux lieues do Montpellier, en 1500 (Feller dit en 1487). Il enseigna le droit avec beaucoup de réputation a Montpellier, à Toulouse, à Cahors, A Bourges, et enfin à Paris. Le pape Paul III lui offrit une place d'auditeur de rote (Voyez rote) à Rome. On lui offrit aussi, en France, plusieurs places importantes qu'il refusa, se contentant de celle de professeur qu'il avait. Il embrassa l'état ecclésiastique en 1547 Relier, qui le fait naître en 1497, dit qu'il avait alors 60 ans. Il mourut à Paris, le 2 novembre 1557 : il possédait le latin, le grec, l'hébreu; sa modestie relevait son savoir. On a recueilli ses ouvrages à Lyon, en 5 vol. infolio, 1586 et années suivantes. Les principaux sont : Praxis beneficiorum;i\ explique dans cet ouvrage, avec beaucoup de méthode, les dispositions qu'il faut avoir pour parvenir aux bénéfices, ce qu'il faut pour les conserver, et la manière dont on peut les perdre ; des Notes sur les Règles de la chancellerie; un Traité sur la bulle In Coma Domini; Commentaires sur les P and tel es; les Edits des rois de France , etc. Tous ces ouvrages sont en latin, fort savants et sagemenl écrits, dans les bons principes de jurisprudence et de morale chrétienne.

REIFFENSTUEL.

Anaclet Reiffenstuel, savant théologien allemand, était de l'Ordre des frères mineurs réformés de saint François, et Oorissait au commencement du dix-huitième siècle. Le principal ouvrage du père Reiffensluel a pour titre : Jus canonicum univnsum, cum trac-

(Quarante.)

NOTICES

fXI

tatu de reyulisjuris et reperloris gênerait, 6 vol. in-folio. Cet ouvrage, que les canonistes et les théologiens estiment et dont ils font beaucoup d'usage, eut un grand nombre d'éditions en Allemagne et en Italie. H. l'abbé M igné a inséré dans son Cours complet de théologie, loin. XVIII, col. 690, les traités De beneficiis ecclesiasticis jure palronatus et decimis; De immunitatibus ecclesiasticis, extraits de cet ouvrage.

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