‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 439 sur 479 · CATÉCHISME · texte numérisé non relu

CATÉCHISME

On sait que sous l'empire il n'y avait qu'un seul catécliisme pour toute l'Eglise catholique de France, et que ce catéchisme avait été prescrit par un décret, en vertu de l'article 39 de la loi du 18 germinal an X. Nous

pensons qu'on sera bien aise de trouver ici toutes les pièces relatives à la publication de ce catéchisme , c'est ce qui nous engage à les rapporter dans ce supplément.

Rappoet sur un projet de catéchisme uniforme pour tout l'empire.

Hmarsl80a « Sire,

« Je me suis empressé de remplir les intentions que Votre Majesté m'a manifestées relativement au catéchisme , et je puis assurer que cet ouvrage sera entièrement achevé et approuvé dans le présent mois de mars...

« Comme Bossuct est l'homme le plus distiugué que l'Eglise gallicane puisse compter parmi ses éveques, j'ai proposé de prendre pour modèle le catéchisme de cet homme supérieur. Le nom de Bossuet flxe toutes les opinions dans le clergé, et il en impose même aux philosophes. La proposition a été acceptée.

« En conséquence, on travaille d'après le catéchisme de fiossuet. Il n'a été question que de mettre un plus grand ordre dans la distribution des matières, parce que, du temps de Bossuet, l'esprit de méthode n'était peut-être pas encore porté au point de perfection où il est arrivé de nos jours ; on a retranché quelques expressions vieillies ; on a mis à l'écart quelques questions utiles dans leur temps, mais qui ne le seraient plus aujourd'hui. On ajoute d'autres matières dont les circonstances exigent aujourd'hui le développement, et dont on ne parlait pas alors. Votre Majesté a un exemple de ces matières dans le développement des devoirs des sujets.

« L'ouvrage de Bossuet est d'ailleurs conservé dans les expressions et dans le fond des choses pour tout ce qu'il y a d'essentiel , parce que les évéques conviendront euxmêmes qu'il leur serait difficile de faire mieux que n'a fait ce prélat, dont les lumières et les taleots ont si fort honoré l'épiscopal français,

« Le mois de mars ne passera pas sans que j'aie l'honneur de présenter à Votre Majesté un travail complet.

« La loi du 18 germinal an X ordonne

également un rituel uniforme dans tout 1' pire. J'ose me promettre que, dans le moisd'avril et de mai , cet autre ouvrage sera fini. Il est d'autant plus essentiel, qu'il doit régler la discipline des diocèses , et réformer dans les anciens rituels les règles de police ecclésiastique sur les sépultures, sur les ma* riages , les sacrements et la célébration des fêtes , qui ne vont plus avec nos mœurs , ni avec nos lois. Le dogme et la morale no peuvent changer, mais la discipline change avec les temps et avec les mœurs.

« Votre Majesté peut être convaincue que tout mon temps et tous mes soins seront consacrés à terminer des objets qui ont des rapports essentiels avec le bien du service.

Plusieurs fois les anciens souverains avaient projeté et avaient annoncé des changements qu'ils n'ont jamais pu opérer. Djus les

SUPPLÉMENT

Etats voisins , on ne petit même Tenir à bout de changer une liturgie. Il n'appartenait qu'au génie de Votre Majesté de tou t entreprendre et de tout exécuter, pour la gloire et le bonheur de la nation soumise à son empire et à ses lois.

Décret du cardinal légat a latere , pour approuver le catéchisme de l'empire.

« Nous, Jean-Baptiste Caprara, cardinalprêtre de la sainte Eglise romaine, du titre de Saint-Honuphre, archevêque de Milan, légat a latere du saint-siége apostolique près Sa Majesté l'empereur des Français et roi d'Italie.

« Tout le monde sait que nos Pères ont pensé avec raison qu'il serait très -utile

Jour l'instruction des fidèles, principalement es enfants, de suivre une règle commune et invariable dans l'enseignement de la doctrine chrétienne. Que peut-on en effet concevoir de plus utile et de plus convenable qu'une semblable uniformité? Les chrétiens, qui doivent n'avoir tous qu'une même foi, n'ayant plus qu'un même esprit et un même langage, n'en seraient que plus parfaitement unis dans les mêmes sentiments et la même croyance. Aussi les souverains pontifes,

Ëressés par leur sollicitude pour toutes les glises, ont-ils souvent et fortement exhorté ceux qui sont chargés d'instruire les peuples à n'avoir qu'une seule et même méthode d'ensçignement. Néanmoins les différences des lieux et certaines circonstances particulières ont été cause qu'au lieu de celte uniformité désirable, il s'est introduit dans la forme dès catéchismes une grande variété.

«Mais Napoléon I*», empereur des Français et roi d Italie, s'étanl proposé de lever tous les obstacles, et ayant ardemment désiré que l'on rédigeât et que l'on publiât un catéchisme pour être seul enseigné et mis en* tre les mains des fidèles dans tous les diocèses de l'empire français; et, à cet effet, un catéchisme, tiré principalement de celui de l'illustre évéque de Meaux, Jacques-Bénigne Bossuet, et de ceux de plusieurs autres Eglfses nous ayant été présenté pour être revêtu de notre approbation.

« Nous, après avoir examiné soigneusement cet ouvrage, ayant pour titre : Catéchisme à l'usage de toutes les Eglises de l'empire français, et après avoir reconnu que les principaux points de la religion chrétienne y sont exposés d'une manière entièrement conforme à la doctrine de l'Eglise catholique, bous avons cru devoir non-seulement l'approuver, mais encore en proposer et en recommander l'usage aux révérends évéques de l'empire français, comme par le

firésenl décret en vertu de l'autorité apostoique dont nous sommes revêtu en qualité de légat a latere du saint-siège et de notre saint père le pape Pie VII, nous l'approuvons et nous en proposons et recommandons l'usage, pénétré de cette pensée que la foi étant une, il est très-avantaçeux qu'il n'y ait qu'une seule et même manière d'en exposer les dogmes et d'en instruire les peuples.

« Los révérends évéques que Notrc-Scigneur Jésus-Christ, auteur de la foi, a établis pour en conserver le dépôt et pour paître le troupeau qui leur est confié, veilleront avec soin à ce que les curés et les autres prêtres qui expliqueront ce catéchisme, le fassent avec suite, montrant les rapports des leçons entre elles et l'accord de toutes les parties, et à ce qu'ils enseignent les vérités qui y sont contenues avec intégrité et gravité, comme dit l'A poire, et d'une manière digne en tout de la saine doctrine.

« Donné à Paris, en notre palais, le 90 mars 1806.

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