CONGRÉGATIONS ROMAINES
En parlant dans l'article co*aaéGATi(n (tom. I* r , col. 771) des congrégation* romaines, nous en avons omis une, c'est celle drs affaires extraordinaires, dont nous allons nous orcuper ici.
La congrégation des affaires extraordh aires, est, comparativement aux autres, d'une date toute récente. Quelques-unes des anciennes congrégations existaient avant Sixte- Quint, quelques autres ont été établies depuis, mais la plupart ont été constituées par ce grand pape, et ce fut ton qui leur donna la forme qu'elles ont conservée jusqu'à nos jours. Sous Pie VI , pendant les orages de la révolutien française, une commission fut établie pour s'occuper des affaires alors si épineuses de l'Eglise avec la France. Sous Pie VII, les affaires des autres royaumes furent également soumises à son examen, et celte commission devint ainsi une congrégation; depuis ,le monde chrétien a été continuellement dans une telle agitation, qu'elle a eu toujours beaucoup à faire, bien que le souverain pontife ne la consulte et ne l'appelle à délibérer que sur les questions délicates et extraordinaires qui naissent des rapports de l'Eglise avec les divers gouvernements. C'est dans le sein de cette congregation que sont discutés et préparés les concordats, etc. Elle traite donc non-seulement de matières théologiques, mais encore <Jt»
matières canoniques et politiques.
Les autres congrégations ont des attributions déterminées et des réunions périodiques; il n'en est pas ainsi de celle quî nous occupe , les affaires extraordinaires étant uV leur nature indéterminées, et ne survenant pas à des époques Gxes, il faut que le souverain pontife la convoque pour qu'elle puisse se réunir, et qu'il la saisisse d'une affaire pour qu'elle puisse l'examiner; mais
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elle n'en esl pas moins une congrégation permanente.
Les congrégations ont à Irur (éle un préfet. Cependant quelques-unes, celle du saintnfllcc, par exemple, n'ont d'autre préfet que le pape lui-même; la congrégation des affaira extraordinaires n*a point non plus de préfet.
Les décisions des congrégation» ne sont qoe consultatives; ces décisions ne prennent le titre de décrets et n'ont de force et de valeur qu'après qu'elles ont reçu l'approbation et la sanction du souverain pontife. La congrégation des affaires extraordinaires n'a pas proprement de décrets à rendre, elle rst plutôt un conseil du pape qu'une congrégation établie dans la forme de celles de Sixte-Quint.
Les décisions des congrégations romaines, approuvées et sanctionnées par le pape, tantôt sont publiées officiellement, tantôt ne le sont pas. Le plus souvent on se contente de les envoyer aux personnes qui ont consulté, et la publication n'a lieu qu'au bout d'un laps de temps plus ou moins long, dans des recueils ou collections. Ainsi, il y a la collection des décisions de la congrégation du concile, la collection des décisions de la congrégation des rites, etc. Il est des congregâtions, celle des évéques et réguliers, par exemple, dont les décisions ne sont jamais publiées. La congrégation de Yindex, au contraire, publie les décisions contre les mauvais livres à mesure qu'elles sont approuvées par !e souverain pontife (Voyez index). Le saint-office ne publie que lorsque la publication paraît utile et opportune. La congrégation des affaires extraordinaires est de celles qui ne pu plient pas, et la raison en est simple; lorsque le pape, comme il arrive presque toujours, adopte l'avis de la congrégation, il le fait sien, et les parties intéressées en ont bientôt connaissance.
Le secret le plus inviolable est imposé aux membres des congrégations romaines pour tout ce qui se passe dans leur sein ; ils y sont tenus par un serment spécial, et cette obligation est aussi rigoureuse pour la congrégation des affaires extraordinaires que pour toutes les autres. Mais lorsque la décision est prise et que l'explication doit avoir lieu dans le for extérieur, l'obligation du secret cesse naturellement. Chaque membre peut, sans violer son serment, dire quelle a été celte décision, il est des circonstances telles, que la sagesse et une véritable prudence conseillent de la publier.