‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 114 sur 323 · HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH · texte numérisé non relu

HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH

Dès l'an 16V8, la réputation ucs sœurs Hospitalières de la Flèche, érigées en congrégation depuis quelques années, s'élait répandue à Laval. Le maire et les principaux habitants do celte ville, de cornet t avec les administrateurs de l'hôpital, qui «'lait a'ois

(1) Voy. à 1.» lin du vol.. n<" 10λ, 110.

peu considérable, s'adressèrent à la maison de la Flèche, déjà assez nombreuse pour fournir d'excellents sujets à différents hôpitaux. Tout fut bientôt réglé entre la ville dû Laval et M. Le Royer de !a Dauversière, fondé de pouvoirs des religieuses de la Flèche; les conditions respectives furent stipulées par contrai du 20 juin 16V8. Ce ne fut cependant qu'à la fln de l'année lC50,que les Hospitalières de la Flèche, au nombre de huit, furent installées à l'hôpital de Laval, avec l'agrément de nos seigneurs leséveques d'Angers et du Mans; ce délai ayant éié nécessaire pour l'appropriation du logement des religieuses et des pauvres dans le lieu que la ville venait d'acquérir lout près de rancien hôpital. La cérémonie de l'établissement se fil le 5 décembre 1C50, en présence des magistrats, des administrateurs, et d'un grand nombre d'habitants. La ville do Laval ne tarda point à se féliciter des secours qu'elle avait procurés aux indigents, en donnant aux religieuses la conduite de l'hôpital; el celles-ci eurent bientôt la consolation de voir un grand nombre de sujets api>arlciiaiit aux meilleures familles de la ville, s'tv^ocier à leurs saintes fonctions. Elles ne toisaient encore que œs vœux simples, elles les renouvelaient d'abord tous les ans, et ensuite elles s'y engageaient pour un temps plus long, et quelques-unes môme pour toute I* vie; mais le désir d'une vie plus parfaite leur faisait souhaiter de so consacrer à Dieu par la profession des vœux solennels, et Je rendre ainsi la stabilité obligatoire. Apres il i verses conférences et consultations, Mgr ,'évêque d'Angers modifia les constitutions qu'il avait données à l'institut, et le mil en i apport avec les nouveaux engagements que les religieuses allaient contracter. Les sarurs de Laval, dûment autorisées par Mgr l'évé- (ne «lu Mans, prirent le voile blanc cl rbaht religieux, au nouille de dix-neuf, le lljuin 1663. L'année du noviciat, prescrite parle» saints canons, étant écoulée, elles prononcèrent leurs vœux solennels le 8 juillet 166*. quoiqu'elles eussent été les premières de tout l'institut à commencer le noviciat pour la stabilité, elles furent précédées de quelques jours pour l'émission des vœux solennels par les sœurs de Nîmes, qui fir*'lt profession le 27 juin 1664; ces dernières avaient, aussi commencé leur noviciat eu 1603, au moment môme où elles avaient pn» possession de ce nouvel établissement.

Les religieuses de Laval se conciliant de plus en plus l'estime, la confiance, se vireiit bientôt en assez grand nombre pour qu " leur fût possible de joindre l'instruction Je 'a jeunesse au service des pauvres : elles Duvrircnt donc un pensionnat à la grande ;ati>l*action des familles les plus distinguées le la ville, qui s'empressèrent de leur confier l'éducation de leurs filles. Cepeodani e nombre «les malades qui désiraient Ôire admis à l'hôpital augmentait tous les jours. Vers l'an 17U, on construisit dans la uietnc enceinte, mais à quelque distance du Kf' uiicr hôpital, un nouveau bâtiment couine

5Tî BOS DES ORDRES

4e deux salles destinées aux incurables et lui personnes atteintes de maladies contayeuses. Les Hospitalières hésitaient à se *; jrgerdece nouvel établissement; la règle m leur permettant pas de recevoir les périmes atteintes de quelque mal contagieux «u incurable ; mais la compassion pour des :wilieureut dont on pouvait souvent pro- ( jrer la guérison par un bon traitement, les i;«t3Dces réitérées des administrateurs, et coûn les ordres de Mgr l'évêque du Mans les déterminèrent à prendre le gouvernement de ces nouvelles salles. Elles étaient chargée! da service de ces deux hôpitaux, entre lesouels leur maison conventuelle est sii jvV, lorsque la révolution d* 1789 éclata. La loi qui ordonnait l'évacuation de toutes les maisons occupées par des religieuses, ayant excepté celles qui étaient consacrées ia service des hôpitaux, elles restèrent chargées do soin des malades; mais en 1791, iftes l'installation de l'évêque intrus, qui suivit de près l'érection de l'évôchô de Laval, elles eurent la douleur de voir un prêtre constitutionnel remplir les fonctions d'aunouter de l'hôpital : toutefois elles n'eurent Mcnw communication avec lui, et firent ironie construire un mur h la place de la pille de leur chœur qui leur servit de chapelle, pendant que l'intrus occupait l'église. Fendant quelque temps elles eurent encore la liberté de cftoisir leur chapelain particulier; mais la loi définitive sur la déportation des prêtres qui ne voulaient pas prêter le serment prescrit par la constitution civile <la clergé, ayant été rendue au mois d'août 1792, tous ceux qui refusèrent de s'y soumettre, réduits è se cacher, ne purent désormais exercer les fonctions de leur saint ministère qu'avec le plus grand secret. A dater <le ce moment, les religieuses ne purent en avoirqui résidassent ordinaircmet auprès de leur communauté, çlles furent donc souvent [>nvées de la consolation d'assister à la sainte Messe et d'approcher des sacrements; cependant elles eurent le bonheur de procurer plusieurs fois aux malades de l'hôpital le Atours des prêtres restés fidèles; le courage « la zèle des uns et des autres 'es élevant lu-dessus de tous les dangers.

Comme il y avait alors beaucoup de troupes è Laval êt dans les environs, l'hôpital «trouva encombré de militaires; le pensionnat et bientôt l'église même furent transformés en salles occupées presque exclusivement nar les soldats malades. L'administratioo des hospices ne pouvant subvenir aux lu s énormes qui entraînait ce service extraordinaire pour lequel les secours accordés par l'Etat étaient insuffisants, proposa à la uiumciiiaiîié et au commissaire des guerres <w transformer pour quelques temps l'bôi'ital Saint-Julien en hôpita' militaire aux fais de la nation. La proposition fut accepte, et à dater du 5 mars 1795, l'hôpital Saintiolien, plus souvent désigné sous le nom , ^int-Joscpb, fut soumis au régime milice, et reçut le nom d'hôpital J.-J. Roufe- «mu.Co directeur y fut placé, et les malades

RELIGIEUX. IIOS 57S

abandonnés à des employés salariés. Les religieuses n'eurent plus aucun rapport avec cet liôpital; il parait même que raulcrité militaire eût désiré s'emparer de leur maison, mais l'administration municipale appréciait leurs services, et voulut les conserver. L'hôpital des incurables ou hôpital Saint -Charles avait été réservé pour les malades civils qui y furent transférés, et restèrent confiés au soin des religieuses qu'on avait obligées précédemment de quitter leur costume. Elles continuèrent d'occuper la pins grande partie de leur couvent, dont quelques appartements furent abandonnés au directeur. Les hospitalières no tardèrent pas à être remises à 1a tête des deux hôpitaux. Dès l'année 1796, les administrateurs voyaient avec peine les déprédations commises dans l'établissement qu'ils avaient cédé temporairement à l'administration de la guerre; ils souffraient aussi de la nécessité ou ils étaient de ne recevoir qu'un petit nombre de malades, eu âgard à la petitesse de I hôpital Saint-Charles; ils revendiquèrent donc leur grand hôpital et en reprirent possession au mois de juillet 1797. Le directeur et les employés furent congédiés et les religieuses remises à leur place. Elles eurent beaucoup à souffrir pendant toute cette période de troubles et de calamités. Leurs biens avaient été confisqués et elles étaient souvent réduites à attendre leur subsistance de la charité des fidèles. Plusieurs fois elles coururent de grands dangers dans l'exercice de leurs fonctions auprès des malades imbus, pour la plupart, des idées révolutionnaires. Elles eurent aussi à subir plusieurs visites domiciliaires, où elles avaient la douleur de se voir enlever des ornements, des vases sacrés, et tout ce qu'elles ne pouvaient dérober à de sacrilèges recherches. Une fois, entre autres, la communauté tout entière se crut sur le point d'être immolée par ces nouveaux barbares; une des portes de clôture fut enfoncée, et une troupe de furieux se précipita le sabre nu à la main; ils se retirèrent cependant sans leur faire aucun mal, et se contentèrent d'emporter divers objets. Ces sujets d'alarme se reproduisaient souvent; à toutes les souffrances personnelles qu'éprouvaient les religieuses se joignait encore la douleur que leur causait l'extrême pénurie de l'hôpital, longtemps privé de la jouissance de ses biens qui avaient été déclarés domaines nationaux et qui furent vendus en partie. La détresse était telle que les religieuses se crurent souvent à la veille de renvoyer les malades à qui elles ne pouvaient pas même procurer ce qui était nécessaire pour leur subsistance. Cette fâcheuse situation se prolongea pendant plusieurs années. Le rétablisssement de la paix ayant enfin diminué le nombre des troupes qui stationnaient dans le département, il resta peu de militaires a l'hôpital Saint-Julien, et l'on put bientôt y replacer tous les malades civils. Le calme dont on jouissait alors fit sentir des besoin* uue des temps aussi critiques avaient fail

nos

négliger : on se souvint des services qu'avaient rendus autrefois les religieuses do Saint-Joseph, en se livrant a l'éducation de la j<uncssc, et on les pria de reprendre celle importante fonction. On laissa a leur disposition l'hôpital Saint-Charles «pii était alors vacant, eu échange de leur ancien pensionnat affecté au service des malades. Celte disposition a vant éiô agréée par le préfet, le 29 mai l80'*/les religieuses s'occupèrent de la réouverture de leur pensionnat qui subsiste encore aujourd'hui, L'état florissant où se trouve cette maison lui permet d'allier ces fonctions à celles de l'hospitalité qui prend cependant tous les jours île nouveaux développements. Les religieuses Hospitalières do Laval ont été appelées à établir leur institut dans la petite ville d'iirnéc, située à quelques heues de Laval. Lu 1818, l'hôpital d'Kinée était confié aux Hospitalières chanomessis de Saint-Augustin; mais celte communauté, réduite à un très -petit nombre, de sujets, sentait depuis longtemps le besoin de s'agréger h une autre congrégation. Au mois de septembre 1818, elle s'adressa donc aux religieuses de Saint-Joseph de Laval pour demander quelques sujets. Les religieuses de Laval hésitaient à se charger de «elle œuvre qui n'était pas sans diflicullés; elles craignaient, en donnant les sujets qu'on leur demandait, de compromettre l'état prospère /le leur maison et de nuire au service des pauvres et à la régularité qui leur a toujours été si chère. Cependant les Hnspilalièresd'Ernéc iirent «le nouvelles instances appuyées par Mgr l'évôque du Mans. A la voix do leur premier supérieur, les religieuses «le Laval ne crurent pas devoir se refuser plus longtemps à une entreprise qui intéressait la gloire de Dieu; la supérieure, accompagnée de deux religieuses désignées par la communauté, lit le voyage d'Krnée pour traiter des conditions de l'affiliation. 'Joui fut bientôt réglé entre les religieuses, mais les dépenses qu'entraînait la nécessité d'établir la clôture et divers changements indispensables, occasionnèrent de nombreuses diflicullés. Une souscription ouverte à la charité des fidèles d'Krnée aplanit enfin les obstacles en pourvoyant aux besoins les plus urgents. Une des principales conditions du traité conclu le 18 mai 1819, fut que les Hospitalières d'Krnée mettraient les religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Laval en pleine et entière profession de leur maison, et se soumettraient à leurs règles, Maints et constitutions. De leur ci' té, les administrateurs prirent les mômes engagements pour ce 1 1 ii i concernait le gouvernement des malades de l'Hôtcl-Dieu d'Krnée. bientôt après, la communauté de Lival élut la supérieure de cette nouvelle maison, ainsi que les deux sœurs qui devaient raccompagner en qualité d'assistante et de dépositaire. L'élection de la supérieure fut confirmée par Mgr l'évôque du Mans. Enfin, le li juin 1819, M. Cormier, aumônier des religieuses de Laval, et délégué par Mgr l'évô- «jue, nrocédn, en présence de la couiinunaut ,M V t,. l\ b fin du vol., n" Ht, 113.

DICTIONNAIRE UOS -.«a

et de l'administration de l'HoUl-Dieu d'Er-

née, à la publication d'un décret par lequel Mgr l'évôque du Mans dispensait les chsnoinesses régulières de Saint-Augusiin, de leurs anciennes observances, et les asstijetlissait a la règle, aux statuts et aux constitutions des religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Aussitôt après celte cérémonie, les religieuses d'Krnée, au nombre de onze, commencèrent leur noviciat; au bout d'un an, toutes prononcèrent leurs vœtit en qualité de religieuses Hospitalière» de Saint- Joseph. Les sieurs do Laval ont gouverné celte maison jusqu'en 1832; depuis ce te époque, la communauté a réuni assez de sujets pour subvenir à ses lu-soins. Elle se compose aujourd'hui de vingt religieuses de chieur et de cinq sœurs converses. L'hôj'ilal d'Krnée contient environ soixante lits. L'affiliation de la maison d'Krnée fut opérée par les religieuses de Laval, mais avec le consentement des autres maisons de l'institut, ainsi que le prescrit la règle. Les sacrifices que la communauté de Laval s'imposa pour faire cet établissement n'ont apporté aucun préjudice à l'Hôlel-Dieu de Laval qui a pris encore de l'anToissement. Kn 1837, deux nouvelles salles ont été ajoutées aux pondères, et permettent de recevoir enveon deux cents malades. Pour faire face aux occupations multipliées qu'entraînent l'hôpital et le pensionnat, les religieuses sont oblr gées de dépasser le nombre prescrit |»ar la constitution. La communauté se compose aujourd'hui de trente-neuf religieuses de chœur et de neuf sœurs converses; le onviciat ilonne d'heureuses espérances, les sujets se présentent en grand nombre. L'esprit de charité et de subordination qui règne dans cette communauté piévient le désordre et le trouble qui pourraient se glisser dans une aussi nombreuse réunion ; le dévouement au soulagement spirituel et corporel des malades fait la plus douce jouissante avec l'union de cœur et d'esprit qui faillie toutes les sœurs une seule famille, doutions les membres concourent avec paix et suavité au bien commun. (t)

Page 1