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pressante et quotidienne do procurer au corps des aliments. Le projet, conçu par un cœur brûlant de chanté pour ses frères, fut exécuté avec un désintéressement sans Iwroes, une sagesse consommée, un courage ?t une prévoyance indomptables. L'allé Beulé y employa son patrimoine et celui <j« femxes généreuses qui s'étaient associées a sa pensée; il fit plus, il ne dédaigna iw, [mur assurer l'indépendance de l'éta- Ltaseoieul qu'il formait en faveur des intelluentes, de s'adonner à une industrie matérielle, et, comme saint Paul , d'employer ses main* sacerdotales a un travail mécanique Il apprit à ses filles è mener une vie dure, nénitente, éloignée en tout de l'esprit du monde , ei voulut que l'humilité dont «îles taisaient profession , reluisît jusque tar leurs vêlements. Riez, si vous vous en teniez le courage, do la forme et de la couleur de ces habits modestes, habiles gens dont tout le mérite consiste peut-être dans une élégante parure; mais celui qui les a l*e>criies, avaient de graves raisons pour imiter son choix. Les moyens doivent être enharmonie avec le but. Comme c'était aux pires que notre saint prêtre préparait ses intuitions, il voulut qu elles lussent habiliter pauvrement , do peur qu'une mise mo'os grossière ne donnât , près d'elles iccèa aux riches, et, qu'à la fin, son idée î'tidamentole ne fût méconnue et renversée. Qui pourrait se l'imaginer? Il se rencontra des obstacles de toute nature à une entreprise si utile, et il fallut une constance de beaucoup d'années pour en triompher.
Parmi les tilles que l'abbé Beulé avait rassemblées, il avait remarqué la sœur Catheriue Fleurv, première supérieure de la communauté àe rimmaculée-Conception , qui, bien que née dans une condition obscure, et a'ayanl reçu dans son enfance , presque «ut-une culture de l'esprit, ne laissait pas «J'avoir de grandes dispositions pour les icieoces. Il s'était empressé de lui communiquer des notions de grammaire, qu'elle ««il saisies avec tant de rapidité, qu'il le toi) capable de réaliser un dessein difficile qu'il avait jadis conçu, et dont il résolut de commencer l'exécution. Le sort de ces infortunés qui naissent privés a la fois de |.usage de l'ouïe et de celui de la langue, lavait toujours touché d'une vive compaswon. Ce qui les rendait surtout à plaindre a *w veux, c'était ceUe espèce d'impossibilité, °u ilsse trouvent, d'acquérir une connaisse suffisante des vérités de la religion, citation qui les expose, hélas I è la perte éternelle de leur âme. Il envoya l'humble **ur étudier, à grands frais, dans la célèbre 'uslituiion de Paris, qui a servi de modèle > joutes celles qui se sont, depuis, établies ■''leurs, mais qui était alors la seule dont I Europe se pût glorifier. Il n'avait pas trop Ke>umé de la capacité de cette fille. Elle r*vint,au bout d'un temps assez court, enfuie des trésors d'une science, que d'au- J» «apprennent que très-lentement et avec « irès-iongs efforts, et elle se chargea im-
médiatement de l'instruction d'un certain nombre de sourdes-muettes. Quand l'abbé se vit, par sa sortie du collège, libre de toute occupation publique, il voulut donner a cette nouvelle espèce d'enseignement une plus grande extension, et il rêva un magnifique établissement dont il espérait doter s'on pays. Comme il fallait connaître l'art pour le transmettre à d'autres, il n'hésita jioint d'aller, écolier à tête chenue, se mettre sous la discipline de l'abbé Sicard , et l'ennui des premiers éléments, par lesquels il était obligé de passer, ne dégoûta point son Age mûr; tant sa passion du bien le pressait, tant son cœur était altéré du désir de travailler au bonheur do ses frères ! Disons-le eu passant, à ia gloiro de la religion, e'est au clergé que l'on doit, après tant d'autres bienfaits de tout genre, la plus belle, la plus utile découverte de ces temps modernes, celle de fairo en un sens entendre les sourds et parler les muets. L'abbé de l'Epée inventa la méthode, l'abbé Sicard la perfectionna, l'abbé Beulé lui a fait faire do nouveaux progrès. Celui-ci eut bientôt surmonté toutes les difficultés du chemin où il venait d'engager ses pas; il eut bientôt aplani tous les obstacles, et quelques mois s'étaient à peine écoulés, que de disciple, il était devenu maître. Jamais l'abbé Sicard n'avait rencontré autant de pénétration, de sagacité ; jamais on ne l'avait si bien conv pris; jamais on u'était entré si avant et si parfaitement dans tous les détours et toutes les sinuosités d'une science, pour laquelle, avec une patience et une application infinie, il faut encore une extrême profondeur d'es-
(>rit. Il s'enthousiasmait de son élève, et il e désignait hautement comme le plus digne d'être son successeur. Son vœu à cet égard était si connu, qu'après sa mort, les administrateurs de l'école songèrent à le remplir. Le feu duc Mathieu de Montmorency , le baron de Gérando encore existant, firent auprès de lui les plus vives instances, pour l'engager è accepter la place de directeur de l'institution royale des Sourds-Muets. Malgré ses premiers refus, ils l'appelèrent à Paria pour essayer de vaincre plus efficacement sa résistance. Mais ni les louanges les plus flatteuses, ni les offres les plus séduisantes, ni même le nom du roi qu'on fit retentir h ses oreilles, ne purent le détourner de la pensée a laquelle il était fixé, celle de faire jouir du fruit de ses travaux sa ville natale, préférablemenl à toutes les autres. Hélas I il était dans sa destinée do vouloir, pour le bien, plus que de pouvoir. Une suite de circonstances fâcheuses l'a ôrivé du bonheur tant envié par lui de créer celte école de sourds-muets, qui fut l'idée dominante des vingt dernières années de sa vie, et il a disparu de ce monde, sans avoir attaché son nom à ce grand ouvrage. Puisse quelque heureux Elisée avoir reçu le manteau de cet autre Elie, lorsqu'il s'est envolé vers les cieux, et donner suite, à des desseins dont l'accomplissement serait si désirable. Ce que nous regrettons sur-