‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 118 sur 323 · IMM DICTIO · texte numérisé non relu

IMM DICTIO

tout, c'est que l'abbé Beulô n'ait pas consigné dans un ouvrage, les résultais de son expérience. Il est certain qu'il avait fait faire de grands jios à l'art d'instruire les sourds-muets, et nul peut-être en Europe n'en possédait aussi bien que lui les sériels. Mais il avait une répugnance naturelle à manier la plume, et sa vivacité ne s'accommodait pas tics lenteurs do la composition, liien éloigné de la manière du siècle qui réfléchit peu et qui écrit beaucoup, lui, il pensait beaucoup et il n'écrivait guère.

Les vertus sacerdotales do l'abbé Beulé répondaient à leuiinenee de sa science et à l'étendue de ses facultés intellectuelles. Son attachement a la foi était inébranlable , son dévouement pour elle ne connaissait pas de bornes. On peut dire qu'il faisait tout dans des vues de foi, tout pour l'honneur et l'agrandissement de la foi. 11 ne fallait pas plaisanter, en sa présence, sur les mystères de la religion ; car il savait, lui aussi, aiguiser la pointe de la raillerie; elle devenait alors une arme terrible entre ses mains, et il perçait de part en part l'imprudent qui avait osé toucher, sans respect, h l'objet de son amour et de ses convictions. Sa piété avait quelque chose de grand et de simple tout ensemble. Elle ne le rendait certes, ni méticuleux, ni pusillanime, et elle marchait do pair avec la hauteur de ses conceptions i mais en même temps elle était tendro et naïve, elle tenait de la candeur de l'enfant. Adorateur zélé du sacrement de nos autels et du divin Cœur de Jésus, airectucux de la Vierge Marie et des saints, il adoptait volontiers pour leur rendre ses hommages et pour nourrir ses sentiments envers eux. les dévotions les plus populaires, et ces sortes de pratiques avaient môme un attrait et un goût particulier pour lui. L'abbé Beulo fut humble ; non -seulement il ne chercha jamais a se produire, mais il écarta soigneusement les occasions qui se présentèrent plusieurs fois, pendant sa vie, de mettre son mérito en relief et de monter à des positions dignes de lui. « Dieu, » disait-il, souvent, a me conduit par la voie des humiliations. » Et, en efTet, il eut à boire en ce nenre les calices les plus amers, dont il ne détourna point ses lèvres, et qu'il vida jusqu'à U lie. Toutefois, s'il souffrait sans se plaindre, qu'on lo méconnût et qu'on l'abaissât, il n'entendait pas qu'on l'avilit, et quand on essayait de porter atteinte à son honneur ou au caractère sacré dont il était revêtu, il relevait (ièremeut la tôte et prenait une contenance qui imposait le respect. Dans l'adversité (elle heurta souvent et rudement h sa porte), il déployait une fermeté et une énergie supérieure à toutes les attaques, et tel était son calme, au milieu des circonstances les plus pénibles , que vous eussiez dit qu'il se trouvait h l'aise avec cet hôte incommode. Sa manière de vie était frugale ; ce n'e^t pas assez, elle était austère. Les aliments les plus «oiiiiiiuiis dv l'eau pure pour boisson, des ûjcu-

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bles , dont le dernier artisan se serait à peine contenté, des habits de l'étoffe la plus vulgaire, témoignaient assez du peu de m qu'il faisait des aises de la vie. Chez lui, l'Amo était reine; tout se faisait h son profit; et lo pauvre corps qui la servait, était traité avec une dure épargne. Mais cette sévérité était toute pour notre saint prêtre; il n'avait pour les autres que bonté et indulgence. Sou humeur toujours enjouée, sa conversation toujours spirituelle et instructive , faisaient rechercher avidement son commerce , et l'on regardait comme une bonno fortune de l'attirer parfois à quelque réunion honnête, pour jouir du charme de ses saillies et doses entretiens. Il accueillait avec bonté les jeunes gens, il leur donnait ses conseils , les prémunissait contre les dangers du monde, les encourageait au ira. vail et h la vertu ; on ne sortait point d'auprès de lui, sans so sentir plus de volouté et de facilité pour bien faire.

Il aimait les pauvres avec prédilection, il plaidait leur cause dans la chaire de vérité et, recommandant leur misère a la pitié des riches, de peur que le nécessaire leur manquât, il s'en privait presque lui-même. S'il prêchait il rapprochait tant qu'il pouvait son langage du leur ; s'il entrait dans le sacré tribunal c'était pour les entendre de préférence, Il s'épuisait envers eux de soins, d'efîorls, de dépenses, il était le pied du boiteux, l'œil de l'aveugle, le père des iudigenls et de tous les infortunés.(l)

INSTRUCTION (Demoiselles de l') du Vivarais.

Anne-Marte Martel naquit au Puy, d'on avocat en la sénéchaussée de cette ville, lo jeudi 11 août 16'*^. Elle fréquenta de bonne heure les catéchismes de Saint-Jacques, s* paroisse, qu'administraient les directeurs des séminaires, et fut instruite des éléments de la doctrine chrétienne, par M. Méthé, qui gouvernait alors la cure. L'enfame d'Anne -Marie offrit quelques traits dignes de remarque. On rapporte que, pendant les troubles qui divisaient la ville du Puy, au sujet des droits des évôqUcs et des seigneurs de Polignac, elle se mit en devoir d'apaiser, louto petite enfant qu'elle était, la colère de Dieu, irrité contre les habitants de cette ville, et que, par une résolution bien ntraord inaire dans une fille de son âge, elle réunissait ses compagnes et les faisait marcher en procession, portant elle-même un crucifix. Après avoir demeuré quelque temps elicz les religieuses de Sainte-Catnerine dr Sienne, au Puy, elle revint dans la maison paternelle, et continua, comme auparavant, à fréquenter la paroisse du séminaire. Elle s'adressa toujours aux divers curés qui *c succédèrent,' et entin à M. Antoine Trouson. par le conseil duquel elle commença l'œuvre de/' Instruction.* Olle œuvre, » dit M.Tmn- *on lui-même dans se» Mémoire.*," n^i*-1

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