‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 119 sur 323 · W: INS DES ORDRES · texte numérisé non relu

W: INS DES ORDRES

l'e/fet (Tan dessein prémédité, ni une entreprise urévue et concertée par les hommes, ijuana on y donna commencement, on ne songeait nullement que les choses dussent tenir là où elles sont : on n'en avait pas même la moindre pensée ; et c'est assurément la Providence seule qui en a ainsi ordooné, avant eu une Ûn déterminée dans ce que les hommes faisaient sans en avoir un-mêmes aucune. » Non loin des murs du Par, on voit un village nommé Anguille, où était un hôpital pour les personnes du »xe. M. Tronson , y passant quelquefois , trouva dans cette maison un grand nombre •le femmes et de filles si étrangères aux choses de la religion , qu'elles ignoraient mémo les premiers articles de la loi. Ayant remarqué que personne n'était chargé de les instruire , il lui vint en pensée de donner cesom a Mlle Martel, sa pénitente, qui s'y rendit en effet , et y opéra des fruits étonnant*. Encouragé par un succès qu'il ne s'était pas promis, M. Trouson chargea cette pieuse tille de travailler à l'instruction des jeunes personnes du faubourg de Saint-Laurent, qui, bien que dépendant de sa paroiise, en était néanmoins assez' éloigné, les travaux de Mlle Martel eurent encore ici les mêmes résultats. Elle assembla l»s filles de ce (au bourg pour leur faire le catéchisme, et les disposer a leur première communion : c'était alors le temps du Carême de l'année 1668. Il fallut lui donner une compagne , et ensuite une autre, pour suffire a ce péniblo travail. Mlle Martel se porta de là dans un autre quartier de la »il!e, où le bien se multiplia encore avec plus de bénédictions. Bientôt elle gagna A Dieu on grand nombre de jeunes ouvrières, à qui elle conseilla de vivre ensemble avec autant de régularité que dans les communautés les plus ferventes. Elle organisa leurs assemblées, leur donna des règles, et opéra par ce moyen un renouvellement entier dans les mœurs de la ville du Puy. Dans le Velaj, la plupart des personnes du sexe, de la classe indigente, travaillent A la dentelle, et ce métier en attirant un grand nombre à la ville, elles se réunissent plusieurs dans des chambres, pour y vivre et travailler en commun. Il était indispensable, pour établir uno réforme des mœurs complète et solide , de pourvoir à l'instruction et à la sanctification de cette classe du peuple jusqu'alors entièrement abandonnée. Le genre àt travail de ces personnes est de telle nature, que l'on peut, sans l'interrompre, faire oraison . garder le silence, chanter, écouter une lecture, ou s'entretenir en- »cinble. Mlle Martel s'étant insinuée dans kors assemblées, essaya d'abord de leur faire observer un règlement pour diviser et seuclifier leurs travaux; et bientôt elle apprit la manière de s'occuper ainsi doublement pendant la journée. Le lever se faisait à une heure précise, et, après la prière, on vaquait durant une demi-heure A l'oraison ,

}m était suivie de la sainte Messe Le reste «jour était partagé avec autant de diacer*

RELIGIEUX.* INS t?H

nement que de variété. Chaque ehose avait son temps : il y avait uno heure pour la récréation, une heure pour le silence, une heure pour chanter des cantiques et réciter le chapelet à deux chœurs, une heuro pour entendre la lecture que l'une de ces filles faisait pour toute la compagnie. Mlle Martel visitait fréquemment toutes ces ouvrières, et savait communiquer son zèlu A celles qui, dans chaque réunion, étaient préposées pour gouverner les autres. Elle consolait celles-ci, reprenait celles-là, les encourageait toutes, et priait pour elles avea une douceur qu'on ne peut exprimer.

Les dimanches et les fêtes, ces ûlles se rendaient à l'église du séminaire pour s'y confesser, et un grand nombre pour y communier. Elles y entendaient la grand'Messo et le Prône, et étaient si affectionnées à l'oraison, qu'on en voyait plusieurs persévérer, durant toute la matinée, dans fa plus religieuse modestie. L'église de Saint-Georges était le lieu ordinaire de leur réunion, quoique le plus grand nombre de ces personnes demeurassent sur d'autres paroisses. Les jours de fêtes et les dimanches , plusieurs y venaient tout exprès de la campagne, pour participer aux exercices. Ces dernières se rendaient à Saint-Georges avec tant d'empressement, qu'uniquement occuées de la nourriture de l'Ame, elles semlaient oublier les besoins du corps les plue nécessaires, se contentant d'un peu de pain et de quelques fruits, qu'elles portaientaveo elles pour vivre le long du jour. Après les Vêpres, un des prêtres leur faisait un catéchisme raisonné, interrogeant indistinctement tout le monde, comme cela se pratiquait A Saint-Sulpice. Ces réunions commençaient par de pieux cantiques, toujours analogues au. temps de l'année où à la fête du jour ; et le fruit qu'on en retirait consistait principalement dans des pratiques de dévotion pour passer saintement la semaine. Enfin, eu sortant de Saint-Georges, chacune de ces filles allait saluer la très-sainte Vierge à la cathédrale, et preudre sa bénédiction.

Il n'eût pas été possible qu'un petit nombre de personnes suffit à tant de travaux. La divine Providence, toujours attentive A proportionner les moyens avec les fins qu elle se propose, associa bientôt A Mlle Martel des compagnes pour seconder son zèle. La

Crémière qui eut le dessein de s'unir A Mlle lartel fut Mlle Catherine Félix, qui, depuis sort enfance, lui demeura toujours inséparablement unie par les liens d'une sincère et inviolable charîtié. Elle avait d'ailleurs l'avantage d'être dirigée comme elle par M. Tronson, curé de Saint-Georges, et cet habile directeur, reconnaissant en elle les mômes dispositions , l'appliqua A des occupations semblables. Il y porta encore plusieurs autres jeunes personnes de bonnes et honnêtes lamilles, qui s'étaient mises sous sa conduite. Son digne vicaire , M. Grosson, dont le principal caractère fut l'humilité » t le zèle pour Jo salut des personnes gros-

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