‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 120 sur 323 · I.NS · texte numérisé non relu

I.NS

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s.eics, lui renvoyait toutes relies qui étalent un peu de condition, et qui venaient d'à» dresser à. lui, en leur disant : « Allez à M. Tronson, qui est très-propre 5 couduiro les personnes do votre état, et a grâce pour les porter à Dieu. » M. Grosson avait lui-mémo un grand nombre de pénitentes, qu'il engag- ail aussi a se vouer a l'instruction des pauvres. Il connut le désir d'en réunir plusieurs en communauté, ou plutôt Dieu fournil lui-même à ces pieuses filles une occasion de pratiquer la vie commune. La mère de l'une d'elle, Mme Félix, pour tirer quelque avantage de sa maison, qui était spacieuse et fournie de meubles, eut la pensée de prendre des filles en pension et de leur louer des chambres. Le dessein qu'cllo réalisa eut un autre avantage qu'elle n'avait pas prévu; ce fut que toutes les compagnes de Mlle Martel vinrent se réunir dans cetto maison et formèrent bientôt une communauté qui fut une espèce de pépinière pour l'œuvre de l'Instruction. C'était le rendezvous de toutes ces ouvrières évangéliques ; viles y formèrent un grand nombre de maîtresses d'écoles , pleines de zèle pour l'instruction chrétienne des enfants. On y venait faire des retraites de huit ou dix jours, et y demeurer mémo des années entières, pour se former dans la méthode de faire l instruction. On y observait un règlement dressé par M. Grosson, qui fut chargé de conduire toutes ces tilles. Mais la communauté devenant tous les jours plus nombreuse, un seul confesseur n'était pas capable de gouverner les consciences de tant de personnes, M. Tronson associa à M. Grosson plusieurs autres excellents prêtres formés au séminaire, tous pleins de ferveur et surtout hommes d'exemple et d'oraison. Le grand vicaire de l'évôque s'empressa d'autoriser verbalement uno si sainte entreprise; et M. do la Chélardic fit imprimer exprès , pour l'usage de cos demoiselles, des catéchismes, des cantiques, des méthodes pour faire oraison , pour so confesser, entendre la sainte Messe, et enfin pour sanctifier toutes les actions de la journée. Les directeurs du séminaire leur fournirent encore de bons livres, simples et à la portée du peuple, divers manuscrits, des instructions familières, toutes tendant à la pratique des « doses les plus nécessaires, et entremêlées d'histoires également touchantes et instructives. Ces vertueuses tilles se répandaient tous les jours dans les assemblées de la ville, des faubourgs, et des villages circon voisins; et les prêtres que M. Tronson avait désignés s'y transportaient aussi de temps en temps pour maintenir l'ordre et distribuer le pain do la parole. Le mercredi de chaque semaine, M. Tronson tenait uno réunion générale de toutes ces assemblées particulières, et taisait une conférence sur • e qu'il savait être plus important, soit à l o-avie, soit aux personne* qui s'y étaient cet sacrées.

Mademoiselle Martel eut en partage le plus Mi;:;',ik îles emplois qu'exep.ail cette liuu; c

apostolique. Ce fut le soin des femmes qui demandaient l'aumône aux portes de la cahédrale, et qui, pour être si près d'un lieu tant vénéré, n'en étaient pas plus adonnés aux pratiques de la religion, la pluj>art u'entrant pas môme à l'Eglise los jours de dimanche. Elle embrassa avec ardeur l'œuvre dont nous parlons, et il ne fallait rien mouw qu'une personne do son caractère et de sa vertu, pour la continuer comme elle fil, malgré les obstacles que rencontra son zélé. Pour parvenir à leslever,elleusadeniillecouiplaisances, et essuya toute sorte de rebuls.Oo la vit pendant longleuipsconduire par les ruts de la ville une pauvre aveugle, afiu de demander i'aumône avec elle et pour elle. Ce qui, comme il est aisé de penser, lui attirait les mépris des personnes dépourvues de l'esprit du christianisme. Tous les jours elle no manquait pas d'aller trouver sou aveugle, et de la prendre sous le bras pour la conduire ainsi de porte en porte. Elle faisait d'aulanl plus paraître en cela la pureté de son zèle, et de son amour pour le prochain, qu'à l'exemple de sainte Catherine do Sienne, elle no recevait de cette aveugle ingrate, que des reproches et des mauvais traitements. « Jo l'ai vue moi-même, pendant plus de huit ans, dit M. Tronson, porter quasi tous les jours un petit pot sous sou tablier à d'autres pauvres dont elle s'était chargée. » Mais la grâce lui fit surmonter efficacement toutes les répugnances de la nature; et, après avoir appris le caléchisine à chacune de ces femmes en particulier, elle les réunit pendant longtemps pour leur faire des lectures spirituelles suivies d'histoires sur chaque vice et chaque vertu, très-propres à les toucher. Lo fruit de ses travaux fut de les déterminer à faire des confessions générales, et do leur inspirer l'amour do I oraison, si nécessaires aux personnessouffrantes. Celte, lillo incomparable visitait toutes les assemblées d'ouvrières, avec un soin, un travail et une assiduité que la grâce de l'esprit apostolique pouvait seule lui communiquer. Nonobstant sa faible santé et sa complexion délicate, elle faisait ses courses toujours à pied. L'hiver on la voyait avec de gros et pesants sabots aller dans la campagne, sans que ni les neiges, ni le froid si rude dans le Velay, fussent capables de l'arrêter. Durant l'été, elle soutirait la chaleur avec ce ruf"1" esprit de mortification, ne faisant jamais rien pour éviter les rayons du soleil, quoique souvent elle suât à grosses gouttes. Comme elle avait besoin de presque toute la journée pour faire sa ronde, elle portait avec elltf ies provisions,qui consistaient en un uiorccaii

de pain sec, fort petit, et dont même elle donnait quelques portions aux pauvres- En pariant du Puy, elle et sa compagne partageaient lo chemin qu'elles avaient à faire, en certaines stations, pendant chacune desquelles elles méditaient dans un continuel et religieux silence sur quelque mystère de la Passion et de la mort de ^ol^c-àe^8neu^• Celle sainlo fille avait un grand aurait à honorer les fatigues cl les voyages du Sauveur,

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«i particulièrement sa conduite à l'égard de \* Samaritaine, considérant qu'il n'avait point LdixfU de faire lui-même l instruction à un* foort ptchertue. Faire f instruction voulait uire dans le langage de ces demoiselles, apixvfidre la doctrine chrétienne et la manière je une saintement, comme dans le style de M. Boardoise, faire la cléricature signifiait prendre à vivre cléricalement. Le nom de demoiselles de l'Instruction qu'on donna u'aiiord à ces filles, leur est resté depuis, ïuot arrivée au village, elle s'adressait aux ange* gardiens, d'abord à celui du lieu, ennuie à ceux des personnes à qui ello devait prier; et à l'exemple de saint Dominique, <lie priait Noire-Seigneur de ne pas abîmer « lieu à cause des péchés de sa servante, tile mourut en odeur de sainteté, à l'âge *u!eroeni de vingt-huit ans, le 15 janvier 1673. Mlle Martel lut éprouvée par divers pures de souffrances qui ne firent qu'aupater sa vertu. Elle les endura avec tti sentiments de joie extraordinaire dans a dernière maladie, en sorte que le médecin se vyt s'empêcher de lui en témoigner sa luqrae, loi disant que si on ne la connaissait |45,oolaprendrait assurément pour une per* waoeiliénée. La sai nte Eucharistie opérait en «fie des effets si admirables, que, pendant une çaiadie de neuf mois qu elle fit, les médecins Alternaient, en la voyant, les jours où elle mil reçu son créateur. Car alors il paraissait wr son visage un certain éclat que Ton ne wurquait pas les autres jours. Elle profita Je ses derniers moments pour encourager compagnes à s'appliquer sans réserve a

i instruction des filles pauvres ; et l'une de «lies qui l'entouraient lui ayant dit de l'appeler à elle quand elle serait au ciel; Non, ■on une, lui dit-elle, il faut encore tratmittr pour Notre-Seigneur. Enfin, sentant

forces l'abandonner, elle se leva sur son *«t, soutenue par uue de ses compagnes, * entra dans un recueillement très-profond pur oe plus penser qu'à son dernier pas- Pendant que M. Tronson lui suggérait i« scies que sa faiblesse l'empêchait de faire t^Mnéoe, elle tint toujours ses yeux élevés

ii ciel, puis elle renversa sa tête sur le bras de celte qui la soutenait, et comme son viu;e parut alors extrêmement beau, et qu'on »'» «oyait aucune altération, on ne s'aperçut iw longtemps après qu'elle avait rendu son iiuc à Dieu. Sa mort lira des larmes de déwmn de tous ceux qui s'y trouvèrent pré- *'iU;etau lieu de cette horreur secrète quo Réprouver la vue d'un cadavre, chacun Empressait de la toucher, de la baiser, ou <1 sioir quelque chose qui lui eût servi ; aussi *>n convoi fut si solennel par l'alUuence générale, qu'il ressemblait plutôt à une prottHwn qu'à une cérémonie de deuil.

Sa mort au lieu d'éteindre dans le cœur *es coopératrices le zèle pour l'instruction pauvres, ne servit qu'à l'enflammer dallage. Car à peine eut-elle les yeux fermes ûo'il $e présenta à la communauté de r*> biles un grand nombre de jeunes perdues très-vertueuses et parfaitement ca-

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