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nobles de remplir tous les emplois de V Instruction. Six ans après la mort de Molle Martel, il y avait au Puy quinze assemblées de filles et plus de soixanjedix jeunes personnes de tonte condition, qui, h son exemple, se dévouèrent à la sanctification des personnes de lour sexe. Les jours de dimanche et les fêtes, ces demoiselles se partageaient en douze ou quinze troupes et allaient dans la ville et dans la campagne instruire un très-grand nombre de filles et de femmes de tout âge, qui s'assemblaient dans des granges quelquefois jusqu'au nombre de deux cents. Les fruits que Dieu donnait à leurs travaux les firent appeler dans un grand nombre de paroisses. Elles parcouraient successivement les villages, demeurant en ehacuti d'eux antant de temps qu'il était nécessaire pour instruiro parfaitement jusqu'à la plus petite fille. Elles y enseignaient leurs feuilles de catéchisme, y apprenaient à faire la prière du malin et du soir, à recevoir dignement les sacrements, à dire le chapelet, à travailler en commun en sanctifiant le travail par de petits exercices de piété. Dans chaque village, elles choisissaient deux ou trois filles des plus capables qu'elles dressaient pour servir de maîtresses aux .autres. Elles se répandirent de la sorte dans tout le diocèse du Puy, et avec tant d'activité, que dans l'espace de quatre ou cinq ans, elles parcoururent presque la moitié des paroisses, et que plusieurs de ces filles en avaient évangélisé plus de cinquante, et toujours avec un égal succès. « Je connais des villages entiers, » dit à ce sujet M. Tronson,* dont les habitants no daignaient seulement pas regarder leur curé quand il les allait visiter, et qui néanmoins sont si parfaitement changés depuis que ces bounes filles y ont passé, que, du moment que le curé parait, ils sortent tous au-devant de lui, s'assemblent dans des granges pour entendre son exhortation, et te vont conduire bien loin, lui parlant toujours des choses de Dieu, et de leur salut. » Les- hommes mêmes demandaient avec instance qu'on les laissât du moins à la porte des lieux où les femmes et les filles étaient assemblées, protestant qu'ils s'y tiendraient avec toute sorte de respect et de silence. « Souvent j'ai vu de mes yeux dans cesmonlagnes,»coulinueM.Tronson,«juso.u'à des centaines de garçons et d'hommes à la |»orte pour écouter attentivement. Une fois je trouvai dans un village fort éloigné do l'Eglise un garçon bien sage qui faisait l'instruction et la prière du soir et du matin à tous les villageois et villageoises du lieu; et surpris de sa modestie et de sa retenue, je lui demandai qui lui avait appris tout ce qu'il savait; il me montra les feuilles imprimées des filles de Vlnetruciion, médisant que ces demoiselles avaient passé par là, il y avait deux ans, et lui avaient appris la doctrine chrétienne, en sorte que, faute de plus habile, il l'enseignait lui-même aux autres. »
La société de l'Instruction chrétienne a résisté à la tempête révolutionnaire et aujourd'hui la waisou chef- lieu qu'elle possède
DES ORDRES RELIGIEUX
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an Puy envoie des filles agrégées dans les bourgs et les villages.
Mxtrait de la Vie de M. de Lanlages, prêtro ue Saint-Sulpicc, premier supérieur de Noire-Dame du Puy. Paris, Leelère 1830.
INSTRUCTION CHRÉTIENNE (Fhëiies de l').
A l'exemple de M. l'abbé Deshayes, curé d'Auray, el depuis supérieur général des missionnaires de Saint-Laurent-sur-Sèvre el des sœurs de la Sagesse, M. l'abbé Jean- Marie-Robert do Lamennais voulut établir une société de frères enseignants qu'on pût se procurer plus facilement dans les paroisses (pic les frères des Kcoles chrétiennes, obligés, par leurs constitutions, à ne s'établir qu'au nombre de trois. Dans les premières années après la paix continentale el la restauration des Bourbons, M. l'abbé de Lamennais, (jui était abus vicaire général de Siint-Brieuc, en Bretagne, commença son «eiivre dans sa propre maison, et y reçut d'abord trois jeunes gens, dont l'un mourut, l'autre se relira, et le troisième seul persévéia. Plus tard, il s'en joignit d'autres, et quand M. Deshayes quitta sa cure d'Auray, pour se rendre à la demande des missionnaires do Saint-Laurent, il se concerta avec M. de Lamennais pour l'organisation de la nouvelle société de frères, qui était formée de ceux qu'il avait à Auray, et de ceux qui étaient à Saint-Bricuc. M. Desbayes en forma une nouvelle branche dans le diocèse où il allait, et lui donna un costume différent. Ceux qui restèrent en Bretagne furent sous la direction de M. de Lamennais, et prirent le nom de frères de l'Instruction chrétienne. M. de Lamennais devint bientôt vicaire général de la grande aumônerie, et obtint sans peine une ordonnance royale, datée du l"mai 1822. qui autorisa la nouvelle congrégation, sous la désignation de Conjre'gation de l'instruction chrétienne.
Sur le vu de la lettre particulière d'obédience que chaque frère reçoit du supérieur général, l'autorité universitaire lui remet le brevet de capacité qui lui permet «le se livrer a renseignement. Des legs et donations peuvent être faits, soit a l'association en général, soit aux écoles particulières qu'elle dirige. Des règlements provisoires furent faits pour l'institut naissant; mais, en 1851, M. do Lamennais publia des règlements définitifs dont je tais donner la substance. Ces règlements sont divisés en deux parties principales, la première sous ce titre : Règles de conduite pour les frères de l'Instruction chrétienne; la seconde intitulée : Avis et instructions sur divers sujets. Comme on le voit, cette deuxième partie est plutôt une sorte de conduite morale à l'égard des particuliers, tandis que l'autre forme comme le code légal de l'institut. Celle première partie est principalement divisée en cinq litres, qui prescrivent la manière dont les frères doivent se conduire (avec les supérieurs, les autres fière;-, K's élèves, etc. Le premier devoir,
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est une obéissance enlière aux supérieurs locaux et au supérieur général. Chacun écrira, tous les deux mois, au supérieur général, pour lui rendre compte de ce qui le concerne, el de l'état de l'école. Quand, dans un établissement, il y a plusieurs frères, le directeur local instruit le supérieur général de tout ce qui concerne lesaosociés. Entre eux, les membres de la société ganleronl prévenance el modestie, ne poiivant.ni se tutoyer, ni jouer aux caries, pas niômeaprii d argent. Dansloutdivertissement, les jeui do main, les familiarités même les plus simple* înoiiI défendues. Ils ne recevront point de présents des parents des enfants, et ne leur feront point tie visite, si ce n'est le frère directeur. Ils pourront, néanmoins, répondre aux parents qui s'informerai ni de la conduite, des progrès de leurs enfants. Ils peuvent pourtant, de ces personnes ou autres, recevoir des dons ou cadeaux, avec l'agrément du frère directeur. Avec les élèves, ils éviteront toute familiarité, et ne pourront pas même les tutoyer, et veilleront à s'acquitter de ce que leur impose envers eux leurs principaux devoirs et leurs fonctions fondamentales.
Les frères se confesseront tous les quinze jours au moins; ils consulteront, sur le choix du confesseur, le supérieur de la congrégation. Des dispositions particulières de la règle prescrivent ce qu'ils auront à faire pour vivre dans le recueillement et le silence. Ils ne feront aucun acte de propriété sans U permission du supérieur de la congrégation; ils ne disposeront pas de leurs revenus, de quelque naturequ'ilssoienl.sans son consentement; mnisils conserveront !a propriété de leurs biens - immeubles. Ils feront leurs vovages à pied, sauf le cas de maladie oo d'inlirmité. Lorsqu'ils se rendront à la retraite annuelle, ils remettront au supérieur le reste de l'argent qu'ils auront touebé. et ils lui présenteront : 1* le compte de leur» dépenses; 2* l'inventaire de leurs hardeseï eirets; 3* une page de leur écriture; »'«n« page d'écriture de leurs quatre plus forts écoliers. Un frère ne sortira seul que le moins possible; il sera toujours accompagné d'un frère, s'il y en a plusieurs dans l'établissement. Ils ne liront point de journaoi, et il leur est défendu do s'occuper de poli»' que. lis conduiront les enfants à l'église et aux processions, toules les fois que les curés le désireront; mais ils ne prendront jamAis ni surplis ni chape. L'eau- de -vie, le café et les liqueurs, leur sont absolument interdits. Le cidre est la boisson usuelle en Bretagne. Aux repas, ils pourront accepter un verre do vin seulement. Dans l« presbytères, et même en voyage, dans Ie.< maisons laïques, les frères se lèveront 4c table au moment où. l'on servira le dessert; un fruit, cependant, ne leur est pas défend avant do se retirer, même au repas du midi. Le supérieur n'accorde jamais de rester dans la salle à manger quand ce repas ^t fini. Ces prescriptions d'abstinence n'empêchent pas que les frères n'aient besoin de
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