‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 129 sur 323 · JUS · texte numérisé non relu

JUS

UES ORDRES RELIGIEUX

JOS

Celle religieuse joignait à l'activité de la seignement. Les choses restèrent ainsi jusjeunesse, la prudence de l'âge mûr. Elle Qu'en 1807; alors un nouveau coup vint était douée d'un esprit vif et pénétrant, frapper les religieuses du Bon-Pasteur. La d'une sagesse profonde, d'un zèle infatiga- sainte Mère qui les avait consolées aux Me; aussi avait-elle su captiver l'amour et jours de l'épreuve, encouragées et fortiûées Ij confiance de la communauté entière. 8 l'heure du péril, n'eut pas le bonheur do Nommée assistante è l'âge do trente ans, leur voir reprendre le saint habit, et le di« elle devint le conseil et l'amie de sa supé manche, 31 mai, réunies auprès d'une couneure. le modèle de ses sœurs, la règle vi- che funèbre, elles pleuraient cette Mère vante de la communauté. vénérée.

Elle eut à pleurer dans la Mère Agnès Deux ans après, les religieuses songèrent

Labat, une amie à laquelle son cœur était à rétablir leur communauté, et faisant géné-

étroiteroent uni, une Mère que toutes ses reusement le sacrifice de la fortune que

fines regrettaient sincèrement, et dont la quolques-unes d'entre elles avaient recueil-

terte paraissait irréparable. Mais elle pleura lie, elles achetèrent, le 27 janvier 1809, uuo

h:en plus encore, lorsqu'elle se vil appelée partie de l'ancien monastère des Ursulines,

a lui succéder. Son activité, son zèle, la qu'elles possèdent, aujourd'hui, presque en

«igesse de son administration justifièrent le entier.

...onasière, ses habitantes restèrent encore, u,,e vielu0 no reculèrent devant

H.èrent avec plus de ferveur, bénirent Dieu fu(ru.n de ceuï 3ue ,eur lmPosa ,a ré£u*

ce leur pauvreté ou plutôt de leur entier ,arllé; .

'imùment. Cette généreuse persévérance Ma,s Sl ln maison du Bon-Pasteur jouisem la récompense qu'elle méritait : les re- sait abondamment de la vie spirituelle et lieuses qui avaient soigné tant d'infortu- religieuse, l'existence légale lui manquait, néw.passèrentenfindeleurspaisiblescellulcs et les sœurs n'avaient pas eu encore la contins les prisons révolutionnaires, et elles ^olation de reprendre le costume nionas- «uraient porté leur tôle sur l'échafaud, si la tique-

«ton de Robespierre ne les eût sauvées. Mgr Charles-Antoine-Dwvalk do Dam- Rendues à leurs familles, elles y vécurent pierre, se trouvant à Paris, en l'année 1811, wus l'habit séculier, en bonnes et ferven- s'occupa activement et efficacement è faire le* religieuses; leur digne Mère devint le autoriser noire congrégation. 11 joignit k r«int de ralliement de toutes ses filles dis- l'extrait des anciennes constitutions, quel- Krsées; elle les conseillait, les consolait, ques statuts fondamentaux, relatifs h 1 afu> lc> encourageait, et deux ans étaient à peine liation qu'il voulait former, et après avoir «coulés, qu'au milieu des débris amonce- demandé le consentement écrit de la Mère Ifc de loules parts, par le malheur des Victoire, ainsi que de toutes les sœurs de la 'etnp5, elle essavaii, avec quelques-unes congrégation, il présenta lesdits statuts h la 'i entre elles, de jeter les fondements d'une sanction du gouvernement. Alors un décret maison d'éducation; le Ciel bénit cette œu- impérial, du 9 avril 1811, approuva In con- %n, et lui donna un merveilleux accroisse- grégation'des religieuses du Bon-Pasteur.

Plusieurs de ses filles imitèrent un si bel mère, et lasuoérieure de celle communauté

*ieœ,ile, et sous ses auspices une nouvelle rcvôtue'de la dignité de supérieure générale,

colonie s'établit dans la môme ville, sur les Celte époque devint pour nous celle d'une

mêmes bases et dans le môme esprit. La entière el importante transformation,

^gne Mère était l'âme et le conseil de ces En effet, la congrégation composée jusque*

deux établissements, et mettait tous ses |a d'établissements isolés et indépendants les

vins à maintenir enlre les membres qui uns des autres, fut changée en un corps rc-

«> coassaient 1 unité de principes et d'eu- ligicux, qui, sous un même chef, trouva sa

meut»

i%7 JOS

force et sa stabilité dans les liens d'union et do dépendance que créa l'aflil talion.

La pieuse Mère Victoire, dont le nom est en vénération ilans la congrégation, possédait au plus haut degré Tait de gouverner. Animée d'un double esprit do sagesse et de force, elle se livra courageusement aux entreprises les plus dihViles : voyages, travaux, sollicitudes continuelles, rien ne lut épargné pour remplir dignement la mission importante et pénible dont le Ciel l'avait chargée. Après avoir rassemble' les membres épars de sa communauté, elle releva et régénéra quatorze établissements; vingt-quatre lui durent entièrement leur existence. Parmi ces maisons se trouvait celle de Monlferrand, où fut établi le noviciat général de Ja cou» grégation; l'on y élevait les jeunes personnes destinées aux établissements nouvellement fondés ; (piant aux communautés existant avant l'affiliation, on leur conserva le privilège de recevoir des sujets, pourvu qu'elles les envoyassent pour se former à 1'cprit religieux dans le noviciat général.

(Juc de services cette oigne ci respectable supérieure a rendus à la congrégation I C'est h son zèle, qu'enflammaient les obstacles, qu'est dû l'esprit de régularité et de charité <pii règne dans nos maisons. Toutes étaient l'objet de sa vigilance, de sa sollicitude et de sa tendresse. Elle sut accorder l'élévation de sa place avec l'humilité de sa vocation, la douceur la plus insinuante avec une fermeté intrépide, les qualités qui font aimer avec celtes qui inspirent le respect et l'admiration.

Le temps de sa supériorité se trouvant depuis longtemps écoulé, d'après les constitutions, la Mère Victoire provoqua par ses instances auprès de Mgr de iJampicrrc, l'ordonnance qui règle les conditions de l'élection do la supérieure générale. Ce digne piélal consulta les constitutions primitives, les statuts approuvés par le gouvernement; et, après un sérieux examen, il fut décidé que l'élection de la supérieure aurait lieu tous les neuf ans , et «pie l'ancienne supérieure pourrait être réélue; que les religieuses professes de la maison mère, ainsi que les supérieures des communautés dont le personnel serait de six professes, auraient seules h; droit d'élection, ce qui s'est pratiqué depuis cette époque.

Le 18 mai 1820, la Mère Victoire fut continuée dans l'exercice ue la supériorité générale.

Klue pour la troisième fois, 27 mai 18.'J0, elle gouverna, deux années seulement; cette congrégation dont elle était si vénérée; aussi, quand le Seigneur l'appela a lui, le 13 mars 1832, ce fut pour toutes ses filles un de ces coups qui brisent, une de ces douleurs qui accablent et que le temps môme n'a pas encore bien guéris dans le cœur de celles qui l'ont connue, qui ont eu le bonheur de vivre dans son intimité. Son nom vénéré, son précieux souvenir sont vivants parmi ces Filles, comme aux beaux J- Ji--

où elle les entourait de ses soins; et il n^i pas pour celles qui lui étaient dévoué J» moments «pie ceux cotisa m

plus agréables

à rappeler ses rares qualités et ses venus.

La Mère Eléonore de Clairefonlaine. «lit* sœur Sainte-Agnès, Agée de qualrc-vu.-ù quatre ans, futélue le 7 juin 1832. El.-vée à I ombre du sanctuaire, elle n'avait connu du monde que les persécutions et les malheurs. Exilée de sa communauté par une révolution antireligieuse, elle conserva toujours l'esprit de sa vocation, offrit à Dieu un huaimage constant de ferveur, de conformité 1 sa volonté sainte et de patience dans Je» éprouves. En elle se trouvaient réunies les qualités les plus douces et les plus aimables; sa belle âme ne respirait qu'union et charité ; ses paroles comme ses actions avaient un caractère de grandeur et de bonté qui inspirait l'amour de la vertu, lui conciliait le respect et la conliancc, et lui Gl mériter le surnom d'ange de paix. Malgré son grain âge, elle justifia le choix de la congrégau-ju, par un gouvernement plein de sagesse et ie douceur, Elle fut ravie trop tôt à sa vénération, et mourut le 10 novembre 1836.

Le 8 janvier 1837, le chapitre de l'élection, sous la présidence de Mgr Féron, actuellement éveque de Clermont, réunit ses suffrages sur Joséphine Elisabeth Bouveret, due r Saint-Louis. La nouvelle supérieure

su

reçut en tremblant le fardeau qu'on lut imposait. Grâce à Dieu et au dévouement île ses tilles, elle a le bonheur de voir la congrégation prendre un accroissement c>msidërabb', des améliorations sensibles s'o|*rcr dans les divers établissements qui la composent , les œuvres de charité s'étcnJre et se multiplier pour la gloire de Dieu et celle de la congrégation.

En 18.'18, Mgr Louis Charles Féron, conçoit avec la Mère Saint-Louis, tranden le noviciat général de Monlferrand , dans h maison mère a Clermont. Alors fut abolie la réception des sujets dans les maisons exilantes avant l'affiliation, tolérance dont on avait usé jusque-là. L'unité devint parbne et la supérieure générale, assistée de ses conseillères, dispose des sujets selon le besoin des établissements soumis à soo autorité.

La maison de Monlferrand est devenue maison de retraite pour les religieuses infirmes.

Parmi les nouvelles institutions il faut distinguer la maison de refuge, établie a Clermont, au quartier Saint-AIvre. Les religieuses «le Saint-Joseph y furent appelées par .M. Chartier, curé delà cathédrale, au départ d une communauté qui , malgré «^n zèle et sou dévouement à entreprendre celle œuvre, n'avait pu la soutenir, à défautde ressources. Le 17 décembre 1840, huit de r.ns sœurs furent envoyées dans cet établissement, cl en prirent la direction. La niai^n mère de Ciermont ne recula point devant un sicrilice de près de 100,000 fr. qu'exigera 'acquisition 'les bAtiments et le maintint •>

JDS

JOS

»niunie tille.* repenties et autant d'orphelines qui y étaient abritées sans que le moindre revenu ou pension aidât è leur existence. Dieu a béni celte œuvre éminemment religieuse, et avec las dons de la charité, le produit de l'ouvrage manuel et les encouragements donnés par le conseil général du Puj-de-Doine , qui, presque toujours, nous accorde un secours annuel, la maison du refuge se soutient, et donne d'abondantes consolations spirituelles.

D'après !e tableau des fondations faites depuis l'affiliation, leur nombre s'élève aujourd'hui à soixante-dix maisons, qui, ou-> ire les œuvres de la charité et l'instruction gratuite des pauvres, reçoivent dans leurs Tsstes bâtiments, des milliers de jeunes personnes auxquelles on donne une éducation eo rapport avec leur position sociale.

La maison mère de Ciermont se compose Je trente-cinq professes; quarante a cinquante novices; reufermo un pensionnat florissant qui réunit cent cinquante h cent Citante élèves appartenant au diocèse de Cleroioulou aux diocèses circonvoisius; une étole de sourdes-muettes fondée par la Mèt o Victoire, qui prend, chaque année, une nouvelle eitension. Onze bourses ont été créées par le conseil général du Puy-de-Dôme, eu laveur de ces jeunes infortunées; d'autres nous sont envoyées dos départements environnants; enfin plusieurs élèves sont entièrement à la chargo do la maison mère, qui est heureuse de procurer è ces pauvres cubais la connaissance de Dieu, l'amour de la »eriu et les moyens de trouver dans leur travail une ressource honnête et suffisante pour l'avenir. (1)

JOSEPH (Congrégation des soeurs de SAINT-), à Bourg (Ain).

Alexandre-Raymond Dévie, vicaire générale Valence, promu à l'évêché de Belley, le 13 février 1823. fut sacré le 15 juin et intronisé le 23 juillet de la même année.

C'est à ce prélat de pieuse mémoire, que revient la gloire, sinon de la fondation, au moins de 1 accroissement rapide de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph. A peine •c digne successeur de saiut Anlnelme eutil pris possession de son siège, qu'il se mit H œuvre avec un zèle infatigable. Combler les fides du clergé, réparer les ruines du MDctuaire, ranimer l'esprit de piété dans les âmes, fut le premier soin de ce pasleuraux vertus évangéliqucs. Dès le premier moment il ambitionna pour son Epouse la gloire des anciens jours, et il se trouva que ce rêve de sa charité n'était poinl audessus de ses forces. Prêtre zélé et membre Ja clergé avant la révolution, il avait connu l'ancienne organisation de l'Eglise; il savait le bien que les congrégations religieuses {•réduisent; il connaissait le concours effi- «ce que les prêtres , dans l'exercice du >aiDt ministère, sont à même d'eu attendre pour l'éducation de l'enfance, le soin des vieillards, la visite cl le soulagement

•es infirmes, en un mot. pour la pratique 0) Voj. a U fin du vol., ir» 12». p»«.

pieuse et constante de la cba; ite sous toutes ses formes.

Les religieuse? de Saint-Joseph de Lyon, qui suivaient la règle de la congrégation des sœurs ou des tilles de Saint-Joseph, fondée en 1650, au Puy en Velay, par Henri de Mau pas du Tour, évoque et comte de celle ville, avaient déjà quelques établissements dans le diocèse de Belley. Mgr Dévie jeta les yeux sur elles pour réaliser son dessein.

Il fit sagement quelques articles additionnels a leurs constitutions, établit à Bourg un noviciat général, séparé de celui de Lyon, ou toutes les sœurs seraient formées et viendraient de temps en temps se recueillir, comme au centre de la famille, afin de se ranimer et de se soutenir dans la pratique des vertus religieuses. La Mère Saint-Benoit, admirable de dévouement et de confiance en Dieu, fut la personne qu'il jugea la plus capable de remplir ses vues. H la nomma supérieure du noviciat naissant, qui fut placé, comme il l'est encore, dans les bâtiments dits des Jacobins. Au moment de l'acquisition, on n'avait pas la vingtième partie des fonds nécessaires pour la dépense qui s'éleva au-dessus de 60,000 francs. Grâce a la Providence, le local a été payé, renouvelé, agrandi, et il peut aujourd'hui contenir plus de 700 religieuses h l'époque des retraites. Mgr Dévie plaça toutes les maisons particulières sous la dépendance de la nouvelle supérieure générale, lui en confia la surveillance et la direction. Peu nombreuses d'abord, elles se multiplièrent bientôt d'une manière merveilleuse par les soins, le désintéressement et la confiance en Dieu de la vénérable supérieure, unis a la tendro sollicitude, au zèle ardent du saint prélat et au dévouement inépuisable du clergé qu'il inspirait. Chaque année, les murs du noviciat élevaient ou dilataient leur enceinte, et toujours ils manquaient d'espace. Les jeunes personnes accouraient en foule du diocèse d'abord; puis les œuvres de miséricorde et de salut, la bonne odeur des vertus augmentant avec les membres de la nouvelle famille, ou venait du dehors, on accourait de toutes parts, pour se consacrer au service de Dieu et du prochain sous la direction de Mgr Dévie et de la vénérable Mère Saint- Benoit , dans la congrégation des tilles de Saint-Joseph Aucune condition, du reste, ne fermait l'heureuse eutrée du noviciat. Riches et pauvres pouvaient se présenter, toutes étaient admises avec un égal empressement. On ne demandait et ou ne demande encore à la jeune novice que de la bonne volonté, un grand dévouement, un uésir sincère de travailler à sa perfection par la pratique de la règle, et au salut du prochain par le quotidien exercice de toutes les œuvres de miséricorde.

En présence de ce merveilleux retour de l'esprit de sacrifice, de ce renouvellement de la vie religieuse, la Mère Saint-Benoît et Mgr Dévie, secondés par des religieuses et des l'tclies animés d'un véritable esprit de

JOS

J » i c u , ^ . i ; • | - J n 1 1 n- te ni. .n v.int lotil, a laire régtKT ;m noviciat la régularité et la ferveur, a inspirer aux jeunes personnes «pie |,i Pmvidcnce lourcnvov.nl, nu amour profond leur avancement spirituel, n'i^ijunnit ; as Mue pour travailler c(iira«"iiiciit a la san.liticalion du pro. liam, il fuit d'abord >'«Hie affermi solidement mm'-iuOiiio dans la |.ral<qne île toutes !•■> v.tIus. Jtieu ne fut i,églip:alin d'établir dans la maison mcic une piéié solide cl une légulanté |..u S.tih'. J/j,;s- Irii.tiou des jeunes préleudanlcs ci des novices fui aussi l'objet «l'une altcutiou | a r li ru hère, le plus grand nombre d'entre elles devant être consacrées à l'éducation. C'est dans . c but que les sieurs de Saint-Josepli tirent imprimer une Méthodr d'ensrit/annmt, des Leçons de civilité, une Grumimirr spéciale, ouvrages élémentaires justement connus el estimés du public aujourd'hui.

Parmi les prêtres tic mérite, qui environnèrent d'une tendre sollicitude le berceau de la congrégation, nous ne devons pas oublier son premier Père, spm'tuel, le docte el. pieux abbé Portalier. Successivement directeur au grand séminaire à Lyon et à Jîrou, il quitta celte dernière position pour se consacrer tout entier aux intérêts religieux des sœurs de Saint-Joseph. C'est pendant qu'il élait au milieu d'elles que, sous le voile de l'anonyme, il publia ce Mois de Mûrie si rempli d'onction dont les édilious nombreuses se succédèrent. Trop lot enlevé à celte communauté, l'abbé Portalier a laisse mi milieu des xcuis dos souvenirs qui ne sViïa<eroni pas. .M. Poucet, vii-aire général du diocèse , lui succéda comme père spirituel, el ces fonctions sont aujourd'hui remplies par le chanoine Peiner, nue des intelligences les plus élevées cl des ames les jdus religieusement dévouées du clergé.

Ces soins religieux, persévérants, assidus d hommes ciuiuents, ne lardèrent pas à porter leurs fruits. Frappés de l'aspect d'ordre, de .simplicité el de dévouement évangélioue, dont les sœurs de Saint-Joseph de la congrégation de Hourg faisaient preuve dan> leurs emplois, les personnes charitables el (es membres du clergé s'imposèrent bientôt de grands sacrifices, afin de procurera leur paroisse les avantages «l'un de leurs établissements. Il v eut partout une louable émulation pour leur ronlier l'éducation de l'eniauce et la direction de» œuvres de chanté. Lu moins «le vin-i ans, « eut soixante éta-' bossomcnls fiiicnl fondés, lo plus -iaiul munbre dans le département de l'Ain, 'd'autres dans les dépai lemcnls voisins ■ les succès étonnants de cette n,,,-, v 'auon riiiNsanie attiraient l'alteni,on ,|o k°llt \0 monde.

l u prêtre zélé et distingué de Marseille, h la lôte d œuvres importâmes, après plusieurs essais inlruetueux, voyant que ( ordre manquait toujours dans la tenue de ses maisons se rendit à Bourg cl pria les >.œurs «le Saiul- Josejdi d en accepter la direction. Vu neude

hll.TIONNAlKi: j;js >;:,

iciiips l'ordre el la plus sage ecor.-.;. ;iV gucient dans tous ses établissement, il vi: s^s œuvres prospérer et grandir par les admirables de la nouvelle administrai n. i.'-s preuves des sœurs «le Sami-J,,^ h 'laicnt faites, et aujourd'hui la c.jn.rtgition de Itoiug ne sullit plus à satislairi? aux nombreuses demandes .jue le Midi lui a Iressc.

Tout en portant au dehors l'activité cl le religieux dévouement de ses Filles, la Mue Miul-Henuit n'oubliait pas qu'elle se «jç-un d'aliord aux contrées où la Providence se pl lisait, (l'une manière si visible à répande les j'Ius amples bénéili« lions sur son œuvre. I.c magnilique établissement de la Prcvideuce, ouvert par ses sacrifices aux je;:nés orphelin, s , dont la charité veut ;.>. surcr l'existence; l'asile de Sain te- Ma •!«;leinc, servant de retraite aux femmes ahénées de plusieurs départements; relui «n: Saint-Lazare et le grand hôpital que l'aiministralion départementale et la ville de JJourg ont voulu confier aux sœurs de Saini- Joseph, publient assez haut l'étendue et l'etlicacilé du zele de la supérieure générale, de même que l'inépuisable abnégation «Je ses fdles.

Le 10 novembre après trente-trois

ans do profession religieuse, avant administré pendant vingt ans, comme suf»érieure généiale sa pieuse congrégation, la iaissant .solidement établie, et très-prospère, la vénérale Mère Saint-IJcnoit, ilgée de cinquante-trois ans seulement, allait recouir la récompense de se< vertus, rendait sa belle âme à Dieu, rien ne lui faisant de la ptinr, ce furent ses.dcrnières paroles, heureux d'aller reposer dans le sein paternel de Celui qu'elle avait aimé el servi toute sa vie. Existence bien renipliel douce et belle mont Le souvenir «le sa charité, de son édifiante coiilianceen Dieu, est encore vivant dans le cœur de toutes ses Filles, et leur sert de perpétuel encouragement à la perfection religieuse, dont elle demeurera un grand modèle.

La perle douloureuse de la Mère Saint- Iteiioil en présageait une plus sensible peutêtre encore à sa chère congrégation : celsil (•elle de .Mgr Dévie, qui regarda toujours les sœurs de Saint-Joseph comme ses Filles de prédilection, el qui peut en être considéré comme le véritable fondateur. Plein «le jours et <le mérites, chargé d'années et de vertus le 2.) juillet 181)2, il quittait la terre pour îe ciei; il allait jouir des récompenses réservées à un des plus longs et des plus glorieux épiscopats de notre siècle. En 182'L il avait accepté le siège épi scopal (la Bcllev, pauvre, manquant de tout, oyrfo trente an.' d'un ministère de création et de sainteté, il le laissait à son bien-aimé successeur dans une situation digne d'envie mémo pour les plus anciens diocèses de France.

«lomine premier gage des faveurs divines avant île s'endormir du sommeil des justes.

C3 J.)S DES ORDUES

a lui avait été donné d'assurer la garde do «m troupeau à un pasteur de son choix. ivi-ui% plusieurs années, eu outre, il voyait i la lé«e de sa chère congrégation de Saint- Jo«»pb. une nouvelle supéiieure générale, fériubleuient animée du désir de procurer li gloire de Dieu, faite pour le commandement plus encore par la piété el la générosité de son cœur que par la remarquable distinction de son esprit.

Sous sa direction el celle du nouveau prêtai, le développement providentiel do la congrégation ne devait pas se ralontir. Dieu réserve souvent les plus éclatantes faveurs aux œuvres qu'il bénit pour le moment où ii leur choisit et où il appelle près de lui des protecteurs particuliers dans le ciel. Ainsi, t* que, d'après les calculs de la prudence huiiiflin*;, on regarde comme une épreuve terrible, n'est quelquefois, dans les desseins «chésdu Très-Haut, que l'heure marquée l<;ur lui de faire éclater d'uno manière viable sa puissante proieclion. C'est ce qui eul iieuà la mort de la Mère Saint-Benoît et de Mgr Dévie. Ces deux perles si rapprochées et si cruelles, que tous les cœurs appréhendaienl cmks vues toujours adorables de la Provence, ne semblent avoir été en réalité, !*jur les sœurs de Saint-Joseph, que le sib'Ml d'une vie nouvelle el d une aciiou plus tit'ûJue.

Les soins persévérants, que l'on avait aproriés depuis longtemps et que l'on prooi- £tie chaque jour à l'instruction religieuse et uitellecluelle des jeunes prétendantes pendit leurnoviciatet les six premières années »k leur profession, produisaient des fruits aiiocdants. Non-seulement les besoins du •iiocèsede Belley sont largement satisfaits, wn aujourd'hui la congrégation des sœurs

Saiot-Joseph de Bourg peut donner de

plénitude, s'étendre au dehors, aller au 'Oiougner des âmes h Jésus-Christ, se li- >rcrï tous les exercices du zèle, accepter '.•uie* les œuvres de charité, sans crainte de l 'ir le nerf de !a discipline et les liens satrtt (je l'obéissance se relâcher ou se rompe. Des établissements nombreux, impor- ')"ts sont fondés de toutes parts. Les sœurs •t Saint-Joseph franchissent les limites de ■» France. Elles sont répandues dans les >ui mondes. Elles ont une colonie ttoriswieaus Etats-Unis. Paris, Clermont, Marrie, nos grandes villes comme nos cam- I^nrs font apj)el à leur zèle intelligent et < leur dévouement sans bornes. Partout elles loKUdniirer el revivre cet espril d'ordre, ^né^ation et de simplicité évangélique, entière distinctif de la pieuse congrégation. A la multitude de leur* établissements & instruction primaire en faveur des enfants

peuple aux ouvroirs, aux salles d'asile, Houles les œuvres de charité qu'elles diri- (•'îM, il faut ajouter au milieu des villes, l«rs nouveaux pensionnats recherchés aur irtJ'hui par les grandes familles pour l'é- *i"jiati«in des jeunes personnes.

tnuke des nécessités présentes, les es-

RELIGIEUX. JOS CTl

prils graves ont senti le besoin de faire rentrer dans la famille, avec une piété douce, une instruction solido , brillante môme, toujours unie à une grande simplicité de mœurs. C'est le but louable que se

firoposenl les sœurs de Saint-Joseph, dans a direction de leurs maisons destinées a l'éducation des jeunes personnes appartenant aux classes élevées. Bien au-dessus du funeste éclat d'uoe instruction superficielle, elles placent une éducation sérieuse, solido et profondément chrétienne. La supérieure actuelle n voulu môme qu'un pensionnat modèle, pour les enfants des premières familles, fût annexé au noviciat. Malgré ses occupations elle ne dédaigne pas de suivre quelquefois jusqu'aux moindres détails le fidèle accomplissement du règlement des études. Elle en est récompensée par des succès marqués, la reconnaissance des élèves el celle de leurs parcnls. Un baliment spécial a été construit pour recevoir ces enfants. D'un goût pur et sévère, il charme par le luxe de la propreté et par îa grande expérience qui a présidé à tous les détails mi* nulieux d'une distribution parfaite. Les appartements vastes et commodes sont admirablement disposés pour la circulation do l'air et de la lumière. Tout s'y trouve et rien n'y est superflu. La tenue des enfants est ce que leur position sociale exige, la nourriture saine, variée, abondante, l'éducation douce, la piété tendre, l'instruction solide, étendue, des plus brillantes même, si les lalenls de l'élève s'y prêtent, mais dans ce cas seulement, l'agréable cédant ici, comme partout, à ce qu'il y a de fondamental, de nécessaire et d'utile.

En suivant avec beaucoup d'attention les enfants dont on conûe l'éducation è ses fillçs, la supérieure générale est loin de perdre un seul instant de vue l'attention plus immét diate et plus sérieuse encore qu'elle doit à cette grande famille religieuse, objet constant de sa sollicitude maternelle, que la Providence se plaît à augmenter d'une manière merveilleuse. Avec le nombre toujours croissant des jeunes prétendantes, se multiplient ses soins et ses empressements île mère. Pour ses filles bien-aiinées, rien no lui est cher, rien m lui coûle. Elle leur donne ses jours et ses nuils, leur consacre sou repos el ses veilles, leur immole sa sauté. C'esl pour elles qu'elle a fait élever a grands frais ces salles immenses destinées aux pieux exercices de la retraite. C'est pour elles, c'est pour offrir à l'Epoux immortel un séjour plus digne de Sa Majesté souveraine, qu'elle fait sortir de ses ruines l'antique el superbe église des Jacobin*. Ce monument, riche expression de l'archilecturo religieuse au xv* siècle, avait été renversé pendant la révolution. Relevé incomplètement une première fois, il esl aujourd'hui restauré sur les plans de M. Dupasquier, habile architecte de Lyon et artiste distingué, comme le prouve sa magnifique monographie de Brou. La façade de I église de Saint-Joseph, qui seule en ce moment est en

biCliONNAlItt

construction, offre un beau travail d'art. La grAiu et l i rudesse de l'an hiteeiure primitive s'y étalent sans tonfusiou. On trouve à 1 l'intérieur deux tombeaux, tins au mémo arrhiinic et remarquables également f ainue ornementation élégante, un goiH pur

JUS ft"f

exécutée ; loul concourt à en faire la première «le te genre, le plus bel établis.»!ment d'aliénés, un asile modèle. Douze «mis personnes pourront y ôlre reçues. Au milieu ■ le l'air pur de la campagne, sous un nel très-doux, avec des cours et des jardins >é-

les vitraux de i rix qui ornent les larges parés, de spacieux ombrages, ou il» trou-

I taies qui les surmontent. Ces belles peint./ tes religieuses ont élé exécutées sur 1rs cartons de M. Dridon aîné, dont le nom seul est une recoinmandalion. Le clocher placé sur le colé méridional du monument est d'un ellei gracieux. Il plaît par sa flèche élancée, entourée de quatre autres tiédies légères ipii couronnent les angles du milieu <'e\quclle.s elle s'élève surmontée de sa rii lie croix d'or. Huit petites Hoches en parfaite harmonie de tons, enrichissent sou bell'ioi. Kilos sont une ollYande spontanée des lilh-s à leur mère et supérieure générale bien-aimée.

La partie avancée du monastère, qui le ferme du côté de la rue, présente de belles

proportions. C'est une façade étendue, d'un à cent religieuses. Aujourd'hui elles «"ni style lloniain rendu moins grave et moins sévère par la distribution habile «le quelques ornements. Ces travaux sont considérables parleur ensemble et attestent, dans la supérieure générale, comme dans l'iui liilei lu distingué, f intention bien arrêtée de reprendre les traditions des anciennes congrégations religieuses et les formes invariable ment consacrées de Tint chrétien. Depuis longtemps on aurait dû comprendre la nécessite de ce retour, el, laissant le blâme et la critique à l'ignorance ou h. l'esprit départi, s'attacher plus fortement chaque jour à reproduire fidèlement le passé si glorieux eî si chrétien de noire Fiance monumentale. Les dépenses auraient certainement peu augmenté et la religion el les ails auraient grandement à s'en applaudir

Nous ne parlons ni de la ceinture de canaux couverts qui entourent le monastère, favorisent l'écoulement des eaux, rendent les appartenions plus saints, ni des nivellements considérables exécutés dans les préaux et dans les jardins, qui dégagent les constructions, donnent du jeu a l'air, à la

lumière; charment la vue par leur régularité l'enfance. Tendre el compatissante, son m* et rendent plus pittoresque encorecelte mon- fait-elle ses délices de soulager les membre* tagne , délice des sœurs el de leurs enfants, soutirants de Jésus-Chrisl ; pieuse liospiwdu haut île laquelle le regard s'étend au loin, lière, elle ira veiller au chevet des malais embrasse du même coup d'œil le splendide monument de Drou , les bois et l'ancienne Chartreuse deLeillons. Là ne se bornent pas les améliorations et les Ira vaux considérables commandés par la supérieure générale. Liée par un traité avec le conseil général de l'Ain, pour la construction d'un local destiné aux aliénés du département , elle fait élever l'asile Sainl-Ceorges dans des conditions difficiles à renconiter ailleurs. Le ministre de l'intérieur, les hommes les plus compétents de France, de l'étranger même, ont été appelés à donner leur avis sur les plans, avant de les m* lire à exécution. La position est magnifique, la construction savamment conçue , habilcoient

veront le calme et le repos nécessaires au rétablissement de leur santé: les malades souvent se cro'uont au sein de leur familie, avant de plus à leur disposition les retources de l'art et le tendre dévouement <k vierges pieuses, qui s'honorenl des stons qu'elles leur rendent, et se disent, au-bonheur, leurs sœurs en Jésus-Christ.

Celle vie extérieure , ce déploiement de force matérielle, n'est qu'une faible ex pression de la grande vie morale qui se développe chaque jour d'une manière admirable chez les sœurs de Saint-Joseph. H y a trente ao», à peine connues dans le département de l'Ain, elles ne comptaient que quatorze établissements, el leur nombre ne s'élevait

" gieuses. Aujourd'hui elles soi." répandues en France, en Suisse, en Amérique; elles occupent quinze de nosdépvtemenls, reçoivent plus de 200 jeunes intendantes cliaque année en leur pieux N viciât, et, avec ce merveilleux et providentiel accroissement, elles sonl loin de pouvoir satisfaire aux demandes (tressantes qu'on leur ail cesse de toute part. Vingt-six départements , outre ceux qu'elles occupent, les sollicitent d'aller à eux pour fonder de nouveaux établissements. La moisson est «1rs plus abondantes. Souhaitons que les religieuses de la Congrégation de Bourg, déjà si nombreuses, se multiplient encore afin de multiplier leurs bonnes œuvres et de répandre partout l'esprit de charité et de simplicité évangéliques qui les anime. Nulle part une jeune personne, ayant la vocation religieuse, ne trouvera une carrière plus large ouverte à son zèle. Heniplie de l'amour de Dieu et du prochain , sent-elle brûler pieusement son cœur de la Hamme d'un saint dévouement ; ospire-t-elle à combattre le» ténèbres, a dissiper l'ignorance , elle sera chargée de l'instruction et de l'éducation de

ou panser des plaies, endormir des douleurs. Jusqu'à son dernier jour, dans le» vastes salles d'un hôpital, ou bien, dans les maisons de détention, elle ira, en fermant les grandes plaies de l'âme, verser au* détenus le baume de la consolation. Lardeurde sa foi lui inspirerait-elle le généreui désir do travailler à la conversion des infidèles , renonçant à ce que la nature a u> plus cher, choisissant !' Amérique ou if* iles lointaines, traversant les mers, elle ■« faire briller la foi el la charité des ïW« du Seigneur, aux regards étonnés des sauvages au milieu de leurs forêts. Anus o« ioIjcs noires, ils la reconnaîtront a la coub-ur de ses vêtements el se laisseront w

JOS

j ijjuer par la force et le charme irrésistible do ses vertus.

La régie des sœurs de Saint-Joseph n'est point sévère. Leur costume est simple, de i on goût. Leurs robes.dont la taille s'éloigne «uiant que possible des vanités du monde, tonl d'une étoffe commune de laine noire qai n'a point été presséo ni lustrée, et qui t>t la même pour toutes les sœurs; elles Rendent de manière à ne pas toucher tout i hu la terre ; les manches sont tout unies, dune largeur médiocre; la longueur, quand files sont étendues, va jusqu'au bout dé la main.

La coiffure consiste : 1* en un voile de lame noire, qui descend par derrière un peu |jUs d'ut» demi-pied au-dessous de la ceinliireel par-devant, quand il est abaissé, de manière a rouvrir les yeux;

i' En un voilon de la même couleur et de b céme étoffe ;

3* En un serre-tête ;

•* En une cornette qui enveloppe le cou;

5* En un bandeau placé au milieu du frout Le tout en toile blanche.

Kilos portent encore une guimpe en toile 1-Unche; un cruciûx d'airain sur bois noir m aitaché à leur cou et pend sur la poiirme. A la ceinture, elles portent un cordon en laine noire , auquel est attaché, du côté giuche, un chapelet noir. Elles ont pour t-hiQssure des bas noirs et des souliers noirs sans façon.

Les sœurs converses sont habillées de la m*ai* manière , excepté que leurs habits w.t d'une étoffe plus grossière et qu'elles prient une coiffe d'étamine noire qui s'at- [aihesous le menton et est garnie d'un bord Kanc tout uni; elles ne portent ni voile ni bandeau.

te? sœurs, de quelque rang qu'elles soient, n* qailient iioint leur habit durant le jour, tiitons la chaleur, ni dans le travail; mais qoind elles sont malades, ou quand elles *nt obligées de se lever la nuit, elles peu- «eal se servir de robes de chambre , qui sont étoffe noire comme leurs habits. (1)

La congrégation des sœurs de Saint-Jo- »po de Bourg, est approuvée de l'Etat par m décret du 21 août 1828. Nous passons wos silence les distinctions honorifiques qui, plusieurs fois, ont été décernées aux religieuses pour la supériorité de leur en- «Wnent, la tenue de leuis salles d'asile, *l l'ur admirable dévouement aux jours du «wléra et des épidémies. Plusieurs d'entre itl\m lrou,fé la mort au chevet des pes- 'iiwfs. Pourquoi rappeler leurs noms ou les j imdre? Heureuses victimes de In charité,

'•oies leurs compagnes leur portent envie. " 8'oire humaine a voulu récompenser les raoria et es succès de leur courage. Croix

i médailles , précieuses récompenses aux j« du monde, mais a leurs yeux distincts vaincs et inutiles.

MergPs Q leics, consacrées è leur unique

vm, elles ne soupirent qu'après la gloire

M „i es^ ciel- esl ,eur fœur, la, ejr ambition; et en toutes circonsw *°ï i la fin un \ul., «" 127.

DES ORDRES RELIGIEUX. JOS $7

tances on peut compter qu'elles ne négligeront rien pour y atteindre , en continuant a se dévouer généreusement au service de Dieu el du prochain.

JOSEPH (Congrégation des soeurs ou des pilles ne Saint»).

La congrégaiion des sœurs ou des filles de Saint-Joseph prit son origine au Puy, eu Vêlai (Haute-Loire), où elle fut érigée par Mgr l'évêque Henri de Maupas, à la sollicitation du P. Médaille, Jésuite. Dans le cours de ses missions ce père ayant rencontré quelques filles qui lui témoignaient le désir de se consacrer à Dieu, il les réunit d'abord chez Mme Lucrèce de la Planche, épouse de M. de Jouy, qui fut la généreuse bienfaitrice de cet ordre nouveau; puis, il les assembla dans l'hôpital des Orphelines du Puy, dont l'évêque leur donna la direction. Kn 1830, le prélat confirma cet établissement par lettres du 10 m.irs 1651, leur donna des règles et leur prescrivit une forme d'habit.

M. de Maupas, fondateur avec le P. Médaille, de l'institut de Saint-Joseph, fut un homme extraordinaire par ses vertus el par ses œuvres; lous les biographes ont eu soin d'enregistrer son éminenle piété, son zèlo apostolique, sa vaste érudition et les établissements de charilé de ce vénérable pontife. La nombreuse congrégaiion des religieuses de Saint-Joseph est heureuse d'avoir un fondateur dont les belles actions ont eu tant d'éclat; elle sont remplies d'une nouvelle ardeur pour l'accomplissement des devoirs de leur saint état, en rappelant les vertus et le zèle de celui qui se voua au développement de leur œuvre.

Mgr Henri de Maupas naquit en 1606, au château de Cosson, à deux lieues de Reims, i! fut tenu sur les fonts du baptême par Henri IV; il était fils de Charles de Maupas qui était le favori du roi de France; il fut trois fois eu Angleterre en qualité d'ambassadeur; il rendit beaucoup de services à son pays; il fut aussi recommandable par ses talents littéraires et par ses principes religieux; sa mère, Anne de Gondi, fut le modèle de toutes les vertus.

Le jeune Henri, doué des plus heureuses dispositions, sut profiter des soins qui lui furent prodigués dans sa famille, des exeiu-

Kles dont il était entouré. Il sentit de bonne eure un goût très-prononcé pour l'état ecclésiastique; il fut nommé à l'abbaye de Saint-Denis de Reims. Au lieu de senor-

§ueillir de celle dignité, le jeune abbé reoubla d'efforts pour s'en rendre moins indigne; il s'appliqua constamment à l'étude, et fit de rapines progrès dans les sciences eccésiastiques. A la mort de Mgr Gabriel de Sainte-Marie, archevêque de Reims en 1620, M. l'abbé Henri de Maupas prononça l'oraison funèbre, il n'était alors âgé que de vingt-trois ans, ce qui supposait des talents précoces pour pouvoir remplir aussi dignement la lâche importante et difficile de faire, du haut de Ja chair évangélique, dans une

s ; : ■ r i . : - r • - l'.'i a-pi-s VI l'oaan-'. tf. t. i!!'l-!re ; M;Ut'- d-\ 'lM un i vr-é

. i -t i:^ :.nl' cl un liO'îiUrit ux et nu; osant au ii-

viv--- !••'•!-. i-s rare s vertus, les iw-i.- 1- :';»!•!■..• ! ï <- [j r i il..- Mau: a- j < * . i : • r . t t t rat !;«|, qu ;i p-ine, é'evé à la j : ètriM-, i! lut r!oii;:j;û v 1 1 ' • t î j • <,* -r •:.<•! al <!- Moi tus. Il s<» ; i»rii|u>'t. u.'urs rot r : 1 1 ,.;<.. i , ; -u l.'int <li\ ans, 'ht;- le /f!r. la : l'ii'ii'u'ii -, i.i chaiité ri l'ar-

tiv.l'- 'l'un l.iuijiuc a| ;qi.-. Au irsu-, la

I r-j ni il j- >tl de v.-i s, ..|. • -t de sa vtllitrt'i

était sj uni m •r«ri'" 1 -lit i '<•.•(.[) va o, .- j u * i î avait été prop m-, m ICl'i, | o::r Ou o coaojuteur «le Mgr Henri de Lorrain-, -u < Iwé pie .te Iteinis. M. L'a! Ih.uri u- Maqas uonna un»- preuve »•< latant- de son /rie \ our la ilisf i; line n HiSi.ht q :-. Comme il cl ut abl>é île Saint-Denis de IU ii -, î! u;t; oduisit, dans rrl ai>ha>e, la nouvel!- rétonne < J o la congrégation <:- Sainlr-Ccnevièw, mi iiilreiiient appelés «1rs • li an* il i:«'s réguliers de Franco. Or, jour opérer rr changement, il fallait mut l'ascendant (pie donnait à M. do Maupas la liante réputation de ses va.; lus, d- sa science et de m u mérite.

La reine ré -mute, Anne o'Autrhhe, mère de Louis XIV, déniant avoir un | r-niier aumônier, jeta ses vues sur M. Il-mi do Maupas. Le choix d'un- si auguste ptain c^e lut pour lui un vénlabl- litre «le uloir-, rar . Ile savait apprécier le nn-iitc. l'itle, Mnir, ('•[nuise et mère de roi», personne, mieux qu'Anne d'Autriche, ne sut .soutenir avec éclat la grandeur de tant de titres.

Kn paraissant à la cour, .M. l'abbé de Maupas s'y montra environné du modeste « t édifiant lortégc de toutes les vertus sacerdotales. Après avoir rempli ses honorables fonctions de premier aumônier, il emplovait le reste «le son temps aux exercices de piété <i à l'étude des sci<Miçes ecclésiastiques. Les Jiienséanees impérieuses que >a naissant e et sa dignité lui imposaient parmi s dan? le inonde, ne lui liront rien perdre de sa mulesiie cl de ferveur ae< oulnmées. Connue la vertueuse mère «le noire Henri était une (lundi, ce pieux ecclésiastique eut le bonheur, en fréquentant une si sainte et une si illustre maison, d'y faire « •onnaissance avec, saïul Vincent de l'anl, «'t «h- se lier avec cet incomparable prêtre, d'une étroite amitié.

lue aussi 1 u i Mante lumière devait n.it nrelleuient èire placée sur un < handelicr .''•levé. L'évèché du l'uv élant devenu vacant,

Louis XIV no a à ce siège l'aumônier do

son auguste mère, en iGil. Mgr de Maupas lut sacré évoque du l'uv dans l'église îles Jésuites de la rue Sa; ni- Antoine, le V août JGV.'Î.

Lorsque M. de Maupas fut arrivé au Puv. l'aurore d'un nouveau bonheur commença' à luire sur celle antique église. Le prélat se livra tout entier aux travaux de l'épisoopat. Chaque année de son administration lot inarquée par quelque aile précieux eu laveur de la religion. Il visita son diocèse avec un zèle apostolique; il uionlia une sollicitude extraordinaire pour rani uer et perpé-

N.MKr JUS v

tuer l'esprit eeri-siastique ; il étal'lit c séminaire; il avail grandement à cu-ur .1 vo.r les infirmes visités, les pauvres malade soulagés, et les pauvres personnes du <n instruites dans les principes de la rel'gm cl loi niées à la vertu, pour devenir, un juur «le bonnes mères «le famille, ol Mgr o Maupas atteignit <e double but par l'admi r;d:le institution de la ««uigrégalion des su-nr de Saint-Joseph. Le pieux évèque «J u lu savait s'entourer d'hommes roi omuian ial \ pour opérer le bien. Ainsi, on le vit l;« amitié ave- Kéné Médaille, Jésuite, réa.-i.r par se missions et par les courtes m:.i belles méditations qu'il nous a laissées, L zélé enfant de saint Ignace, comme un nuin François llégis, évangélNait ces contrées. | passa sa vie a l'aire des missions, uon-stulf ment dans le diocèse du l'uy, lua.s criivi dans ceux de Clermonl, de Saiut-I'lour, *a« Uodez et de Vienne. Ce fut le vénéra: I. I*. Médaille qui suggéra à M.-r de Maupv } heureuse pensée «l'établir les sœurs o. Saint-Joseph. Ce fut en 10'»'» «pu* M^r i Maupas publia, pour la première fois, b I'j. «/»' la vi ni'rithlc mire Jeanne Frunçoitt Yn mi;>t </<' ChtintttL ouvrage de mérite souu'a réimprimé et même traduit en Italien.

Saint Franç'us «le Sales n'avait étatj';, ttir.i le principe, les Filles de la Visilaiion que sous le titre de simple congrégation. Ci'* iilustro fondateur voulait «pio ces tlufi Filles, après leur profession, lussent servit les malades; elles pratiquèrent ce point <1< la règle avec un zèle admirable pendant cm j ans;" mais l'archevêque de Lvon, Deniv Simon de Marquemoni, représenta à Frarr/iis de Sales, par de stdules raisons, qui, devait ériger en ordre religieux les filles f la Visitation. M. »;e Ceneve ayant «fjl<^! éprouvé un peu de répugnance, sokmtiu' « epcmianl au «lésir «le son vénérahle Coll1-gue.

Dès hjrs, Mgr de Maupas s'efforça «le nar- « hi'r sur les tiaeos de saint Franç'us J< Sales; institua la congrégation de ses ilièn- Filles «le Saint-Joseph à l'instar «les reigieuscs de la Visitation dans leur insliWiti>; primitive. Voici le détail historique Jl' 'j naissance de l'admirable institut des sa "j > de Saint-J«)se|'h, extrait de la Frêfaa* oconstitutions, imprimées pour la premu r«" fois a Vienne, en 1G(J3, par ordre de Mgr l'archevêque de \ illais.

« La congrégation des su?urs de Saint- José; h a pris son origine an l'uv, en V tda-. : elle fut érigée, en 10")i), par Henri de Ma»j»>. é\èque «le « elle v ille. Ce prélat fut puiss ••■ inenl et elli' aceim ni secondé dans ct tte ncel lente œuvre, par le I*. Jean-l'ierre ^ daille.illusire missionnaire de la Compagrut' dr Jé<us. Ce pieux cl savant entant «le sair: Ig ace de Lu vola avait irouvé, dan* ^' « ourses ai'Ostobques . plusieurs veuves *' tilles de piélé <|ui désiraient se retirer m monde pour aller «lans la te traite s oc u, ■ r spécialement de leur avancement spii itt-c. Unit en se vouant au service du piedi-n" : dès lors, le F. Médaille fil counaitreà M-tJ-'

«I JOS ORS OUhBES

il«u|*s qa'il serait plus facile <J établir une wogrégation qui pourrait occuper la place <|oe les MBurs do la Visitation venaient de laisser vacante, en embrassant la clôture. Le r«nérable évêque du Puv accepta cette proposition avec le plus vif empressement; il if* le P. Médaille d'écrire aux pieuses qui devaient former une congrégation où flics pourraient remplir l'office de Marthe et Varie.

i Le P. Médaille s'acquitta aussitôt de la mission dont il était chargé. La ville du Puy ne larda pas à voir arriver dans ses murs de pieuses Françaises qui venaient donner leieuiple de toutes les vertus. Elles logèrent pendant quelques temps chez Mme Lucrèce Laj'lanche de Jouy, de la ville de Ténée, qui s'était retirée au Puy. Klle contribua de tout son pouvoir à rétablissement <tî$ sœurs de Saint-Joseph; et jusqu'à sa mort elle travailla avec un zèle et une chanié extraordinaire à l'avancement de celte congrégation.

« Eotin. toutes choses ayant été disposées mur l'exé* uiion de ce pieux dessein, M$r l'évêque du Puy assembla, le 5 octobrt 1650. toutes les, demoiselles dans l'hôwsal des Orphelines du Puy, dont il leur cou!» la direction. Il leur prescrivit la forme <ie leur habit, qu'il fut leur donner luimême en leur faisant une exhortation pleine fonction et de l'esprit do Dieu, par laquelle i' anima toutes les nouvelles sœurs du plus l'isr amour de Dieu et de la plus parfaite r'wilè pour le prochain. Il leur donna des règles pour leur conduite; il termina cette Meuse cérémonie en donnant aux sœurs sa iénWiction pastorale, avec des témoignages ntraordinaires d'une cordialité toute paternelle pour la congrégation. Il les mit sous la trotection du glorieux saint Joseph. »

Témoio de la ferveur angélique de ces Mines sœurs et de leur zèle à soulager le irobairi dans l'hôpital qui leur avait été jnfit, Mgr de Moupas autorisa, l'année sui- 'inle, la congrégation de Saint-Joseph, d'une namère publique, par une ordonnance épisopile du 10 mars 1651. Voici le monument whemique de l'érection de la congrégation d« Samt-Joscph.

'Voui, Henri de Maupas du Tour, évéque J ttigneur du Puy, comte du Velay , suf- Ffat immédiat de Sa Sainteté, abbé de h\iit>Dtni$ de Reims , conseiller du roi en "f enteits, et premier aumônier de (a reine r^«We ;

Désireux de f avancement de la gloire de wu.du Malut de» âmes et du service de la 'w'ué dans notre diocèse , avons appris que w damn et dei demoi*elles voulaient se con- >'<rtr au IUHoble exercice de la charité, tant (t service du grand hôpital des pau- /» malades de notre ville, que pour l'é-

viïwn tt la direction des filles orphelines « utrt hôpital de Montferrand, et que pour jwwir vaquer avec plus de loisir auxdits

'""«t, elles désirent, sous notre bon plai-

» ft *t notre aveu, dresser une congrégation wui*qutllt, vivant en communauté avec la to<-T»o>s. des Ordres relig. IV.

RELIGIEUX. JOS m

même régularité que les filles cloîtrées, il leur futloisible, sans aucun empêchement, de s'employer au service du prochain. Ce dessein mus a paru si louable que nous C avons cmbrassé avec la plus grande affection; nous avons permis et permettons auxdites filles de Saint -Joseph de s'assembler et vivre en communauté, en une ou plusieurs maisons, selon qu'il leur sera nécessaire, pour mieux répandre les fruits de leur charité, et multiplier leurs dites maisons dans tous les lieux de notre diocèse, ou nous le jugerons à propos; et afin que tout se fasse avec plus d ordre, pour faire prospérer ladite congrégation, nous avons dressé et donné des règlements ou constitutions auxdilesveuves et filles, qu elles garderont exactement pour ta plus grande gloire de Dieu et l'édification du prochain, comme elles ont déjà commencé à les garder dans Montferrand, et prenant dès à présent lesdites veuves et filles, et leur congrégation sous notre protection, nous ordonnons a nos vicaires et officiants de tenir la main à a que leur si noble entreprise reçoive toujours (te nouveaux accroissements, et d ce que per- *onne ne vienne à molester lesdites veuves et filles, auxquelles nous donnons notre bénédiction de toute l'étendue de notre affection, et leur souhaitant avec la même affection ta bénédiction du Père, du Fils et du Sainttspnt.

Mgr de Maupas ayant été transféré h Kvreux,en 1661, son successeur, Ariste Armand de fiéthtine porta également le plus grand intérêt h la prospérité du nouvel insl,llui» ^u confirma par une ordonnance du 28 septembre 1666. Les paroles du prélat soni extrêmement flaltenses pour cette congrégation, qui n'avait alors que quinze ans d existence; on y lit ces paroles : a La grande édification et la bonne odeur de Jésus-Christ, qu'elles ont répandues, les ont fait appeler dans d'autres diocèses, pour y employer leur charité. » En etfet, elles desservaient alors le grand Hôtel-Dieu de Vienne, et M. Henri de Villars, archevêque de cette ville , confirma dans son diocèse 1m congrégation des sœurs de Saint-Joseph, par une ordonnance du 10 septembre 1668, dans laquelle il ne tarit pas d'éloges sur la grande utilité des sœurs pour le service et l'instruction des pauvres. Mgr de Villeroi, archevêque de Lyon, confirma également dans son diocèse, par une ordonnance, la congrégation des sœurs de Saint-Joseph.

^ A tous les graves témoignagesde salisfactionrendusauxpieuses Filles deSainl-Joseph, nous ajoutons celui d'un auteur recommandable. Le P. Richard, dans son Dictionnaire universel , s'exprime ainsi , è l'article de M. de Maupas, évôque du Puy : « 11 établit la congrégation des Filles de Saint - Joseph , lesquelles s'occupent avec beaucoup de succès , surtout dans les paroisses de campagne, à instruire les jeunes enfants de leur sexe, à soigner des malades et à donner au prochain des secours spirituels. •

La congrégation des religieuses do Saint-

6>C J'>S DICTIONNAIUE

Joseph ne l.i nia pas ?» se propager d'une manière étonnante. Dieu protégea visib'enient le nouvel institut, qui , semblablo dans teprincipo.au pot il grain de sénevé, la plus petite do toutes les semonces , devient rnsuile un arbre où les oiseaux du oiel vont établir leur nid. En effet, on lil dans la préface des constitutions des sauirs de Saint-Joseph, imprimées pour la première fois à Vienne, on 1693, que la congrégation comptait à cette époque «les établissements importants dans les diocèses de Clermont, de Vienne , de Lyon , de Grenoble , d'Knibrun. de Cap, de Sisteion, de Viviers, dTzès et autres.

JMS

Ce détail suffit pour prouver que la cfHigrégalion de Saint-Joseph est une œuvra éminemment chrétienne et sociale, qui a élevé sur le beau sol de la France plus de cinq cents maisons, asiles de l'innocence, où cinq mille vierges mènent une vie Angélique, répandant autour d'elles la bonne odeur de Jésus-Christ , et forment constamment à la piété et aux bonnes œurre?

soixante mille jeunes françaises, destinéesa devenir des mères de famille. (1)

JOSEPH DE Cl.lîXY (congrégation

Page 1