‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 140 sur 323 · MAHIE (CONGRÉGATION DES MISSIONNAIRES DE LA COMPAGNIE DE · texte numérisé non relu

MAHIE (CONGRÉGATION DES MISSIONNAIRES DE LA COMPAGNIE DE

Maison mère à Saint Laurent sur-Scvre. h 1. Mon fort, fondateur des congrégations de la compagnie de Marie t etc.

Uuis-Maric Grignon, plus communément i u*lé de Monlfort, naquit le 31 janvier 1671, dans la petite ville de Monlfort- la- •-iiiift, alors du diocèse de Saiul-Malo, au- Mirdliui de celui de Re» nés. Son père, ^sii-Ra|>ti>te Grignon, sieur de la Bacheleu;e, avocat au bailliage de Motitfort, et sa '^re, Jeanne de la Visuelle-Robert, eurent m enfants : Louis-Marie élait l'aîné. On n" lui avait douné au baptême que le nom '•e louis; mai) sa dévotion pour la Mère de J' u lui Qt désirer de porter aussi celui de y*rie, ei celte grâce lui fut a -cordée h sa f'ntirmation. Ce fui encore par esprit de ^•qu'ainsi qu'il se pratique en certains religieux, il subslilua, plus tard, le '«ni de Monlfort, lieu de sa naissance, a "•lui de sa famille.

W W à la Qn du vol., u«» 133, 131.

Dès sa première enfance, Louis montrapour la piété un goût si extraordinaire, qu'on pouvait déjà prévoir à quel haut degré de grâce et de vertu serait un jour élevée celle Ame d'élite. Après avoir fait ses humanités, sa rhétorique, et sa philosophie avec les plus brillants succès au collège de Rennes, alors dirigé par les RR. PP. Jésuites, il fut providentiellement conduit à Paris pour y faire ses études théologiques, d'abord dans la petite communauté de M. de la Barraondière, puis au séminaire de Sainl-Sulpice, dont l'i I lustre M. Tronson élait alors supérieur général.

Pourarriver ià, le V. Montforlavait dû passer par de bien tristes épreuves : voyages a pied, pénurie profonde, perte de ses bienfaiteurs, amertumes de la misère, abandon des siens, souiïrnnces, maladies cruelles, séjour a l'hôpital, faute de ressources, pour se faire soigner; humiliations continuelles, il avait tout subi, et il s'était fait de toutes ces choses, qui sont, pour les hommes ordinaires, la source de tant de chutes, un trésor de rnériles épurés par la patience et la résignation des saints. Il n'est pas jusqu'aux contradictions les plus pénibles, puisque c'étaient ses condisciples et ses maîtres eux-mêmes qui étaient ses contradicteurs, dont il ne sut tirer un proGl réel pour la perfection à laquelle il était appelé. 11 est vrai que son caractère avait quelque chose de singulier, et l'on a remarqué, dans sa vie, quelques traits de ce caractère qui étaient de nature à l'humilier; mais, ainsi que l'a fait observer son historien, c'est le propre des saints d'encourir ce reproche. La sainteté est chose si rare, qu'il est tout naturel qu'elle paraisse quelquefois un peu extraordinaire. Néanmoins, la vertu par excellence du V. Monlfort surmonta loul : dédains et moqueries de la part de ses condisciples, sévérité excessive, humiliations préparées avec intention, et poussées à. leurs dernières limites »ar ses supérieurs, rien ne put altérer la sérénité de son Ame. Les maîtres chargés de la dure mission de le pousser à bout furent forcés eux-mêmes do s'avouer vaincus dans celle lutte organisée par de pieux calculs. Au milieu de ces rudes épreuves, le séminariste recevait, du reste, des témoignages do confiance propres k le consoler : bibliothécaire, maître des cérémonies, catéchiste des enfants les plus dissipés du faubourg Saint-Germain, représentant du séminaire dans le pèlerinage annuel que la communauté faisait faire à Notre- Dame de Chartres par deux de ses membres, il savait, dans ces rôles divers, répondre a l'esprit, aux intentions de ceux qui l'avaient choisi, et prouver combien il étail digne d'élro l'objet de ce choix.

Au bout de sept années consacrées à l'étude de la théologie, et mieux encore à la pratique des plus excellentes vertus, le V. Monlfort fut ordonné prêtre : il avait alors 27 ans passés, et sa vie entière avait été, on peut le dire, une préparation au sacerdoce. Il le reçut des mains du saint évêque de Perpignan,. Mgr de Flaoïan ville, qu'il avait eu le bon-

nes ORDRES RELIGIEUX»

vît mm; dictic

heur d'assister dans le< ratéi hismes que le

f>rclal, alors simple prêtre, avait faits «fans 'église «lu Sainl-Sulpice aux laquais de Paris. La cérémonie cul lieu le ;i juin 1700, et ou s'imaginera facilement avec quels sentiments de piété le nouveau minière de Dieu reçut la consécration sainte.

Dès lor*, il ne pcn*a plus qu'à se dévouer au salut des Ames. Son premier mouvement l'entraînait dans lc> missions humaines : il y avait là tant d'Ames h conquérir à Dieu, tant de pénis à atfionler, des palmes si ardemn)enl souhaitées h cueillir! Li Providence en ordonna autrement, et, organes de ses vues, les supérieurs de Monlfort, tout en l'engageant 5 suivre >a vocation p -tir le> missions, le dissuadèrent de partir pour le Canada.

Ce fut alors qu'il se lia avec, un saint pi ètre du diocèse de Nantes, élève du célèbre M. Olier, qui s'était lui-même associé plusieurs ecclé>iastiques. dont il avait formé la «ouimunautéde Saint-Clément. Le vénérable M. Lévêque, c'était son nom, apprécia bien vile le mérite de l'homme que la Providence lui envoyait, et l'emmena avec lui à Nantes. Pendant ce voyage, le V. Monlfort, ayant eu occasion de reprendre, avec une sainte hardiesse, trois jeunes libertins, qui tournèrent ses paternelles observations en ridicule, leur prédit la lin misérable qui termina bientôt leur déplorable existence, et punit leurs paroles sacrilèges.

Arrivés h Nantes, les deux nouveaux compagnons se mirent <i évangéliser les campagnes; mais, au milieu «le cet apprentissage •le la vie apostolique, le V. Monforl ne tarda point à s'apercevoir que les disciples de M. Lévôque no ressemblaient nullement à leur maître, et qu'ils étaient entachés des erreurs janséniennes. Il n'hésita point à s'en séparer, et cet aclo de prudence et de fidélité, qui ne lui fut jamais pardonné par les jansénistes, fut pour lui, plus tard, une source de persécutions. Il so rendit à Parts pour y consulter ses directeurs, et, en passant à Koule vraud, il désira y voir une de ses sœurs qui venait d'y faire récemment sa profes>ion ; mais, s'étant borné à demander la ckaritr pour l'amour de Dieu, sans vouloir dire son nom, il fut refusé, cl se retira sans avoir donné satisfaction au désir si naturel de >on cieur fraternel.

Sa roule la plus directe n'était assurément pas celle qui le faisait passer par Poitiers; mais il y fut conduit providentiellement, et, étant allé dire la sainte Messe à l'hôpital, son air de piété, son recueillement, frappèrent tous les pauvres, qui manquaient alors d'un aumônier : « Voila un saint, se direntils; voila l'homme qu'il nous faut : arrêtons-le, et qu'il reste au milieu de nous. » Et, en effet, l'entourant au moment où il allait sortir, ils l'appelèrent leur père, et le supplièrent avec tant de prières et de larmes, qu après avoir combattu ce vœu par toutes les raisons personnelles qui pouvaient le détourner de s'y rendre, il finit par céder. « Mes amis, » leur dit-il, u demandez si c'est

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la volonté de Dieu. » L'un de> pauvres écr.vit, au nom île ses frères en soulfrance. s Mgr de lîiiard, évêque de Poitiers, ahrs absent, pour connaître ses intentions, et obtenir son consentement.

Mais, en attendant la réponse, le V. Monlfort ne rotapoinl oisif. Après enavoir rcr nl.ipf-rmis»iun des grands vicaires, il multipliant la ville les u'tivrcs de son zèle pieux. Citéchiser les enfants et les pauvres; tonckr, dompter les rojurs par ses instructions \*. thétiques et pleines d'onction; visiU»r malades avec de respectueuses prévenants pour ces représentants de JéMis-Chnstenre monde; réunir dans de religieuses congrégations les nombreux étudiants que la ville renfermait, et substituer la dévotion elle ealmeaux dissipations tropsouvenl impies de celte jeunesseardente et indisciplinée, te!le> fuient les saintes occupations du V. Montfort, et, la grAee de Dieu venant en aide à son zèle, son ministère fut comblé de bénédictions.

Au bout d'un mois, l'évèqoe de Poitiers de retour dans sa ville épiscopale, s*« •. rupi de lauemandedes pauvres de l'hôpital Hécrivit aux anciens supérieurs du V. Monlfort, et leur réponse, jointe aux oeuvres mcrveilenses dont la villeétait témoin, firent agi ëer les (dires du îutur aumônier, qui fut, en attendant la permission de son évêque, !o:é et nourri au petit séminaire, sur l'ordre de l'ovèquc de Poitiers.

Quand il fut installé dans ses fonction*, il s'appliqua plus spécialement aux soin* de sacharge. Il régnait à l'intérieur de ce grand établissement iiospitalier des abus invétéré* ; ils disparurent grûce au zèle et au «lévouement du V. Monlfort; les revenus étaient iiwi!li>ants; l'aumonier y suppléa par '^s movens que sa piété ingénieuse savait toujours trouver à propos, et quand le* prêtions qu'il s'imposait à lui-même, quand le refus de tout traitement ne parvenait p*5 à combler les vides et le déficit , on le vova i accompagné de quelques pauvre*, paruouranl les rues de la ville avec un âne ebargé île paniers et recueillant les aumônes de I» charité publique, qui manquait rarement a cet appel. La chapelle, l'hôpital, les pauvres absorbaient toutes ses ressources ; il ne réservait rien pour, lui-même , et il oceu.Mit par esprit d'humilité, la plus miséral e chambre. Il ne bornait pas non plus aoi soins spirituels son dévouement absolu. H pansait les malades, choisissant ceux dent les plaies étaient les plus repoussantes, demandant comme une grâce que l'on pl^1 près de lui ceux que la prudence conseillât de repousser comme atteints do maux«w- .agieux, et il alla même jusqu'à conib.ttr •, par des moyens, dont l'énergie peutàpctne s'exprimeriei, les répugnances trop naturelles que lui faisaient éprouver au preiu^r aspect des plaies hideuses et purulentes.

Il semblerait qu'un lel aumônier eût oft ne trouver que des amis et des soutien* ait sein d'un établissement si prodigieusement favorisé par la présence de rhdmoae de

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