‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 151 sur 323 · M AU DES ORDRE · texte numérisé non relu

M AU DES ORDRE

loomenl marqué par la Providence. Chaque Année ils se réunissaient, une ou deux fuis, pour se fortifier contre les épreuves et ranimer leur couragH.

Un bref laudatif de Sa Sainteté PieVII leur donna des espérances pleines de consolations, et après quelques années ils purent, sous l'autorité des ordinaires de Lyon et de Bel ley , s'appliquer au ministère des missions et à I éducation de la jeunesse; enfin notre Saint Père le Pape Grégoire XVI, par un bref apostolique: Omnium gentium salus, en date du 29 avril 1836, daigna approuver et instituer canoniqueinent la société de Marie, avec la faculté, pour ses membres, de choisir i>armi eux un supérieur général et d'émettre les trois vœux simples et perpétuels de religion. Le litre canonique sous lequel la congrégation a été approuvée est celui de : Sociefas Maria, « société de Marie; » mais dès l'origine, et même bien avant l'approbation apostolique, le clergé et les lidèles s'accoutumaient à donner aux nouveaux religieux le nom do Maristes qu'ils ont accepté avec joie. Celle nouvelle sociélé fut définitivement constituée le 24 septembre 1836 par la profession religieuse de ses premiers membies et l'élection du très-révérend Père Jean- Claude Colin pour supérieur général. Elle ne se composait alors que de vingt prêtres; ' mais aujourd'hui, grâce à la protection spéciale de son auguste patronne et aux bénédictions des Souveraius Pontifes Grégoire XVI et Pie IX, elle a déjà reçu la profession de trois cent vingt prêtres. La maison mère est établie à Lyon depuis 1836.

En 1852, celle congrégation a été divisée en deux provinces, oui ont leur siège à Lyon et à Paris. Elle possède en France vingt- six établissements, savoir : quatre noviciats, quatre grands séminaires, six collèges et diverses résidences de missionnaires, qui, dans les villes et les campagnes, se consacrent au saint ministère par les stations, les missions et les retrailes.

En 1856 ia société de Marie a fondé une mission à Londres, dans le quartier si pauvre et si populeux de Spilalfields, où des milliers d'Irlandais étaient dépourvus de secours spirituels. Une autre a été établie à Remifond, aux environs de Londres.

Dès l'année même de son approbation apostolique, la sociélé de Marie envoya quelques-uns de ses enfants commencer les missions dans l'Océanie occidentale, qui venaient de lui être confiées; depuis celte époque, elle a consacré à ces lointaines missions sorxante-dix-sept prêlres et quaranlesn coadjuieurs pour les seconder dans leur apostolat.

Notre Saint-Père le PapeGrégoire XVI, par son bref: Pastorale offici um du 23 mai 1836, érigea le vicariat apostolique de l'Océanie occidentale, qu'il conûa à la sociélé de Marie, nouvellement approuvée. Cet établissement comprenait, au nord et au sud de l'Equateur, toutes les lies situées dans la partie occidentale de l'Océan Pacique, à partir de la ligne du méridien aui passe par Diction n. dks Ubukes rrliu. IV.

l'Ile Mangia, y compris l'archipel du même nom, en exceptant toutefois les lies qui, à celle date, étaient déjà soumises à une autre juridiction. Jamais missionnaire catholique ne s'était fixé dans ces lies innombrables, Irès-i m parfaitement connues jusqu'alors, et habitées par des tribus sauvages, presque

toutes adonnées à l'anthropophagie etabruties par tous les vices.

Mgr Pompa Hier, prêlm dn diocèse do Lyon, sacré ôvêque de Maronée, à Rome, le 30 juin de la même année, fut chargé de l'adminislratiDn de ce vicariat. Les premiers missionnaires Maristes, au nombre de huit prêtres ou frères, partis de France en décembre 1836, arrivèrent sur les lieux do leur mission en novembre 1837, et ils s'établirent dans les lies Vallis et Fiiluuat, et quelques mois plus lard trois d'entre eux allaient se fixer dans la Nouvelle-Zélande.

En Océan ie chaque lie, et souvent même les différentes peuplades d'une même lie, ont leur idiome particulier. L'étude de ces nombreux idiome?, dont il fallait littéralement dérober les mots aux insulaires et en deviner les règles, offrit d'immenses difficultés aux premiers missionnaires ; il en fut de même de l'élude des mœurs et du genre de vie de ces sauvages, connaissance si nécessaire cependant i>our se concilier leur bienveillance et les instruire. Les missionnaires durent se résigner à partager pendant longtemps leur genre de vie, et il ne serait pas facile de raconter les privations qu'ils eurent à endurer et les dangers qu'ils coururent.

Les insulaires de Futunal mirent à mort, le 28 avril 18*1, le P. Chanel, qui venait de convertir l'un des fils du roi, et ce quo le missionnaire n'avait pu obtenir pendant sa vie par ses prédications, ses prières et ses soulfrances, il l'obtenait dans le ciel par le mérite de sa mort. Les habitants de Futunat se convertirent en quelque sorte d'euxmêmes. Le P. Bataillon eut également la consolation, en 1841, de voir les habitants de Vallis venir en foule à la religion.

A la Nouvelle-Zélande les tribus indigènes manifestaient aussi de bonnes dispositions et promettaient à l'Eglise une ample moisson. De 1836 è 1842, quarante-trois prêlres ou frères partirent de France pour ces missions.

Par son bref: Pastoris ceUrni, du 23 août 1842, notre Saint-Père le Pape Grégoire XVI. institua le vicariat apostolique de l'Océanie centrale et chargea de cette mission le P. Bataillon, sacré, évoque d'En os, à Vallis, le V mai 1843, par le R. P. Douarre, que S. E, lo cardinal de Ronald, archevêque de Lyon, avait sacré évêquo d Amata le 18 octobre

Les PP. Maristes rencontrèrent beaucoup d'opposition de la part des ministres protestants Wesleyens dans l'Ile de Tonga Ta- , bou, irrités du progrès du catholicisme; ils •' suscitèrent une terrible persécution contre les néophites ut crurent que c'en était fait du catholicisme à Tonga. Tandis que le*

M. Mi

DICTIONWIRt

progrès de la fui i-allioi î< i n<: fuient ensuite beaucoup plus consolants, et dans le courant «le l'année 1855 trois cent soixante-dixsept Tongiens ont reçu le saint baptême, et on a des raisons de croire que celle île no tardera pas de devenir la conquête de la vérité.

Les ministres, parleurs révoltantes calomnies, représentaient aux insulaires deSancra, les missionnaires comme des monstres, mais les Pères de la société de Marie a vant pu s'y introduire en 18'i5, ils ont pu montrer l'absurdité «les calomnies et se concilier par un dévouement justement apprécié, l'estime et l'affection des indigènes; plusieurs tribus montrent de l'empressement pour se faire instruire et grand nombre de conversions s'opèrent.

Le grand archipel de Yitti, qui compte des île-» si nombreuses et si peuplées, mais dont les habitants sont les plus féroces de la Polynésie, a reçu aussi des missionnaires catholiques. Plusieurs tribus demandent à s'instruire de la religion.

Les PP. Maristes ont une imprimerie à Vallis et deux petits collèges dans cette îlo etàFutunal; on y instruit les enfants les plus intelligents et ceux des familles les plus influentes.

Grâce 5 l'influence des missionnaires, la corvette française ni Seyne, qui échoua sur les cotes de la Nouvelle-Calédonie, put être préservée du pillage et du massacre de la part de ce peuple cannibale et put se procurer les vivres nécessaires.

Le 19 juillet de l'an 1847, eut lieu de la part des sauvages de Ballade une scène de meurtre et de pillage, ils se précipitèrent sur la maison des Pères et l'incendièrent. Un frèro fut victime de leur fureur. Les autres ne furent sauvés que par une espèce de miracle; la corvette fiançaise la Brillante survint très-heureusement pour les délivrer après une douzaine de jours passés dans les plus « ruelles angoisses au milieu d'une lie où ils s'étaient réfugiés.

Tous les etTorts tentés pour se maintenir dans la Nouvelle-Calédonie furent longtemps inutiles, et plusieurs foison fut obligé de l'abandonner et de transférer dans d'autres îles les néophiles pour les soustraire aux persécutions de leurs compatriotes. Cependant au mois de mai 1851, Mgr dWtnala et ses compagnons reparurent à Ballade, décidés h mourir plutôt que d'abandonner celte lie; leur ministère obtenait quelque succès lorsque une épidémie sévit contre ce peuple; Mgr. Douarre fut victime de son zèle le 23 avril 1853, mais depuis, les conversions se sont multipliées et la religion nourrit aujourd'hui des espérances brillantes sur cette lie importante, dont la Franco a pris possession en 1853; déjà 3,000 néophiles s'y trouvent réunis et ils ont volontiers consenti à quitter leurs familles pour se soustraire aux scandales et aux persécutions des païens.

En 1844, par le bref Apostolique : Exdebito (lu 19 juillet, le S. P. Pie IX érigea les deux

vicariats de la Mélanésie et de la Micronésie, qui comprennent un grand nombre J'1les. Le premier est renfermé entre le 125* et 160' degré de longitude orientale et du cercle de l'Equateur ou 12' degré delaiiiu te australe; l'autre est borné par le 13* de latitude septentrionale, au midi par l'Equateur, a l'est par le 180" de longitude, et a l'ouot par le 125* à l'orient de Paris. Mgr Epallo, sacré évoque de Sion en 1844, partit de Londres le 3 février 18'»5 avec treize missionnaires, Pères ou frères, pour la Micronésie. Il fut massacré par les sauvages de l'Ile libelle, le 16 décembre, quelques jours après leur arrivée; un de ses prêtres fut ble<>e. Les missionnaires furent s'établir à Saint- Christoval où un sauvage en frappa un (l'un coup de lance. Eu 18V7 trois d'entre eux étaient massacrés et mangés. Cinq mois durant, après ce fatal événement, les PP. Maristes furent chaque jour à la veille de tomber entre les mains de ces cannibales. En 1848, des lièvres qui faisaient beaucoup de ravages, enlevèrent Mgr. Vibien, qui avait succédé à Mgr Epalle, et quelques missionnaires, ce qui obligea plusieurs d'entre eut d'abandonner ces îles meurtrières, qui dit été depuis conliées aux missionnaires de Milan.

Les PP. Maristes ont aussi des établissements dans la Nouvelle-Zélande qui a été divisée en deux diocèses, Auckand et Wellingthon ; le premier comprend toute Me nord de la Nouvelle-Zélande jusqu'au 11* de latitude sud. Celui do Wellingthon s'élend du 41', et le reste de l'île nord et toute l'île sud et les autres îles jusqu'au 51*

Cet archipel est devenu une colonie anglaise; la population européenne v est considérable; la religion catholique y a fa^t beaucoup de progrès; il y avait des prêtres dans les lieux les plus populeux, des églises s'étaient élevées, des écoles réunissaient les enfants. Il y avait un collège et une imprimerie appartenant à la mission. Par uo arrangement pris avec la congrégation de la Propagande, les Pères ont quitté leurs premiers établissements dans le diocèse d'Auckland pour aller en former de nouveaux dans celui de Wellingthon, où tout était à créer. Une église cathédrale a é\è construite dans cette ville, qui possède des écoles, une communauté de sœurs, et une providence.

Depuis 18V5, une maison a été établie à Sidney (Australie) par les PP. Maristes |«ur y recevoir les missionnaires passants ou naïades, et pour pourvoir aux besoins de* missions. Cette maison rend les plus grandi services et a été plusieurs fois le salut de* missions.

Mgr Bataillon, évôque d'Enos, vw" apostolique de l'Océanie centrale, parti il » a vingt ans comme missionnaire, avec le* premiers PP. Maristes qui allaient évangô; liser cette contrée, racontait le dimanche î* août de l'année dernière, dans le sanctuaire vénéré de Notre-Dame des Victoires des détails très-intéressants sur la mission codî^

«1 MAR DES ORDIU

èson zèle, sur la conversion des Iles de Waliiset de Futuuat, aujourd'hui entièrement catholiques.

Les archipels do Tonga, des Navigateurs, de Fat gi, etc. présentent une étendue deOOO lieues carrées entrecoupées par plus de cent Iles habitées par plus de 90,000 naturels de la race malaise et polynésienne où se trouvent nombre de chrétientés naissantes C'est la mission la plus éloignée du monde et la plus dépourvue de secours.

Monseigneur a eu la consolation de conférer le baptême a plus de 00,000 indigènes, aujourd'hui fervents Chrétiens. Mgr d'Enos était accompagné de trois naturels de ces ll*s, qui étaient venus au nom de tous leurs frères de la Polynésie, témoigner leur reconnaissance pour l'œuvre de la Propagation de la foi. Tous les assistants ont été vivement émus en entendant ces jeunes insulaires chanter sur un air français, en langage d'Ourea, un cantique à Marie.

MARISTES (Frères) en Ecosse.

La fêle de saint André, patron de l'Ecosse, a été eo 1855 une époque mémorable par l'arrivée des religieux Maristes à Glascow, où Us ont été établis pour se vouer à l'enseignement de la jeunesse. C'est le jour même de l'Immaculée Conception de la mi nie Vierge qu'ils ont été installés. L'absence d'écoles convenables pour I l'éducation de la classe moyenne causait depuis longtemps des regrets; le clergé et les fidèles de celte ville où on ne compte pas moins de 100,000 Catholiques, n'avaient pu voir leurs f (Torts couronnés; ainsi les parents qui voulaient donner è leurs enfants plus d'instruction qu'on n'en pouvait acquérir dans les écoles paroissiales, exposaient leur foi au péril en les envoyant aux écoles protestantes. Les Catholiques de Glascow appartiennent presque tous à la classe ouvrière; on comprend dès lors de quelle utilité y seront les écoles tenues par les frères Maristes. Ils feront pour les garçons ce que font déjà pour les fiMes, soixante-dix religieuses environ qui élèvent toutes les classes depuis les familles les plus riches, jusqu'aux orphelines dénuées de ressources. Pour arriver a ce résultat, les frères Maristes ont fondé a Glascow un noviciat où ils ont déjà reçu de fort bons sujets. Il est bien h souhaiter que cette congrégation se multiplie en Ecosse, où les Catholiques manquent presque partout d'instituteurs et d'institutrices. A Dundée, dans une population de 30,000 Catholiques appartenant presque tous è la classe ouvrière, il n'y a que deux maîtres laïques, qui élèvent pêle-mêlu garçons et filles. Sous l'inspiration de leur zèle ardent pour l'éducation religieuse de la jeunesse, U* frères Maristes n'ont pas hésité à échanger le ciel pur de la France pour l'atmosphère enfumée de Glascow, quoiqu'ils donnent indifféremment leurs soins aux classes riches et moyenues, c'est surtout parmi les oeuvres qu'ils aiment à se trouver. L'enfant

du pauvre sera donc toujours l'objet spécial

de leurs affections.

i RELIGIEUX. MAR 781

Les frères Maristes ont un magnifique établissement a Boaucamp, près Lille, où est un pensionnat de plus de cent élèves, dont vingt ou vingt-cina Anglais ou Irlandais; un noviciat, et des écoles pour les pauvres. Beaucamp est un petit village où réside l'une des plus nobles et des plus généreuses bienfaitrices de la religion. Cette pieuse dame y a fait construire un hospice pour toutes les infortunes et des écoles pour les filles, le tout conlié à des religieuses; elle a de plus fait élever pour les frères Maristes des bâtiments qui renferment un noviciat et un pensionnat où l'on pourra recevoir do deux à trois cents pensionnaires, et une magnifique chapelle a coûté environ 100,000 fr. Enfin, c'est à cette digne dame que ITcosse doit les frères Maristes établis à Glas* cow, car c'est le noviciat de Beaucamp, auquel elle pourvoit, qui a formé jusqu'ici les sujets irlandais qui sont h Londres, et ceux jue l'on envoie en Ecosse.

MARONITES (Ordre monastique des). [Voy.

tom. U, col. 896.)

L'un de ces ordres est celui de la nation maronite qui suit la règle de Saint-Antoine. Jusqu'en 1757, il fut divisé en deux congrégations, cellode Saint-lsaïe, et celle dite communément de Saint-Elisée ou de Saint- Antoine, abbé. Le P. Bonanni, dans le C«tulogue des ordres religieux, publié sous le pontificat de Clément XI, tom. I, page 92, (tarie des moines de Saint-Antoine de Syrie, dont il donne le portrait. U dit que dans la Syrie, sur le mont Liban, et sur les montagnes qui l'avoisinent, se trouvent des monastères catholiques de la nation maronite, dont les religieux observent des règles reçues par tradition et qu'ils croient conformes aux habitudes de Saint-Antoine, qu'ils regardent comme le fondateur de leur ordre. Ils s'abstenaient, dit-il, continuellement, de manger de la viande et observaient quatre longs jeûnes par an, celui de l'A vent, celui du Carême, un de quinze jours avant la fêle des saints Pierre et Paul, enfin un de quatorze jours avant l'Assomption. Ils récitaient les Matines après minuit, et chaque heure après, un office différent, en languo syriaque. Quelques-uns d'entre eux plus zélés établirent d autres règles qu'ils suivaient en commun, professant publiquement Jes trois vœux religieux, et élisant un supérieur pour le gouvernement du monastère.

Tout cela avait été approuvé par le patriarche des Maronites, Etienne Aldoensd'Eden; et avec approbation consécutive du Sainl- Siége. Ils sont vêtus d'une soutane noire.

11 ajoute que tout cela a été rapporté par Gabriel, moine Maronite, venu à Home pour demander la confirmation des règles établies, le 13 mars 1732. Clément XII approuva les statuts de la congrégation de Saint-Elisée ou de Saint-Antoine, par le bref: Apoitolatus officium, qu'on trouve dans. le tom. Il, page kl, qui se publièrent en 1735, à Horpe avec ce titre : Régules et Comtitutiones Mo-

mm;

nnchormn Syrontm Mar»miarum. Puis I»; même Clément Ml. le 17 janvier 17iO. avec Je bref : Misericonliarum Pain , approuva aussi les statuts de Saint-haie. Le bref e«l i a ] > | > o i té dans les 'tulles romaines, t. XIV, ja^.VOO, et dans 'es bulle-» : Dr projirio, pag. 30î> ci suiv., où sont emoie rapportés en cinq parties et un entier, tous les statuts. Celles-ci avaient été publiées à Home en 17*1 sous le titre: Reyulœ et Consritudoncs monachornm Mm onitarum. Ainsi donc la congrégation des religieux de Saint-Antoine, le Maronite, se divisait en moines (le Saint- Isaïc et moines de Saint-Elisée ou Saint- Antoine, laquelle se subdivisait elle-même • n moines d'Alep ou Alepins, et en moines Montagnards du mont Liban , ou Baladites. Ceux d'Alep prirent en mépris ceux de la montagne ou du mont Liban, à tel point que la paix cessa d'exister entre ces deux ordres et qu'il ne fut [dus possible de les réunir. Cependant la congrégation de la Propagande de la foi, désirant mettre un terme h tant de maux, approuva celte division qui fut confirmée plus tard par Clément XIV, par le bref: Ex ittjunclo nobis, etc., de soi le <jue les ordres fuient séparés en congrégation des Alépins et congrégations des Ltbaniens, tels qu'ils existent aujourd'hui. Cependant il n'existe pas maintenant d'Allépins a Home; et il n'y réside que le procureur général des Maronites Libaniens de Saint- Antoine, abbé, dont le nom est inscrit dans les annales romaines, où se trouvent aussi ceux des deuv généraux des deux congrégations. Le procureur général des moines du Liban demeurait habituellement comme hôte dans le couvent des Maronites d'Alep, même lorsque leur procureur général était présent, moyennant un paiement pour sou entretien. L'ordre de Sainl-Isaïe. a quatorze monastères, Saint-Antoine, Sainl-Hoch, Saint- Pierre Eleatin, Saint- Klie fiiézin, Saint - Jean , Saint - Marc - Doniilicu-Huuiié, Saint-Marc-ls.Me, Saint-Marc- Llcabée, Maz- Abbé- Klmusecomus , Maz- Klias- Altelius, Maz-Ceorges-Aiiior, Maz-Elias-Gazir, Maz- Adi:i, et Maz-Sergio-Cden ; la congrégation d'Alep c>.t réduite à quatre monastères et deux hospices; Sainte -Marin de Luaise, Saint-Pierre-Cortiain-Ettcin, Saint -Elie - Siaveja, et Saint-Elisée. Un hospice e>t à Home, l'autre à Deir-Eliamas... La troisième congrégation est celle des montagnards du Liban, ou Baladites. Elle a dix-neuf monastères en Syrie, et un à Chypre, dont deux ne renferment que des religieux, celui de Sainte-Marie des Secours, et celui de Maz- Elias-Erras; et en outre quinze collèges pour l'instruction de la jeunesse. Les monastères et les collèges sont ceux de Saint- Antoine-Casap, de Sainl-Anl<une-Hub., de Sainte-Marie, de Sainl-Cyprien, de Saint- Ceorgcs.deSaint-Maroue, île Marabda-Mood, de Maz-Joseph-Horglii , de Maz-Silvio- Boscliinla, de Sainte - Marie-Tamisci , de Saint- Anloine-Elnabahé, de Saint-Michel- Huual.il, de Saint-Maron-Beisanies, de Ma/.-Mosa-Eliopus, de Maz-Elia-Solcnsiji,

MAft M

do Maz-Antoine-Sir, de Maz-Zeon-Risdiiniagu,de Saioi-Georges-EInalimé, de Saint.- Marie-Maseimissie, de MazElie, on Ch\pr.', en outre d'autres hospices en Bérite, h Tripoli, à Haltra, h diobel, à Lidon.àZhalc, à Deir-Elquinnies. Les moines de celle congrégation sonl au nombre de mille, ils foui quatre vœux solennels, celui d'obéissance, et ceux de charité, de pauvreté et d'humilité, qu'ils renouvellent chaque année h lu fêle de leur patron saint Antoine. Leur vie est en môme temps active et contemplative. La majeure partie qui est laïque comme lus anciens moines de l'Occident, s'occupe delà culture des champs, afin d'en retirer ce qui est nécessaire à la vie. Les prêtres vont au chu'ur cinq fois par jour, ils s'adonnent à l'étude pour leur propre instruction et|Our celle d'aulrui, ils vonl faire des mission* avec le consentement du patriarche, sans l'autorisation duquel ils ne peuvent pas s'occuperdusoin des flmes el »ont seulement en rapport avec les religieux de leur congrégation. Les religieux de Saint-Antoine du Liban, désirant posséder un hospice à Home, afin de pouvoir y tenir quelques membres de leur ordre, pour leur propre instruction, adressèrent leur demande au cardinal Sacripant, chef de la Propagande. Celui-ci soumit leurs instances a Clément XI, qui accueillit leur requête el remit l'affaire.

Deux de ces moines vinrent à Rome, et on leur accordéon 1707 la maison el le jardin voisin de Saint-Jean de Lalrau près de l'église des saints Marccllin et Pierre qu'on all'ecta à leurs exercices pieux. C'est ;« qu'on devait instruire quatre ou .six nuvires sur la théologie, de manière à les rendre d'habiles prédicateurs destinés à enseigner leurs nationaux. Les cours commencèrent, les statuts de la congrégation furent a ['prouvés, el les religieux restèrent au milieu Je cet air malsain jusqu'en 17i3.

Alors Benoit XIV déjà titulaire de celle église la restaura pour le monastère des Carmélites, et les religieux partis sous ls direction du cardinal Pitra, firent acquisition de la maison et du jardin situés près de Saint-Picrre-aux-Liens, où se trouvait U villa Maltai des ducs de Paganire, où ils élevèrent un oratoire ou église sous l'invocation de saint Antoine, abbé. Cel hospice appartient aux moines Alepins qui y entretiennent un procureur. Mgr Eva, Maronite, venu a Home après la fondation de cet hospice, fil des instances auprès du Sainl-Siéja? pour obtenir qu'il pût y séjourner pour ordonner ses nationaux, comme ont coutume de le faire les évêques grecs et arménien*. Mais celle requête resla sans etTet, parce quo les Maronites ayant l'habitude de je marier selon la discipline orienta e avant d'arriver au sacerdoce, il était alors nécessaire pour eux de relournerdans leur patrie où ils avaient contracté leur mariage, afin de recevoir dn patriarche ou de leurs supérieurs respectifs les ordres sacrés. - C'est

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7sr,

Ift 17 janvier que se célèbre dans col hospice la fête «Je saint Antoine.

Des religieuses Maronites.

Les religieuses Maroniles dont la règle e*t très-sévère, ont sept monastères, et sont dirigés par des prêtres qui professent la règle enseignée par un évéqne d'Alep. Elles sont environ deux cents. Elles peuvent, avec le consentement du patriarche et quand la majorité d'entre elles ne s'y oppose pas passer d*un monastère dans un autre. Il y a aussi deux autres monastères dirigés par les moines Ba ladites, qui cependant ne peuvent en prendre le gouvernement sans être autorisés par le supérieur. Il y a quatre conservateurs pour les religieuses; il y a cependant un grand nombre de religieuses qui sont soumises è leurs évéques respectifs. Ainsi que nous l'avons déjà dit, il existait de temps immémorial des monastères doubles, où les moines et les religieuses avaient une habitation commune et accomplissaient Css-Oêies 4e- piété, et prenaient des récréations en commun. Ceux-ci qui auraient dû être d'un salutaire exemple pour le peuple, étaient au contraire par cette cohabitation le vandale et la fable des Catholiques et des infidèles.

En 1770, le patriarche Jacques parvint à faire séparer les deux sexes. Déjà son prédécesseur avait lancé l'excommunication contre tout moine qui aurait admis une religieuse ou tout autre femme dans son couveat. Mais il n'obtint rien par celte rigueur et ce zèle, quoique il y eût beaucoup d'évêques el de religieux partisans de cette sévérité. En 1733, Te patriarche Gazen et trois supérieurs s'opposèrent assez vivement à celte réforme; ce qui motiva un synode national au Liban, en 1736. Par ordre de la congrégation de la Propagande, on souscrit a tous les actes du synode convoqué dans le but de faire cesser cet abus , cause de tant de maux, mais sans obtenir cependant l'effet désiré. Puis le patriarche ayant fatalement changé d'opinion, ordonna qu'aucun changement n'eût lien dans le couvent el «jue la cohabitation persistât. Aussi les menaces de la congrégation de la Propagande furent-elles inutiles pour faire cesser ce désordre, le mal persista jusqu'à la fin du pontifical de Pie VII, qui mit la faulx à la racine. En obtenant que les moines et les religieuses habitassent des monastères différents, éloignés les uns des autres, mais cependant tout scandale ne cessa pas alors; car en 1836, au monastère de Saint-E)ia-in- Gésir cohabitaient encore des moines et des religieuses, ce qui motiva de nouvelles récriminations de la congrégation de la Pro]>aguiie.Dans la u" parlie, chap. 14, des statuts approuvés par Clément XII, en 1740, il est traité de monialibus. Henott XIV, par sa bulle: Ad supremam, abolit le 4 janvier 1748, la congrégation des religieuses sous l'invocation du Sacré-Cœur de Jésus, instituée par Anne Agesni, et la transféra à d'autres monastères, prohibant les livres qui men-

tionnaient des faux et prétendus miraclos de la fondatrice dont il a été question cidessus. 4

MARTHE (Congrégation des religieuses ns SAINTE-), établie en Dauphiné.

Mlle Edwige du Vivier, née en 1784 h Romans ( Drôme ), d'une famille noble et ancienne, avait conçu .de bonne heure le projet d'embrasser la vie religieuse dans l'ordre de la Visitation; mais ses parents ayant protesté qu'ils n'y consentiraient jamais, Dieu bénit la douleur que cette sévère déclaration lui fit éprouver et lui inspira le dessein de vivre au milieu du siècle avec autant d'édification qu'elle aurait uu Je faire dans le silence du cloître.

La charité était la vertu favorite de cette pieuse, demoiselle, *e soin des pauvres et des enfants du peuple avait pour son cœur un attrait particulier. Non contente de pourvoir par ses aumônes à leurs nécessités cor-

f)orelles, elle gémissait avec amertume sur eurs besoins spirituels et s'efforçait, par toutes sortes d'aimables industries, de les prémunir contro les dangers innombrables dont ils étaient sans cesse environnés. A ses yeux, le plus à redouter pour la classe indigente était l'ignorance de la religion; aussi entreprit-elle généreusement d'y remédier en organisant trois catéchismes par jour quelle voulut faire elle-même et auxquels elle invita les enfants des pauvres de l'un et l'autre sexe et même les personnes de tout âge qui n'avaient pas moins besoin d'instruction, au sortir des troubles révolutionnaires.

Heureuse de partager ainsi tout son temps entre une multitude d'œuvres , de miséricorde et ses exercices de piété, Mlle Edwigu fit de rapides progrès dans la vertu et devait être bientôt un sujet de haute édification pour la ville de Romans, tout le monde admirait sa conduite et notamment le zèle infatigable avec lequel elle s'occupait do l'instruction des pauvres enfants du peuple; mais ses efforts, quelque généreux qu'ils fussent, ne produisaient pas encore tous les fruits quelle avait lieu d'en attendre. La plupart de ces enfants abandonnés à euxmême? et mal surveillés par leurs familles, oubliaient bientôt ses pieuses leçons : elle aurait voulu ne pas les quitter un instant, leur servir de mère nuit et jour et corriger aussi, par une sollicitude continuelle, les caprices de leur Age, en les préservant des dangers d'une indépendance absolue. Dans ce dessein, elle résolut de créer en leur faveur une école gratuite. Ce projet agréé par Mgr Bécherel, évôque do Valence et par M. Marie Descorches, préfet de la Drôme, ne tarda pas de se réaliser, grâce à leur bienveillant concours. M. Anselme, curé de Romans, prit aussi une part active à celle bonne œuvre et bientôt Ml'o Edwige se vit, en qualité d'humble maltresse d'école, environnée d'une mulliludo de petites filles qu'elle édifiait et instruisait avec un dévouement sans bornes.

7R7 MAfl DICTIONNAIRE M AH TM

<Jui;!. j ne temps après l'é\ê pie de \*a- Quel pies-unes de ses compagnes se disperlence, s'élnnt rendu sur îes lieux, visita le sèrent, d'autres se réunirent deux ou trois petit établissement qu'il trouva parfaitement ensemble pour continuer leurs pieux exerorg.-inisé; il témoigna h la pieuse institutrice une vivo satis'artion et lui dit en la quittant: « Ma bonne petite mère (c'est ainsi qu'il la qualifiait ordinairement) , il faut

vous adjoindre quelques compagnes qui veuillent partager vos travaux, vous les dirigerez et puis, (pii sait ?... »

ciees, une seule resta dans la maison atre quatre orphelins sans ressources.

Heureusement cet orage fut bientôt apaisé Le 29 juillet 18to, Mlle Edwige réunit le nouveau s.i chère communauté dont cette épreuve n'avait fait qu'accroître l'union et le dévouement. Ce fut alors que la congru-

Ce dernier mot fut comme le prélude de galion prit le nom de Sainte-Marthe et r It n la fondation qui devait plus lard avoir lieu sit pour sa fête principale la fête du $amt sous les au>piccsel par les soins do Mlle du nom de Jésus. Quelque temps après, c'est-.-

Vivier. M. Anselme le recueillit avec empressement et depuis lors s'en prévalut avec adresM» pour lui inspirer la résolution de former quelques jeunes personnes pour la direction des écoles gratuites dont la ville de Romans et plusieurs autres du diorèse avaient le plus pressant besoin. En elfet, dès l'année 1813, Mlle Edwige s'assoeia deux compagnes auxquelles on joignit bientôt quelques autres; un règlement leur fut donné, le nombre s'acrut peu à peu et l'on vil surgir de cette pieuse association des

i qu'heureusement façonnées à l'art clôture, c'est-à-dire qu'elles n'en sorti

raient que pour visiter les malades et Mgr Récherel, instruit de ces heureux assister aux Offices de la paroisse, succès, les encouragea de tout son pouvoir, Le 2ï juillet 1817 les statuls signés pac approuva le règlement dressé par Mlle toutes les sœurs professes cl revêtu* «le Edwige et la nomma supérieure de l'asso- l'approbation des vicaires généraux de Variation. Le prélat étant mort sur ces entre- letice furent envoyés au ministère qui les

dire, le 18 septembre 1816 la pieuse f« nl3- Iriccque de graves raisons avaientctupêcliee jnsqu alors de ["tendre l'habit religieux, le reçut enfin îles mains de M. Dévie et fut confirmée dans la charge de supérieure générale. Le roèmejflur elle lit ses trois vœux de leligion- Dans l'espace de quelques mois, la congrégation de Sainte-Marthe fut assez nombreuse pour fonder deux établissaient-, l'un à Eymeux et l'autre à Sainl-Douat.il fut alors arrêté dans le conseil que chaque poste devrait à l'avenir comprendre au moins trois institutrices aussi recoinmandables par leurs sœurs et qu'elles y observeraient une demie «!«»"

si difficile, d'élever l'enfance chrétienne.

accueillit favorablement. En voici le résumé: Le but de la congrégation de Sainte-Marthe est de diriger des écoles de jeune* lilles et de recueillir dans ses établissements celles dont l'innocence est exposée ou qui sont pauvres. Ces écoles sonl partout gratuites pour la classes indigente. Les enfants recueillis dans la maison de l'institut y sont entretenus et nourris gratuitement; on leur

faites, M. Devio, son vicaire général, prodigua, 5 son tour, les soins les plus empressés a l'œuvre naissante et l'on peut dire que c'est sous les auspices de ce vénérable évôque |do Bellev, quelle a grandi jusqu'à nos jours. Le premier règlement ne suffiront plus dès l'année 18lo, il en dressa un nouveau plus explicite et le rendit obligatoire. Une maison fut achetée, on y construisit une chapelle el l'habit religieux fut apprend un état et ou les forme au scr»ne donné aux premières compagnes de Mlle domestique; le nombre n'en est pas fixé, u Ldwige. Le nombre des enfants qu'elles dépend des besoins de chaque paroi>*e soignaient croissait h proportion; non contentes de recevoir toutes les petites lilles qui leur étaient présentées comme externes, elles donnaient asile au milieu d'elles à plusieurs autres qu'elles nourrissaient el entretenaient à leurs frais. Toulo la ville de Romans applaudissait h un zèle

el desrevenns de la maison qui les reçoit.

Indépendamment des écoles, les sœurs doivent faire la visite des malades et di>tribuer aux pauvres les secours dont elle* peuvent disposer.

La maison mère est a Romans, c'est la que doit se trouver le noviciat el que réside la >i religieux; mais il faut que les œuvres supérieure générale avec qui corresiwndent inspirées par le Ciel soient toujours inar- les supérieures des autres établissement*.

quées au coin de la contradiction ou qu'elles .subissent du moins quelques épreuves.

En 1815 Napoléon étant revenu de l'exil, Romans, comme la plupart des autres villes de France, fut livrée b une agitation extraordinaire; la populace, toujours aveugle sur ses plus chers intérêts, lit entendre des vociférations à la porto d'une maison qu'elle aurait dû bénir; on craignit une émeute, les gendarmes furent envoyés sur les lieux et un commissaire de police enjoignit aux religieuses de sortir promptemeut et de se retirer dans leurs familles.

Mlle Edwige, consternée de cette aventure, s'enfuit £ Vienne auprèsde «es parents.

sup.

Les sœurs font les trois vœux de rharr.e, de pauvreté et d'obéissance, conformé i eut aux lois de l'Eglise.

La supérieure est élue pour six ans, e'10 peut être prorogée dans ses fonctions. S»'" conseil est composé d'une assistante et 'ie six conseillères dout trois, au moins, doive»! résider à Romans.

La congrégation est soumise pour le spirituel à l'évôque diocésain, el pour lecivn. aux autorités locales.

Telle est en général la teneur des statu"* qui ont été suivis depuis fa fondation <w Sainte-Marthe et que le gouvernement a ron* lirmé le -28 mai 1820.

DES ORDRES RELIGIEUX

u.vn

Le M juin 1817, M. le Gentil, maire de Romans, convoqua le conseil municipal, «ur h demande du ministre de l'intérieur faite «a préfet de la DrAïue pour constater l'utilité de sa congrégation. Le conseil, en mot délibéré, rendit un hommage solennel au zèle et aux vertus des religieuses institairices de Sainte-Marthe et voulut leur donner un gag* authentique de sympathie en sanctionnant une délibération de la commission des hospices qui leur cédait à per- (jétaité un local spacieux où elles entrèrent k 30 du même mois.

C'est assez dire que le nombre des sœurs s'était considérablement accru durant les deux années qui venaient de s'écouler. En effet, les bénédictions du ciel descendaient en abondance sur cette sainte congrégation, ses établissements se multipliaient, ses bienbits se développaient tous les jours d'avantage, tout présageait un avenir prospère à ooe œuvre dont le but était trop noble pour oepas voir se réaliser les espérances qu'on en avait conçues. La vénérable fondatrice se fonda généreusement ce progrès par une vie digne d'être proposée pour modèle aux Ames les plus ferventes. Elle eut la consolation de voir tous ses vœux accomplis et no ressa de remercier le Seigneur jusqu'au jour de sa mort arrivé le 5 février 183o. Ce f it an milieu des larmes et des sanglots de la communauté qu'elle rendit le dernier soupir, lui laissant comme pour héritage ces dernières paroles : « Adieu, mes chères filles, le moment est venu de me séparer de vous l«ur toujours... vivez en paix... restez bien unies les unes avec les autres, aimez la retraite et la vie cachée , évitez tout contact arec le monde... adieu, je vous laisse, mais j'ai la confiance que je vous serai plus utile au ciel que sur la terre. »

Ces dernières paroles inspirées sans doute fw un saint pressentiment du bonheur qui l'attendait se sont vérifiées a la lettre. La vénérable fondatrice de Sainte-Marthe a prié pour sa chère congrégation et Dieu a exaucé *u prières.

Au moment de sa mort elle laissa quarante-deux religieuses professes, dix novice* et sept établissements. Au i" janvier 1848, son institut compte cent quaran lobait professes, soixante novices et trente établissements dont trois ou quatre sont de quatorze ou quinze sœurs.

t Celle prospérité est un indice manifeste de l'excellence de l'œuvre fondée par Mlle Edwige du Vivier. On ne saurait que faire des vieux pour les succès toujours croissant o'uoe congrégation qui se dévoue avec un «le admirable au bonheur des enfants et des iauvres.,1) B-o-e..

MARTHE (Soeurs de SAINTE-) Motion mère è Périgueux {Dordogne).

La fondation de la congrégation des sœurs '>* Sainte-Marthe de Périgueux remonte à • année seize-cent-quarante-trois.

Cette congrégation prit naissanco dans ' Hôtel-Dieu de celte ville, (situé près le ■XHiliu de Saint-Frent).

M H a la fin du vol., n"« 143, lit.

Cet établissement existait à «une époque antérieure è celle que nous venons de citer, et était afiecté exclusivement aux pauvres malades; de pieuses demoiselles leur donnaient les soins que réclamait leur état.

Les deux fondatrices de la congrégation, Antoinette et Jeanne Juilhard (natives d'Angoulème) étaient venues à THolel-Dicu de Périgueux, s'essayer au genre de vie auquel elles désiraient se consacrer ; car il lierait par les archives de la congrégation, qu'elles habitaient cet hospice depuis quelque lemps, lorsqu'on 16fc3 elles contractèrent des engagements avec les administrateurs.

Mgr Tévéquo de Périgueux les autorisa à vivre en communauté, et à jeter ainsi les fondements de la congrégation.

Malgré celte autorisation, la règle proprement dite ne fut donnée et approuvée qu'en 1650, par Mgr Philibert de Brandor , évôque de Périgueux. Dans cette approbation Monseigneur relève la grandeur et la sublimité des œuvres de la congrégation, puisque les sœurs y font vœu de servir Notre-Seigneur Jésus-Christ dans ses membres souffrants. Il ne met au-dessus de leurs foncclions que celles du sacerdoce.

Celle règle] fut approuvée par les évêques ses successeurs sur le siège de Périgueux*

1* Le but de la congrégation, après Ta plus grande 'gloire do Dieu, était de s'employer au soin des pauvros malades. Les services les plus bas et les plus dégoûtants leur étaient rendus par les sœurs. Toutefois il leur était enjoint |>ar la règle, de s'attacher plus spécialement à l'âme qu'au corps de ceux auxquels elles so dévouaient.

2* Quelques années après la fondation on joignit d'autres œuvres n celles qu'où avait eues en vue dans le principe.

3* Les sœurs s'engageaient par des vœux simples, mais perpétuels, de chasteté, et de stabilité au service des pauvres malades.

4* Quoique les sœurs ne fissent pas les vœux de pauvreté et d'obéissance, elles étaient néanmoins obligées do les observer dans la pratique: puisque la vie commun» était en usage dans la congrégation, et qu'un article de la règle disait que les sœurs ne devaient posséder rie» comme propre et avec attache. Pour l'obéissance, la règle disait formellement : que les sœurs ne pouvaient sortir ni faire faire le moindre ménage sans en avoir obtenu la permission de la supérieure. Il était dit de plus quelles devaient accepter les emplois sans réplique, à moins que leur conscience n'y fût engagée : dans co cas elles pouvaient faire leurs observations, mais être néanmoins disposées à obéir si la supérieure ne trouvait pas à propos de changer de détermination.

5* La supérieure était nommée tous les trois ans à la majorité absolue des suffrages et au scrutin secret.

6° L'assistante et l'économe étaient également nommées par les suffrages de la communauté.

7* La congrégation reconnaissait Mgr l'évêquc de Périgueux, pour premier supé-

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