SA1RE MAR M
cité qu'on voyait h sa base ; un temple di dieu Pan, peut-être. Cette hypothèse m paraît hasardée, et ne me semble point devoir nous arrêter pour la soalenir ou I? combattre, d'autant plus qu'il me paraît pei probable que le jeune Martin dans sunincl nation aux choses [lieuses, ail fréquenté o lieu consacré, même lorsqu'il était idolâtra car alors il était si jeune, et l'on saii qu'i fut conduit dans ses tendres années à Pavi< où il fut élevé el devint militaire. Je cron plus volontiers que les Chrétiens consacrant à Dieu cette montagne, d'après l'éiii de Constantin, l'auront mise sous rinvora lion de saint Martin, leur célèbre couifatriote qu'ils savaient avoir reçu le j-^uri Sabarie, ville conligué au pied de la oioma gne. L'histoire, d'ailleurs, nous apprend qui la Pannouie fut une des premières contré» < occidentales où s'établit la vie monastique Elle nous dit aussi par l'organe d'/nr/c/'' que Charlemagnc, après avoir hDli uue église, en l'honneur de la sainte Vierge, sur la montagne de Budc, en bâtit ur.c autrw en l'honneur de saint Martin, comme |>a:-o;; Je la Pannouie dans le lieu de sa naissant?, parce qu'il l'avait imploré en cette qualité pour demander sa protection avant le combat qu'il livra aux Avares, et attribuait à >or secours la victoire qu'il avait remportée ?ur ces barbares. A celle époque, la Pannome n'avait point de siège épisropal dans son propre territoire, et dépendait, dit-on, pour le spiriiuel.de l'archevêque de Lorch. Dam cet étal de choses, Adalberl, évêque de Prague, ayant quitté son siège, en 988, à cause de la cruelle persécution des Bohémiens s'en alla en Italie, où il passa iinq ans Jjj-s la vie religieuse, habitant en dernier lieu if monastère des saints Alexis et Bonifate, de l'ordre de Saint-Benoit, a Home. Les Bohémiens étant en de meilleures disposition?, le Pape commanda à Adalberl de retourne; à son siège. Celui-ci partit en 99i aver | l«sieurs saints religieux du monastère où il avait reçu asile, et passa par la Pannonu. devenue la Hongrie, où, connaissant b bonne intention du duc Geysa, il le corlirma dans les sentiments de* sa conversion, et puis, arrivé dans son pays, conslrui>ii. dans sa propriété de Brezr.ovie, unoionaslère où il plaça les religieux Bénédictin* qu'il avait amenés, el leur donna poumhkle P. Anastase Astric, en qui il avait reconnu, lorsqu'il vivait avec lui, à R-orof* une grande piété, de la doctrine el de la prudence. Ces bons religieux, en suivant pratiques de la vie monastique, se livraiei-i aussi au ministère des âmes. Mais le bonheur qu'ils goûtaient ne fut pas long. f*1"* peine deux ans s'étaieni écoulés, que l'été; que Adalberl, se croyant incapable de corriger les habitants de Prague, se rendit unseconde fois à Rome pour obtenir de se démettre de son siège et de rentrer dans '*
naires ge.»gr.»pliiqucs, ni dans nos biographie* t>"
docard ce rit : Lhartuir.
SI? UAR
DES ORDRES RELIGIEUX. MAR 811
monastère qu'il avait quitté. Son métropolitain. Villigise, archevêque de Mayence, t'opposa à ce.pieux dessein, et demanda, daos des lettres pressantes, au Souverain Pontife, le renvoi de cet excellent évôque à «on siège. Il obtint ce qu'il sollicitait. Adalbert fut donc obligé de retourner en Bohême. Mm s'arrétant en Hongrie, pendant le »ojage, il apprit là par son frère, qu'il avait «voyé fonder les dispositions des Bohémiens à son égard, que ce peuple sévissait sur tout ce qui lui était cher, et qu'il avait même été jusqu'à tuer ses parents et ses frères. Il ne put donc se résoudre à rentrer dans ce pars, et représentant le tout au tape, il obtint de se démettre de son siège, fairréé archevêque de Guêne et souffrit le «tartvre en Prusse, en l'année 997. Je suis fnlré* dans ces détails sur ce saint pontife, won peut le regarder comme un des fondateurs de l'abbaye actuelle de Marlinberg. En effet, lorsqu'il était en Hongrie, et sachant tout ce qu'on avait fait aux siens, craignant avec raison pour les Bénédictins qa'iTavatt amenés lors de son premier retour, il voulut les attirer dons ce pays «orne dans un port de salut, et les recommandant aux ducs Geysa et Etienne, qu'il anit baptisés, il leur persuada de placer ses rtligieux dans un monastère qu'il conseillait d'adjoindre à l'église de Saint-Martin, >or le saint mont de Pannonie, où ils projetaient de renouveler le temple construit par Cbarlemagne. Etienne reçut donc la pieuse colonie de Breznovie ou Breunovie, à réception de six Pères, savoir : Matthieu, Jean. Isaac, Christin, Benoît et Barnabé, qui passèrent en Pologne, y vécurent dans un ermitage, et, au bout de huit ans, y furent tués par des voleurs, à l'exception de Bar- •abe, qui alors était sorti de ce désert, pour reporter au duc Meschon l'argent que ce pieux prince avait, malgré eux, déposé dans feor ermitage pour soulager leur pauvreté. Les noms de ces martyrs de la justice se trouvent au 12 novembre, dans le Martyrologe romain, et malheureusement les noms <te leurs frères, qui vinrent s'établir en Hongrie, et que j'aurais été heureux de ci- •« ne se lisent nulle part. Ceux-ci avaient à leur tète Astric, leur abbé. De ce que le prince Etienne, au lieu de les établir à Strigooie, lieu de la résidence ducale, les plaça w le saint mont de Pannonie, on tire encore une preuve de la tradition sur le lieu de la naissance de saint Martin au pied de tette montagne, et de la vénération qu'on portait au saint protecteur du pays. 11 plaça donc les religieux sur la sainte Montagne, °ù il y avait déjà une chapelle qu'on voit encore sons le sanctuaire de l'église actuelle, tt qu'on appelle Cataeotnbe. Tout prouve, *°n architecture, par exemple, sa position, Joui prouve, dis-je, son origine ancienne. Quoique le duc Geysa ait donné aux religieut le monastère de Saint-Martin, on peut r«fçsr«ier son fils saint Etienne, comme en ^antle fondateur. Par sa charte, datée de l*o 1001, reconnaissant tout ce qu'il doit
aux prières et aux mérites de ses pieux protégés, il accorde à dom Aslric, abbé du monastère et à sa maison toute la liberté et franchise dont jouit le monastère de Saint- Benoit, eu Mont-Cassin. Cette sainte communauté méritait les faveurs d'un tel prince ; elle édifiait, par sa régularité; plusieurs de ses membres ont été comptés au rang sap saints, comme Anasta o Astric, premier abbé du lieu; son successeur, Boni face, qui fut martyrisé; et Maur,- également abbé de Saint-Martin, et, depuis, évêque de Cinq- églises, dont la pureté sans tache attira tant la vénération du chaste et saint duc Emeric, et qui, édifia, à l'égal des Pères venus de Borne, quoique lui-même n'ait pas avec eux quitté la Bohême pour la Hongrie. Saint Etienne prit le conseil de ses hôtes dans toutes ses affaires les plus graves, non-seulement dans l'ordre spirituel, mais aussi dans l'ordre civil et administratif. Il crut qu'il était à propos de leur confier le régime des diocèses récemment établis. De là il arriva que l'abbé Anastase Astric fut nommé ëvéque de Colocza [Coloctnsem).... Sébastien, archevêque de Strionie; Maur, de Cinq-Eglises, comme je l'ai il tout à l'heure, et les autres furent placés aux autres dignités par la magnificence royale. Ce fut ausi en vertu de cette confiance du monarque, que le premier abbé du monastère , Anastase Astric , fut chargé d'une ambassade à Rome, où ayant réussi au delà de ce qu'on en attendait, il acquit une influence immense et salutaire sur la direction politique du nouveau royaume, qu'il contribua largement à consolider; car on sait que dans ce temps-la, le pieux Etienne, homme habile dans la diplomatie, droitdans l'administration de ses Etats religieux, et éclairé dans sa religion, changea la dignité ducale en majesté royale, ayant consulté pour cette affaire grave, le Souverain Pontife dont il demandait l'assentiment et la permission. Etienne reportait aux mérites, a la direction et aux prières de l'abbé Anastase Astric tout ce qu'il avait obtenu dans une heureuse bataille, dans la conservation de sa vie et la stabilité de ses Etats. Tout confirme, d'ailleurs, ce qu'il y avait de juste dans l'opinion du roi. L attrait de ce prince le portait à visiter souvent le monastère, tantôt seul, tantôt avec son fils, le duc saint Emeric. 11 accorda à la nouvelle abbaye des immunités et des privilèges étendus, comme on le voit dans la charte, ou diplôme de 1001. De là viem qu'elle est exemple de la juridiction de l'ordinaire et ne dépend que du Pape; qu'elle a elle-même juridiction spirituelle sur le clergé et sur les fidè- . les, sans le concours d'archevêque ou d'évôque, dans le territoire qui lui appartient, et au'e Ile l'exerce par la personne de son abbé. (Jette concession étendue se consolida d'autant plus facilement, qu'à l'époque où elle fut accordée, elle ne gênait en rien l'administration épisconale du lieu; il n'y avait point alors d'évêques en Hongrie, et les diocèses qu'on créa depuis, ne changèrent
Mr. m a fi Dir.Tio?
rien .'» i'< loi. iii'-' ùa ces privilèges, ni à leurs pniis-ame-. L'abbé eul le droit de célébrer pontiliealemcnl 1), de.sc faireprécéder d'une chapelle et de toul ce qui e*t nécessaire nu saint sacrifice de la Messe, afin qu'il pût la dire partout, même dans un diocèse étranger, faveur qui, en Hongrie, élail réservée aux évôquc*, de sorte <j n'en vertu du môme diplôme, elle était refusée aux abbés des mitres monastères. Ante neminnn rero abbatnn capelin inccdnt, nisi ante Patnin ejusumnasterii, propter nverentiam, et «ihctitatrin ipsius Inci, moreque episcopi in sandaliis missnm erhbret.
Par celle exception l'abbé de Marlimberg acquit une primauté d'honneur entre tous les aimés du royaume de Hongrie, et c'est tic là qu'est venue la cause qui lui a fait donner au xvi* siècle un plus haut degré d'élévation, car en loli, par un décret apostolique, donné sur l'intervention tic Wladislasll, roi de Hongrie, il fut nommé et proclamé président perpétuel et ardu-abbé de tout l'ordre de Sainl-Bcnotl, en Hongrie dans tous les pays soumis h cette couronne, Le pieux et royal fondateur ne se réserva point, comme on le faisait alors, la nomination de l'abbé. 11 la laissa aux religieux, qui d'ailleurs jouissant par le diplôme, de toute la liberté qu'avaient les Bénédictins du Monl-Cassin, jouissaient aussi de celle-ci el de ces conséquences. En fait de contentieux, le monastère, pour les personnes et les choses, ne reconnaît o'aulre juge que le roi, d'autre tribunal que celui du roi. Aussi les moines de ces couvents n'ont négligé aucune occasion de témoigner leur gratitude envers leur bienfaiteur; ainsi sachant que le saint roi Etienne n'avait rien plus à cœur que de voir toute la Hongrie soumise ou convertie îi la foi chrétienne, ils lui vinrent l'armement en aide, et tandis que les autres monastères de Bénédictins, savoir Saint- Maurice de Béel, Sainl-Hippolyte de Zobor, Saint-Adrien de Zala et Saint-Benoit de Pésivarard fournissaient chacun deux Pères missionnaires pour la mission destinée à convertir les gentils, sous la direction de P. Gérard évôque «le Chotia 1, Csanadiensis, le monastère de Saint-Martin en fournit quatre , savoir Léonard , Coneciur. Philippe et ILmri, dont deux lurent élevés à la dignité d'archevêques régionnaires, comme qui dirait, à peu près, aujourd'hui vicaires apostoliques avec le caractère épiscopal. De la môme maison, d'autres allèrent prêcher l'Evangile de différents côtés , et enfin l'abbé Boni face lui-môme qui avait succédé h saint Asirie sur le siège de Coioctz , ayant par ordre du roi, porté son zèle chez les Slaves, y fut martyrisé après trois ans d'apostolat. Les autres' religieux restés dans l'enceinte du monastère y édifiaient et servaient l'Eglise par la sainteté de leur vie et môme selon l'usage établi par t. liai lemagne , ils tenaient des écoles où la jeunesse élait élevée el de dignes ministres étaient formés pour
t.!) Faveur moins rare i» rcîlc épotpif* ne yui:<.
NAint MAR rp
\t service lie l'Eglise, tels q ie saint Ji.i ,r qui fut religieux <!e la maison et de»in évèqne de Cinq-Eglises.
Tel est ce fameux monastère dont Vêla blissemenl sous le «lue de <iev«a, remonte . l'année 9% ou au moins à l'année suivante Je terminerai ces quelques renseignement historiques par une citation des parole» élo gieuses que lui a censat r< cs le Jésuite Turotzius, en traitant de son origine. C'est dan. cette très-illustre maison, dit-il, que la Hon gric a vu pour la première fois des exer cires littéraires et a entendu les muses dises contrées parler la langue des muses latines : c'est dans ce monastère qu'on «lui chercher des prélats pour gouverner de Eglises, que les apôlresavaienl formées. qu( se fortifiaient des martyrs, s'exerçaient dei docteurs et vivaient des saints, litre Mut- (rissima domus rst in qna primum in //unqaria. oprrtn litlerarum paltrslra, auditif sitnt Musir patriœ. Latinmn loqui : tx que, velut eseminaria quodam diviniort adqubtrnundum ecclesiarum vlavnm transfrrrlantur prtrsulis, in t/uu formabantur apostoli, rrrsrebant martyres, exercebantur doctoret.tirebant sancti. Depuis sa fondation, rett* maison lélèbre compte cinquante-six &l>Ut connus. Il n'culre point dans le plan conçu pour ce Dictionnaire, ni même dansleum particulier d'en donner môme la simple nomenclature. Il me suffit de rappeler qn* dans celle liste de prélats on en trouve trob mis au nombre des saints, el que plusieurs ont acquis une renommée el une illustration spéciales. Le titre rigoureux de fondateur est ilô à saint Ana-tase, Aslric ou Aslrup. dont j'ai fait connaître les principalesarlions dans le cours de cet article. Il fut donc le premier abbé de Marti nberg, fonda d'aolffs maisons, fut, en 1000 sacré évépje deCotoctz. gouverna quelque temps l'Eglise métropolitaine de. Strigonie, pendant la récité temporaire de Sébastien, qui avait été son religieux à Saint-Martin , el qui recouvrant la santé, recouvra son siège. Saint-Astriioe retourna alors à son évôché deColocli.j portant le titre d'archevêque, qui nep.'ss» point à ses successeurs. Les services qu'il rendait h la religon et à l'Etat pourraient lui mérit. r la qualification d'apôtre du iws. li mourut, presque nonagénaire, en l'année 10 V».
L u grand nombre de ces prélats, distingués par leur naissance leur savoir ou leurs «r* tus, furent môlés aux affaires de leur temps, et des fragments de leur histoire personnelle fourniraient d'intéressants épisodes a l'histoire ecclésiastique et civile de la Hongr"' n ais elle serait ici superflue. QiwiuJjedi* < nquante-ssx abbés connus, je m'eiprinK" d'une manière irrégulière, car plusieurs w lurent que de simples gouverneur» «u *'* utmistralcMirs temporels de l'abbaye, qul se serait volontiers gouvernée sàns Quelques-uns de ces administrateurs, mèw r eligieux ou ecclésiastiques, ne furent u*"k'
it !e croire !c .Mémoire o;i j«? puise.
Ml MAR DES ORDRES
que comme des commendataires. Entre ceuxci Vladislas, gouverneur au xiv* siècle, se rendit fameux par sa vie aventureuse. Issu du sang royal de Pologne, veuf, pèlerin de Terre-Mainte, moine de CReaux en Ita'ie, aiome Bénédictin, en France; il fit de vains t'irorts pour être relevé de ses vœux, lorsqu'il prétendit à la couronne, le trône de Pologne étant vacant, après la ' mort du roi Casimir en 1373. Il s'échappa de son cloître, courut dans son pays, combattit tantôt avec succès, tantôt avec perte, lorsque définitivement battu en 1376, il fut conduit au rot Louis, entre les mains duquel il renonça à ses prétentions a la couronne, reçut 10,000 florins, et l'année suivante le gouvernement Je l'abbaye de Saint-Martin! 11 Cependant l'âme bourrelée de remords, en 1378, il rentra en France s'enferma de nouveau dans son monastère et y resta jusqu'à la On de sa vie. On vil même au xv* siècle, un laïque, Benott Pyber, avoir la provision de cette illuslustre abbaye, sous le titre d'administrateur. IÀ aussi, les nominations et la puissance royale eurent trop souvent l'influence qu'avaient chez nous la pragmatique, les concordats. Ce que je dis, en souhaitant seulement un autre ordre de choses, et en gardant le respect dû aux décisions et concessions faites par les différents Papes; mais à notre abbaye de Martinberg, il n'y avait pas toujours, a ce qui parait, de ratifications de Rome dans ces provisions.
Entre les abbés réguliers, plusieurs rendirent de grands services au monastère, travaillèrent à y rétablir la régulant, et obtinrent du Pape des distinctions flatteuses, telles que cello de présidents de chapitres, de visiteurs, etc., etc. Je nommerai entre ces prélats distingués, Urias, ou Trie, <p»i tint le bâton pastoral de 1206 à 1249. Il fit beaucoup pour son monastère, et l«>ur tout l'ordre de Saint-Benoit, dans ces contrées, et eut l'honneur d'être appelé, par Innocent IV, au concile général de Lyon. Matthieu de Tolma, porté a l'administration régulière du monastère par le vœu des étais du royaume, qui désiraient qu'il y mtt la réforme, fut obligé, pour avoir le résultat de cette nomination, à embrasser la vie religieuse dans l'ordre de Saint-Benoit. Jl ne trouva, en arrivant à Saint-Martin, que dix moines : ce petit nombre était le fruit de la direction des administrateurs et des gouverneurs dont j'ai parlé. Il gouverna avec erreur et avec beaucoup de zèle, el forma, ce De semble, une union, ou sorte d'associa- 'ion, entre huit monastères. Il en fut nommé /'résident perpétuel, obtint le titre d'archiatle't pour lui et ses successeurs, et il est 'ts premier qui l'ait porlé. Dans ta cours *lendu de son existence, l'abbaye s'est vu v intime de beaucoup de vicissitudes; elle a ^t-é sur le point do manquer de religieux ''*-»ur l'habiter; elle a été occupée même par
(1) Je «toute que Jouriuum *oil J nvnrin , puisque •-^-«e tille n'est autre que Raati, dont le nom latin <fc** Arabonua ; nais je me rappelle l'observation
les Turcs; elle a été, comme plusieurs abbayes de Hongrie, livrée a des séculiers, etc. Sous l'a rchi -abbé Gilles Genesy, qui gouverna de lfi65 à 1684, l'approche des Turcs obligea ce supérieur à disperser ses religieux en divers monastères d'Autriche, et a se retirer lui-même, avec les troupes de la citadelle, a Javarin (1) (Jaurinum); et, quand son abbaye fut rétablie à grands frais, il la vil de nouveau périr, lorsque les troupes du duc Karainutziafe l'incendièrent. J'ai ditqu'il se retira avec ses soldats... r8r il faut savoir que l'abbaye avait une citadelle où elle entretenait dès militaires, qu'elle mit quelquefois au service de la patrie; et, en 1644. l'archi-abbé Matthias Palfify, ancien religieux Cistercien, à la lête de vingt-cinq cavaliers de la citadelle de Fys {Fiiss), et d'autres d" ses hommes, combattit vaillamment contre Georges Rakolzy, 5 la bataille de .. {Szakolczam.)
Entre les arrhi-abbés qui ont le plus fait
f>our le monastère, il faut surtout compter e R. P. Martin Humer (de 1689 à 1G93). qui consola celte maison désolée, la rebâtit, et y ramena la régularité, elc. On dit qu'il prédit l'heure el le jour de sa mort. Son corps repose dans la chapelle Sainte-Croix, que, là, on appelle la Catacombe.
Il faut mcniionner tous les prélats, oui,, depuis Jors jusqu'à ce jour, onl travaillé a faire rentrer le couvent dans ses biens et dans ses droits, et même dans son existence; car il fut supprimé lors des foliesde Joseph 11, empereur d Autriche, dont les entreprises irréligieuses et insensées sont connues de toute l'Europe. Ce fut l'archi-abbé Daniel Somogyi qui eul la douleur de voir celle suppression et la dispersion de ses religieux, en 1786, et le bonheur de rétablir sa maison sous le pieux empereur François 1". Daniel Somogyi était un religieux fort distingué, qui fut* élu à l'unanimité dans le chapitre ou. je vois mentionnée la présence d'un commissaire du roi (de l'empereur). Il jouit de la considération de son souverain, qui lui donna le titre de conseiller; de Clément XIV, qui lui donna le droit de créer des docteurs en philosophie et en théologie; de Pie VI, qui le reçut à Vienne, en 1762, el lui donna continuation de tous ses droits, etc., le recommandant, d'une manière spéciale, au cardinal-archevêque, primat du royaume. Il eut pour successeur le R. P. dom Chrysostome Novak, qui administra de 1802 à 1828, et fut d'un grand secours au P. Daniel, lors de la désolation du mouaslère. C'est à son zèle principalement qu'on en doit l'existence nouvelle. Il y rentra le 25 avril 1802, et, au mois d'octobre de la mémo année, il donna l'habit à quarante-huit novices. Il n'épargna rien pour rendre à son ardu-monastère son ancienne gloire. Il crut devoir accommoder l'observance régulière aux destinées actuelles de l'ordre, en conservant
que j'ai faite ci-dessus, et je me bornerai, dans riijccriitude , à écrire les noms de lieux en lalin.