MER
d'un caractère tout opposé, sans piété solide, orgueilleuse, inconsidérée, peu propre l*r conséquent à to remplacer dans le gouvernement de celte famille. Elle avait dans l'esprit ces idées lâches, sans conséquences, qu'on appeNe en France idées libérales, et par suite de cet ordre d'idées, quoique Catboliqoe, elle négligeait les incréments et ^norail absolument ce dogme fondamental : hors de l'Eglise point de salut. Elle parlait de philosophie, de philanthropie, ne parlait point de religion a ses enfants. Une femme ainsi faite no pouvait guère penser i ses intérêts temporels, et quand, à la fin, elle s'aperçut qu'elle et ses enfants étaient amèrement ruinés, elle mourut de chapin, peu d'années après son mari, et laissant ses enfants sous la garde et entre les mains des protestants, qui ne les violentèrent pas cependant, mais l'influence et l'entourage entraînèrent l'ainée et le garçon à l'apostasie. La jeune Catherine fut plus constante et plus heureuse. Un gentilhomme, dejàfortâgé, qui avait amassé de grandes richesses dans les Indes, la prit en affection, et comme il n'avait point d'enfants, point <le proches parents, il proposa è sa femme d'engager celte jeune orpheline à venir demeurer chez eux. Ce gentleman, appelé il. Callaghan, était protestant ainsi que sa femme. La jeune Catherine, près de tels iruiecteurs, allait trouver sa foi exposée. Dans son enfance, elle s'était fait remarquer Buo-seulement par sa beauté, mais aussi }*rsa piété. Coulirmée de bonne heure, elle avait fait sa première communion dans 'église Saint-Paul, quai d'Arran. Kn crois- Mot en âge, elle se relâcha dans la pratique des devoirs religieux, mais jamais, grâce à Di<"it elle ne fit profession de protestantisme.
Elle ue faisait pourtant pas beaucoup "e prières Elle ne fréquentait pas les sacrements et n'entendait la Messe que rarement. Son éducation avait été singulièrement négligée, elle ne possédait aucun de ces arts d'agrément qui font, à notre ècoque surtout, une partie essentielle d'une éducation complète; elle n'avait aucune con- Mis5ance en littérature. Tout cela n'empêchait pas qu'en société elle ne fût pleine de charmes, par sa vivacité, son esprit, et plus mcore par la douceur de son caractère el la bonté de son coeur. Des amisde M. Callaghan la Hissèrent d'embrasser le protestantisme.
<>ue pression et ces instances la firent réfléchir sur ce qu'il y avait d'anormal dans sa position ou sa conduite. Elle défendit sa toi de manière è persuader qu'on ne gagnerait rien avec eilu dans la discussion. On préféra lui recommander la lecture d'un cer* win livre de controverse, en lui assurant *1» il l'aurait bientôt convaincue de la faus- 1*14 de la doctrine de ses pères. Catherine •ut cet ouvrage avec attention; il la convainquit que la vérité était du côté des Catholiques et qu'elle devait être désormais en pra- '"lue ce quelle était de nom.
Comme la sauté de M. Callaghan commen-
çait À décliner, il fit son testament en faveur de sa nièce et de miss M'Anley, qu'il constitua ses héritières universelles, avec des dispositions de convenance pour quelques autres personnes. Puis, comme s'il eût voulu se rapprocher de la religion de ses pères, il invita fréquemment des parents de miss M'Anley, pour lesquels il avait témoigné jusque-là de l'éloignement , parce qu ils étaient Catholiques zélés, et il permit même, à sa protégée de recevoir la visite de quelques prêtres catholiques, avec lesquels elle avait fait connaissance. Depuis le commencement de l'année 1822, ce bon vieillard dtvenait de plus en plus infirme; un jour il entendit d'une pièce voisine de la chambre où était M. Powel, mari de sa nièce, ce jeune homme se plaindre de miss M'Anley, et dire qu'après la mort de M. Callaghan, ni elle ni ses prêtres ne remettraient plus le pied dans Coolvet-Bouse. Il prit de ce moment une nouvelle disposition, fit un codicille sur lequel il garda le silence, comme il l'avait gardé sur son testament. Sa santé déclinait à vue d'œil, et l'unique désir de miss M'Anley c'était de le voir mourir Catholique, mais elle n'osail aborder cette question, et Dieu se servit d'une cousine qui venait l'aider à soigner te vieillard pour préparer la voie, car elle vit sa parente attacher au bas du lit du malade une excellente gravure de VEcce Homo, d'après le Corrége, qu'il dut apercevoir sur ses rideaux à son réveil; il affecta de ne laisser rien deviner de ses pensées. M. Powel étant venu voir son oncle, on voulut ôter la gravure, mais l'oncle ordonna qu'elle fût laissée là, et personne ne devait y trouver à redire. Bientôt miss M' Anley lui dit ouvertement ce qu'elle désirait. Il écouta ses raisons et ses prières, sans répondre un seul mot. Lorsqu elle eut fini, il dit d'un ton aflirmatif que son désir était de mourir dans la foi catholique. Dès le jour même, M. Nugent, vicaire à Saint- Michel et Saint-Jean, vint le voir et s'entretint absolument seul avec lui. Le malade vécut encore six semaines après sa conversion, conservant jusqu'à la fin toutes ses facultés; il mourut le 11 novembre 1823. La veille de sa mort, il avait dit à miss M'Anley : Je vous laisse quelque chose, ma chèret jetais que vous en ferez bon usage; mais il ne lui indiquait aucune disposition qui pût faire croire qu'il lui laissait sa fortune comme un dépôt. Par le codicile il lui laissait tout, en effet, et n'accordait à Mme Powel , sans participation de son mari , que
3uelques centaines de livres sterling. La part e miss M'Anley était de 500,000 fr., sans compter une rente annuelle de 10,000 fr. Lo testament fut attaqué» mais confirmé par les cours de justice. Quelques années après, elle fut frustrée d'une somme d'environ 125,000 francs par les manœuvres frauduleuses de M. Powel. Miss M'Anlay devenant possesseur de cette fortune, était âgée de trente-huit ans, mais en annonçait dix de moins. Elle fut recherchée en mariage, mais elle avait pris la ferme résolution de consft-
bir.TlONNAIIŒ