‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 160 sur 323 · MER · texte numérisé non relu

MER

i rer tous ses biens à Jésus-Chrisl, dans la personne des pauvre. Lois de sa promotion a l'épiscopat, le docteur Murray l'avait pla- ( ée sous la direction du M. Anestrong, son propre confesseur, qui se montra toujours un ami zélé et sincère. (Juami elle lui lit pa. t de ses desseins, il lui locommauda fortement l'établissement d'un asile temporaire | our les jeunes femmes vertueuses qui se trouvaient sans ressources , et lui conseilla de ne pas se lixer dans un quartier pauvre et peu fréquenté : Si vous voulez, lui dit-il, un établissement public qui soit appelé a rendre des services aux pauvres, placez-le dans le voisinage des riches, li lui persuada de bâtir une maison toute neuve

Dans ce temps miss Anna-Marie Dovle prenait ses dispositions pour entrer dans un eouvent do l'institut de la Présenta tion, lorsqu'un jour, en 1*27, elle remarqua le bAtiment élevé par miss M'Anlcy, el apprit sa destination et entra pour le voir à l'intérieur. Au grand contentement de ses parents, elle dit qu'elle préférait rester et partager l'œuvre projetée li), et s'arranger à cette lin avec miss M'Auley, qui, par hasard ou par une disposition ' de la Providence, la mit en état d'entrer dans rétablissement le 24- septembre de la même année. C'est !o jour où l'Eglise romaine célèbre la fêle de Notre-Dame de la Merci, dont le nouvel insliiut porte le nom. Miss M'Anley ne put se joindre à elle à cause île la mort récente de sa sœur, qu'elle eut le bonheur de voir passer à Dieu rentrée dans le sein de l'Eglise catholique, et munie des sacrements. La conversion de celte sœur et de sa nièce l'exposa à une vengeance de son beau-frère, qui n'allait pas moins qu'à vouloir la poignarder ; il se calma plus tard, sans revenir entièrement de son mécontentement.

Dès le 2i septembre , jour de Notre-Dame de la Merci, 1827, la maison de Miséricorde reçut deux sœurs, nommées Frav, et une jeune lille appelé»' M'Donnell. L'école fut ouverte aussi, miss Doyle étant secondée par la cousine de la fondatrice, qui devait resteravecelle. La famille du fameux O'Connell visita immédiatement l'institution el lui vint matériellement en aide. Les demoiselles O'Connell venaient enseigner dans l'école, ce que tirent aussi les demoiselles Coxlelloes, ne Merrion-Squarre et quelques autres. Admirons les dispositions de la Providence dans l'attrait que miss Dovle avait pour les usages conventuels, il fut convenu que les membres résidents de l'institution adopteraient un costume particulier, de couleur noire, qui se rapprochait beaucoup pour la forme lie l'habit religieux, avec un bonnet °n lilet uni, doublé de manière à cacher presque entièrement les cheveux. Les observances et les idées ou goûts conventuels s'y i iioduisiiLiil sensiblement, et plusieurs personnes pressentirent des lors que tôt ou lard la maison de la Merci deviendrait une communauté.

Néanmoins la fondatrice n'avait mil?emo:U

l'idée d'établir une communauté reluit)* • Elle avait fait réserver, près de la chap.;; une pelite chambre pour servir coiunn- dtribune ; pendant un voyage qu'elle ût,ianh tei le lit placer une grille, ce qui la coi.irsr beaucoup a son retour, puisque, dil-el;.-,i ne devait point y avoir de religieuses. \\« des incidents providentiels lui firent eu;.; d'opinion. Llle comprit le motif un r^ u griauces que les Catholiques épmuY.-m^i pour l'école en la voyant dirigée par *ie> >tcu'iers; le grand vicaire lui tonseilKuliiViu. brasser la vie religieuse , et elle s'y deojj Llle avait d'ailleurs montré une grand* pureié d'intention, en mettant sa maison à Ij disposition de l'archevêque, sur le iaj>jtun q'i'on lui avait fait de son désir d'y ptac^-r des sieurs de Charité. L'archevêque nj avait jamais pensé, el vint lui-même l'amirer qu'il voulait laisser son éiabhs-eiui/f sous sa direction. Elle consulta aloo. It» règles de divers iuslituls religieux, eluoiiiu la préférence à celle de la Présentais, qu'elle a'Iopta avec des modifications proun-s ù la destination do sa maison. Kn 1829, la chapelle fut bénile sous le vocable de Noire- Dame de la Merci; des associées se postulèrent, et à la lin de l'année elles étaieom nombre de neuf toutes comprises.

Le 11 décembre, la fondatruv prii l'habit avec le nom de Marie-Catherine, 't lit ses vœux le jour de Samte \m>p 1 Kl I Immédiatement après la cérémonie, elle revint à sa communauté, qui avait besoin d« sa présence et l'attendait avec impatient*. Le lendemain l'archevêque vint au couvent fl l'en institua supérieure, lui permit de donner l'habit religieux h celles qu'elle croirait préparées. Le 23 janvier suivant, et à dater de ce jour, tous les usages que suit l'in>iilut de la Merci furent mis en pratique. La nire Marie-Catherine gouverna sa communauté jusqu'au moment «le sa sainte mort, qui arriva le U novembre 18M. Llle y était vénérée et aimée de tout le monde à cause de a grande bonté et de ses excellentes qoalitr-s. Elle prisait bien plus les œuvres spirituel!»'* que les o'iivres corporelles, et leur a doti"! dans ses Règles une juste préfèrent. 0» cite d'elle, eu différents genres des actes de dévouement et de vertu vraiment aouur.»bles. Deux ans avant sa mort elle lut élevée par de dures souffrances, qu'elle >»iportaavec résignation. La Règle et les Constitutions; des religieuses de la Merci s"" basées sur la Itègle de Saini-Augintin. te-* qu'elle e>t pratiquée par les sœurs de J ordre de l.i Présentation de la bienheureuse tie^f Marie, en Irlande, de la règle desquelles uvchapitres entiers ont été tirés presque oj»i « mot ; mais une partie du c hapitre de }« * , des malades a été empruntée de la Rè^le 1 ^ sœurs de la Merci, de Home. Le reste a t.? composé par la fondait i« e, ainsi que tout* chapitre qui traite de la | -roieciion «es K'-1' mes en détres>e. Cette Itègle, revue \«> ; docteur Murrav, alors archevêque deP'* fut approuvée par le Pape C.régoire N»'- 8 /uiri I8VI. Par ce reserd, il est dcW!-

MLrt

DES OHORES IlELICIHX

irs devoirs caractéristiques de l'institut de la Merci sont : l'instruction des jeunes filles pauvres, la visite des malades et fa protection des femmes de bonne conduite qui sont en détresse. Mais on a eu soin de ne prohiber aucune des bonnes œuvres qui pourraient être compatibles avec celles-là; et d'après l'avis de la fondatrice, les sœurs sont, en différents lieux , chargées du soin des pénitenciers et des hôpitaux; elles visitent et instruisent les pauvres à domicile, et dans certains cas peu nombreux où l'on ne peut établir des maisons catholiques d'éducation, les sœurs ont des écoles de jour pour les enfants dont les parents ne sont pas en état de i»ayer les frais de leur instruction. Dans leurs visites aux malades les sœurs doivent toujours sortir deux à deux, marchant l'une à côté de J'autre sans se toucher, ni parler ensemble dans la rue, ni saluer ceux qu'elles rencontrent. Klles doivent interroger le malade sur les principaux devoirs de la religion, et l'en instruire, s'il cj4 nécessaire. Les postulantes doivent être examinées par l'évêque ou son délégué et par la mère supérieure. Elles ne prennent l'habit que six mois après leur entrée, et ne prononcent leurs vœux qu'après l'avoir porté pendant deux ans, et n'y sont admises qu'à la plura lilé des voix.

Quand une maison a trop de sujets pour pouvoir en entretenir davantage, ceux qui se présentent doivent fournir une dot. Elles font les vœux simples et perpétuels de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, de servir les pauvres, les malades et les ignorants, et de persévérer dans l'institut jusqu'à la mort. Toutes récitent en chœur le petit office de la sainte Vierge et chaque jour aussi le chapelet de cinq dixaines. 11 est bien entendu

3u'elles doivent faire l'oraison le malin, et ans le jour, elles ont encore beaucoup de prières vocales en commun. Les religieuses >e confessent au moins tous les samedis; la rtgie ne prescrit rien pour la communion , •nais il a été d'usage, dès le principe, que 'es *œurs communiassent quatre fois la semaine et les jours de dévotion particulière. " nya que cinq jours do jeûne ajoutés a ♦•eux de I Eglise et les austérités corporelles ie sont point prescrites. Chaque maison est jous la juridiction de l'évêque du lieu; il «a visite et en contrôle les comptes. La supfneurefist élue pour trois ans et ne peut »tre réélue qu'une fois; l'évêque de Dublin fil exception pour la fondatrice. Il'y a deux classes de religieuses, les choristes et les converses. On no fonde une nouvelle maison •feavec la permission de l'ordinaire et à condition rnVelîe aura des revenus sulfi- '•aots. Il y avait, dans ces dernières années, « virante- (rois couvents des sœurs de la >ierei. Klles avaient, en outre, d'autres maiï ons a )a rnême époque, au nombre do onze ua'ellcs appellent succursales ou maisons «j «Vendantes, gouvernées par les supérieures delà communauté la plus voisine. De ces coûtent, et succursales, vingt-deux couvents cl six succursales sont en Irlande, treize

MER S'J couvents et trois succursales en Angleterre, un couvent en Ecosse; deux couvents et une succursale dans l'Océanie et cinq couvents Jet une succursale dans les Etats- Unis.

Le costume des sœurs de la Merci se compose d'une robe de Casimir traînante ei a gra n des manches, d'une large ceinture de cuir, dont les extrémités descendent jusqu'aux pieds, et à laquelle sont suspendus un rosaire noir avec une croix en ébène incrustée d ivoire; elles portent une coiffe et une grande guimpe de toile de coton ; et dans les jours de fêtes et aux cérémonies, elles por tentà l'église un manteau de serge blanche. Les novices portent des voiles de mousseline blanche. L'habit des sœurs converses n'est point traînant, leurs manches sont étroites, leur voile est plus court et un crucifix en cuivre est suspendu à leur rosaire; elles portent aussi un tablier blanc, qui est une partie essentielle de leur costume religieux. Le costume de sortie est, en été, un grand manteau de casimir noir; en hiver, un manteau de drap couleur olive.

MÈRE DE DIEU ( Congregatiok de la).

Notice rédigée d'après les documents authentiques conservés dans les archives de la congrégation.

En 165>8, plusieurs personnes charitables oe la paroisse Saint-Sulpice à Paris, s'associèrent et recueillirent quelques enfants orphelins de l'un et l'autre sexe, en s'imposent pour règle de n'étendre ce bienfait qu'aux seuls enfants nés do mariages légitimes, baptisés dans celte paroisseet n'ayant plus ni pères ni mères.

En 1678. M. Ragnier de Poujié, cure de Saint-Sulpice, après avoir obleuu l'approbation de l'archevêque de Pans pour rétablissement de !a maison des orphelins de nette paroisse, sollicita et obtint de Louis XIV des lettres patentes qui approuvaient l'iustitut, et le nommaient, lui et ses successeurs, supérieur et administrateur de l'établissement , conjointement avec d'autres administrateurs designés dans ces lettres.

11 y est dit : ■ Le curé et les administrateurs pourront recevoir et accepter, les donations, legs ou aumônes et autres bienfaits, tant en deniers que fonds de rentes et héritage; môme acquérir ei posséder audit nom de supérieur et administrateurs desdits pauvres enfants orphelins, tous immeubles, faire bâtir et construire une maison et logements propres et convenables pour retirer lesditi orphelins, laquelle maison, qui aura ponr litre : Maison de la Mire de Dieu, nous avons amortie ensemble le jardin et enclos d'icelle, comme dédiée à Dieu, sans que nous ni nos successeurs rois, poissions prétendre aucune finance, ■ etc.

Il y est dit encore : « Les enfants mâle* y seront reçus dès la mamelle, jusqu'à douze ou quatorze ans au plus, mis en nourrice, puis placés en pension, eu des maisons particulières chez des personnes de probité pour y être élevés jusqu'à ce qu'ils soient

fc.v; MER Mi.TK

assez forts [mur enlrcr en métier. 0"3nt aux tilles, elles seront parei'lement admises jusqu'à I âge de (juaior/e ans, et mises on nourrice, et h l'Age do quatre ou cinq ans remues en ladite maison de la Mère de Dieu, four y être nourries, entretenues, instruites et élevées j»ar les maîtresses choisies à cet effet, et y demeureront autant qu'il sera jugé à propos par l'assemblée des administrateurs. »

En 1778, un nouveau curé de Sainl-Sulpice, M. l'abbé Faillit de Tersae, obtint de Louis XVI de nouvelles lettres patentes en faveur ue la communauté des orphelins de la Mère de Dieu, ces secondes lettres apportèrent quebjucs modifications dans les règlements. Il fut permis d'admettre dans rétablissement des enfants orpln lins de père ou de mère seulement. L'âge de l'admission fut fixé de cinq à dix ans au plus, à cause de l'inconvénient qu'il y avait a recevoir des enfants qui, plu», âgés, avaient pu contracter dans leurs familles des habitudes vicieuses qu'ils propageaient dans la maison et qu'il était presque impossible de détruire.

Les services des administrateurs étaient bénévoles, les maîtresse?» dirigeant la maison des jeunes orphelines; étaient des personnes pieuses qui sans contracter d'engagements religieux se consacraient gratuitement an service de ces p.uivres enfants et à la pratique des vertus chrétiennes.

Elles avaient une supérieure, et on leur donnait le nom do sœurs; leur vêtement était noir, simple et mode>ic.

L'établissement situé dans la rue du Vieux Colombier, dans les bâtiments qui portaient le n* 15, prospéra jusqu'au moment de la révolution où il possédait un revenu de 3*2,000 livres. L'utilité en était si généralement reconnue qu'il traversa même les années les plus terribles «le cette grande catastrophe politique et sociale; en l'an V de la république, le directoire la réunit à l'hospice de l'Iinfant-Jésus

Le faubourg Sainl-dermain se vit ainsi privé de ;a ressource qu'il s'était créée; la perte de l'orphelinat fut l'objet des regrets de tous, mais a cette époque déjà, la Providence lui préparait une restauratrice, C'est ici que nous devons parler de Mme de Lézeau.

Marie, Marguerite, fille de messire Louis- Charles-Joseph Ango chevalier, sieur d'Ecouché de Lézeau et de noble daine Marie, Marguerite-Catherine - Adélaïde Sophie Hébert de la Pîeignière, naquit à Houcn, le 20 novembre 1735. De bonne heure on vit se développer en la jeune Marguerite les belles qualités qui devaient la distinguer plus tard. Eu 1775, elle entra comme novice au monaslèro do la Visitation de Houen. Pendant la durée des épreuves du noviciat, elle se distingua par sa ferveur; admise à faire profession, elle prononça ses vœux et prit le nom de sieur Marie-Arsène, le 27 décembre 177G, jour de la fêle de saint Jean l'Evangéliite, pour lequel elle eut toujours une

nmki: ÂiF.i: *

dévotion particulière. Heureuse d'être loi à son Dieu, la nouvelle professe persév. dans sa vocation jusqu'au moment oOi tourmente révolutionnaire la força à rent dans sa famille; là, elle partagea son U-rr entre la prière et les œuvres de charité. 1805, la volonté divine, qui avait sur et âme généreuse des vues toutes provi.l tielles, lui lit à peu près connaître Tceuà laquelle elle la destinait.

Mme de Lézeau était en relations spt tuelles avec M. l'abbé Duvey, ancien ci de Pont. Ce digne ecclésiastique employa depuis quelque-» année», son temps et i soins 5 catéchiser les enfants «les deux sex emplovés dans une filature, établie rue i. Saints-Pères, par les soins de M. Dnqu< noy, maire du 10* arrondissement de Par Son zèle éclairé gémissait sans cesse c inconvénients graves qu'occasionnait mélange de ces enfants, et il décida Mme Lézeau à »e i harger de la conduite de ce 11 des jeunes filles qui volontairement roi draieni bien se soumettre à sa direction; nombre fut de dix seulement, mais il au nietila bientôt, et en moins d'un an il s'ét! élevé à trente. En 1800, la su pression tie filature les laissa >ans ressources; il e>t ti que leur bienfaitrice possédait 3,000 l.vr de rentes, mais ce revenu était très-insuf saut ; néanmoins elle n'hésita pas de cm cerl avec Mme du (îravier, qui, elle au** consacrait sa vie aux œuvres .le la charité, adopter les enfants que la Providence h avait confiées. Le petit hôtel de Pont, n: des Saints - Pères, n" 52, qu'occupait dej Mme de Lézeau, fut choisi pour habitation d'accord avec M. Duvey, qui prit le n/r< d'aumônier de la maison des orphelines. L jour de l'ouverture de l'établissement îu hxé au 1" avril 1800. La pieuse fondatrice t sa compagne voulurent le consacrer a Diei d'une manière toute spéciale, en faisant i sainte communion; mais Mme de Lézeai était de ces âmes d'éSito que le Seigneur h plnit à éprouver. — De retour de IVu ^ elle apprend que sa renie, dont elle devai loucher un quartier le jour même, est pfdue sans ressource. A cette nouvelle, elle se recueille un instant, ouvre son secrétaire eu tire 2V francs. C'était alors tout ce qu el;* possédait, et sans dire un mot, les montre i M. Duvey. « Eh bien!» Madame. <li(-i'. « que ferez- vous? » - La volonté de Dau. mon Père, « répondit-elle, • la Provider veillera sur nous, cl nous continuerons n> tre œuvre. » Celle confiance de la vénérabe Mère ne se démentit jamais ; elle disait savent en parlant de la congrégation:» L* Providence a tout fait pour elle. » Au comme témoignage de sa gratitude, a-t-f- ' établi l'usage, qui s'est toujours conser^. de réciter chaque matin avant f orai.'ûti, • litanies delà Providence. Elle s'adjoignit mi compagnes, parmi lesquelles elle vit se rs ••• ger, d'abord deux anciennes sœurs it ■> rue du Vieux-Colombier, et peu à »i deux antres vinrent les joindre, confo r ~ ment au désir du leur respectable

Page 1