‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 165 sur 323 · RELIGIEUX. MIS SOI · texte numérisé non relu

RELIGIEUX. MIS SOI

français. C'était l'annonce de la délivrance et du retour des confesseurs de la foi, après neuf ans d'absence; ils en tressaillirent de joie.

M. Bazin exerça d'abord le saint ministère, en qualité de desservant à Saint-Pierre d'Entremont, puis à Claire-Fougère, et y fut, pendant six ans, le modèle des bo is curés ; tout dans sa vie honorait son ministère, édifiait le peuple, gagnait des âmes à Dieu. 11 y laissa des souvenirs qui ne s'effaceront jamais. Son éminenle piété et ses connaissances en théologie étant bien connues par M. de Boischellal , ce prélat le choisit pour diriger son grand séminaire, en qualité de supérieur. Il lut presque effrayé du nouveau fardeau qui venait de lui être imposé. M. Bazin joignait à une étude solide do la théologie, la science des saints et la verlu des bons

Erêlres. Il se proposa toujours la gloire de ieu, et Dieu bénit ses entreprises. Sa charité sans borne, son dévouement absolu obtinrent des résultatsque d'hommes éminents n'avaient pas obtenus. Il eut l'incomparable talent de faire passer dans le cœur d'un grand nombre d'ecclésiastiques, qu'il forma,, ce oui était dans le sien : I amour de Dieu, le désir ardent de le faire connaître et de sauver les Ames. Ses rapports avec les séminaristes furent toujours faciles et affectueux.

lin 1807 , et longtemps après , les plaies faites à l'Eglise par la Révolution étaient encore saignantes, beaucoup de paroisses étaient veuves, l'ignorance était extrême dans un grand nombre de localités; on demandait des pasteurs à grandscris, c'était une question de vie ou de mort. 11 sembla à M» Bazin que dans un temps où l'Eglise était en butte a tantd'ennemis, il fallait proroptement mettre sur pied la jeune milice sacerdotale, et en* voyer du renfort à de vieux prêtres qui combattaient toujours vaillamment, mais oui étaient épuisés par l'Age cl la fatigue. Il fallut donc abréger les cours et présenter les sujets à l'imposition des mains de révèque,dèsqu'ou les croyait en état d'instruire et de travailler avec succès dans le saint ministère*

On sait qu'après la restauration du culte catholique, de graves complications s'élevèrent entre le Souverain Pontife et le pouvoir temporel. Le schisme menaçait d'occuper les sièges de nos é venues, et des hommes téméraires allaient jusqu'à prétendreque l'Eglise de France pourrait bien so passer do l'Eglise de Rome. Le sot tremblait dans toute la France, et le diocèse de Séez, en particulier, éprouva de violentes secousses. La prudence et la fermeté de M. Bazin se tirent remarquer dans cette circonstance» et il n'hésita pas de se montrer hostile à M. Boston, évêque nommé par l'empereur, mais non approuvé par le Saint-Siège , et qui voulut administrer le diocèse avec des pouvoirs du chapitre, ce qui était en opposition avec le quatrième concile de Lalran le deuxième concile de Lyon, el une décrétai de Bonifacc Vlll, en 1300. Il ne craignit pas un jour de dire : « Monseigneur te

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qmnd vous serez en règle, ceux qui vous font le plus d'opposition vous seront les plus dévoués. » La eonduile de M. Bazin fut applaudie et lui attira la confiance de tous lus bons prêtres. L'année- suivante, 1815, il fut nommé vicaire capilulaire; il accepta cette dignité avec son humilité ordinaire, • omuie un pesant fanleau. Il donna dans ce nouveau poste des preuves de son zèle pour la discipline ecclésiastique. Il recevait les prêtres dans des retraites, pour retremper leur zèle et réchauffer leurs âmes : ses rapports île douce et bienveillante charité avec le clergé du diocèse, son zèle, ses travaux, firent naître dans le cœur de tous les prêtres une profonde estime pour ses vertus, une grande confiance dans ses lumières et dans ses décisions.

On se rendrait difficilement compte des nombreux services qu'il rendit au diocèso deSéez pendant la longue vacance du siège. Il fut l'Ame de tous les conseils, île toutes les entreprises; mais malgré son zèle actif, qui lui faisait consacrer le jour et la nuit au travail, sans prendre ni repos ni récréations, le diocèse de Séez soutirait de la privation do son pasteur, et M. Bazin, qui voyait mieux que personne ses besoins, gémissait plus profondément du long veuvage de celte Eglise. Le concordat conclu le Il juin 1817 semblait devoir faire cesser cet état déplorable. Des évoques avaient été nommés aux sièges vacants; les bulles d'institution furent aussitôt données par le Souverain Pontife. On en ressentit une vive joio;mnis le ministre Lainé, par des propositions inacceptables, détruisit toutes les espérances conçues pour le bien du la religion. Les bulles expédiées de Borne furent retenues, une confusion désolante suivit le rejet du concordat.

Mgr S.mssol avait été nommé à l'évôché de Séez: quoiqu'il n'administrât pas le diocèse, M Bazin se mit en rapport avec lui, et dès ce moment il ne prit aumno détermination importante sans le consulter, sans avoir obtenu son approbation.il se plaisaitàsigualer à Sa Grandeur le mérite de ses vertueux ronfrères, mais il ne négligea rien pour êtic déchargé des postes qu il occupait, et il lui lit les plus vives instances pour qu'il les confiât, selon lui, à de plus dignes.

Le Souverain Pontife, voulant mettre un terme h la désolation de l'Eglise de France, résolut de faire droit aux réclamations des évêques et de conclure un arrangement provisoire avec le gouvernement françai>; c'est le 23 août 1819, que Pie VII donnait à l'Kglise de France cet éclatant témoignage de >a paternelle sollicitude. Mgr Saussol fut *arré à Paris, et entra dans sa ville épiscopale le 30 octobre, où son installation eut hou le jour même de la Tou-saint, il y avait plus de huit ans que le siège était vacant.

Les vœux les plus ardents de M. Bazin furent accomplis. Il fut le premier désigné pour partager l'administration diocésaine. Il fut d'abord chargé d'établir le grand et lt> peut sémniane, et >\o |.omv..n aux besoin-'

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de deux cents élèves qui se présentèrent dès la première année, 1820. Il accoaj|.in liès-promptcmcnt cl sans ressource!, un« œuvre que personne n'aurait osé tenter.

Quoique continuant a diriger le grarv:

séminaire, M. Bazin était toujours le | rmcipal conseiller de son évêque. Aucune <\tcision de quelque importance n'était | n>< sans son avis; aucune œuvre adiiiiun4rativ« ne se faisait sans sa participation. Li \-\<ii grando partie des difficultés lui étaient «oumises, et il puisait dans la connaissance | -relique île la théologie, dans la droiture .le >«n esprit et surtout dans la prière, les ré; uov , et les solutions qu'il convenait d'y donner.

La douce piété de M. Bazin lui avait fait toujours regarder les communautés religieuses comme des familles d'élite, |»n»f r« par leurs prières et leurs saintes mortifications à arrêter les vengeances du ciel toujours provoquées par les erimes des hommes. Le saint prêtre ne se lassait |«as d'admirer leur vie tout angélique, leur joie dans leur lauvreté, leur ardeur dans les austérités, eur confiance en Dieu dans les privation*, our patience et leur résignation dans les rudes épreuves qu'elles avaient à subir. Aussi ne négligea-t-il aucune occasion <ie leur être utile. Et quand le défaut de M était un obstacle pour quelques filles à leur entrée en religion, il se chargeait de pavei pour elles.

Les nombreux services que M. Bazin rendait aux communautés lui avaient sou veut donné occasion de gémir sur le sort de tonnes et vertueuses tilles qui restent eipows aux dangers du monde, faute d'une dot Militante pour être reçues dans une maison religieuse. Le désir de venir à leur secours avait fait naître en lui la pensée de former une nouvelle association, ouverte, autant que possible, même aux vocations qui se présenteraient sans dot. Il examina ensuite quelle mission il pourrait confier * «* bonnes filles pour utiliser leur dévouern^!, sans nuire aux progrès des autres sociétés religieuses. La pensée lui vint de les conférer au soulagement des malades et principalement des malades pauvres. Cette 1*11^» révélait à la fois une profonde sagesse et une. ardente charité. Le soulagement de< malades était l'œuvre la plus pressante el h plus propre h donner des consolations etitcaces à bien des malheureux, dans le moment où tout les abandonne. Quand il lisait à tant de malades en proie à toutes les douleurs et souvent privés des secours les plus nécessaires, il sentait ses entrailles émues : a Combien de pécheurs, «disait le bon prêtre, a vont comparaître au jugeaient de Dieu, sans avoir reçu les derniers sacrements, parce que ceux qui les entourent, parents ou gardes-malades, s'occupent ordinairement plus du corps que «le lime- Combien de personnes accablées par |« |'Wl1' du mal, se trouvent entre des mains sans expérience pour administrer les remèdes Ju corps, sans goût, sans aptitude pour pro*'-'tci le soulagement d'esprit e( de i<f'jr •

ta MIS DES ORDltES

uit è ce double mal qu'il voulait apporter (judtjoe remède, en fondant la communauté ite la Miséricorde. Il pensait que des femmes pieuses et dévouées, exercées d'avance à ces ouvres de charité, pourraient rendre d'immenses services, en concourant au prompt rétablissement de certains malades et à la conversion d'un grand nombre d'autres qui, faute de quelques paroles charitables, seraient tombés sans préparation entre les mains de la divine justice. Dès l'année 1818, M. Bazin avait fait une tentative pour fonder l'œuvre de la Miséricorde, mais ses premiers essais furent sans résultat, sans doute parce qu'il n'avait |*s sous la main les éléments convenables pour un établissement de celte nature. Le succès d'une association dépend, en grande partie, des premiers membres qui la cca)[>oseiit; pour qu'elle oit chance d'avenir et de prospérité, il faut À son début des sujets d'élite. Les grands talents ne sont pas nécessaires, mais on a besoin de personnes d'une vertu solide, judicieuses et versées dans la connaissance pratique des obligations de l'état religieux; sans cela les fondements manqueront de solidité et l'édifice j écroulera. C'est ce qu'éprouva M. Bazin dans celte première tentative. Les filles qui se présentèrent pour commencer son œuvre ne manquaient ni deboune volonté, ni d'une piété vraie; il s'en trouvait même qui avaient me certaine instruction, mais elles ne connaissaient pas assez la nature et les devoirs de l'état qu'elles voulaient embrasser; elles i>« comprenaient pus que la profession religieuse consiste moins dans le nombre des exercices, que dans la mortification de la volonté propre et des inclinations de la nature. Aussi ne put* il s'opérer entre elles une rentable harmonie; les esprits se divisèrent et il fallut se séparer.

Dieu voulait apparemment, selon les voies ordinaires dosa providence, mettre è l'épreuve la vertu du serviienrode Dieu.

LTiamble supérieur ne se déconcerta pas , il bide nouveaux choix, prit plus de précautions et profila des divisions qui avaient in- Urrompu son œuvre, pour rendre plus cirutnspectes les postulantes qu'il disposait a la profession religieuse. Dès l'année 1823, le jour de la Conception de la très -sainte Vierge, le pieux fondateur eut le bonheur de présenter à Mgr Saussol , cinq filins pauvres, qui prononcèrent entre les mains du prélat dans la chapelle de l'évéché les trois vœux ordinaires de religion, auxquels elles ajoutèrent la promesse spéciale do se consacrer au soulagement des malades. Elles furent appelées sœurs de la Charité, et elles portèrent ce nom jusqu'en 1825, où, pour les distinguer des filles de Saint- Vincent de Paul, établies dans plusieurs villes du diocèse, le prélat voulut qu'elles fussent désignées sous le nom de sœurs de la Miséricorde. Tello fut l'origine de cette congrégation qui a déjà rendu et qui est destinée à rendre tant de «rvices à l'humanité souffrante.

La première règle quo M. Bazin donna a filles fut des plus simples. Ne soupçon-

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nant pas l'extension que devait prendre la communauté, le pieux fondateur ne s'était pas préoccupé des rapports quo les maisons particulières devaient avoir avec la maison mère, ni des règlements d'après lesquels ces maisons seraient gouvernées. Sou but principal avait été de déterminer la nature et l'étendue des engagements des sœurs, leurs rapports avec les supérieurs, leurs occupations principales, les vertus a pratiquer et les moyens de se sanctifier, soit dans l'intérieur de la communauté, soit auprès des malades. La pauvret*'*, l'obéissance, la charité, la mortification des sens et des passions, étaient indiquées et reconmandées comme les fondements de cotte vie de sacrifices, a laquelle ces pieuses filles étaient appelées.' Comme la plupart des fondateurs. M. Bazin profita de l'expérience pour enjoindre certaines pratiques, corriger certains abus, ajouter ou retrancher selon le besoin.

La congrégation naissante piit un accroissement rapide. La pauvreté n'étant point un obstacle a l'admission des sujets, grand nombre de filles vinrent se joindre aux prémières religieuses et rivaliser avec elles de ferveur et de dévouement. Pendant le jour elles travaillaient pour vivre, et à l'approche de la nuit, après un frugal repas, on les voyait se répandre dans la vilte-et dans les campagnes d'alentour, pour soigner les malades,surtout ceux de la classe indigente, car on leur donne toujours la préférence.

Bientôt les villes voisines voulurent avoir part aux bienfaits de cette précieuse fondation. Partout on parlait des sœurs de la Miséricorde avec éloge , on citait avec admiration les heureux résultats obtenus par leurs soins pour le bien spirituel et corporel des malades. On était surtout louché de leur désintéressement ; car lo pieux fondateur, craignant que des vues d'intérêt n'altérassent l'esprit de charité qui avait présidé à son œuvre, voulait que leurs soins fussent gratuits. Le même esprit s'est conservé parmi elles; et quand les |iersonnes riches ou aisées offrent quelque chose, en reconnaissance de leurs services, la communauté l'accepte, non comme rétribution, mais seulement à litre d'aumône.

De toutes parts des demandes étaient adressées à M. Bazin, et il y satisfaisait a ut an tqu'il lui était possible ; les conditions de l'établissement n étaient point un obstacle. Ces bonnes filles, accoutumées à se contenter du strict nécessaire, et à s'imposer des priva* lions, parlaient sur l'ordre de leur Père et s'abandonnaient aux soins de la divine Providence.

H fallait bien, au début, se résigner è manquer de beaucoup de choses. Bans autre ameublement que les lits et le peu de linge fournis par la maison mère ; sans autres ressources que quelques pièces de monnaie, données souvent par le bon supérieur, au moment du dé|»art, on était loin de se trouver dans l'aisance en arrivant. Il se rencontra des cas où I on n'avait ni chaises pour s'asseoir, ni flambeaux pour s'éclairer; mais co

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11 Vft.iit | as une raison pour se déconcerter; ou en prenait joyeusement >on parti; les premiers objets (jui tombaient sous la main servaient de sièges, de tables ou de (lambeaux; et avec un ameublement improvisé, dans les chétives habitations «pji servaient d'asile aux nouvelles venues, on goûtait plus de bonheur qu'on n'en eût trouvé dans de riches et superbes palais.

La Providence d'ailleurs prenait soin de récompenser la confiance absolue (pie ces pieuses filles lui témoignaient. Des personnes charitables, touchées d'un si grand désintéressement, leur venaient en aide; ces libéralités, jointes au produit de leur travail et aux dons que la reconnaissance leur olfrail chez les malades, les liraient de leur déiiûineut,et leur procuraient du moins les choses nécessaires b la vie.

Le pieux fondateur était heureux de voir son œuvre réussir au delà de ses espérances, et il n'épargnait ni veilles ni fatigues pour la faire prospérer de plus en plus. Malgré les soins multipliés que lui occasionnait sa double charge de vicaire général et de supérieur du séminaire, il trouvait encore du temps pour former à la perfection celte nouvelle famille, dont la Providence l'avait rendu le père et le soutien. Il lui fallait pourvoir h lous les besoins spirituels et temporels de la congrégation pour aider ces lit les vertueuses, luais la plupart privées d'instruction , à chercher sous l'écorce des mots de la règle les sublimes sentiments de charité, de dévouement et de sacri lices qui s'y trouvaient renfermés; M. Bazin composa deux petits ouvrages à l'usage de la communauté, un Manuel spirituel et Y llorkujc de lu Passion.

Im dévotion qu'avait le saint prêtre aux mystères do la vie soutirante du Sauveur l'avait porté à ranger, parmi les exercices journaliers de sa communauté, la salutaire pratique d'adresser à chaque demi- heure, une élévation du cœur ou une prière h Jésus souffrant. Hien n'était plus propre a entretenir dans les cœurs l'amour de Jésus -Christ et le désir de vivre constamment dans la sainte voie de la croix.

Pendant que M. Bazin travaillait avec tant de zèle à cultiver les vocations nu sacerdoce et à la vie religieuse, les fameuses ordonnances de Charles X sur la presse amenèrent les journées de Juillet, cl la déchéance de la branche aînée des Bourbons. Cet événement inattendu, et les perturbations qui en furent les suites, exercèrent une pénible inllueuce sur la santé de Mgr Saussol, qui s'affaiblit bientôt d'uno manière sensible; sa vie ne devait pas larder à s'éteindre. C'était •uneconsolalion pour lui de pouvnirsedécharger sur AL Bazin d'une multitude d'affaires et AL Bazin exécuta alors la promesse qu'il avait faite dans un autre temps, de sacrifier volontier s son repos et sa santé pour ménager «les jours donl les besoins du diocèse réclainaienl la conservation. Le prélat mourut dans la soi xanle-dix-septième année de son Age, le 7 léviier 1836. Personne ne senti» plu> vive-

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nient que M. Bazin le coup dont le diocèse fut frappé. Mgr Saussol l'avait toujours liouoié de son amitié et de sa confiance : conlideul de ses pensées les plus intimes, il vivait presque de la même vie, et s'associait de cœur et d'action à toutes ses entreprises.

Bien .souvent accablé sous le poids des affaires, AL Bazin avail souvent soupiré après des jours de tranquillité qui lui permettraient de vaquer plus souvent aux exercices île la vie intérieure, ses vœux furent sati>fails. l)ébarra.s>é de l'administration diocésaine, M. Bazin concentra son activité sur les deux établissements donl il était chargé, lo grand séminaire et la communauté de la Miséricorde, consacrant à la prière et aux autres exercices de piété tout le temps qui lui restait après l'accomplissement de ses devoirs. Alais il devait être blessé bientôt dans ses ulus tendres affections.

Algr Jolly, nommé à Pévôché de Séez, fut installé le 8 septembre 18.16, jour de la Nativité de la sainte Vierge. A peine avait- il pris possession de son siège, qu'il confia a d'autres mains lo gouvernement de sou grand séminaire sans qu'il eût songé à prévenir et à préparer AL Bazin à celte mesure. Celui-ci fut bien plus étonné encore quand on lui apprit , quelques jours après, que la direction de sa communauté lui était aussi retirée, et qu'un prêtre, jusqu'alors étranger au diocèse, était appelé h le remplacer. Il fallut une vertu aussi robuste que la sienne pour voir accomplir de pareilles mesures sans murmurer. Sa résignation fut parfaite, sa soumission sans réserve , son respect pour les volontés de son évêque, religieux et inaltérable.

Ces diverses épreuves firent briller d'un plus vif éclat la vertu de l'homme de Dieu. Le nouveau direcleur de la communauté ne tut pas goûlé; l"S sœurs avaient vu, a«xe une peine difficile à rendre, s'éloigner un ancien coniesseur de la foi, un vénérai) c prèlre, dont la tète avait blanchi au service du diocèse, et dans les plus hautes charges de l'administration; un Père enfin auquel, après Dieu, chaque sœur se croyait redevable d'un trésor qu'elle chérissait plus que sa vie, de sa vocation à la profession religieuse. Le bon Père saisit celle occasion pour rappeler à ses Filles la conduite de la divine Providence, qui nous témoigne son amour dans les épreuves; il leur recommanda un* patienco inaltérable, et une parfaite soumission aux volontés du Ciel, manifester* par la voix de l'évôque et de ceux qu'il «sx»ciail à sou autorité.

Il s'absenladeSéez pendant quelque terni*. Nombre de prêtres se disputèrent le bonheur de l'avoir quelques jours auprès d'eui. Dans toutes les occasions il exhortait ses chères Filles à bénir la main de Dieu dan> 'eurs communes épreuves. Un jour se trouvant à Alcnçon, il adressa à sa communauté !es paroles suivantes qu'on a conservées avec un religieux respect • « Vous savez, un> chères Filles, tout ce qui s'est passé; Difi

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