MIS DES ORDRES
rxxis a enrobé des afflictions afin de s'assurer de notre fidélité; c'est a nous d'adorer en toutes choses la conduite de sa divine providence. Ce que je demande de vou>, c'est que tous soyez toujours obéissantes et résignées dans les épreuves. Je ne cesserai pas de vous aimer en Dieu et pour Dieu, ni de vous donner part à nos prières; de votre côté, si vous avez de rattachement pour moi. et si vous tenez & me faire plaisir, vous me le prouverez en vous montrant parfaitement soumisésà Mgr notre évêque et à celui qu'il a chargé de me remplacer auprès de vous. Dieu ne m'a pas jugé digne de vous gouverner plus longtemps ; que sa volonté sou faite et non pas Ta notre. Il est bien certain que rien ne nous arrive que par son ordre ou sa permission, et il se sert de tout jour nous faire expier nos péchés et pour nous sanctifier. >
Mais une occasion où ses vertus parurent encore plus touchantes, ce fut lorsque le curé de Tinchebray étant venu à Séez pour •(«mander un vicaire dont il avait un présent besoin, et ne pouvant l'obtenir, l'humble et vénérable prêtre, oubliant ce qu'il ■vsii été, s'offrit spontanément pour être l'auxiliaire de celui qui le regardait toujours comme son supérieur et son père. Le charitable prêtre était précédé dans celte paroisse (•ar une grande réputation de sainteté, sa présence fut une espèce de mission, dont le luccès combla son cœur de joie et le dédommagea amplement des amertumes des dernier» événements. Les pécheurs vinrent en grand nombre lui faire leur confession générale. La sainteté de sa vie, la simplicité ses manières, la facilité avec laquelle il recevait tout le monde, à toute heure et en toutes circonstances» gagnaient les cœurs les plus endurcis.
11 exerçait son ministère de missionnaire depuis huit mois, il produisait des fruits toujours plus abondants, quand Monseigneur, <;ue l'expérience avait mieux éclairé, le rap- )da à Séez par une lettre remplie de témoignages de confiance. Le clergé souffrait d'ailleurs de voir M. Bazin, l'ancien grand ficaire, un des hommes qui avaient le plus contribué à la restauration de la religion «t>iès les mauvais jours, être devenu, comme on disait, simple vicaire de paroisse.
La communauté de la Miséricorde était Jjns an grand état de souffrance; la peine savait causée le départ île M. Bazin avait u;t accueillir froidement M. Coulouvrier; ' évéque prit le parti de remettre la congré- &»tion de la Miséricorde entre les mains et mus la direction absolue de son fondateur, ta lai adjoignant un prêtre du diocèse, animé de son esprit, pour l'aider dans les détails du gouvernement, et lui rendre tous les ^rvices qui seraient en son pouvoir. M. l'abi 14 Durand, ancieu directeur du grand sémi- Mire, que la Providence destinait pour lui luixéder dans les fonctions de supérieur, fut désigné par Sa Grandeur pour alléger le fcnicau du supérieur.
Ii serait difficile d'exprimer la joie que
RELIGIEUX. MIS ûr.%
cet arrangement procura à la communauté, ce fut le bonheur et l'ivresse d'une famille désolée qui retrouve un père dont elle se croyait séparée pour toujours. Quant a M. Bazin, on le vit renaître lorsqu'il se trouva, comme autrefois, entouré de sa chère famille. Plein d'un nouveau zèle, il se remit à cultiver ce petit troupeau, objet de ses affections, fruit de ses longs travaux et de son inépuisable charité.
Pendant que le vénérable supérieur entretenait, par ses instructions, par ses fréquents rapports avec les sœurs, les novices, les postulantes, le feu de la charité au sein de la congrégation , le nouveau directeur travaillait aussi de son côté à consolider l'œuvre du fondateur, en expliquant aux sœurs et aux novices le catéchisme du diocèse, et en s'efforcent de leur montrer la haute perfection qu'elles devaient atteindre. Il rendit surtout à la communauté un immense service en organisant deux classes dans le noviciat, et faisant donner à des heures réglées des leçons de lecture, d'écriture, de grammaire, de calcul, afin de préparer a la communauté des sujets capables de lui rendre de véritables services, et de remplir les lins de l'institut, but qu'elles n'auraient pu atteindre, si elles étaient restées sans instruction.
Une amélioration importante opérée par Mgr Jolly avait été de fonder dans la mai>ou de Séez, par ordonnance du 8 novembre 1836, une direction générale dont tous les établissements devaient relever. Celle mesure était indispensable pour unir les divers établissements et les attacher à la maison mère. Un conseil général fut chargé du gouvernement de toutes les maisons. Ce conseil fut composé de cinq membres : une supérieure générale, une assistante, une maîtresse des novices et deux conseillères. Le prélat nomma À toutes ces charges pour la première fois. La durée des pouvoirs fut fixée à trois ans. Trois ans après le prélat sollicitait au- >rès du gouvernement la reconnaissance égale de la Miséricorde; sa demande fut bien accueillie et la maison de Séez fui autorisée par ordonnance royale du 13 octobre 1839, sur la déclaration faite par les sœurs qu'elles adoptaient les statuts approuvés le 13 janvier 1827, pour la congrégation des sœurs de Bon-Secours, qui se vouent nu service des malades, établie à Paris. Mgr Jolly conçut le projet d'un nouveau; règlement plus en rapport avec les besoins de la congrégation. On prit des documents dans les règles et constitutions des sœurs de Bon- Secours. Un homme rempli de l'esprit de Dieu, d'une grande expérience et profondément versé dans la connaissance des devoirs de la vie religieuse, le R. P. Debrosse, du la Compagnie de Jésus, fut chargé de dresser ces nouveaux statuts. La nouvolle règle, sanctionnée par Monseigneur, fut mise en vigueur le jour de l'Assomption de la sainte Vierge 1842. Un moyen très-efficace qu'employa Mgr Jolly pour faire goûter la nouvelle rô^le fut d'appeler des religieux pour dun-