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premières religieuses qui embrassèrent celte œuvre furent Josephte Malo, veuve Galipeau, dite sainte Jeanne de Chantai, supérieure; Rosalie Jetté, dite la Nativité; Sophie Raymond, ditedeSaini-Jean-Chrysostome; Lucie Benoîte, dite de Saint-Béatrix ; Justine Filion, dite do Saint- Joseph; Adélaïde Sauzon, dite de Sainte-Mario d'Egypte, el Lucie Courtois, dite de Marie des Sepl-Douleurs.
La communauté comptait, à la fin de 1853, dix professes et cinq novices ou postulantes; elle avait recueilli quatre Madeleines ou repenties. Dans l'année, elle avait soigné quatre-vingt-cinq malades à son bosoice, el deux cenls à domicile.
Grâce aux nobles inspirations du vertueux évêque de Montréal, et a l'infatigable charité des catholiques do la cité, un magnifique édifice, appelé Maison de la Maternité, a été construit par les Sœurs de Miséricorde. Ou y trouve toutes les précautions délicates, tous les soins attentifs pour sauver l'honneur des familles, el surtout pour éloigner le crime affreux de l'infanticide. Qu uno personne placée dans cette situation critique se présente à la supérieure, elle est reçue el entretenue dans l'établissement pendant les mois qui précèdent el suivent sa délivrance, à la condition de rembourser les dépenses occasionnées par sa maladie. La nécessité s'oppose encore à ce que ce service soit fait gratuitement. On ne demande à la malade, ni son nom, ni sa condition, ni nul renseignement capable de la trahir; et la charité respecte jusqu'au scrupule le mystère de ces hôtes de passage. Mais toutes ces précautions, prises pour sauver l'honneur de la femme coupable, ne sont qu'une faible partie de la tâche que s'impose la charité des Sœurs de la Maternité. Ces vertueuses dames travaillent à prévenir le retour du mal en s'appliquent è guérir le cœur, qui en est la source. Elles soumettent donc, doucement ces Madeleines à un règlement de vie calculé de manière h les faire revenir de leurs déplorables égarements; et, grâce aux ingénieuses inventions de la prévoyance chrétienne, l'honneur de nombreuses f.imilles a été sauvé, des centaines d'enfants ont été conservés à la vie el an baptême, et les victimes d'une première faute ont été
f «réservées de nouvelles chutes. L'école phiosophique et protestante ne manque pas de dire qu'une semblable institution favorise le vice, aussi bien que celle des tours pour les enfants trouvés; mais les économistes disent do même, que l'aumône développe la mendicité comme la moralité dans le mariage propage la misère; et, dans l'utopie de ces visionnaires antichrétiens, il faut commencer par extirper les vertus de la terre, afin d'en ôler la cause des trimes et de la pauvreté.
Nous ne dirons pas que le Canada est le premier pays où l'on ait eu la pensée charitable d'ouvrir un hôpital spécial pour les femmes en couches. Depuis le xvi* siècle, Rome l'a précédé Jans celte voie, el il eu e>l ainsi de la plupart des institutions, dont
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d'autres peuples s'attribuent souvent l'honneur. Lo centre do h chrétienté a été le lover où s'est allumée In bienfaisance catholique pour rayonner ensuite tj.ms lo momie eiilier. Ainsi, pour ne citer ipio quelquos faits, le premier Ii0pil.il de l'Occident fut «'•levé, h Home, au iv* siècle; le premier asile ouvert aux enfants trouvés lut celui du Pape Innocent III, eu 1198; l'hospice des convalescents, fondé par saint Pin lippe Néri, en 15V8, a précédé de deux siècles cl demi celui de la Samaritaine, que les Anglais ont cru inventer eu 1791. Le mont-dc-piété est une création papaiedu \v\-ièc!e; les refuges de Repenties, les maisons de protection pour les jeunes lilles, sont des inventions romaines; et, enfin, le svstème cellulaire était appliqué, dans des prisons de Home, par le Pape Clément XI, dès 1707, c'est-à-dire , GO ans avant l'érection de la fameuse maison de liand, laquelle a servi de modèle aux prisons des Kiats-Unis. Ce'a n'empêchera pas lus Américains de faire honneur à leurrépuhlique et au protestantisme des deux variétés de régime pénitentiaire, qu'ils ont décorés du nom de système d'Auhurn et de système de Philadelphie.
Au xvi* siècle, le car.linal Antoine Salvi.di donna des biens à l'hôpital de Saint- Hoch pour y recevoir gratuitement les femmes en couches, et, en 1770, le Pape Clément XIV consacra exclusivement l'hôpital à ce service. Les femmes, sur le point d'être mères, ,Y sont admises, comme à Montréal, sans qu'on leur demande ni leur nom ni leur condition, cl on en a vu conserver, pendant un ou deux mois, un masque sur le visage. ( Des institutions de bienfaisance publique à Rome, par Mgr Morichim, traduit de l'italien, par K. de Hazelaue, Paris, 18VI, p. 57; les trois Rome, p;ir l'abbé (iaume, t. Il, p. .379. Paris, 18'»7.) Le Canada a donc été précédé par la ville éternelle dans la création d'un hôpital pour les femmes en couches, et c'était la un noble modèle h suivre; mais où nous croyons que Montréal a Pédalant mérite de l'invention, c'est dans la fondation d'un institut religieux spécial pour l'œuvre de la maternité. A Home, les malades de l'hôpital Sainl-Roch sont soignées par des sa.'es-femmes et des servantes que ne lie aucun vœu de religion; et si déjà les Souverains Pontifes ont emprunté à la Fiance les Meurs de Charité pour la visite des pauvres à domicile, peut-être le Canada aura-t-il un jour l.i gloire de fournir h Home ses sœurs de la Miséricorde, comme il dote l'Amérique du Sud de ses sœurs de la Providence. On compte <!ans celte maison 10 religieuses profes>es, 3 novices, 2 postulantes, \ Madeleines, ÏX malades. F.lles ont soigné 89 malades à l'hospice, cl 200 à domicile. (1)
MISÉRICORDE (Soi- eus nv. la), établies dans la rillr de Caen, diocèse de Bayeux.
Depuis longtemps M. Reaucès, curé de Noire-Dame, préméditait le moven de pouvoir réussir dans un projet d'établir une communauté en faveur de la classe ouvrière
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qui pourrait leur donner des sœurs en <\u,< blé d'infirmières, et les soigner jour et mi t jusqu'à ce qu'ils fussent entièrement relaies et de joindre à celle même communauté urnj salle d'asile qui pourrait recevoir leurs enfants le malin et les garder pendant le jour, afin qu'ils lussent libres de gagner leui existence.
En ISiO, il en parla à Monseigneur, qui approuva ses résolutions et le seconda au. tanl qu'il put par ses conseils, il résolut pour la réussite de cette entreprise qui nV vait aucun bien pécuniaire, d'établir un conseil séculier qui prendrait soin d'é.irter cl d'éloigner tout ce qui pourrait terre à la naissance de cet institut; quinze l»or> propriétaires de la ville furent élus par Monseigneur pour les cinq premières nene>>.
Dans leur première réunion, ils délibér.wiii qu'il fallait faire des souscriptions pour pouvoir réussir dans leurs entreprises, <e qui eut lieu; on en fil une pour deux ans. Dans celle première démarche, on lit une recolle considérable; on acheta dans la ville une vieille masure, impasse de Carmélites, rue des Jacobins. De ces vieux «iébris on on fit construire un bâtiment approprié pour communauté et salle d'asile. Un choisit quelques pieuses tilles de la ville que l'on savait avoir de l'attrait pour »-e genre de vie. Elles furent au nomlire de six. Avec permission do Monseigneur, on les envoya pour se former à la eouiiniiMuii» de l'Hôlel-Dieu de Caen. Elles passèrent lh une année; au bout de ce temps elles reçurent le saint habit religieux des main* o> Monseigneur, qui leur til faire au mén"» instant des vœux pour deux ans, n'osant engager pour plus longtemps des jeune* cœurs dans une nouvelle carrière qu'elle* ne connaissaient pas, et dont ou doutait il* la réussite. Cela fait, elles restèrent encore six semaines au milieu de leur bien bonne Mère. Pendant ce temps on élut entre les six destinées pour le nouvel institut, des oflïcières pour un temps plus ou moins long, selon le jugement du très-honorable supérieur.
Les six semaines écoulées, elles furent envoyées à leur maison et v entrèrent le 9 mai 18VV, à six heures <lu malin. Kilt": v fuient reçues par Monseigneur, <jm leur fil une petite instruction, confirma les oflioières dans les élections qui avaient élé laites précédemment, bénit la chapelle provisoire et enfin leur donna sa bénédiction, en les laissant sous la pleine et entière autorité du très-honorable supérieur ecclésiastique qui administre admirablement b»fn relie mission confiée h sa charité paternel •>• Quinze jours après leur arrivée, elles commencèrent a fonctionner en qualité d'irilï" mièi es et à parcourir la nouvelle carrier* où le Seigneur les appelait, et depuis <• temps elles n'ont point cessé jour et nuit de rendre leurs services au prochain au!'1"1 que leur petit nombre leur permettait. D^ nouvelles compagnes sont venues se j"j"* di e h elles, ,\c sot te qu'aujourd'hui e'sV»