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sont une trentaine, tant religieuses que novices et postulantes, on a fait de nouvelles souscriptions oui ont facilité l'aisance <ie faire agrandir la communauté, bâtir une chapelle, une crèche où il y a déjà vingthuit petits enfants qui sont soignés par Tes religieuses. On a pris une seconde salle d'asile, de sorte que tous ses petits secours réunis aident à consolider la communauté. — Nous devons ces renseignements à la sœur Marie Podevin, morte en 1856, qui avait été première supérieure de celte communauté naissante. (1)
MISÉRICORDE DE JÉSUS (Religieuses db la}, à Québec [Canada).
Cet établissement fut fondé le l" octobre 1602, par Mgr de Saint-Valicr, deuxième évêque de Québec, qui acheta dans cette luleution le couvent de Notre-Dame des Anges, appartenant aux Récollets. L'hôpi tai général a pour but spécial de recueillir et de servir les pauvres infirmes des deux scies. Les premiers sujets de celte nouvelle institution furent quatre religieuses hospi lalières de la miséricorde de Jésus, de l'or «Ire de Saint-Augustin, tirées de l'Hôtel- Dieu de Québec. Elles s'appelaient Louiso SoreiuanJe, de Saint-Augustin, supérieure; Mme Marguerite Bourdon, de Saint- Jean- Bd|>lisle; Geneviève Gosselin, de Sainte- Madeleine; Madeleine Racon, do la Résurrection, converse. Elles prirent possession ilelinouvcUo fondation le 1" avril 1693, tout en restant dépendantes de la maison mère jusqu'en 1701. Alors seulement l'hôpital général forma un établissement distinct de l'Hôtel-Dieu, et so caractérisa en adoptant par-dessus le même costume une croix d'argent. En 1717, les religieuses de l'hôpital général admirent chez elles les femmes repenties et les aliénés, en oulre des pauvres invalides et infirmes. En 1725 elles ouvrirent un uensionnai pour l'éducation des jeunes personnes. Mais de ces trois œuvres nouvelles il ne reste plus que le pensionnat, dont la prospérité et la bonne tpiiue font honneur aux pieuses institutrices. %
. L'hôpital général, » dit Charlevoix, » est la plus belle maison du Canada, et elle ne iléparerait point nos plus grandes villes de France. Les PP. Récollcts occupaient autrefois le terrain où elle est située. Mgr de Saint-Valier les a transférés ailleurs, a acheté leur emplacement, et y a dépensé cent mille écus, en bâtiments, en ameublements et en fondations. Le prélat fondateur a son appartement dans la maison, et y fait sa résidence ordinaire. Il a loué son palais, qui est encore son ouvrage, au profit des pauvres. Il ne dédaigne môme pas de servir d'aumônier à l'hôpital, aussi bien qu'aux religieuses, et il en remplit les fonctions avec un zèle et une assiduité qu'on admirerait dans un simple prêtre. Des artisans o;i autres, à qui leur grand âge ou leurs infirmités ôtent le moyen do gagner leur vie. sont reçus dans cet hôpital jusqu'à concur-
(li Vuy i» l.i fui du vol., !»•• tC3, 164.
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renco du nombre de lits qui y sont fondés, et trente religieuses sont occupées à les servir. La plupart sont filles de condition, et commr? ce no sont pas les plus aisées du pays, le prélat en a doté plusieurs. »
Lors de la guerre qui se termina par la conquête du Canada par les Anglais, un grand nombre do soldats venus de France et qui avaient contracté la peste à bord des navires, furent soignés avec un zèle admirable a l'hôpital général, et dix religieuses succombèrent au mal atfrcux qu'elles avaient contracté en les soignant.
« Celle perle, » a écrit une des religieuses (Relation de ce qui s'est passé au siège de Québec, et de la prise du Canada, par une religieuse de l'hôpital- général de Québec, adressée à une communauté de son ordre en France), « nous mit hors d'état de pouvoir secourir seules tous les endroits qu'occupaient les malades. Le saint évôquo (de Ponlbriand) nous fit venir dix religieuses de l'Hôtel -Dieu de Québec, qui, pleine, de l'esprit de leur vocation, nous ont édifiées par leur régularité et secourues ave: un zèle infatigable tant de jour que de nuit, à tous les services qu'il fallait rendre aux malades. Notre reconnaissance n'a fait qu'augmenter pour cette communauté, et renouveler le désir que nous avons toujours eu de bien vivre avec elle. » Ainsi dans la sainte milice des servantes de Dieu et des pauvres malades, le poste du danger est toujours lo poste de l'honneur, et les diverses communautés se prêtent des sujets en cas d'épidémie, pour remplacer les religieuses mortes au chevet des mourants.
C'est comme dans un combat, où les régiments d'une même armée s'entr'aident fraternellement pour remplir les vides faits dans les rangs par le feu de l'ennemi.
En 1759, pendant le siège de Québec, la situation de l'hôpital général à une petite distance hors de la ville le rendit le refuge de deux communautés religieuses
Les sœurs de l'Hôtel-Dieu et lesDrsulincî se retirèrent a l'hôpital général pour éviter les horreurs du bombardement, et elleî v furent reçues avec la plus tendre cordialité. Selon les vicissitudes do la guerre, on r envoyait tantôt les blessés anglais, tantôt es blessés français, et l'hôpital général dut recueillir à la fois plus do mille do ces infortunés. 11 fallut dresser «les lits jusque dans l'église et la chapelle, en no réservant pour le saint sacrifice qu'une partie du chœur, où les religieuses de trois communautés venaient s'entasser pour puiser, au pied de l'autel, la force et la résignation au milieu de leurs épreuves. Elles acceptèrent tvec une parfaite sérénité la gêne et les privations de toute espèce; et dans la Relation du siège dont nous avons parlé plus haut, nous voyons que, pendant qu'elles étaient iinsi entourées de soldats protestants qui les pillaient ou les menaçaient sans cesse : « Notre plus grand chagrin, » dit la religieuse, « était de les ontendre narler peu-
&"! MIS
mm la sainte Mp<5p. »
.ilé, qui caractérise à itn*rv«-i I lu la piété naïve cl l'abnégation de ces bonnes smurs.
Après la prise de Québec, les llospilalières et les Ersulines retournèrent eu ville, mais, »dil la llrlaiion déjà mentionnée, « ce ne fut pas sans verser des larmes que se lit ce départ. L'estime, la tendresse, l'union que cela avait renouvelées, par le long séjour qu'elles avaient fait avec, nous, rendit eeP.e séparation des p us sensibles. » Ce qui rendait les larmes plus aboud. mies, c'est que îes l'isulines laissaient loin d'elles deux de leurs sieurs décédées à l'hôpital général pendant le .siège. L'une d'elles, Munr Marie- Charlotte «le Mnv, lille de Nicolas Danneau île Mny, gouverneur du Missjssipi, et de «lame Marguerite Doucher, mérite d'être mentionnée comme ayant écrit, pour l'édilication de sa communauté, un Abrégé de la vie «le Mme de Pontbriand, mère du sixième évôque de Québec. Le prélat possédait le manuscrit de la Vie de cette sainte dame, écrit par son directeur dom Troltier. Il en faisait parfois faire lecture dans les communautés, mais il n'avait pas voulu en laisser prendre copie aux L'rsulines. Par une pieuse ruse la Mere de Mnv, dite de Sainte-Hélène, écrivit de mémoire ce qu'elle put se rappeler des édifiants détails de la vie de Mme de Pontbriand, et sou manuscrit a été récemment découvert à l'hôpital général de Québec, tandis que le manuscrit de dom Trotlier était retrouvé au séminaire de Montréal. Mgr de Ponibt iand, mourant chez les Sulpicieus, leur laissa sa bibliothèque et ses papiers, pendant que les déplacements causés par le siège de Québec mettaient entre les mains des Hospitalières le travail d une l'rsuline.
Une dépouille plus illustre qui repose aussi h l'hôpital général, c'est celle de Mgr de Saint- Valier, hmd.iteur et généreux bienfaiteur do cet établissement. Le prélat y mourut en 1727, et voulut y reposer au milieu do ses lilles spirituelles, comme saint François de Sales au milieu des Mères de la Visitation d'Annecy.
Au 3 1 décembre 1833, celte communauté comptait cinquante-neuf professes et quatre novices. Elle a n'es lits occupés par soixanteseize pauvres infirmes qui y sont soignésavec tout le dévouement imaginable, et leur pensionnat contient quatre-vingt-deux élèves.
Il y a dans cette maison cinquante-neuf professes, quatre novices, seize infirmes, quatre-vingt-deux élèves pensionnaires.
MISSIONS IMPÉItlALES.
Notice sur te* missions impériales foudres à
Itume.
Pendant l'année I70i, .e marquis François-Marie Lena ro Impérial i, île précieuse mémoire,divinement inspiré, voyant l'état déplorable de tant d'âmes qui habitent les petites localités, et qui vivent dans l'ignorance la plus absolue des vérités les plus nécessaires aux Chrétiens pour gagner la vie éternelle, et qui, privées d'entendre la parole de
Hh.nONN.UUE MIS
Admirable simpli- Dieu sont exposées a se perdre, ét.ili!:i
une congrégation de piètres séculiers mi
devaient exercer le ministère évangéliqua dans les campagnes à certaines époques»:-; l'année, tant dans l'Etal ecclésiastique où il demeurait, quoiqu'il fût Génois , que dans les autres pa\s où les évêques pouvaient les appeler; ils étaient destinés à aller donner des missions, des exercices spirituels, faire des instructions aux habitants des villages et des ville».
Pour atteindre son but, le marquis acheu du prim e Don Camille Kospigliosi, >ur l»> mont Lsquilin, un petit palais avec un j«rdin qui y était conligu et adossé aux mur* extérieurs de la chapelle liorghôsc, deSainle- Marie-Majeure.
Ce palais ayant été réparé, il dut sup|.U% aux besoins qu'exigeait sa nouvelle deslinalion ; le marquis s'v renferma avec quelques prêtres génois qui s'oU'rirenl sj»onMnément pour participer à une excellente omvre dévouée aux exercices des missions disposés à suivre les règles qu'il avait luimême rédigées.
Cel établissement , si propre à rendre d'immenses et précieux services au peuple, commença sous le pontifical de Clément III. Les fruits abondants que produisirent les premières missions prouvèrent cnuihien le bon Dieu se plaisait à répandre ses liétiédiclions sur cette bonne œuvre. Depuis, le» évè pies de l'Etat ecc ésiastique et les evèques apparlenanl aux autres Klils n'»>nt pas cessé de faire des instances pour avoir des missionnaires impériaux, afin de pouvoir faire donner des missions qui produiraient dans les paroisses les plus merveilleux changements; le bien qu'elles procurent n'a jamais été interrompu, de manière que chaque année on demande des missions dans les »liverscs provinces de la cami^ne du patrimoine de saint Pierre, dans l'Otiibnei dans la Mar<oe d'Aneône. et même dans la Eonngne, dans l'Etat Bolonais, dans le royaume <le Naplcs, dans la Toscane elju*qu'à Venise. Elles produisent toujours le salut d'un grand nombre d'âmes el des conversions ce niantes.
C'est amsi que le bon Dieu répand ses hénédiriionssur celle sainte ciilreiirisc.'f"iri les efforts «lu marquis linpenali, tendaient à donnera cel établissement une base subie , un fondement solide , pour en assurer la perpétuité ; dans celte vue, non-seulement il supportait toutes les déposes |-resenles, mais, rénniss.mt toute sa fortune , il lit l'acquisition de quelques autres incisons, alin (jue le prix de la location senl » entretenir cette sainte œuvre, et lui permit de se perpétuer avec ses oropres résumées.
Le marquis Impériali élail brûlé «lu lè'e de la gloire de Dieu el du salut «tu prochain ; il voulul doter sa patrie d'un établissement semblable , c'est pourquoi il londa une maison île missionnaires à suz-iiie, qui fdisait alors partie de l'K'<11 .''*' Geues, cl il ordonna par son leslamcnbiu
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prendrait annuellement .sur les revenus des uiisMoniwires établis à Parme , 308 écus romains, à titre de legs, qui serviraient pour l'entretien de la maison de Sarzane ; et làode conserver daas la suite ces deux établissements, et pour y maintenir la première ferveur, le marquis déclara que dans l'hyjoiiièse où ces missionnaires viendraient à Bunquer a Rome, ou qu'ils ne rempliraient m> leurs devoirs pour atteindre le but qu'on s était proposé dans cet établissement , tous ks revenus serviraient à entretenir la mai- .«01 de Sarzane, comme aussi, et vice versa , ti.ies sujets manquaient à Sarzane, ou s'ils oe remplissaient plus leur mission, toutes les ressources de l'œuvre seraient exclusivement la propriété de la maison de Rome. Ajoutons, pour la plus grande gloire de cet établissement, dont les membres travaillent avec tant de zèle à la conquête des ftmes , ^ue les missionnaires donnent dans leur maison de Rome , les exercices spirituels au jeunes gens qui se disposent a faire ieur première communion. On les reçoit l<»<iant huit jours, ils restent entièrement séparés du monde , on prépare, dans la retraite, leur cœur pour le jour solennel où ils doivent participer au plus auguste des sacrements; rien donc nest négligé dans ces deux établissements pour remplir les vaux du pieux fondateur. Le marquis Iml«riali sauve les Aines rachetées par le sang de Jésas-Cbrist v celles surtout qui sont les plus privées des secours spirituels et des umjens de sanctification.
j substance de ces renseignements est <iae a l'obligeance de M. Anorais, autre missionnaire pro-supérieur à Rome.
MISSIONS ÉTRANGÈRES (SocirVré des Prêtres des ).
Aussitôt que le divin Sauveur eut tracé à M autres la voie sanglante où il les appelait* les suivre, le monde étonné s'ouvrit rapidement devant les pas de ces hérauts de la grande nouvelle; de la Judée à Rome, la chrétienté ne Ut qu'un seul pas, et bienlût après on vit sortir de ce foyer des torrents de lumières qui portèrent la connaissance de la vérité jusqu'aux extrémités de la terre. Ce fut alors le temps des martyrs; des souffrances de tout genre engendrées dans la mort de son divin époux; l'Egide devait achever do prendre sa croissance ''ans le sang de ses premiers enfants; et cette magiiitique période se prolongea ju — •ju 'au moment où la croix triomphante brilla "'fin sur le diadème des Césars et sur lus collines voisines de la Ville éternelle.
Après avoir versé le sang des martyrs , Hr>tpe est devenue nôtre, et Dieu ne lui avait donné l'empire de l'univers que pour aplanir les voies aux prédicateurs de l'E- Tangile. Toutes les contrées ayant alors des relations suivies avec le centre de l'empire, la fûi romaine pouvait plus facilement se propager dans toutes les parties de ce grand corps. Aussi, Terlullien put dire bientôt «près que l'Eglise remplissait les armées, Di Tien», des Ordres RELïG. IV.
le sénat, le forum, les villes et les campagnes de l'empire, et qu'elle ne laissait aux païens que leurs temples. Le jour enfui arriva où l'héritier du trône des persécuteurs se soumit lui-même h l'empire du Sauveur.
Dès ce moment les destinées de Rome païenne sont accomplies ; ce colosse n'a plus aucun but sur la terre; il n'y aura plus d'autre monarchie universelle que le royaume de Jésus - Christ; l'empereur achève luimôme la mission que Dieu lui a donnée , en quittant Rome dont les murailles vont s'écrouler, et en cédant sa place au Pontife
3ui doit y établir son trône près du tombeau u Pêcheur.
L'Eglise en paix sous Constantin ne jouit pas longtemps du calme qui n'est pas fait pour elle en ce monde. Etablie au milieu des tempêtes, elle suivra jusqu'à la Ûn des siècles les mômes destinées; l'impie Julien s'efforce de renverser la croix de Jésus- Christ ; les doctrines d'Anus , de Neslorius, d'Eutichès, de Macédunius, viennent successivement déchirer le sein de l'Eglise qui les a enfantés. La tempête s'amoncelle sur l'empire et se déchaîne avec une horrible violence ; l'assista rire divine rendait l'Eglise supérieure 6 tous les événements oui paraissaient devoir lui porter de cruelles atteintes : ses enfants augmentaient au lieu de diminuer vu étendant ses conquêtes sur les vainqueurs de Rome, dont le front si fier s'inclina bientôt devant la croix de Jésus-Christ. Vaincus à leur tour par la religion, les Francs, les Bourguignons déposent lour redoutable épée aux pieds de l'Eglise romaine, et lorsque des invasions plus redoutables viennent promener le fer et le feu dans les villes et dans les campagnes et amonceler des décombres de toutes parts,
3uoique désarmée, l'Eglise par le courage e ses ministres résiste au torrent; ils doutent leur tête pour la rançon de* peuple», et quand plus tard, le guerrier qui s'appelait le fléau de Dieu, vient porter la justice sur les cités coupables, une simple tille , la bergère de Nanlerre, fait reculer l'ennemi; saint Loup, de Troyes, sauve son troupeau et reçoit les respects du vainqueur; le Pape Léon terme les portes do l'Italie aux Barbares qui s'avancont vers Rome.
Ces peuples appelés , comme les autres nations de l'univers, à se ranger sous les lois du Sauveur, avaient été séparés jusquelà du monde romain parles barrières infranchissables de leurs forêts; ils ôlaientdemeurés étrangers à la foi, ne pouvant être amenés à l'Eglise par les apôtres qu'ils repoussaient sans les connaître. Par une voie impénétrable aux prévisions humaines, ils vinrent s'offrir d'eux-mêmes à la douce influence de l'Evangile. Ces guerriers farouches s'adoucirent, ils devinrent Chrétiens, et la foi victo rieuse s'étendit dès lors vers le nord de l'Eu rope enseveli jusqu'alors dans les ténèbres de l'idolâtrie.
Une nouvelle épreuve se préparait pour l'Eglise les armes de l'islamisme flrent des
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conquêtes avec une effrayante rapidité, cl nreiil disparaître pour longtemps la croix «le Jésus-Christ de la Syrie, do la Palestine, de l'Egypte, de l'Arménie, de la Perse; l'Espagne môme devint la proie des (ils de Mahomet, qui menaçaient d'envahir l'Europe entière, mais la main de Dieu sauva l'Europe et l'Eglise par le courage de nos ancêtres.
Sous Charlcmagne, le bruit des armes ne se fait plus entendre que chez les habitants du Nord qu'il refoule dans leurs limites, et qui subissent le double joug de la puissance el de la religion du vainqueur, en entrant en partage des bienfaits du christianisme
Pépin le Bref avait placé le Pape sur un trône indépendant, mais son fils relève encoro plus la puissance temporelle des Souverains Pontifes et prépare ainsi la sauvegarde des peuples el le plus ferme appui «les rois. Non coulciitde Iriompherdesnalions nar la force des armes, il veut avant tout leur ouvrir les portes du ciel en les faisant entrer dans le sein de l'Eglise romaine qu'il chérit comme une tendre mère.
Encouragés parcelle royale protection, roligieux el séculiers, prêtres et pontifes, tous s'avancent avec un zèle infatigable et un amour inliiii au milieu dos vainqueurs pour leur dévoiler les beautés ravissantes et les trésors d'une foi qu'ils repoussèrent comme une loi ennemie, mais dont ils linirenl par goûter les charmes. La conversion des peuples du Nord fut une des plus remarquables époques des missions opérées dans l'Eglise au milieu des iiilidèles. Le clergé séculier ne se trouva plus à la tête de cette œuvre de dévouement. Les enfants do saint Dcnotl se consacrèrent h ces travaux où ils obtinrent les plus grands succès. Mais tandis que l'empire de Jésus- Christ et de la sainte Eglise s'étendait en Occident, par la conversion de tous les peuples, l'Orient se préparait au déplorable schisme qui le désole encore. Eéconde jusqu'au moment de sa rupture avec le centre de ] unité. l'Eglise de Constanliuoplo avait rallié de temps en temps quelques nations «Ma foi; i mais séduite par les paroles de mensonge de Photiuset de Michel Cérulaire.elle rompit avec l'Eglise mère et maîtresse h laquelle Jésus Chrislaeoidiéledôpôt des véritésdivines, et dès lors ses entrailles frappées do stérilité no produisirent plus d'enfants de lumière.
La véritable Eglise de Jésus-Christ continua avec succès à travailler à l'œuvre de régénération sociale qu'elle avait reçu mission d'accomplir ; le travail d'enfantement des sociétés modernes s'opérait sous la puissante direction de la pensée catholique et par lo concours des ordres religieux chez lesquels s'étaient presque exclusivement concentrées les sciences et les vertus. On peut apprécier maintenant la grandeur de celte œuvre que nulle autre puissance sur la terre no pouvait accomplir; ce qu'il a fallu de sagesse el "«■ttorts aux Pontifes de cette époque pour ' 4r l'harmonie sociale au milieu des
NAirtE mis éléments de guerre amassés «le toutes parts et le bien que les rois el les peuples ont retiré d'une intervention pacifique, qui lo, protégeait également les uns et les autres.
Sainl Grégoire VII fut un de ceux qui >• distinguèrent pour rendre d'immenses services à l'Eglise et au monde chrétien. Il fui aussi le premier qui fit retentir du côté «Je l'Orient une parole dont le puissant é-ho émut bientôt la chrétienté tout entière. U premier de tous, il convia les peuples à U sainle entreprise des croisades dont finlluence fut si grande pour le maintien el la propagation de la foi.
Menacés par l'ennemi redoutable du nom chrétien, les Grecs de Ryzance, demandèrent du secours à l'Occiuênt ; l'espoir de ramener à la vérité, en les sauvant du pénl, près de fondre sur eux, détermina (îrégoir* Vii à appeler toute l'Europe sous les arma
Iiour défendre l'Orient chrétien et les saint* ieux « outre les injustes attaques «l'un implacable cl commun ennemi. La mort, il cm vrai, l 'empêcha devoir l'accomplisseuieoiik ce projet digne de sa grando âme, tuais sj pensée demeura.
Bientôt de pauvres prêtres, des religiein se levèrent, dont la parole éloquente, rendue loule-puissanlc par l'autorité du Siège apostolique, réveilla la chrétienté qu'elle arma tout entière contre les infidèles. A Ij voix de Pierre l'Ermite, l'Europe se |>réo pila sur l'Asie pour conquérir la ville sainte et la terre arrosée parle sang de Jésus-Christ. Après lui, saint Bernard, puissant par s?* vertus, par sa |>aro!e et ses miracles; Foulques de Neuilly, non moins rempli de foi, et toute la suite des Pontifes romains qui w cessèrent d'appuyer des efforts tentés a»ec courage. Les dangers et les besoins de l'Eglise ne furent jamais si grands qu'à reiteépoque, il y avait de nouveaux et rude> combats h soutenir, «les peuples inconnus à évangéliser. Une marque d'une protection
f)articulière promise à l'Eglise ne se fit p« ongtemps attendre. En môme temps qu'un grand Pape occupait le siège de sainl Pierre, deux milices nouvelles se formèrent, saint Dominique et saint François préparèrent leurs premiers enfants. Il fallut de nombreux auxiliaires pour défendre la foi méconnue |>ar les hérétiques, et pour aller évangéliser les peuples encore ensevelis dans les ténèbres de l'erreur, et que les rapports l'Orient avaient révélés au delà des terre» soumises à l'islamisme. Les enfants des dem patriarches saint Dominique et saint François accomplirent ce tte lâche avec uneardeur admirable. Ils portèrent la foi de Jésus- Chrisl el rendirent témoignage à son sa ct nom chez les Maures d'Afrique, les Mu*uu mans de la Palestine , les Tarières et jusqu'aux frontières les plus éloignées des Indes.
A toutes les époques de grandes calamité, des sources fécondes de consolation s'ouvrent pour l'Eglise «l'une manière aussi a!^ danle qu'inespérée. Tandis que Dieu r;nissait les crimes de quelques |ieuple*,r leur retirant sa lumière, il faisait un*