‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 170 sur 323 · MIS DES ORDRES · texte numérisé non relu

MIS DES ORDRES

l»our d'autres cette bn liante clarté céieste ci donnait ainsi À son Kpouse de nouveaux enfants destinés à combler le vide fait dans s«»n cœur par tant d'ingrats. L'Amérique venait d'être découverte. De vastes contrées j'offrirenlaux regards du souverain jwisteur, couteries de brebis errantes auxquelles la *ou du divin maître ne s'était pas encore bit entendre; la charité de l'Eglise sentit lioucses entrailles se dilater et la joie renaître au milieu des larmes. De nombreux missionnaires se pressèrent sur tous les «heminsdu monde ancien et du monde noutcau. Les travauxdesmissionnaires et le sang desmartvrs tirent des conquêtes sans nombre.

A ceiie époque de combats et de victoires, Dieu envoya des ouvriers puissants pour U défense de la vérité. Saint Ignace et ses <oti)|iagnons, réunis dans le sanctuaire du Mont-iles-Martyrs jetèrent les fondements 'Je ia Coiu|>agijie de Jésus, nouvelle mii co créée dans un but particulier au milieu <!e la grande armée de relise. Cette société reçut une organisation puissante fondée sur on inviolable principe d'unité. Grand par wù génie et par sa sainteté, saint Ignace toulut faire de ce grand corps un tout compact marchant comme un i>eul homme sous l'aoïorité d'un chef unique; supérieur à beaucoup d'autres cor|>oraiioiis religieuses par le choix de ses membres et par la force d'action imprimée par le chef a chacun d'eux, cet ordre accomplit glorieusement la mission qui lui fut donnée; il réunit les chrétienté naissantes et entretint !a ferveur parmi e-'les. La maternelle sollicitude et la haute [Tudeuce de l'Eglise romaine lui faisait iu- »Mer fortement sur la nécessité de songtr a»ant tout à former pour le sacerdoce et mr l'épiscopal des sujets indigènes capables d'eu exercer dignement les sublimes fonctions, et elle gémissait profondément «iir les obstacles qu'on lui objectait sans cesse contre l'exécution de ses projets, et oue l'éluignement ne lui permettait pas [i apprécier à sa juste valeur. Mais lorsque ^aé^ntissernent complet de la fervente et nombreuse Eglise japonaise vint justifier ses «aintes, Rome n'hésiia plus et songea sé- ^uiemenlà prévenir un semblable désastre «ire des prêiresel des évêques indigènes" tac* de leur m.ss.on, voilà le but que le ;>ni-i,iége avait alors en vue et qu'il es-

ïuÏÏJl la congrégation des Missions XXS h ° d0/1 (r°nc sa M'»»«nce à la 1 me ,?0,,»c'lu^ «'es Souverains Pon-

li^>,,Unive7 con-fiéè leur «olliriiude.

'M» semblait menacer les chrétienté, du K.ng et de la Cochinchine, lorsque le ^5ot dC- ,a ComW™ Jésus,

<> m n , fréVen,r- u" si 6rand désastre! p and missionnaire comprit tout d'abord

Srlï, l,arln,,,c" Peuples, était do se ïïÏÏ?r' aulaDl„que possible, à la

S2ton?lv,BJPir , Eg,ise *m8 'e/ siècles ^wents en donnant à chaque chrétienté

RELIGIEUX . mis m

nouvellement formée un piètre ou un évéque pris dans son sein; il partit de Macao pour venir exposer ses convictions au chef suprême de l'Eglise, il arriva à Rome le 7 juin 1049, et vint se jeter aux pieds du Pape Innocent X et lui développa ses projets sur la formation du clergé indigène. Le Pontife les approuva de grand cœur. Il vou- Jut I élever à I épiseopat pour qu'il pût exécuter lui-même le projet qu'il avait conçu, mais 1 humble religieux recula devant le lardeau de cette sublime dignité. Le Saint- Père le chargea de chercher trois ecclésiastiques nronres à cette œuvre de dévouement -i j*-"6. Rhodes les trouva dans une société de jeunes étudiants, formée a Paris.

Ces pieux jeunes gens sous la direction du P. Bayot, aussi Jésuite, s'exerçaient à la pratique des plus hautes vertus et s'appliquaient au salut des âmes les plus abandonnées. Cette société réunie sous les auspices de Marie ne pouvait qu'accueillir avec bonheur une pensée si généreuse et si conforme à son esprit. Tous ceux qui la composaient, les laïques aussi bien que les ecclésiastiques, voulaient aller sauver ces âmes abandonnées. Aussitôt que le Saint-Père fut instruit de l'heureuse rencontre faite à Paris il ordonna au nonce près la cour de France* de choisir dans cette petite société trois ecclésiastiques pour les élever è l'épiscopal

Le P. Bayot, Jésuite aussi distingue par son esprit que par l'éminence de ses vertus, était alors directeur de presque toute la congrégation formée parmi les élèves du collège de .«on institut à Paris. Ils avaient d'abord fixé leur demeure dans la rue Copeau, faubourg Saint-Marcel, et avaient mis en commun tout ce qu'ils possédaient. Ces .eunes gens, qui appartenaient pour la plupart à des familles distinguées, se fixèrent dus lard rue Saint-Dominique, dans ni ocal plus ^ convenable a cause de leur nombre. Animés nar les vues sublimes do In foi ils entendirent avec attendrissement do la bouche du nouvel apôtre, le P. de Rhodes, le récit de ses travaux et de ses souffrances. Ce fut pendant un dîner, que touenés par le récit que leur fit ce père de tant de pauvres peuplades, qui n'attendaient pour sortir de leur idolâtrie que des prêtres

3ui les instruisissent, transportés du désir u martyre, si fort dans les âmes d'une foi vive et généreuse, ils conçurent pour la première fois lu projet de tout quitter pour aller travailler au salut des sauvages. Tous ceux qui se destinaient à l'état ecclésiastique en firent part au P. de Rhodes, avec des sentiments d'enthousiasme qui le touchèrent vivement, et quelque spontanée que fut cette résolution, elle lui parut inspirée par une disposition si évidente de la grâce, qu'il ne put s'empêcher de dire au P. Bagot en le quittant: « Je viens de trouver dans ces jeunes gens des dispositions plus parfaites que celles que j ai cherchées dans des séminaires et autres lieux d'Europe. »

On peut dire que ce fut celte première imuression si vive el en même temps si

?:<» MIS DICTIONNAIRE MIS |.t(it«.>ii'lc que firent sur )r« conuié.:.iiiistes va il être plus lard l'Ame des Diissions. Pour les entretien!» du P. de Khodes, qui, nourrie suivre le conseil du P. de Rhodes, il partit et fortifiée dans leur ame, donna lieu h 1*6- avec M. de Meurs, M. l'abbé de Méltan et tahlissement du séminaire des Missions deux autres pour aller visiter par dévotion, étrangères. Boudon s'en explique de la ma- le lombeau des Apôtres; mais dans la crainte nière la plus positive dans Le Chrétien in- bien fondée que la duchesse ne l'engageât connu: « On peut due (pie ces jeunes de nouveau ù s'occuper à Borne de l'alfa rp gens onl été une petite source qui est de- des missions étrangères, il partit de Paru venue un grand fleuve par le nombre des sms la prévenir. Mais ses précautions furent évoques et de vicaires apostoliques que inutiles et Madame d'Aiguillon fut prévenue l'on a choisis parmi eux pour l'Orient et de ce projet. Quoi qu'il en soit la manare pour l'Occident , et qui ont été envoyés dont M. Pallu el ses amis exécutèrent c« dans les deux extrémités du monde; c'est voyage prouve suffisamment combien m de ce nombre aussi que l'on a pris étaient bien préparés 5 répondre aux gr.Vo des ôvéuues pour Siam, pour la Chine, que Notre-Scigncur allait bientôt leur faire pour le canada, pour en être les premiers pour les accoutumer par avance aux fatigues pères; c'est ce qui a donné l'origine au et aux humiliations inséparables de la inséminai re des Missions étrangères établi à apostolique; ces pieux voyageurs allaient a Paris, qui répand la doctrine de Jésus- pied, demandant l'aumône et donnant aux Christ, qui est la bonne odeur de Jésus- pauvres toulie qu'ils recevaient de la chu- Christ. * rité des fidèles.

Ce fut parmi les jeunes ecclésiastiques La duchesse d'Aiguillon éerivit de lama* qui s'offraient pour les missions que Mgr nière la plus pros>anto ù .M. Pa'lu |*>urlVii- Bagni, alors nonce en France, choisit trois gager à poursuivre lui-môme sur les lieuv des plus distingués auxquels on se propo- le succès de toutes les démarches qu'il:, sait de donner bientôt la consécration épis- faisait depuis deux ans. « Je fus louché jus* copale. Le premier d'entre eux, fut M. qu'au fond du cœur, >» dit M. Pallu, lui- Pallez, chanoine de Saint-Martin de Tours, même, « voyant qu'une femme avait plus sacré depuis sous le litre d'évôquo d'Hcr- de zèle que n'en avait un prêtre (ourle mopolis et qui peut être considéré bien de l'Église el pour la conversion de* comme le fondateur de la congrégation des infidèles. J'allai avec mes amis voir le car- Missions étrangères; Mgr Bagni proposa dinal Bagni, il nous recul avec de granit ensuite M. de Montmorency-Laval, qui de- témoignages d'estime el nous assura qu'il vint évôque de Québec, el M. Pique, docteur avait souvent parlé au Pape de la mis>io:i de Sorbonne. des Indes, que S?» Sainteté l'avait fort i

Le P. de Rhodes s'occupa activement de cœur. Dans l'audience que leur accorda Sa

se procurer I es moyens indispensables Sainteté, M. de Meurs porta la proie cl

pour le succèsde celle grande entreprise. Ln supplia le Pape de vouloir appuyer de son

pieuse réunion des Dames de la charité, autorité le dessein des missions que se>

rendue si célèbre par la direction de Saint- prédécesseurs avaient projeté de foire faire

Vincent de Paul, en devint bientôt la prin- en Orient par des prêtres français, dont il

tipale ressource, et 1rs plus illustres d'en- semblait que la Providence lui eût re>er é

Ire elles s'empressèrent d'y contribuer par l'exécution.

d'abondantes aumônes. On" peut citer entre « Le Pape, » continue M Pallu, • après no:ii

autres, Mlle de Bouillon, Mme /le Miramion, avoir témoigné sa bonté paternelle et loué

dont le zèle pour cette œuvre ne se démen- notredessein,nous exhorta dans les termes l»>

til jamais, el surtout la duchesse d'Aignil- plus forts el les plus louchants à l'accomplir

Ion, celle femme généreuse d'une si haute sans craindre les oppositions que nou<

piété, d'un esprit vraiment supérieur, qui pourrions y trouver ; il nous assura que la

soutint presque seule pendant quelque protection du Saint-Siège ne nous manque-

lemps le projetdu P. de Rhodes. Ou vit sur- lait jamais; il daigna môme oousouvrirb-

toul éclater la grandeur de son courage et tnilièremem son cœur, et nous dit qu'ilm'

la vivacité de sa foi lorsque, au milieu do eu autrefois lui-même, le dessein de secoii-

tous les efforts qu'on fit pour empêcher sacrer aux missions; mais que n'ayant p«

l'exécution de ce beau projet, après la mort l'exécuter, il était ravi que la Providence lm

d'Innocent X, elle tenta tout pour le faire fil naître l'occasion de l'appuyer de son auio-

réussir. Elle entretint pour cela une cor- rité apostolique; qu'il n'épargnerait rien

respondanoc active avec Mgr Bagni, nommé pour la faire réussir et qu'il allait nommer

cardinal ù la suite de sa nonciature en quinze cardinaux pour travailler è celle im- France, de telle sorte qu'on peut regarder , portante affaire el la terminer promplemenf

cette femme vraiment forte, comme un des Ces commissaires y travaillèrent en «iT*i

plus puissants instruments dont Nolre-S.i- avec lanl de diligence et d'application quV:i

gneur se servit pour procurer sa gloire dans très-peu de tcmp> et en deui ou trois réu-

celte circonstance. nions l'établissement des Missions des Jtrtv

Le découragement s étant eu peu emparé fut résolu. » de quejques-uns de ceux qui s'étaient dé- Les choses étant ainsi avancées, M. Pa""

voués à relie excellente œuvre, ce fut une resta seul Rome pour terminer ce qui re4-

leltrodela duchesse d'Aiguillon qui finit tait à faire, et ses associés relourncrrrii m

par subjuguer le cœur de M. Pallu, qui de- France dans le dessein d'v réunir le i ^

ftj MIS DES OfiDRES

de sujets capables de s'employer dignement à Tceuvre des missions; Alexandre Vil nomma, le 8 juin 1658, pour les missions Je la Chine et des royaumes voisins, trois Tieiires apostoliques qui furent MM. Fallu, de la Moine-Lambert et Calolendi, alors curé d'une paroisse à Aix en Provence. Us firent de grandes difficultés pour se laisser imposer le redoutable fardeau dont ils cou* Misaient toute la pesanteur; mais leur humilité dut céder au bien de l'Eglise, et ils acceptèrent ce glorieux épiscopat et lurent wcrés à Paris, où le clergé de France alors réuni témoigna son zèle pour le succès de celle entreprise et alloua une somme de six oitlle francs pour y contribuer.

Mgr d'Héliopolis parvint bientôt a réunir un assex grand nombre d'ecclésiastiques •féininentes vertus qu'il prépara par la retraite à se rendre de plus en plus dignes de l'œuvre qu'ils allaient entreprendre.

Ces trois prélats eurent des pouvoirs trèsétendus et une juridiction extraordinaire qu'ils pouvaient exercer partout. Mais entre tous les faits qui montrent le prix qu'attachait le Saint-Siège a la formation du clergé indigène, il n'en est pas de plus frappant que la faculté accordée par les SS. PP. Alexandre VII, Clément IX, Clément X, Clément XI et leurs successeurs, aux vicaires apostoliques, de promouvoir au sacerdoce les indigèues, Servatis aliu$ $ertandit, à condition seulement qu'ils sussent lire le latin, qu'ils connussent le sens des paroles du canon de la messe et les formules sacremeniales. Les évèques d'Héliopolis et de Bérithe, auxquels les pouvoirs furent accordé», ainsi que leurs successeurs, n'ont pas pendant usé sans répugnance de ces disl«o>es extrêmes. Tous ont fait les plus grands efforts pour donner à leurs prêtres Mosiruction couventible; ce n'a été que dans les circonstances i>éri lieuses pour la foi qu'ils en ont profite.

Tels furent les éléments de la société qui f>rte le nom de Congrégation des missions étrangères : trois prélats également illustres i*r leur piété, leur science et leur zèlo «ixxtolique. Tel fut aussi le but de leur institution, l'esprit dont ils étaient animés qui doit se perpétuer dans leurs succes- *ars : la création d'un clergé indigène. C'était évidemment une milice nouvelle ap- Mée moins à combattre elle-même qu'a préparer des mains pour leur remettre les «fines.

Les trois vicaires apostoliques, avant de ^itter le sol de la France, laissèrent à leur wrespondants de Paris la recommandation presse de fonder une maison où se perpétuâl l'esprit caractéristique de l'œuvre; J«os ce but, ils leur remirent quelques fonds pour commencer. Louis XIV, a qui " n'échappait aucune penséo noble et génévoulut y concourir. Quelques ^mes pieuses mirent oussi leur offrande, et l'on N acheter le vaste emplacement de la rue ' u "ac; mais celte acquisition ayant épuisé

ouïes les ressources, le roi voulut donner

REL1CIIXX. MIS m

h la maison le revenu des deux prieurés, par lettres-patentes, du 28 juillet: il assigna 15,000 livres de rente à perpétuité, sur le trésor royal. La duchesse d'Aiguillon, Mme de Miraroion et Mlle de Bouillon tirent aussi des dons considérables, et la maison put ainsi subvenir aux frais de l'éducation des jeunes missionnaires.

De leur côté, les évêques établis dans les missions accomplissaient les désirs du Saint- Siège, si formellement exprimés. Dans un synode où furent appelés plusieurs des prêtres placés sous leurs ordres, ils rédigèrent un recueil admirable d'instructions apostoliques, où était traité spécialement et fort au long la manière dont on doit instruire et préparer les jeunes élèves destinés au sacerdoce.

L'évêque d'Héliopolis revint ensuite en Europe pour l'intérêt des Missions et présenta lui-même ce travail au Souverain Pontife. 11 fut magnifiquement accueilli et l'œuvre du synode approuvée de tous points, sauf cependant les vœux par lesquels les missionnaires proposaient do se lier.

L'histoire de plusieurs siècles avait ap- >ris au monde combien peu était durable 'œuvre de l'apostolat qui ne repose pas sur le clergé indigène, combien avait été éphémère le bienfait de la lumière du saint Evangile pour ces peuples nouveaux de l'Orient, convertis à la foi par les nombreux enfants de saint François, de saint Dominique, de saint Ignace, et parce que peu avaient songé à se recruter parmi ces nations infidèles, peu surtout avaient songé à former uu clergé national séculier.

Le Souverain Pontife crut voir un obstacle à celte œuvre dans les vœux : il voulut conserver aux nouveaux missionnaires leur caractère original de séculiers, comme plus conforme à celui des apôtres et des prédicateurs des temps apostoliques. Le vicaire de Jésus-Christ rejeta donc les vœux par lesquels les premiers membres de la congrô-

f;ation des Missions-Etrangères désiraient se ier. C'en fut assez, le zèle pour la plus grande gloire de Dieu, les leur avait fait proposer: l'obéissance, qui est la pierre de louche du la vraie venu, les Gl abandonner.

On recueillit bientôt les fruits du nouveau système adopté dans les Missions. Dès l'an 1GG9, on avait pu conférer la prêtrise à douze ou quinze Tonquinois, à quelques Chinois. Les ordres mineurs et la tonsure a trente ou quarante autres. Cette expérience répondit péremptoirement à toutes les difficultés, à loutes les contradictions qu'avait rencontrées l'œuvre naissante. Les trois vénérables prélats eurent la consolation de voir leurs efforts couronnés du plus heureux succès ; l'évêque d'Héliopolis traversa cinq fois les mers, entre la France el la haute Asie, dans l'intérêt de ses missions.

A Rome et à Paris, il reçut toujours le plus brillant accueil : la présence du missionnaire excitait le plus vif enthousiasme. Fénelon n'était que l'écho de la voix publique lorsqu'il récriait. Quelques aunces

m mis

après son dernier voyage, dans In chaire du l'Eglise des Missions-Etrangères : «Frappe, cruel Japon, » s'éoric-t-il, ■< le sang de ces hommes apostoliques ne cherche qu'à couler pour te laver dans celui du Sauveur que tune connais pas. Empire de la Chine, lu ne pourras pas fermer les portes. Déjà un saint pontife marchant sur les traces de saint François-Xavier a béni cette terre par ses derniers soupirs; nous l'avons vuccl homme magnanime qui revenait de faire tranquillement le tour du globe lerreslre ; nous avons vu cette vieillesse prématurée et si louchante, ce corps vénérable, courbé, non sous Je poids des années, mais sous celui des travaux de la pénitence. »

Mgr d'Héliopolis était parti de France, emmenant avec lui dii ecclésiastiques, laissant son cher séminaire bien établi et des secours assurés pour lui fournir «les élèves. 11 avait reçu du Saint-Père le titre d'administrateur général des missions de la hante Asie. Son départ date de mars 1681, et vers la tin de la même année il abordait a Siam. Ce fut là qu'il eul la douleur d'apprendre la mort de Mgr tic Bérylhe, son noble collègue dans l'apostolat. Les affaires de celte mission le retinrent quelque temps ; après quoi il s'embarqua pour la Chine, spécialement confiée à son ministère ; il y arriva le 25 janvier 1G8V. Mai*» à peine avait-il mis les pieds sur cette terre inlidèle, qu'il ressentit les atteintes de la maladie qui le conduisit au tombeau. Sa mon fut digue de >a vie, doublement adoucie par le bien qu'il avait l'ait cl par la récompense qui apparaissait à ses veux dans I éternelle pairie. Ainsi termina sa sainte carrière ce grand et immortel prélat, que la congrégation îles Missions-

Etran

ueres

regarde avec raison comme son

vrai fondateur.

Ces irois premiers vicaires apostoliques étaient morts, mais avec eux ne périt pas l'esprit (jui les animait. La-nvre qu'ils avaient commencée chez les inlidèles continua toujours à porter «les fruits de bénédiction; ils n'avaient pas perdu un seul instant de vue (a prompte formation d'un clergé indigène, grande pensée qui avait uniquement déterminé le Saint-Siège à créer «les vicaires apostoliques. Le Souverain Pontife leur a\ant recommandé d'une manière toute particulière d'établir dans ce but des écoles et des séminaires partout où ils le jugeraient praticable, ils avaient choisi Siam pour y fonder l'établissement principal de toutes les missions; la position de cette ville et la paix dont on y jouissait par rapport à l'exercice de noire sainte religion, justifiai eut parfaitement un semblable choix; leur persévérance vint à bout de toutes les difficultés (jui paraissaient d'aburd insurmontables.

Dès l'année 1GGV, Mgr de Bérvlhe avait fait choix de quelques enfants du pays, destinés à élre plus lard formés au sacerdoce; déjà, eu 1GG8, la loi fanait beaucoup de progrès cl de continuelles conquêtes au Tong- Kin, par le* «oins de M. Didier et de* pre-

blCTlONNVIHE MIS

miers piètres Tongkiuois qui étaient nv nus de Siam. Peu de temps après, deux j i0très co( hinchinois accompagnés de oen c atéchistes allaient à Siam, au nom do leur nation, prier Mgr de Bérylhe de se rendre au milieu d'eux, ce qu'il regarda comme une manifestation de la volonté divine. C'eM pourquoi, quoique sa présence fût si utile à Siam, d'où il dirigeait alors toutes les missions, il s'embarqua secrètement: il aborda en Cochinehine le 1" septembre, et il exerça avec une grande bénédiction les augures fonctions de son ministère pastoral.

Mgr de Bérvlhe, ayant été arrêté dans lu Tongkmk, le 23 juillet 16G9, pour s'assurer s'il n'y aurait pas moyen de pénétrer (Je là jusqu'en Chine, voulut surtout conférer les ordres sacrés aux plus capables d'entre les catéchistes du pays, et il en éleva sept au sacerdoce et en promut plusieurs autres aux dignités inférieures de la hiérarchie ecclésiastique; il parvint à assembler un synode, le IV février 1670, auquel assistèrent le* missionnaires, les prêtres indigènes et quelques catéchistes; on y régla quelques ponds importants de la discipline. A peine eut-il quitté le Tongkink qu'une nouvelle persécution éclata; les missionnaires furent obligés de se tenir renfermés, et laissèrent am prêtres indigènes le soin d'administrer les sacrements et de visiter les chrétiens pour les encourager et les soutenir. Ces nouveaui prêtres s'acquittèrent de leur ministèreavec un zèle et une édification qui tirent mieux comprendre encore que jamais combien ta mesure prise par le Saint-Siège était indispensable. Les peuples sont toujours moins disposés à écouter un étranger qu'un lioiuiue de leurs mœurs, de leur langue, de leur nation. Pour l'étranger, le premier sentuue. t est toujours une pensée de mépris ou de déliante, tandis qu'un indigène inspire dans les mêmes circonstances confiauce et a'îf tion. C'est du reste ceque les premier* fondateurs de l'Eglise n'ont jamais perdu d«» vue dans leur règle de conduite, ainsi que le témoigne l'établissement de prêtre* et d'évôques nationaux dans chaque chrétienté. Ce moyen fut employé avec succès lors de la conversion des peuples du nord. Déjeunes esclaves élevés par les Bénédictins devinrent de fervents apôtres pour les contré où ils furent envoyés. Les prêlres Tufijk" nois curent aussi le bonheur de donner V baptême à ptès de douze mille idolâtres dans le courant de l'année 1672 et 1673.

Le soin qu'eut la congrégation "'^ Missions- Etrangères de former des allèges dans les diverses parties des Indes nù ils exerçaient leur ministère aposlolique.J contribué puissamment à faire fleurir d prospérer leurs missions; aussi ils ne reculèrent devant aucun elFort et aucun sacrdue pour les soutenir. On admirait la foi v,v* et la piété sincère de ces élèves indigène qui se préparaient là pour devenir iin*>i'D" il . ires Irès-zélés, confesseurs ci w tvrs. Ils avaient les qualités de vén'Jbles apôtres de Jésus-Christ, et la raome •<«

m MIS DES OHDRËS

moins d'entre eux auraient "été regardés en France comme de bous sujets pour l'instruction et l'intelligence.

Noos n'entrerons pas dans les détails de l'histoire de la congrégation des Missions- Etrangères, parce que nous apprenons qu'on l<ré|tare un ouvrage spécial pour les missions, qui doit faire partie de la même collection que ce dictionnaire, et qu'on pourra consulter pour connaître le développement qoe prit ce séminaire, les bénédictions que Dieu répandit sur celte excellente œuvre et les succès merveilleux qu'il obtint malgré les percécutions-qui tirent tant de martyrs, et les obstacles sans nombre qu'ils rencontrèrent uj&ue dès le principe, surtout de la part de quelques nations chrétiennes. Le bon esprit s'est perpétué dans la longue suite des membres de cette si méritante congrégation.

On pense bien que la tourmente révolutionnaire n'épargna pas plus que les autres rette sainte institution. Comment ceux qui voulaient détruire le christianisme en France, auraient-ils respecté une maison destinée à la propager sur toute la terre? L'emplacement fut déclaré propriété nationale et vendu, les directeurs échappèrent aui fers des bourreaux et se dispersèrent. Trois d'entre eux allèrent à Londres, d'où itiporeot communiquer avec les missions et y envoyer Quelques prêtres. Rentrés en r'raoce, sous I Empire, ils purent s'occuper plus aisément des intérêts de leurs missions. ma, eu 1815, ils se fixèrent définitivement daas leur maison, après l'avoir achetée deux lois. Pendant quelques années, ils y furent presque seuls; mais après cette nouvelle épreuve, Dieu voulut bien leur donner des enfants nombreux et depuis cette époque ils ont toujours été croissants malgré les horribles persécutions de Minh-Meuh et autres unrjsde l'Asie.

Illustrée par l'honneur d'être placée aux cottes les plus meurtriers de l'apostolat, elle a rivalisé de zèle et de vertus avec toutes les autres sociétés religieuses qui s'occupent de missions 6 l'étranger, quatre vingts évéques, quatre cents prêtres, dont onze martyrs, seize confesseurs, morts dans les priions ou des suites des mauvais traitements qu'ils ont eus a subir, telle est la couronne de gloire qui brille au front d'une compagnie si chère a l'Eglise. A cêté de ces dignes missionnaires a su aussi combattre et vaincre une légion bien plus considérable de prêtres indigènes, nobles émules de leurs pères dans leur sacerdoce.

C'est ainsi qu'elle a répondu à la pensée de ses pieux fondateurs et à la générosité de l'association qui est venue à son secours (car c'est par son assistance qu'elle vit maintenant). Ses ressources d'autrefois ont péri dautle gouffre des révolutions : la plus grande partie de ses revenus, qu'elle devait à la générosité de Louis XIV, aux aumônes non moins abondantes de la duchesse d'Ai- Ruilloo,deMme de Miramion et de Mliode «ouillon lui ont été enlevés par la spoliation révolutionnaire do 1793.

HEUGIKUX. n IS 880

Par les ressources inespérées qu'il reçoit de l'œuvre éminemmeut catholiquede la Propagation de la foi, le séminaire des Missions- Etrangères a pu recevoir et envoyer un nombre toujours croissant d'ouvriers évangéliques. En effet on voit que de 1815 à 1830 il en est parti quarante-six; les neuf années suivantes, soixante-seize; depuis 1839 jusqu'en J8'w, soixante-dix- huit; depuis cette époque jusqu'à nosjoursdeux cent trente-six, et vingt nouveaux missionnaires sont à la veille de leur départ à l'heure où nous écrivons. Heureuse et consolante progression que la Providence a procurée en >on temps pour proportionner les secours aux besoins.

Afin de recueillir jusqu'au plus léger souffle de l'esprit de Dieu, les sages directeurs de cette sainte maison y ont modifié le système des études théologiques. Ne recevant jadis que les ecclésiastiques dans les ordres et qui avaient fini leurs cours, tout se bornait a la spécialité des missions chiz les infidèles. Pensant avec raison que des vocations qui avorteraient ailleurs se développeraient avantageusement sous leurs yeux, ces hommes de savoir et de longue espérience ont voulu y mettre les études sur le même pied que dans les plus beaux séminaires de France. Là, comme dans ces sanctuaires de la piété, se trouvent d'habiles professeurs de dogme et de morale pour diriger et former les jeunes apôtres. Là, mieux que partout ailleurs, les moindres indices de vocation se montrent à ceux qui ont grâce d'état pour les reconnaître, et le plus grand intérêt à n'envoyer aux missions que des sujets dignes et capables.

Outre ces deux cours de scolaslique un savant professeur fait un grand cours de théologie dogmatique et morale pour ceux qui, ayant terminé ailleurs leurs études ecclésiastiques., se préparent par quelques mois de retraite à aller annoncer la parole de Dieu aux peuples infidèles; ils développent les questions les plus difficiles, les plus utiles pour les missions, qui ont le plus d'actualité, ils étudient une collection de décrets émanés du Saint-Siège et de la sacrée congrégation de la Propagande, sur les pouvoirs des préfets et vicaires apostoliques et des missionnaires avec la solution des principales difficultés qu'on rencontre dans les pays infidèles.

Des conférences savantes sur le droit canon, sur l'Ecriture sainte et sur la théologie mystique sont faites iliaque semaine pour tous les aspirants. La plus fraternelle, la plus intime union règne dans cette sainte maison; c'est la vraie charité qui faisait des premiers chrétiens un seul cujur et une seule Âme. C'est un vrai paradis terrestre, disent tous ceux qui ont eu le bonheur d'être enrôlés dans cette milice sainte. Aussi ce qu'ils regrettent le plus en quittant la France, c'est le séjour du séminaire de Paris.

Ces ressources précieuses pour la science ecclésiastique et le bien immense que fait à l'Eglise cette congrégation, justifient assez la haute estime cl la considération distin-

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guée dont elle jouit auprès du Saint-Sié^e et île tous les cœurs catholiques, en France surtout, parce qu'en elle se résume la plus l>el!e œuvre des temps modernes, nous voulons presque dire la plus helle de tous les temps, excepté celle des âges apostoliques, qui ne peut avoir d'égale. Kl le recueille des sommes abondantes de la charité des lidèlcs, et avee ces aumônes elle donne aux apôtres qu'envoient les diverses associations religieuses des moyens d'amener et de consacrer à la foi fies provinces et des royaumes.

Les sociétés protestantes, il faut bien l'avouer, ont des ressources infiniment plus considérables, puisqu'elles fournissent nu moins cinquante millions, mais avec ces immenses ressources, avee l'appui du pouvoir, que font-elles? Là où n'ont pu pénétrer les missionnaires catholiques un certain nombre de païens suivent, il est vrai, leurs enseignements, mais dès que hi religion catholique se trouve en présence, le bon sens des idolâtres a bientôt distingué la vérité de l'erreur, et s'il est vrai qu'à l'œuvre on reconnaît l'ouvrier, l'inépuisable fécondité du ministère catholique prouve qu'il vient de Dieu, connue la désolante et incurable stérilité de son antagoniste démontre assez ia main faible et impuissante de l'homme, de sorte que pour tout esprit impartial et droit, il est facile de voir à qui doivent s'appliquer ces paroles de l'Esprit saint : Voilà ceux ijui sont la race bénie de Dieu : « Illi suni semen cui btncdixit Dominus. »(/aa. lxi, 9.)

Le séminaire des Missions-Etrangères, situé rue du Bac, à Paris, est regardé comme la maison-mère et le noviciat «le la congrégation, et il est dirigé par quelques-uns do ses membres dont la plupart sont des missionnaires députés par les Missions; car, d'après les constitutions de ce corps respectable, les évêqnes et les prêtres de chaque vicariat apostolique ont le droit d'envoyer un représentant à Paris. C'est de cette maison que sortent ces nombreux enfants ces hommes généreux, qui vont à travers mille périls annoncer Jésus-Christ aux peuples •les Indes, de la Chine et des royaumes qui sont voisins du Céleste-Empire.

Mais les missionnaires, en quitta.nl la France ne restent point oubliés; la sollicitude de leurs confrères de Paris les suit au delà des mers. An sortir des vaisseaux qui les ont portés sur les rivages lointains, ils entrent dans la maison de procure, d'où les supérieurs, nommés par les directeurs du séminaire, ont soin de les faire pénétrer d.ms leurs missions respectives, et, une fois arrivés au lieu de l"iir destination ils sont reçus comme des frères par les vicaires apostoliques, qui son», comme nous venons de le dire, membres de la même oongréga tion; tous les ans d'abondants secours sont envoyés de France à chacun d'eux. Pour imiter, autant que les circonstances le permettent, l'exemple du Sauveur, qui faisait tarlir deux à deux les disciples qui allaient évangéliser le« hourcad^s de la Judée el de

la dalilée, les supéi ieurs'des missions (>■:. liées h leur congrégation ont soin du m* \* laisser dans l'isolement les ouvriers .ju travaillent sous leurs ordres. Le oiissi-.-r naire, dans les temps ordinaires, se trouve tri com|>agnie de quelqu'un de ses confrères e surtout des prêtres indigènes qu'il esicliarde diriger.

L'esprit de charilé qui unit les différent membres «Je celte socié'ése montre surtout l'égard de ceux que l'âge, la maladie, les \u lu mités empêchent delravailler; ils devien nenl l'objet de toute la sollicitude de leur confrères, et si les supérieurs respectifs chaque mission jugenlà propos de faire repas ser quelqu'un en Europe, pour cause de ma lad ie, les d irecteurs de Paris pourvoientà ion ses besoins pendant le reste de ses jours et il jouit lui-même de toules lespréro^tnc; de la congrégation auxquelles sa qua.<te membre lui donne droit- Jusqu'à pn-xii; on n'avait guère admis au séminaire queue ecclésiastiques engagés dans les ordres >»crés; mais les besoins des missions croissant de jour en jour ont déterminé les supérieurs à former un noviciat (il est à Mmdon) spécialement destiné à ceux dont la vocation a été sullisaminenl manifestée 8>am l'époque de leurs études Idéologiques. Là, occupés uu travail ordinaire des aulres maisons d'éducation cléricale, ils se préjiarero/it de loin à l'accomplissement des des?ein><ic Dieu sur eux ; éloignés du bruit du monde et dans la paix de la solitude, Us p.uiroiit pendant plusieurs années écouter dans le .silence intérieur de l'âme, celle voix divine à laquelle il ne faut jamais résister sans douie, mais qu'il faut aussi bien clairement reconnaître avant de se consacrer au ministère de l'apostolat.

Le nombre des aspirants réunis dans Jes séminaires, quoique assez considérable, est loin de suffire aux besoins immenses des missions. Du reste, il n'y a jus lieu ue s'étonner de voir les missionnaires en nombre restreint quand on songe à la nature d'une pareille vocation et aux obstacles tant intérieurs qu'extérieurs qu'on rencontre pour la suivre.

Depuis près de deux siècles que cette congrégation existe, quatre cents missionnaires seulement, ont propagé ou soutenu la foi dans des contrées immenses ; ils o»: pirlout fondé des chrétientés florissante, él.ibli de nombreuses écoles, créé des cai«ichistes capables et des religieuses pleine de ferveur, et surtout, malgré les difiwuit-' de tout genre qu'on leur opposait, i's '"' su former autour d eux un clergé indigène digne de sa mission.

C'est ainsi que l'Eglise toujours forte, toujours puissante , ne cesse daus tous lf> siècles de poursuivre avec constance I œuvre de son divin époux; elle continue à*"' vre lus traces pénibles mats triomphantes Sauveur. Aujourd'hui , counne toujours, nous la voyons sur tous les points de ^ terre, gagnant par ses travaux et sapat'^' les âmes égarées, ou retenant sous se* '0I'

m M0Î1 DES ORDRES

maternelles celles quo la tentation éprouve h que l'ennemi voudrait arracher de son sein. Aujourd'hui comme toujours, et plus encore qu'à bien des époques , un immense horizon se déroule à ses yeux, et elle se itlie d'envoyer do nouveaux guerriers sur ces champs de bataille, illustrés déjà par tact de victoires. Il est important de remarquer qoe depuis l'exemple qu'en ont donné les Missions-Etrangères, les hommes apostoliques envoyés maintenant à la conquête des lûtes chez les peuples infidèles, secondent plus efii cane ment qu'autrefois cette tendaneedn Saint-Siège pour l'établissement complet de la hiérarchie chez toutes les muons. Les missionnaires de notre époque s'occupent autant de la fondation des églises que des conversions individuelles. Autrefois dé traire les missionnaires , c'était aaéaottr la foi, taudis que désormais détruire les missionnaires serait retarder la foi, mais Anéantir, jamais. Ces principes mis primitivement en pratique par le Saint-Siège, dans l'institution de la compagnie des Missions- Etrangères et poursuivis avec patience, porteront désormais, il faut l'espérer, des fruits abondants pour la propagation et surtout pour l'affermissement de Ta foi chrétienne dm< l'univers.

La congrégation ne possède en Europe que rétablissement connu sous le nom de Missions-Etrangères, formant un tout avec le? missions dont il est pour ainsi dire la cb»fille ouvrière.

Le séminaire de Paris, nie duTtoc, n"28, se compose d'un supérieur et de six directeurs préparant aux travaux de l'apostolat un nombro d'élèves qui varie avec les circonstances. Il était en 1859 de soixantedix.

La congrégation compte dans les misions 20 évôques et 140 missionnaires, tous Français. Les prêtres indigènes, dont le nombre dé|>asse aujourd'hui 200 ne sont |«im membres de la Société, bien qu'ill travaillent sous la direction de vicaires apostoliques tirés de son sein.

MONT-CARMEL (Ordre des hospitaliers de VOTAS-DAMS de), e» France.

Ce fut Henri (V, roi de France qui établit l'ordre royal des Hospitaliers de Notre-Dame <1n mont Carrael en vertu d'une bulle de hul V. Il était de cent gentilshommes, qui devaient former la garde du roi en temps 'le guerre. La règle, les couleurs, le blason toient empruntés à l'ordre du Carmel.

Le premier grand-maître fut Philibert de Wrestan.

MONTJOUX (Chanoines réguliers de).

Le monastère hôpital, dit le grand Saint- Rcrnard de Montjoux, en Valais, en Suisse, iu diocèse de Sion, est situé sur le haut de la ^rged'une montagne des Alpes, qui en porte

nom. Il reconnaît pou r son fondateur Sai nt- Btrnard de Menthon, archidiacre de l'Eglise d'Aoste en Piémont, l'opinion commune est qu'il fut bali vers le milieu du x* siècle, sur

les Alpes Pennimes, on étaient encore quel-

3 ues restes du paganisme. Dieu se servit e saint Bernard pour les détruire, et ce saint édifia au même lieu, un monastère hôpital, qui est le chef-lieu d'une ancienne congrégation de l'ordre canonique. Cette congrégation possédait autrefois plusieurs bénéfices considérables en France et ailleurs -, et le grand monastère hôpital jouissait de certains revenus fixes que chaque maison devait lui payer pour subvenir aux frais de l'hospitalité qu'elle a toujours exercée et qu'elle exerce encore ; mais aujourd'hui que tous ses biens sont perdus, on est obligé d'avoir recours aux quêtes dans les pays voisins. L'habit commun des religieux de Montjoux est à présent conforme è celui des prêtres séculiers h l'exception d'une bande de toile blanche, large de deux doigts qu'ils portent en éeharpe, pendante de l'épaule droite au côté gauche. Leur ancien habit de chœur était bien différent , comme on le voit par celui de saint Bernard de Menthon, représenté dans les constitutions. Il était en robe et surplis, è manches rondes, sortant l'aumusse d'hermine sur les épaues, comme la portait autrefois le prévôt que 'on qualifiait de révérendissime. Les autres religieux, depuis le commencement du xvui* siècle portaient au chœur un camail de drap ou serge de Nîmes sur le roebet de la même façon que les chanoines réguliers de Saint- Maurice d'Agaune, qui étaient du mémo diocèse de Sion, avec cette différence que Je camail de ceux-ci était de couleur d'écarlate et que celui des religieux de Montioux était de couleur rose. Les constitutions de Montjoux furent imprimées à Lucerne en 1711. Elles sont curieuses. Voyez aussi un Mémoire historique sur le monastère de Montjoux dans le Mercure de France, mois de décembre 1739, 11* volume. On y voitenlre autres la liste des bénéfices qui en dépendaient autrefois.

M ONT- VIERGE (Religieuses Bénédictines de la congrégation de) , royaume de$ Veux-Sicile*

Saint Guillaume, fondateur des ermites du Mont-Vierge, ayant quitté ce monastère avec cinq religieux, qui ne vouluront pas se séparer de lui, fonda de nouveaux monastères, dont lu premier fut à Perra-Lognata; il en bâtit ensuite deux autres à Gugliclo, proche la ville Je Nusco, l'un, pour des hommes, l'autre pour des filles, avec une église commune pour les deux monastères, laquelle fut dédiée en l'honneur du Sauveur du monde. Il rassembla un grand nombre de vierges dans le monastère destiné aux personnes de leur sexe, qui y vivaient dans une grande abstinence. Jamais elles ne buvaient du vin, pas même pendant'les maladies, et elles s'abstenaient, en tout temps, de l'usage de la viande et de toutes sort es de laitage; trois fois narsemaine elles ne mangeaient ojue des herbes cruesavecdu pain ; les auiresjours on ne leur servait qu'un seul mets préparé a l'huile depuis la fête de tous les Saints jusqu'à celle

Ml NAT WIITIO

de la N.ilivilé de Noire-Seigneur, el depuis la Sepluagésime jusqu'à Pâques, elles jeûnaieul tous les jours au pain et à l'eau.

La sainteté de (iuillaume se répandant de toutes parts, Roger, roi de Naples cl de Si- « i le, le lit venir auprès de lui pour avoir recours à ses conseils; niais ses courtisans, qui ne respiraient que le plaisir elle luxe, craignant que les discours du saint no fissent impression sur l'esprit du prince, suscitèrent enntro lui une calomnie, el pour mieux réussir dans leur dessein ils tirent venir une courtisane qui promit de le faire tomber dans les filets qu'elle lui tendrait pour corrompre sa chasteté ; ils espéraient par là persuader au prince qu'il cachait, sons un extérieur pieux, un cœur rempli de vices; le roi y consentit. Velue de lous les appâts de la séduction, celte femme impudique alla trouver lt; saint, en ne négligeant aucun des ntovens pour arriver à son but, et par ses discours lascifs elle s'efforça de le faire consentir à ses coupables désirs; il feignit d'y acquiescer, à condition qu'elle coucherait dans le même lit qu'il piéparerait pour lui. Kl le crut, dès ce moment, qu'elle allait remporter Ja victoire, et elle se hlla d'aller en porter la nouvelle au roi; mais quelle fut sa surprise, lorsque l'heure du rendez-vous étant arrivée, et entrée dans le lieu destiné à sa •(étendue conquête, elle n'y trouva qu'un il de charbons ardents sur lesquels Je saint se coucha, en l'invitant à en faire «le même; *on élonnement fut plus grand encore en voyant le feu ne faire aucun mal au serviteur de Dieu, Ce prodige la toucha si vivement qu'elle résolut, à l'instant, de changer de vie. Klle vendit tout ce qu'elle avait, et du prix qu'elle en relira, le saint louda un

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