N'AI RE «NAT
monastère de filles a Venosa, sa nain*. Ci couvent fut achevé par les libéralités du ru Roger, qui profita des conseils de saint (iui! laume pour bannir de sa cour les dérègle ments el le scandale.
Agnès reçut du saint abbé l'habit reli gieux, et devint un modèle Je pénitenc dans celle maison, dont elle fut ensuite su périeuro. Les austérités, jointes aux a* te des vertus les plus héroïques qu'elle prati qua depuis sa conversion, lui méritèrent après sa mort, le litre de bienheureuse. Apiè ce miracle, le roi Roger eut une si grande « s time pour saint Guillaume, qu'il lit Mu plusieurs monastères de son ordre, non seulement dans le royaume de Naples, mai. encore dans celui de Sicile. Le premiei qu'il fonda fut à Palerme, sous le nom iU Saint Jean des Ermites, vis-à-vis son palais Il en fonda aussi un autre dans la rnéinc ville pour les vierges, sous le nom de Saint- Sauveur, et la première, qui y prit l'habit, fui la princesse Constance, sa fille, qui fut tirée ensuite de ce monastère, et rel.vée de ses vœux par le pape Célestin III, pour épouser Henri IV, fits de l'empereur Frédéric Harbcrousse. Ce prince fil encore bâtir un autre monastère de religieuses h Messine, appelé monastère du Mont-Vierge.
Lo monastère des monastères des fille* de l'institut de Saint-Guillaume fut trèsgrand. On y vit accourir les filles des plus illustres et des plus nobles familles du nnaume des Deux-Siciles. D'un si grand nombre de maisons il ne reste plus que celle «le .Messine, qui conserve le nom de Munt- Vierge. Les religieuses virginiennes n'ont cessé d'être sous la dépendance des religieux de la congrégation de ce nom.
NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEUR i Cox-
GHtiiATION DI.S lit: MOI lit SK S DE LX).
Notice sur Mme de Fransu, fondatrice de cette conyrôjatioH.
Parmi les hommes apostoliques suscités par la Providence au commencement duxix* siècle, pour ramener à la religion et à la vertu les peuples égarés par la révolution française, Mgrd'Aviau, de sainte mémoire, archevêque de Bordeaux, aimait à signaler le P. Enfantin, prêtre du diocèse de Valence, • qu'il n'avait jamais entendu, » disait- il, « sans être touche profondément. » Il fut un puissant levier pour remuer les masses, un tribun de la chaire évaugélique, un des plus utiles instruments de la divine miséricorde. Animé d'un zèle infatigable, il parcourait la l'rancc depuis 1809, prêchait de ville en ville, et répandant partout, avec l'édification do s» s bonnes œuvres, les lumières et les consolations de la foi. Observateur judicieux autant que zélé missionnaire, il n'avait pas
lardé de reconnaître que de tous les maux causés par la révolution, le plus déplorai) e était la destruction des pieux asiles destines à l'éducation de la jeunesse, et que l'ignorance répandue dans toutes les classes de la société, mais surtout dans les classes inférieures, était le principal obstacle qui s'o>posail au rétablissement et aux progrès de la religion dans notre malheureuse patrie. Pénétré de cette juste et affligeante pensée, l'homme de Dieu conçut le dessein de fonder une nouvelle congrégation religieuse, dévouée particulièrement à l'éducation dp» jeunes filles. Voici de quelle manière a Providence lui fournit les moyens d'effectuer son projet :
Pendant qu'il évangélisait la ville d'Amiens, une pieuse dame lui demanda quelques conseils sur l'emploi qu'elle devait faire duo riche patrimoine qu'elle destinait aux pauvres. Jeanne de Croiqueson, du la cour des fiefs, veuve «lu marquis de Saint-Alvre de Fransu, élait née en 1751, el avait quitté la
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DES ORDRES RELIGIEUX
v ite après la mort de son mari, pour se relitr dans une de ses terres, où elle se dévoiuiit à toutes sortes de bonnes œuvres, providence des malades et des pauvres, elle remuerait à leurs besoins et à radoucissement de leurs maux ses forces, ses veilles H se? immenses revenus. De temps en temps tile allait à Amiens pour visiter ses nombreux amis et y entendre la parole de Dieu ; il e voulut assister aux exercices de la misiron »iue le P. Enfantin y prêchait en 1812, n ce fut dans les fréquents entretiens qu'il tut a?ec elle, que notre zélé missionnaire la jugea propre à le seconder pour l'établisrucoI d'une congrégation religieuse. La prtyOsilion qu'il lui en fit alarma d'abord K>o humilité; elle ne pouvait croire que Dieu la destinât à l'accomplissement d'une uuvre aussi importante; craignant toujours it s'opposer, par un refus formel, aux desuios de la Providence, elle se mit en prières, twsulta des directeurs éclairés, et lit môme plusieurs pèlerinages aux sanctuaires les lins renommés de la province. Dieu bénit celte humble défiance , et bientôt la pieuse teuve, ne doùlaot plus de la volonté du ciel i k>o égard, informa le P. Enfantin de la céieruiination qu'elle avait prise h tout salifier pour rétablissement d'une nouvelle nwgrégation religieuse. Dès lors, elle résolu! de quitter ses parents et son pays, où t.'.t (routerait des obstacles invincibles À ieiétiilion de son dessein. Libre de tout J en, u 'avant noint d'enfants, et maltresse *)»>olue de sa fortune, elle voulut se dévouer à la gloire de DieuKdans une ville où elle Defûtcounue do personne, et où les bonnes uuvres n'eussent, en quelque façon, que Dieu seul pour témoin, comme elle ne deia>t avoir que Dieu pour récompense.
Informé de ce désir, le P. Enfantin lui écrivit de se rendre a Romans, dans le diotèse de Valem e, où il s'entendrait bientôt irec elle sur les premières mesures qu'il y aurait a prendre |>our la fondation du nouvel institut. Mme de Fransu se rendit aussitôt dans cette ville, accompagnée d'une pieuse *œie, veuve d'un ancien général, qui vou- Uii se dévouer, elle aussi, à la bonne œuvre jrojetée. Arrivées a Romans l'une et l'autre, ti-es apprirent que le P. Enfantin, victime o une injuste persécution, venait de quitter (rite ville, et resterait éloigné pendant plusieurs mois. Ce contre-temps affligea beaucoup Mme de Fransu, mais ne déconcerta j«mt sa confiance. Quoique âgée de 61 ans, rl presque toujours maladive, elle avait une volonté pleine d'énergie, et sa vertu (>ouvait apporter les plus rudes épreuves. Pour surcroît d'airection, sa pieuse compagne sentit son courage s'affaiblir et retourna dans sa famille.
Restée seule dans une ville où tout le monde ignorait sa naissance, ses qualités, m vertus et >on dessein. Mine de Fransu y l*ssa quelques jours dans la retraite et la
K'ire, attendant avec humilité qu'il plût à eu de l'en faire sortir. Ayant ensuite résolu de îuivre son attrait pour la pratique
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des bonnes œuvres, elle réunit aulour d'ell* plusieurs jeunes tilles pauvres, et leur enseigna gratuitement la lecture, l'écriture et le travail manuel, en même temps qu'elle leur apprenait le catéchismo et qu'elle formait leur cœur à la piélé par ses niatern Is entretiens.
Cet humble dévoûment donna bientôt lieu aux. personnes qui en furent témoins, de s'informer de son nom et de sa famille, et dès lors on eut pour elle tous les égards et la vénération que méritaient ses vertus, sa piété et son zèle, plus encore que l'illustration de sa naissance; mais il fallait qu'un autre genre d'épreuves vint donner un nouveau prix A son sacrifice, et révéler la générosité de son Ame. L'absence du P. Enfantin se prolongeait, Mme de Fransu l'attendait toujours vainement; la tristesse et l'ennui commençaient à pénétrer dans son cœur, sa mauvaise sanlé augmentait encore ses inquiétudes; elle était tentée de s'abandonner au découragement : ce fut le dernier elfort nue fit le démon pour abattre son courage, il ne réussit point. Des larmes abondantes coulèrent des yeux de la vénérable veuve, mais son cœur désarma toujours cette faiblesse, et sa confiance en Dieu s'affermit de plus en plus. Entin, vers le commencement du mois d'octobre, de Tan 1813, elle reçut du P. Enfantin une lettre pressante, qui l'invitait d'aller a Crest, où devait dire formé le premier établissement de sa congrégation. Mme de Fransu obéit sans relard, et trouva dans cette ville plusieurs jeunes personnes qui l'attendaient avec impatience pour commencer, sous sa direction, les exercices de la vie religieuse, et ouvrit, en faveur des jeunes filles, une école sollicitée depuis longtemps par toute la population. Le choix d'une ville aussi peu considérable que celle de Crest, par la fondation d'un institut religieux, aurait peu flatté une Ame moins généreuse nue la marquise de Fransu; mais l'honorable veuve en bénit le Seigneur, et se vit avec joie logée dans un très-mauvais local et environnée de quelques compagnes, qui n'avaient d'autres ressources que leurs vertus et leur confiance en Dieu.
Ce fut le 26 octobre 1813, que le premier établissement de la congrégation fut ouvert et définitivement constitué. Elles occupèrent d'abord l'ancienne maison des Capucins; elles s'établirent plus tard dans le couvent des Ursuliues, où elles sont encore aujourd'hui. Mgr Bécherel, évoque de Valenco, et M. Descorches, préfet do la Drôme, les autorisèrent peu de temps après, et leur promirent leur bienveillante protection.
Une congrégation destinée spécialement A honorer l'Entant Jésus dans la crèche de Bethléem, peut, A juste titre, se faire gloire do la |>auvrelé de son origine : c'est le premier caractère de ressemblance qu'elle ej»t heureuse d'avoir avec le divin modèle que lui choisit son fondateur. En effet, le P. Enfantin donna au nouvel institut le nom de la Nativilé de Noire-Seigneur Jésus-Christ, afin d'apprendre à toutes celles que Dieu y
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appellerait à aimer les enfants el à con>acrer à leur éducation les soins les plus tendres et les plus généreux; il voulut auvsj, par l'exemple du Sauveur humilié dans une crèche, les exciter plus efficacement 5 la pratique des vertus fondamentales de la vie i cireuse.
l)i<'ii bénit ces heureux commencements, la maison de Crest étant devenue en quelques mois trop nombreuse, il fallut songer a un deuxième établissement, cl le 12 octobre I81i, la vénérable fondatrice en dota la ville de Valence, avec l'autorisation expresse des vicaires généraux du diocèse, le siège étant vacant, et de M. Deseori lies, préfet du département; plusieurs jeunes personnes lurent bientôt reçues dans le nouvel établissement lie Valence, oui ne tarda pas d'ôlro déclarée maison mère de la congrégation. Parmi celles qui devinrent membres à cette époque, nous devons distinguer Mlle Cha
MCTIO.NNAIRK NAT H
profession; il me semble qu'il faut la >W^
du moment où vous en avez eu le irou-- • ,i« r /....-.. — .i„ ...... 1
c'est-à-dire «le l'époque de votre veuvs... vous auriez cela de commun avec *a;i!i» Chantai, et votre profession alors n'amn-, rien d'extraordinaire, sinon la volonté fen: i et ronstante dans laquelle vous avez ptr-é véré par la grâce de Dieu.
" J'ai à me féliciter de ce que mus m; bie-i voulu choisir mon diocèse |>our v f< ti der une maison qui vous devra son*eîi> tence, et oui est destinée par la suite in faire un très-grand bien; elle devra à voiri sagesse el a la douceur de votre gouvernement, toute sa prospérité; el celles qui succéderont trouveront dans vos exemple un modèle à suivre. »
Cependant, comme toutes les œuvre* d< Dieu, la congrégation de la Nativité eu bientôt a subir de rudes épreuves au
~, w,j..v, (iiouiijjuci .hiii; "'v»'"1 « ouuii wv i unes "preuves ail SUIf
puis et Mlle Molin; la première douée do de quelques-uns de ses établissement*, h
vertus rares et de qualilés supérieures, fut placée, quoique jeune, à la tèle de la maison de Valence, lorsque Mme de Fransu alla fonder l'établissement de Uoussillon. Mgr Devie, évéquo de Valence, en avait une trèshaute estime; Mlle Molin fut un des sujets les plus distingués de la congrégation. Ses talents et ses vertus la firent estimer de toutes les personnes qui la connurent; elle fut supérieure générale à la mort de la fondatrice ; elle est encore aujourd'hui vivement regrettée do l'institut. Le troisième établissement fut celui de Uoussillon, dans le département de l'Isère. C'est là que Mme de Fransu passa les huit dernières années de sa vie, occupée à former les nombreuses novices qui allaient puiser auprès d'elle l'esprit de piété cl de dévouement dont elle était animée; c'esl de là qu'elle dirigeait, par une correspondance suivie, les sœurs de la congrégation, et en particulier les supérieures qu'elle avait mises à la tète de ses nouvelles fondations. On apprécia bientôt dans le diocèse dedrenoble les vertus el les talents de la vénérable fondatrice de la Nativité. Mgr Claude Simon désirait ardemment qu'elle allai se fixer dans sa ville
fondatrice signala dans ces circonstance' une rare prudence, el parvint à triompher heureusement des obstacles sans nombn qui semblaient devoir paralyser ton? ses efforts. Sa confiance en Dieu, son respect >our l'autorité, et surtout la docilité «v* aquellc elle suivait, en toutes rencontras es conseils et les recommandations <!u vénérable I». Knfantin, soutinrent jusqu'au bout son courage, et assurèrent | our toujours I avenir de la congrégation un instant rorupromis. Dieu bénit ses travaux et ses peines; elle eut la joie de voir avant sa mort l'aune si chère à son cœur, s'affermir et .»e de»elopper heureusement, l'union el la ferr?'-r régner parmi tous les membres de l'insl'tul. et les familles reconnaissantes applaudir au zèle des sœurs de la Nativité, pour l'éducation des jeunes tilles confiées à leur sollicitude. Kilo mourut de la mort des ju>te>, dans sa chère communauté de Roussillon, le C mars ltfc>4, Agée de 73 ans. Les relig'Ciws de la Nativité ont conservé l'esprit ce hir vénérée fondatrice, toujours lidèles au Ir.t do leur institut, qui est de se dévouer »u soin de l'enfance, et surtout des jeunes Iles pauvres. Klles suivent avec la plus
épiscopalo; les lettres qu'il lui écrivit à cette édifiante ferveur la règle qui leur fut donnée
lin témoignent de la singulière estime qu'il par le P. Knfantin, et qui diffère pou Je
avait pour elle; il lui disait, le 12 décembre celles des religieuses de la Visitation. Elles
1828 : Vous avez toutes les qualités el toutes dirigent aujourd'hui divers établissent
les vertus propres a gouverner votre congre- dans l»'S diocèses de Valence, de Grenol l<\
gallon, et je ne craindrai pas de me tromper d'Avignon, de Viviers et de Montpellier.
î™?r °ffiU T ,vucs'1, a »'nix est d,ins vo,rt3 I^nstitut fut approuvé par ordonna
ôn nnrJ ,l'ïtldïnSf 1° ""rï? T" ^''"T r0>'al°' ,0 *28mal »C Souverain FbDlilc
toujours d accord. Lhum.lile de Mme de Pie IX lui a accordé un bref laudatif. le»
«ransu empêcha toujours d'accepter cette janvier 1855. Il n'a po ni la c o tu re té e que
oTv H^ÏÏV,lal,0n*' ' m V0Ulait Ses 'a »,reslTile 10 *■»« concile de Triote,?*.
s I n 'n"luvrf t-labl.ssement de Bous- pendant toutes les maisons sont cloître.
î'"" Z 0 i®. cî,,ér?;1 ****** , ,e ''f10 1,0 ^ k's «rurs ne peuvenlso. tir, que|««r«l!er
«eïi.î o n niu *L Vnr0"-0 ° \Vàïc'- A ^""«^^i^^'^ldansunaul^Ellesfont^
ï l 'ïvfl m* in r 1 r m 5 S,0n' q,U elle t(:n Vlt vœux souples d'obéissance, de pauvreté et de
son ifn S « ° Grc.nohle l,our ,ul exprimer cl.a>lelé ; elles ont des pensionnats pour hs
son bonheur ainsi que son regret, de ne demoiselles, des écoles internes et extern,.
lesLTT^ M,^ D,e-U I'\f"1 <Jo »,ourles c,asSM «pennes et pour le^u-
nue' vo fs* w C„ rSl lm , e|,0"r',1 1 " C vrols Ve5' Ce,l™-ci so.il très - non breuseï W
que vous unis trompez sur I âge de voire kurs établissements, ci v reçoivent .nie
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OES ORDRES RELIGIEUX
rétraction graluite, les soins le plus affeetoeui.
NATIVITÉ DE LA SAINTE VIERGE (Cos-
GRÉ6AT10* DSS RELIGIEUSES DE Lk),à Saint-
Grrmain-en-Layc.
Au mois de juin 1818, Mlle Anne Perrier, wupée de tous les genres de bonnes œu- ▼rrs, et spécialement rouée au soulagei.inii des malheureux, Ht connaître à M. i'tbhé Pourcbon son désir de travailler à li formation d'une maison pour recevoir les femmes indigentes et enceintes, et leur procurer tous les secours nécessaires pendant ii durée de leurs couches; 30,000 fr. furent offerts pour l'exécution de ce pieux dessein. On convint des avantages qui devaient résulter de cette œuvre pour la classe malheureuse, mais les fonds considérables qu'il eût fallu pour l'asseoir sur des bases •olides, les rentes dont il eût fallu la doter, tes formalités qu'elle exigeait ; les visites tiixquelles sont soumis les hôpitaux; l'in- !ia>ance de la somme proposée; tout Gt farder le projet comme impraticable.
Craignaot de voir tomber en des mains profanes une tasse d'argent qui avait été a 1 oiese de saint François de Sales, et qu'elle cédait par succession, la famille Perrier, forcée d'abandonner son premier projet, conçut l'idée de former une communauté religieuse» à l'instar de la Visitation, sous rioiocation du saint Pontife et sous les auspices de la très-sainte Vierge, à laquelle ello Hit léguer cette précieuse relique.
On oiit la main è l'œuvre, et l'on tenta counçeusement son exécution. M. l'abbé Pourcbon songea sérieusement à se procurer des !*r onoes dignes d'être associées* cette noble entreprise. La Provideuce lui en présenta cinq dans l'espace de quelques jours : Ce furent Mlles Claire Véronique G i bot, Sophie Thomas, Joséphine Saulnier, Rosalie Bl- Mut et Jeanne Fossin.
Les dites demoiselles se réunirent chaque dimanche chez Mlle Perrier, où l'abbé P. se rendait, et, par ses instructions, ses entretiens, ses avis il affermissait de plus en plus b roloolé où toutes étaient de se vouer entièrement au service de Dieu. Plusieurs wuvaines furent faites pour appeler les lumières du ciel.
Les habitants de la ville ne virent pas ces »>»mblées sans chercher a en pénétrer le motif. Chacun en parla selon ses vues, ses opinions, on les blâma généralement, et dès tors elles furent en butte a toutes sortes d humiliations. Loin d'intimider et d'abattre 13 résolution prise, ces demoiselles n'en défirent que plus courageuses b embrasser avec joie l'occasion favorable de se déclarer pour la cause de la religion en se résignant * ta critique d'un monde toujours ennemi déclaré de la piété.
Dieu fut de nouveau consulté dans une neaiaipe en l'honneur de saint François de Elle commença le 15 août et fut ter- " U|ée lo 21, fête de sainte Chantai. I.a Pn«re, le jeûne, la pénitence, tout fut em-
ployé pendant cette neuvaine afin d'obtenir du ciel les lumières nécessaires et In grâce de surmonter lus difficultés sans cesse renaissantes.
Après avoir de nouveau posé et mûri le projet, il fut arrêté qu'on travaillerait à son exécution. Au mois d'octobre 1818, on fit l'achat de l'hôtel de Rohan, ancien pensionnat de Mme Campan, situé rue des Ursulines, 42. Cette acquisition causa une grande joie, et fut pour ces demoiselles un dédommagement à tant de peines déjà souffertes.
Plusieurs de ces demoiselles prirent une part active à l'ameublement de la nouvelle maison; de nombreux voyages furent faits, et chacune d'elles apporta sa q note part d'effets et de fatigue. D'un commun accord, elles prirent des vêtements fort simples, un chftle noir et un bonnet uni; ce fut la veille de Noël qu'elles revêtirent ce costume. Ce mémo jour elles se réunirent pour passer ensemble la soirée, assistèrent aux Matines et à la grand'Messe, puis rentrèrent de nouveau chez Mlle Perrier pour y passer le reste de la nuit à prier et è chanter des cantiques; ce qui ne les empêcha pas le lendemain d'assister aux offices de cette grande fête. A la vue de leur nouveau costume, le public recommença à les persécuter, a les railler plus que jamais; on alla même jusqu'à les jouer au théâtre, mais rien ne les intimida, et ce fut avec une joie difficile h décrire qu'elles virent arriver le jour où il leur fut donné d'habiter sous le même toit, et de prendre possession de la nouvelle communauté. Cette fondation se fit le 28 décembre 1818. Par une faveur providentielle, et sans qu'on y eût songé, ce jour se trouva être celui de la mort de saint François de Sales (sous le patronage duquel on se plaçait).
Mlle Anne Perrier vint accompagnée de son vieux père inûrme. Ce vénérable vieillard avait contribué de tout son pouvoir à cette œuvre si consolante pour la religion ; son grand âge, l'affabilité de son humeur, la douceur de son caractère, et plus encore ses vertus lui avaient acquis l'estime et la vénération publique; on pouvaildirede lui que ses jours étaient pleins, tant il avait fait de bonnes œuvres, tant sa piété avait été solide.
Dès ce jour, la communauté prit le nom de la Nativité de la sainte Vierge, et Mlle Perrier en fut nommée supérieure.
La maison était située entre cour et jardin (l'une et l'autre très-vaste), et depuis longtemps inhabitée, ce qui la rendait très-froide et fort humide ; on peut juger ce que durent sou (Tri r sefjt personnes réunies dans une enceinte si spacieuse. La première nuit qu'elles y passèrent fut des plus pénibles ; la saison constamment rigoureuse vint encore ajouter aux privations.
La somme qu'on avait donnée pour l'acquisition avait épuisé les ressources; il fallut donc aviser aux moyens de pourvoir aux besoins de chaque jour : on prit de l'ouvrage en ville, chacune s'y activa de son mieux. Pendant le travail, on récitait le chapelet, on faisait en commun la lecture spiri-
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luelle, puis on récitait l'Office de l'Immaculée Conception.
Le «» février 1819, plusieurs postulantes se présentèrent. A cette époque» M. l'abbé Pour» bon donna un règlement pour toutes les heures du jour. Il fut religieusement observé jusqu'au mois de mars 1819, qu'il fut remplacé par la règle de saint Augustin; on récita dès lors l'Office de la sainto Vierge.
I.e nouvel établissement prenant des accroissements, ou résolut de le faire approuver par l'autorité civile, à laquelle on donna connaissance des choses qui s'étaient faites jusque-là, et des projets pour l'avenir; le i é>ullal de celte démarche fut un refus formel de reconnaître la maison comme communauté religieuse . On n'en continua pas moins à vivre comme par le passé et de lutter avec force et énergie contre le mauvais vouloir du conseil municipal. Dès lors, la persécution devint plus vive, on se déchaîna, on lit courir mille bruits, tous au désavantage do la maison; le maire de la ville faisait nailre sans cesse des tracasseries de tout genre, et cette œuvre, comme toutes celles de Dieu, fut marquée au coin de la croix de notre divin Sauveur. Dans ces tristes circonstances, on eut recours a Mgr Charrier de la Hoche, évèque de Versailles, qui encouragea à poursuivre l'entreprise. Sa Grandeur donna l'autorisation de prendre en secret le voile blanc, puis, quelques mois après, de faire des vœux simples pour un temps limité, et enfin de bénir un oratoire dans l'intérieur de la maison, ce qui se lit le 23 août 1819. Ouc de prières ferventes 1 quo de désirs 1 que de résolutions prises dans cet oratoire béni !... Le ciel écouta ces vœux ardents, et celle petite communauté, comme le grain de sénevé, prit au sein même de la contradiction et des persécutions un nouvel accroissement.
On résolut de prendre un costume non pas entièrement religieux , la chose était impossible, vu les circonstances, mais qui s'en approchât un peu ; il fut composé d'une robe violette, d'un tablier bleu, d'un fichu blanc, d'un bonnet blanc à simple bande unie, un chapelet au côté, une croix d'argent passée autour «lu cou; puis un chAle noir pour sortir, car on était forcé d'aller entendre la Messe et les olïiees à la paroisse. Au mois de janvier 18*20, on ouvrit un pensionnat qui se monta rapidement. A la lin de l'année, les élèves étaient au nombre de dix-sept.
La mauvaise santé de Mlle Terrier obligea de nommer une nouvelle supérieure.
Mlle Claire Gibot fui choisie pour remplir celte charge.
On reçut plusieurs nouvelles prétendantes dans lu courant de cette année. Au mois de mai on travaillait déjà h préparer une petite chapelle. Une vaste salle avec tribune, qui, du temps du pensionnai de Mme Campan, servait de salle de spectacle cl de tepré>entation fulaUeclée à faire un sanctuaire, une nef pour le public et une petite sacristie;
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la tribune fut destinée aux religieuse» • aux élèves. Un autel fut posé au milieu d; sanctuaire; quatre chandeliers de bois tan pour les jours ordinaires et quatre autre argentés pour les grandes fêtes, des naît* garnies do mousseline brodée, de simple bouquets furent toute la décoration quoi peut se permettre.
Après trois années d'attente, Mgr donni la permission do prendre publiquement !» saint habit, et nomma M. l'abbé Pounbt supérieur de l'institut. Toutes se préjarè rent à celle cérémonie par une retraite d< huit jours; et par une lerveur toute nouvelle, un sacrifice complet de lotit soi-mêaie, elles appelèrent les bénédictions do Dica sur elles et sur la maison.
Comme les vêtements avaient éié vendui ou employés à l'usage commun, toutes furent obligées de garder, pour la cérémonie, le costume qu'elles portaient; elles rajoutèrent seulement une collerette de gaze^ur que le rit du cérémonial pût êlre cieVuté. Ce fut le 21 septembre qu'eut lieu cette future. La petite chapelle avait été ornée da mieux possible; M. Rossnn, curé de Saint- Germain, donna le saint habit; celte « érémonic fut simple, mais pieuse et louchante; les assistants en fuient très-éditiés, un «ermon termina celte belle journée. Mlle Anne- Perrier reçut le nom de sœur Saiut-r'rançui* de Sales, Mlle Claire Cibot, supérieure, celui de saintede Chantai, elc, etc., etc.
A dater de ce jour fortuné, le Seigneur» plut a répandre ses faveurs sur cette nouvelle famille; l'union la plus cordiale unissait lous les cœurs; le dévouement le plu> parfait régnait parmi les membres; une môme volonté les portait à la pratique des vertus religieuses. Dès lors l'institut s'assit sur des bases plus solides. Le public le tu avec des yeux moins hostiles, plusieurs mômes en devinrent les amis et les défenseurs.
Monseigneur, après avoir été consulté nouveau, permit que les six premières fondatrices formassent des vœux perpétuels on raison des vœux simples qu'elles avaient fait* antérieurement, comme nous l'avons dit |'Iu> haut.
Ce fut le 29 janvier 1822, jour de la féi< du bienheureux saint François de Sales qucette émission de vœux se lit. La supérieure et deux religieuses de Sainl-Tlioinas iî« Villeneuve, la supérieure de la Charité et deux autres sœurs accompagnèrent celles qui faisaient pat tic de la cérémonie, et tinrent, avec les deux nouvelles novices, qw reçurent le saint habit ce jour-là même, le drap mortuaire. Un grand concours >éW'1 porté dans la chapelle pour ôtre léoaoiu «le ces cérémonies.
Tout le clergé de la paroisse y assistai. M. l'abbé Graudmoulin, célèbre prédicateur, prononça un discours qui lit admirer soc talent et sa profonde piété.
Des persécutions s'élevèrent encore, M. w mairo et d'autres autorités tirent naître^ nouveaux troubles, de nouvelles difficulté»
nicTioNNAinn
aj| NAT DES ORDRES
On œil toute sa confiance en Dieu, qui nmoie en tant d'autres occasions, protégea d une manière visible cette chère communjuté, et la rendit victorieuse de ses ennemis, qui dès lors la laissèrent tranquille.
Le supérieur général doona à celte époque les constitutions de saint François de Sales, auxquelles il apporta les modifications que réclamait la manière de vivre qu'on avait adoptée, et y ajouta, à chacun des chapitres, un supplément conforme au l>ui de l'institut.
Celle même année 1822, six nouvelles [ovulantes se présentèrent, et reçurent le saint habit a différentes époques.
La tribune devenant trop petite pour contenir le nombre des religieuses et celui des élèves qui augmentaient chaque jour, on pensa sérieusement a faire bâtir une nef lour lo public; on prit à cet effet les remises et les écuries qui étaient d'une immense élendue, et l'on réserva un terrain ]<wr un appartement complet destiné h U. l'aumônier. Ces travaux furent terminés au mois de juin 1623.
Le 23 du même mois et de la même année, toute la communauté éprouva uno |Ytie bien donloureuse, dont elle fut vivement affectée. La Mère Saint-François, première fondatrice, et première supérieure de la congrégation, succomba après une complication de maladies cruelles,endurées avec une paiience, avec un courage héroïque. Un cancer qui, depuis de longues années, lui rongeait le sein, ajoutait encore à ses autres nuui. Dire ce qu elle souffrit serait impossible: ce mal, toujours croissant, la conduisit insensiblement au tombeau.
Le désir de la conserver à l'amour de ses »wrs fit entreprendre une neuvaine à saint François de Sales: chaque jour de la neuvaine eut ses pénitences particulières, elle but dans la lasse de ce grand saint, relique précieuse qui se conserve ici depuis l'établissement de la maison. Ces vœux furent entendus du ciel, et le Seigneur guérit miraculeusement sa fidèle épouse. Le sein qui n était plus qu'une plaie hideuse a voir, et où les vers s'étaient engendrés, fut complètement guéri dans le cours de cette neuvaine; et il ne resta d'une plaie aussi horrible, qu'une chairaussi fraîche que celle d'un enfant Ce prodige fut vu et reconnu de plusieurs médecins qui crièrent au miracle 1 1 Celle vénérée mère fut conservée une année encore à l'affection de la communauté, pour l'édification de chacun de ses membres; nais c'était un fruit mur pour le ciel : ses autres maux l'enlevèrent à la vénération générale. Sa vie comme chrétienne et comme rengieuse avait toujours élé le type de toutes les vertus, ses sœurs l'aimaient comme une liodre mère, et l'estimaient comme une vénUble sainte.
Le pensionnat s'agrandissaut, on abattit deux superbes allées de maronniers pour construire deux ailes de bâtiment ; on fit •uisiune nouvelle chapelle, telle qu'elle
existe aujourd'hui, et la bénédiction s'en lit la veille de l'Assomption 1825.
En janvier 1825, mère Sainte-Chantal fui élue supérieure générale, et mère Saint-Augustin, supérieure assistante ; les élections se firent pour la première fois selon les formes déterminées par les constitutions.
Au mois - d'août de la même année, M. Fravssinous,évêqued'Hermopolis, ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique, s'acquit un droit éternel à la reconnaissance de la congrégation, par le bienveillant intérêt qu'il lui témoigna; et par les démarches qu il lit auprès de £a Majesté Charles X pour la faire approuver. Il obtint l'approbation des statuts et l'autorisation de vivre en communauté religieuse. Ces pièces précieuses furent délivrées le 7 juin 1826, et sont conservées dans les archives de la congrégation.
Le 1" mai 1827, on ouvrit des classes gratuites pour les enfants pauvres de la ville.
Au mois d'octobre, la communauté s'enrichit d'un grand nombre de reliques, dont la translation se fit très-solennellement le 9 octobre 1827.
Vers la fin de l'année 1829, Dieu manifesta d'une manière sensible que l'existence de la communauté lui était agréable, et qu'il voulait qu'elle se propageât en fanant naître une circonstance favorable a une nouvelle fondation.
La communauté se composait alors de G5 religieuses. Le supérieur général ayant eu occasion de faire un voyage en Lorrainev s'arrêta dans la ville de Pont-à-Mousson,y vit M. l'abbé Fénal.premier vicaire de la paroisse Saint-Laurent, qui lui manifesta le désir d'avoir dans la ville une communauté religieuse iloni on était privé depuis la révolution do 93. Celte demande fut accueillie, mais rien ne fut arrêté. M. l'abbé Fénal revint souvent à la charge, sans que le supérieur se déterminât à aucune démarche. Des lettres très-pressantes arrivèrent ici, et cette persévérance a vouloir cette fondation fit examiner la chose d'une manière tout à fait sérieuse, on crut y voir l'expression de la volonté divine. Le supérieur général fit un second voyage en Lorraine, en 1830, sYntendit avec Tes autorités ecclésiastiques et civiles, vit la maison que M. l'abbé Fénal avait en vue : c'était un ancien monastère, fondé par sainte Chantai, qui l'avait habité pendant quelque temps, et dont la cellule, ainsi que plusieurs autres, existait encore. Celte maison plut au supérieur, il convint du prix, et le 21 juin 1830, une petite colonie partit pour la fondation.
Le 27 du même mois, éclata la révolution de 1830, et avec elle la persécution. L'enthousiasme que les habitants avaient fait éclater se changea en fureur; on ne voulait plus de commuuauté religieuse; on fit enlever la croix placée sur le portail, et sous prétexte que l'on cachait l'évêque de Nancy, . on mit les scellés sur les vases sacrés, sûr la chapelle. A dater de ce jour, elles furent
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