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deux îles nouTûlles sœurs. Sept autres paroisses en reçurent dans les années 1853 et 1854. Mgr l'archevêque fut alors d'avis que la nouvelle congrégation demandât l'autorisaliondu gouvernement. Sa puissante recommandation fit accueillir favorablement la demande, et le décret d'autorisation fut rendu le 25 juillet 1855.
Lo mois de septembre suivant, une petite communauté non encore autorisée vint, sur l'avis do Mgr l'archevêque, se réunir à la congrégation récemment autorisée. Kl le a depuis fondé six autres maisons, ce qui porte à quatorze le nombre des établissements qu'elle a faits , sans compter la maison mère du Plan.
La congrégation est maintenant composée de soixante-dix membres; elle e>t gouvernée par une supéiicure générale résidant à la maison mère du Plan.
Le but de cette congrégation est de donner aux filles peu aisées, qui ont la vocation, la facilité d'entrer dans l'étal religieux, el de donner aux paroisses pauvres les moyens d'avoir des soeurs pour élever les enfants el visiter les malades.
Les sœurs instruisent les enfants, môme les petits garçons dans les paroisses où la loi permet la réunion des enfants des deux sexes dans la môme école. Elles visitent les malades, tiennent des salles d'asite cl des onvroirs. Les paroisses qui n'ont do res- «^urces que pour cntrelenir une sœur peuvent n'en demander qu'une.
Le noviciat, y compris le postulat, est de deux ans, au bout desquels on peut faire profession. 11 faut six mois de séjour dans la maison pour prendre l'habit. Les novices ne sont point obligées de porter de dot. Elles payent seulement une pension modique pendant le noviciat. Elles conservent la propriété de leurs biens et elles peuvent en disposer.
Quant au règlement, il recommando les vertus nécessaires à une bonne religieuse, l'obéissance, la modestie, la pauvreté, le silence, l'humilité, la charité; destinées aux paroisses pauvres, ces sœurs doivent rapprocher leur vie de telles des pauvres.(l)
NAZARETH (Maison de Notre-Dame du), à Marseille.
Il est beaucoup de villes en France où existent des réunions de dames séculières, qui se vouent à toutes sortes de bonnes œuvres, mais surtout à l'instruction el à l'éducation d'orphelins ; elles font des vœux, suivent une règle comme dans les maisons religieuses ; il y en a môme qui observent la clôture quoiqu'elle ne soit pas de stricte obligation , mais elles sont séculières en apparence; elles ne portent pas l'habit religieux; celles qui habitent les maisons sont habillées simplement, les autres suivent les usages reçus, suivant leur rang et leur position; tels sont les membres de Noire-Dame de Nazareth à Marseille, leurs classes sont très -fréquentées, les enfants sunl élevées avec simplicité, mais on a soin
(I) VoV. à lu fin do vol., i.° ni.
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surtout do les bien instruiresur leurs detoirs religieux elde leur inspirer l'amour du trivail.
Une cérémonie religieuse, aussi intéressante par les circonstances qui s'y rattachent que par la solennité qui l'accompagna, eut lieu le 8 octobro 1849 dans cette owisonds Nazareth rcinq pctiles éthiopiennes, recueillies par les Dames de Nazareth, et éleïées par elles dans les principes de la religion chrétienne, reçurent le baptême des mai«s de Mgr lévôquc.
La présence de ces enfants dans une maison religieuse de Marseille révèle un deres dévouements que le christianisme seul a pu inspirer, comme il inspira François Xautr et Vincent de Paul.
En 1839, un prêtre, Nicolas Olivier, de Gênes, parcourait le Levant. La vuedumiN ché du Caire, où une foule de petites négresses élaient exposées en vente, l émuide compassion et excita sa charité. Les |>auvres enfants, volées pour la plupart à leurs }»• rents, el quelquefois même vendues par eux-mêmes, sont conduites comme un ni bétail par d'impitoyables marchands qui lej livrent aux riches Égyptiens; ce prélre, courageux autant que modeste, conçut la jenseo d'arracher ces malheureuses à leur tnsta sort : plein d'ardeur, pénétré de si sainte mission, il revient en Europe, parcourt les diocèses cl consacre toutes ses forces, toutes ses facultés, à recueillir les aumônes du fidèles qui veulent bien s'associer à suo œuvre.
La Providence a béni les efforts oe l'honorable prêtre; son dévouement, son zèle véritable ont reçu leur récompense; déjà eo 16W soixante-quatorze filles avaient été achetées par lui, ramenées de ces pays à demi-barbares cl confiées par groupes à diverses communautés religieuses de France et d'Italie, el ce* pendant l'achat de chacuno d'elles n'avait pas coûté moins de 4 à 500 fr.
Les dames de Nazareth furent assez heureuses, il y a quelques mois, pour être appelées a concourir à la divine mission du prêtre Olivier : une dame aussi recommandablepar sa piété que par sa bienfaisance, et qui portait le plus vif intérêt à celte œu«* de rédemption, recevait ordinairement «es petites négresses à leur arrivée à Marseille, en attendant leur destination ultérieure; elle eut un jour la pensée de demander pour elles l'hospitalité à la maison deN«zareth ; cette hospitalité qui n'était que passagère, fut bientôt une adoption. Peu Je temps après, un nouvel envoi de ces petites filles eut encore lieu, elles furent aussi accueillies dans la maison; trois autres, H"5 tard y furent encoro admises. Les dames do Nazareth sont devenues leurs mèresetsont heureuses de leur prodiguer tous les soins que nécessitent leur naissance et leurs habitudes; elles leurs donnent ensuite une instruction et une éducation chrétiennes NAZARETH (Société des dîmes dfJ,<*JW' mirait (Marne) , diocèse de Cholo**-
La société religieuse des dames de >*a***
DICTIONNAIUK
m NAZ DES ORDRES
reih a été fondée a Montmirail.petite ville du département de la Marne, en l'année 1822. Approuvée d'abord par Mgr l'archevêque! de i;*mi et ensuite par Mgr 1'évéque de Châlûoi,dan5 le diocèse duquel se trouve Montstrail, elle a été reconnue comme société rdwiease |K>ur l'éducation de la jeunesse ti paiement autorisée.
Le st. P. Roger de la Compagnie de Jésus érigeait, depuis quelques années, la pieuse duchesse de Doudeauville, et Mlle Rollat, deuxgrandès Ames que Dieu destinait, ainsi que leur saint directeur, à fonder la société u Nazareth. En effet tous les trois avec des pensées et des vues unanimes, après beaucoup de vœux et de prières pour connaître la tolonlé de Dieu, commencèrent l'œuvre malgré les nombreuses difficultés qui surtioreot; mais ces difficultés augmentèrent kor foi et leur courage.
La duchesse s'en déclara fondatrice temporelle et demanda que le premier établissement, dont elle fit les frais, fût dans sa terre de Monlmirail. Tout fut conclu, et le 3 mai de l'année 1822 vit éclore celte petite «ciété (!a plus minime dans l'Eglise) dont Mlle Rollat fut la première supérieure.
Le R. P. Roger commença a dresser des règles et dirigea la petite société naissante Joui les accroissements furent très-lents et fés-péaibles. En janvier 1839 la mort vint la surprendre au milieu de ses travaux, et Xaureth, faible encore et pour ainsi dire à joq berceau, se vit tout à coup privé de son l lus ferme appui. Mais la divine providence lui reodît un soutien. Un autre religieux de la i&eme compagnie qui avait déjà eu des rapports étroits avec les trois âmes à qui le 0*1 avait inspiré la société de Nazareth, autorisé par les supérieurs majeurs, reprit la Ucheoù le R. P. Roger l'avait laissée, cooruonoa et continua les constitutions jusqu'à Itar entier achèvement, et confondit ainsi dans une pieuse unité ses pensées et son ièl« «Tec le zèle et les pensées du fondateur de l'œuvre.
Le but que se proposent les dames de Naurelhesl d'imiter, autant que possible, dans la retraite la vie cachée de Notre-Seigneur Jé- Ms-Chml, et de s'employer avec l'aide de sa grâce, par amour pour ce Dieu pauvre et loéenti, à l'éducation chrétienne et solide des jeunes personnes de la classe aisée et à des filles pauvres.
Leur genre de vie est simple, sans aucune mortification extraordinaire, alin de réserver louie la force du corps pour l'œuvre de zèle çuellesontembrassée. Une de leurs maximes invariables est de ne rien prendre, ni môme lUeodre pour la communauté du profit temporel de leurs pensionnais, mais de l'eiol'iorer en bonnes œuvres.
Retirées du monde les dames de Nazareth ooot avec les personnes du dehors que les relations absolument nécessaires pour remplir les devoirs de leur vocation. Une vio "u$ale, un costume simple, la récitation de iOitice de la très-sainte Vierge, la fidélité »« emplois, l'union des cœurs, Je silence
et l'obéissance, en un mot la vie cachée de Jésus, Marie, Joseph, à Nazareth, et les humbles vertus de la Sainte-Famille formont l'esprit et la règle do cet institut.
Les dames de Nazareth reçoivent aussi des sœurs dites servantes de la Sainte- Famille pour le service intérieur de la maison et d'autres pour le service extérieur, qui se nomment sœurs auxiliaires. Leurs costumes diffèrent entre eux et celui des dames.
Les dames et les sœurs servantes font les vœux ordinaires de religion après les épreuves nécessaires.
Les sœurs auxiliaires font le vœu annuel d'obéissance, et, après quelques années, elles sont admises à faire le vœu de stabilité.
Le plan d'éducation adopté par les daines de Nazareth a pour but de rendre leurs élèves de vraies et solidos Chrétiennes par une étude approfondie et pratique de la religion, d'orner agréablement et utilement leur esprit, de préparer leur cœur aux devoirs de la société etde les habituer à une vie occupée, h l'amour de l'ordre, de l'économie, du travail et de la bonne tenue d'une maison.
Gomme elles n'admettent ordinairement que des pensionnaires sans mélange d'externes, et qu'elles tiennent à avoir, non pas de trop nombreuses réunions d'élèves, mais des maisons vastes et assez complètes, elles ont pu, sans subir certaines influences et sans cette intempérance d'enseignement qui effleure tout et ne sert qu'à éblouir, réaliser des études sérieuses, recueillies, et une éducation qui fût en rapport avec le véritable avenir d'une femme.
Leur maison mère ayant été d'abord érigée par le gouvernement en pensionnat royal, elles avaient pensé a en faire une école normale d'institutrices pour les parents qui gardent leurs enfants au sein de la famille. Ce projet dont les4 événements publics ont arrêté 1 exécution, n'a jamais été entièrement abandonné.
Dans son intérieur cette petite congrégation est gouvernée par une supérieure générale nommée pour dix ans et par autant de supérieures locales qu'il y a de maisons; chaque maison est accompagnée d'un pensionnat de jeunes demoiselles de la classe aisée et, autant que possible, d'une école gratuite pour les petites filles pauvres.
Dans ce moment la société ne compte que trois maisons, une à Monlmirail qui est la maison mère, une aulre à Oui lins près Lyou et une troisième à Nazareth en Galilée.
C'est dans le courant de l'année 1853 et par un concours de circonstances toutes providentielles que les dames de Nazareth ont été appelées par Mgr Valerga, patriarche latin de Jérusalem à fonder un établissement dans la pauvre bourgade de Nazareth en Galilée en faveur des petites compatriotes de la saintu Vierge et dans le but de donner à ces enfants avec l'instruction religieuse dont elles manquent complètement des habitudes do travail, de propreté et de civilisation morale, qui ne leur sont pas moins étrangères.