OU NOM D1CT
Les religieuses employées dans cetlo maison donnent aussi des soins aux malades, il y a chez elle un dispensaire, une ambulance môme au besoin, et elles vont a domicile quand les infirmes ne peuvent venir les trouver. Celte nouvelle fondation prend des proportions vraiment consolantes.
NOM DE JESUS (Congrégation des rf.u- «iKtsBs dl SAINT-), d La Ciotat, diocèse de Marseille.
C'est ainsi que l'on appelle les religieuses qui composent la communauté fondée en 1832 à La Ciotat, diocèse de Marseille.
Voici quelle fut l'origine de cette communauté. L'abbé Vidal, alors vicaire de !a paroisse de La Ciotat, aujourd'hui recteur de la paroisse Saint-Vincent de Paul à Marseille, était chargé du catéchisme des filles; voyant combien il était long et difficile d'apprendre les lettres du catéchisme à celles d'entre elles qui ne savaient pas lire, — et le nombre en étaitassezgrand,— il proposa à plusieurs personnes pieuses de recevoir, chacune chez elle, une portion de ces pauvres enfants, pour leur faire répéter les leçons qu'elles avaient commencé à apprendre a I église, et pour les préparer a la leçon qui devait leur être donnée prochainement. La proposition fut acceptée, et l'abbé Vidal n'eut qu'à se féliciter des résultats vie celte petite bonne œuvre. Plus tard ces personnes pieuses encouragées par le bien que produisait leur zèle, demandèrent elles-mêmes de se réunir toutes dans un môme local pour fairo leur œuvre sur une plus grande échelle et donner à leurs élèves, outre l'instruction religieuse, quelques leçons de lecture et quelques notions de travail; il était impossible de rejeter une pareille demande et de ne pas seconder un tel dévouement. Dieu bénit l'entreprise, et le succès fut admirable; enfin ces mômes personnes, toujours plus désireuses de procurer la gloire de Dieu et d'établir le règne de Jésus-Christ dans les jeunes âmes, demandèrent pourquoi elles ne formeraient pas uno petite congrégation religieuse qui se consacrerait spécialement a. enseigner la doctrine chrétienne aux enfants pauvres de leur sexe, toujours sous la direction du clergé paroissial ? La question grandissait et dépassait le pouvoir du jeune prêtre qui se trouvait en tôle de ces mouvements de zèle el de charité. Elle fut donc soumise h l'évoque de Marseille qui, toujours prêt à encourager et à seconder les bonnes œuvres, l'accueillit favorablement, trouva le dessein bien approprié aux besoins de la population, et chargea l'abbé Vidal d'en diriger l'exécution. Feu de temps après la petite communauté était formée, et la ville de La Ciotat vit paraître avec joie quelque chose qui lui rappelait les nombreux couvents qu'elle comptait dans son sein avant 1789.
Les progrès de cette communauté ont été en proportion de ce qu'il y a eu d'humble et de petit dans son origine. Une maison bourgeoise a suffi d'abord, et pour loger les religieuses et pour recevoir les enfants
NA1RE NOM m
qui venaient chercher auprès d'elles l'iastruclion religieuse. Un an après, elles firent l'acquisition île l'ancien collège des Minimes qui offrit plus d'espace et plus de facilité pour les exercices do la vie religieuse. Enfin elles possèdent et habitent aujourd'hui le vaste et magnifique local qui formait autre* .fois le collège des frôtres de l'Oratoire. Dans les premiers jours la communauté n'avait pas de ressources même pour payer li location de la maison qu'elle habitait. Peu de temps après elle a pu acheter l'ancien collège des Minimes, et enfin celui de l'Oratoire où de fortes réparations et de grandes améliorations ont été faites. L'instruction chrétienne des enfants pauvres de leurseie a été la première œuvre des religieuses de Jésus, elles l'ont toujours conservée et elle* la continueront toujours, mais peu a pe* de nouvelles œuvres ont été ajoutées à la première. Aujourd'hui elles se rendent utile* aux enfants de toutes les classes de la sociélé, elles ont un pensionnat pour les jeunes tilles , qui n'est pas sans réputation et quia bien souvent reçu des éloges et des récompenses du gouvernement. Elles ouvrent aussi leurs classes aux externes et elles varient l'instruction selon le désir des parenu. Elles ont une école gratuite, el le conseil municipal s'est empressé de leur con6er l'école communale. Leur sollicitude s'est portée jusque sur la première enfance, et elles lui ont ouvert une salle d'asile.— Une fois que les enfants de la classe ouvrière onl acquis l'instruction en rapport avec leur condition, elles passent,si tel est ledésir de leurs parents, a un ouvroir, le plus complet qui existe peut-être, où elles peuvent choisir le genre de travail qui leur plaît et s'y perfectionnent do manière à gagner facilement leur vie eo rentrant auprès de leurs parents. Inutile de dire que l'instruction religieuse et les leçoas de piété tiennent la première place dausle système d'éducation qui est appliqué dans la maison du Nom de Jésus.etque le but principal que l'on se propose, est do former de bonnes c hrétiennes. Lorsque les enfants oui terminé leur apprentisage, on les reçoit encore dans la maison à des jours et à des heures marquées. Elles se réunissent dans uneebapo ie qui leur est consacrée pour y recevoir des instructions, y célébrer certaines fêtes, el y faire des exercices de piété. Elles forment une association sous le titre de Filles de Marie pour assurer leur persévérance.
La congrégation des .religieuses deJesns suit la règle de Saint-Augustin. Les constitutions et autres dispositions pour le gouvernement et la direction de la communauté sont propres à la congrégation. Il n'y a |«s eu d'autre fondation jusqu'à ce jour. La mulliluded'œuvres qu'embrasse la coogrégilion exigeant un nombreux personnel et des sujets exercés, on tienl h fortifier la première maison el à perfectionner, autant que possible, l'esprit et la direction qu'on y a établis. Dans la fondation de cette congrégation on a en vue particulièrement les petite* villes où une œuvre seule est nécessairement
m KUil DES ORDRE
vnp restreinte pour occuper une communauté active, roais où elle peut embrasser lootes les œuvres que réclament les hesoias de la population. — La commu- [UDté agit en toutes choses de concert me le clergé paroissial et est placée sous sa hrection. Les religieuses portent une robe, une pèlerine et un voile de couleur noire ; e:le* ont un crucifix placé sur la poitrine, i«é en sautoir, et suspendu à un cordon Mftiet; leur bonnet est de la forme de celui des dames du Sacré-Cœur des sœurs gardes- Djlàdes et de plusieurs autrescommunautés kiq cloîtrées. (1)
*0M DE JESUS (Conoréoatioîi du SAINT-).
Société de femmes, au diocèse du Puy, et fui est établie è Saint-Didier et à Retournée.
SOI! DE JÉSUS (Cokgréoatio» du SAINT-), d Loriot (Drôine).
En 1833, une pieuse fille de Loriol , voyant jt«c douleur l'ignorance de la plupart des niants de cette paroisse, résolut d'y porter remède en se dévouant à leur instruction. Die fit part de son projet a deux ou trois de *i corn pagnes, qui entrèrent volontiers dans «s vues, et une petite école fut ouverte, a ii grande satisfaction des familles pauvres, rçoi se hâtèrent d'y envoyer leurs enfants. L'œuvre, s'étant affermie et développée peu a peu, plusieurs personnes, animées de l'esfrit de Dieu, voulurent y prendre part, et lear concours fut reçu avec empressement !« l'humble fondatrice. Quelques années > écoulèrent, et le bien s'opéra dans la nouille école; mais bientôt arriva le temps des épreuves, des luttes, des contrariétés de tout pore. La mère Régis, qui était à la tète de crtte communauté naissante, résista couraçtusemeot à l'orage. Sa douceur, sa sagesse, a conduite et sa confiance en Dieu, ne se ^mentirent jamais dans ces tristes conjonc tares. Elle conserva, parmi ses compagnes, •'«prit d'union et de dévouement dont elles "aient un si grand besoin. Enfin, Dieu ré compensa tant de peine et de patience. La «agrégation fut érigée canon i ornement en congrégation religieuse, sous le titre du «<m Nom de Jésus, par ordonnance épisco- |«!e du 17 septembre 184i. Mgr Chartreuse, «»6<nie de Valence, approuva Te but de cette pieuse institution, qui est de diriger les petites écoles des campagnes, pour lesquelles il suffit quelquefois d une seule maîtresse.
La congrégation du Saint-Nom de Jésus de uriol dirige déjà dix ou douze écoles dans » diocèse de Valence. Elle a obtenu, du ?r>uvernciDent une autorisation légale. Tout hit espérer que celte œuvre, digne de tant d intérêt, grandira de plus en plus, et porlera <1« fruits de zèle et d'édification qui la ieruQt bénir de jour en jour de toutes les fafciiles chrétiennes. (2) 0 frf- à U fin do toI., 17î, 174.
NOM DE JESUS (Ordre de chevalerie du) en Suide.
L'Ordre de chevalerie du Nom de Jésus, appelé aussi des Séraphins, fut fondé en 133$, en Suède, par Magnoss, roi de Suède, et Camus VIII, roi de Norvège, pour défendre les Etats contre les incursions et le pillage des Barbares. Par là, ils rendirent les plus grands services à la religion, en empêchant les hérétiques de propager leurs erreurs; mais le luthéranisme ayant été embrassé par les trois rois du Nord, au xvi* siècle, l'ordre cessa d'exister.
Le collier des chevaliers était composé de figures de Séraphins en émail rouge et de croix patriarcales d'or, en mémoire du siège épiscopal d'Upsal; du collier pendait un œuf, au milieu duquel étaient ces mots : le nom de >ésus- Christ sur un champ d'azur, avec quatre clous blancs et noirs.
NOMS DE JÉSUS ET DE MARIE (Soeurs des SAINTS-), ou Soeurs de Longueuil, à Montréal.
Une communauté, plus spécialement chargée de l'éducation des filles de la campagne, pour les former à la vertu et à la piété, s'est formée, en 1843, dans le diocèse de Montréal. Elle fut l'œuvre de trois saintes filles, Eulalie Durocher, dite sœur Marie -Rose; Mélodie Dufrène, dite Marie- Agnès; Henriette Léré, dite Marie-Madeleine.
Le 8 décembre 1844, les trois fondatrices furent admises è faire des vœux, et la communauté fut érigée canoniquement pour l'instruction des jeunes personnes. Elle compte déjà cinq établissements ou missions relevant de la maison mère fixée a Longueuil; et, è la fin de l'année 1853, on y voyait 49 professes, 14 novices ou postulantes, 300 élèves pensionnaires ou demipensionnaires, et 405 externes.
Cette fondation fait le plus grand honneur è la fabrique de Longueuil, et au digne curé de la paroisse, messire Louis-Moïse Brassard. Grâce à leur munificence, cette pieuse communauté a été fixée au beau village de Longueuil, et, parmi ses principaux bienfaiteurs, nous devons également mentionner le frère de l'une des fondatrices, messire Théophile Durocher, curé e ficlœil, qui a doté la communauté de biens-fonds d'une valeur de 500 louis. Beaucoup d'autres paroisses ont consacré également des sommes considérables pour le bien de l'éducation, et les Canadiens ne reculent jamais devant des dépenses de ce genre, quand il s'agit do l'instruction religieuse de la jeunesse, et quand ils ont le bonheur d'avoir un curé animé de l'amour du bien, comme M. Brassard. La fabrique de Longueuil a acheté un grand terrain dans le village, et elle y a construit une belle bâtisse en pierre : la dépense totale s'est élevée è 36,000 francs. La fabrique en a fait donation aux Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, et, depuis lors, les économies de ces saintes lit les, ainsi que les sacrifices pécuniaires de leur bon curé, leur ont permis d'acquérir
(2) Voy. à la fin du vol., n* 175.
.nom diction:
d'autres lorrains, qu'elles ont ajoutés au premier, et qui funt de leur couvent actuel un superbe établissement valant au moins 5,000 louis. Un pareil résultat, après neuf ans d'exigence d'une communauté de campagne, fait le plus magnifique éloge de la générosité dos Canadiens pour la cause de la religion et de l'éducation, en même temps qu'il prouve que l'institut de Longueuil e-t • loué de celle vitalité dont Dieu récompense les œuvres utiles à sa gloire.
lin I8'i9 les PP. Oblals ayant quitté Lor.gueuil pour venir s'établir h Montréal, cessèrent d'avoir la direction tin couvent, et Messire Hrassard en est devenu le supérieur. Il est vénéré par les sœurs comme leur fondateur et leur père, et ses travaux pour la cause île l'édification rappellent que, depuis plus d'un siècle, six membres de la môme famille oi.l l'ait pulic du clergé Canadien , en l'honorant | ar leurs lumières et leurs vertus. Le plus connu, Messin' Louis-Marie Brassard, mort à Nicolel en 1800, à l'Age de 7V ans, est le fondateur du beau collège de ce nom qu'il légua à l'évèque de Québec, a la condition de continuer l'œuvre. Aujourd'hui, deux cent cinquante enfants reçoivent l'instruction dans cet établissement, et il a fourni à la colonie trois de ses évôques, un nombre considérable de prêtres, et des personnes distinguées par leur mérite dans les rangs élevés de la société.
Si, pour bien remplir leurs sublimes fonctions, les sœurs de la Charité ont besoin d'une vocation extraordinaire qui ne se rencontre que dans le catholicisme , les sœurs enseignantes ne trouvent aussi que dans la religion un aliment et une récompense pour leur dévouement. Olcz ce mobile à leur conduite, qu'y a-t-il tic [dus fastidieux et de plus abrutissant, humainement parlant, que d'apprendre les premiers éléments de la lecture a de très-jeunes enfants, de leur répéter cent fois la même leçon sans être à peine compris et de hâler'le développement d'intelligences paresseuses ou récalcitrantes? Aussi chercheriez-vous en vain, hors des communautés religieuses» des maîtresses d'école qui aient le goût «le leur | rofession. Des jeunes filles pourront adopter ce métier par nécessité; mais leur idée fixe sera de se créer une autre position; le dégoût et l'ennui se trahiront dans toutes leurs actions; cl si elles réussissent a se marier, elles abandonneront l'école au plus vite, pour no consacrer leur temps et leurs connaissances qu'à leurs propres enfants. Seuls les couvents produisent des intelligences d'élite pour lequel renseignement se transfigure et devient apostolat ; les religieuses déploient , pour former l'esprit et le cœur des enfants des autres, plus de zèje, de patience et de savoir que n'en auraient montré les mères elles-mêmes; et les sœurs de Longueuil, dignes émules des communautés enseignantes si nombreuses du Canada, ne font que suivre la voie où les ont précédées, depuis deux siècles, les CrMilines de Québec, et la congrégation de Montréal.
Al HE NOT M
La Seigneurie de Longueuil, où s'est fondée la communauté des sœurs des SS. Nutus de Jésus et de Marie, est célèbre en Canada, pane qu'elle fut érigée eu baronnie \*î Louis XIV, en l'année 1700, en l'honneur de la famille Le Moyue, composée de katei parmi les braves pendant plusieurs générations. Le premier baron de Longueuil. oflicier de mérite, a été gouverneur de Montrai, cl deux de ses frères se sont fait de l*am noms qui sont justement admirés en France: l'un, Bienville, le colonisateur de la Loue sane ; l'autre d'Iberville, olficier de nwine intrépide, et vainqueur des Anglais à a baie d'Hudson et ailleurs, dans plusieurs commis où il montra le courage d'un héros. Le fort de Longueuil, bali parle premier baron de ce nom de 1085 à 1601, renfermait une U Ile église. Il était en pierres, flanqué de quatre tours, et les Américains l'occupèrent quel jue temps en 1775.
Il avait encore garnison anglaise en 1762. mais le fort lomUint en ruines a été démoli de 1810 à 1811 , et une partie des pierres de son enceinte c>t entrée dans la construilioû de l'église actuelle de Longueuil, où misent les cendres de Mgr Pierre Deuaut, l« seul des évôques de Québec qui ne sou pas enterré dans sa cathédrale.
La maison mère qui e.st à Longueur compte trente-cinq sœurs professes, su no* nés, huit postulantes; vingt-quatre demipensionnaires, cent cinquante externes.
NOTRIÎ-DAMK I>E LA PROVIDENCE (Religieuses dk), à l'pie (DrôaieV
Recueillir les orphelines, les élever dau la pratique des vertus, leur apprendre i travailler et fournir à tous leurs ksuiw jusqu'à l'âge do 18 ou 20 ans, sans autn ressource que la Providence, tel est le l i et l'admirable dévouement des religieux:
dTpic.
Comme bien d'autres, cette œuvre a coin mencé sans bruit et sans éclat : inspirai'* de la charité chrétienne, dont les industrie sont inépuisables. Llle a rendu, et rend en core des services signalés à un grand nombf' de pauvres enfants, qui lui doivent une e'^u cation chrétienne, la paix et l'innocence i leurs jeunes atméet, et peut-être même ! conservation de leurs jours. Dieu a bém le humbles religieuses qui se dévouent à u ministère si obscur, et souvent si péml t Malgré bien des traverses, des hutuiiiaiw. • des épreuves de toute nature; malgré leu pauvreté, qui fut toujours bien grande, « quelquefois extrême, elles ont fondé, dan le village d'Unie, un établissement,^ l'utilité est reconnue de tout le inonde, c qui excite des sympathies universelles ?'.i< légé (>ar Mgr l'évèque île Valence, et jJ l'administration du déparlemenlde la Drôiusoutenu par les libéralités des familles et <it personnes bienfaisantes, cet orphelinat u ses ressources grandir peu à peu avec nombre des enfants qu'il abrite contre i malheur.
NOT
DES onHRES ÎIEMCIKL'X.
PIOTHE-DAME (Cotiobégation de), d Montréal.
ilotùt sur Mlle Bourgeois, sa fondatrice.
Marguerite Bourgeois naquit a Troyes, (Aube); dès son enfance elle se distingua par ie* dispositions singulières qu'elle annonça poor la piété et pour la vertu; sa sagesse et [4 maturité de son jugement lui donnèrent comme naturellement uu ascendant sur toutes les compagnes.
Les personnes appelées de Dieu à quelque dessein particulier donnent ordinairement dès l'âge le plus tendre des indices (le leur location, qui sont comme des fruits précoces de l'esprit qui déjà l'examine et les dirige, ce fut ce qu'on eut lieu de remarquer dans U jeune Marguerite; elle semblait préluder a l'exercice du zèle |>ar ses entreliens avec ■netroupc d'âmes innocentes, elle était fidèle aux pratiques ordinaires de la piété : elle ne souffrait pas qu'il y eût rien d'immodesto dans sa parure; toutefois en observant les règles du la décence, elle ne se faisait pas uu scrupule de mettre quelque recherche tour ne pas paraître inférieure aux filles do ta condition et de son âge; elle persévéra uids ses habitudes jusqu'à l'âge de vingt ci* et demi, où la sainte Vierge opéra dans r ie un merveilleux changement.
C'était le premier dimanche d'octobre, pendant la procession du Rosaire, ayant jeté les yeux sur une statue placée sur le portail li'uee abbaye, elle lui parut d'une ravissante it céleste beauté; en môme temps son esprit lui éclairé tout à coup d'une manière^iif naturelle qui lui découvrit le néant de toutes les choses de ce monde et. son cœur fut pénétré de l'amour le plus pur. Jamais peutlire ces paroles du cantique, que l'âme fidèle dias l'ivresse de son amour, adresse à Marie : toai avez blessé mon cœur, 6 ma sœur, vous oftx- blessé mon cœur par uu seul regard de tôt ytiuc : « Vulnerasli cor meum, soror mea; 'loue, vulnerasli cor meum, etc. (Cant.\v,9), ne furent plus littéralement accomplies que dans cette circonstance; car ce rayon de i lee, que la très-sainte Vierge laissa tomber surla jeune Marguerite, fut comme un irait pénétrant qui porta dans son cœur l'amour le plus ardent envers Marie et le remfiit pour eHe des sentiments les plus vils Je tendresse, do confiance et d'amour.
Après celte faveur, sa première démarche fut d'aller se jeter aux pieds du grand ptaibtnciec et de lui faite une confession «ilraordinaire. Kile n'usa plus que d'habillement simple et de couleur brune ou noire, sans soie ni ornements superflus; elle se dévoua au service de Dieu. Pour donner [lus d'aliments à sa ferveur, elle se joigtiit • de pieuses congréganistes.
tes religieuses de la Congrégation de Nuire-Dame de l'institution du P. Fourier, ^rticttUèrement vouées {h la sanctification de» j«-utu»s personnes et établies à Troues •û 1628, avaient commencé une congrégal">n externe. C'était une pieuse association jeunes |*rsonnos, qui, sans contracter
aucun engagement de conscience, s'assemblaient les jours de dimanche et de fêtes pour vaquer à quelques pratiques de religion et à exercer quelques fonctions de charité et de zèle ; soutenues les unes des autres par leurs exemples édifiants et leur ferveur mutuelle, elles s'efforçaient de se conformer dans leur extérieur aux règles de la plus austère simplicité. Cette vie exem-
glaire était la censure de toutes les jeunes Iles qui n'avaient pas le courage de les imiter.
Les membres de cette Congrégation, dont la vertu était aussi solide qu'elle était exemplaire, accueillirent la jeune Marguerite avec la plus vive satisfaction. Elle fut pour elles un modèle digne d'être proposé à toutes, et qui excita une sainte émulation de ferveur. Elle était toujours prête à entreprendre toutes sortes de bonnes œuvres.
L'édification qu'elle répandit dans la congrégation extorne lui gagna si parfaitement tes cœurs de toutes ses compagnes, et lui concilia à uu si haut degré leur confiance et leur vénération qu'aux premières élections elle fut choisie pour occuper la charge principale, et ce qui montre le grand éclat que sa vertu toujours soutenue jetait parmi ces saintes filles ; elle fut continuée dans cette charge jusqu'à son départ pour le Canada, c'est-à-dire l'espace de douze ans, ce qui avait été jusqu'alors sans exemple. A l'âge de vingt-trois ans, sou confesseur, surpris des merveilleuses opérat-otis de Dieu sur elle, lui permit de faire d'abord le vœu de chasteté perpétuelle, ce qu'elle fit avec toute la ferveur possible le 21 novembre 1643. Depuis ce jour et jusqu'à la fin de sa vie, elle regarda cet engagement comme une des grâces les plus signalées qu'elle eût reçue du bon Dieu et comme l'é|»oque de sa consécration parfaite à son service.
M. Jendret, aumônier des Carmélitos, connaissant par une heureuse expérience le zèle et le talent incomparables que Dieu lui avait donnés pour l'instruction et le salut des jeunes filles,, et dont il voyait tous les jours les plus consolants résultats, assuré d'ailleurs de la solidité et de la générosité de sa yertu, disposée à tout entreprendre pour la gloire de Dieu, lui fil juger que ce serait seconder les vues de la Providence que de lui Caire accepter cet emploi en lui associant quelques jeunes personnes. L'attrait qu'elleavait toujours ressentie, depuisqu'elle s était dévouée au service de Dieu , pour honorer la vie et les vertus de la sainte Vierge, lui fit croire qu'elle était destinée à l'honorer d'une manière particulière. Il conçut donc le projet d'un nouvel institut. Le père de Marguerite consentit à tout, deux autres filles furent associées à» Marguerite et toutes trois commencèrent ce uouveau genre de vie. Elles s'appliquèrent à l'instruction et à la sanctification des jeunes filles, se proposant pour modèle la charité que la très-sainte Vierge avait montrée pour le salut des âmes, en aidant les apôtres par la ferveur de ses prières, la perfection de