‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 178 sur 323 · ROT · texte numérisé non relu

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il rilie; il 7 avait peu de bons Catholique* qui, de teus 1rs endroits du Canada, no fissent offrir des vœux et des offrandes à cette chapelle dans tous les périls où ils se trouaient. L'origine de cette dévotion était due a la piété, au zèle de la mère Bourgeois, cette femme admirable, toujours pénétrée d'un si ardent amour de Dieu et qui réussissait dans toutes ses entreprises pour le bien t|irituel et temporel de ce peuple, parce quelle suivait toujours ses divines inspirations. Ce fut surtout a l'occasion des ratées commis par les Iroquois qu'éclata la confiance des citoyens de Villemarie envers Noire-Dame de Bon-Secours, et c'est avec raison qu'on attribua a la protection de la irèv-tttnte Vierge la conversion et la consécration du Canada. Les prêtres de Saint- Sulpice étaient les premiers à donner l'exemple de la dévotion, de la confiance a \i «ainte Vierge, et à la prêcher au peuple. U Congrégation de Notre-Dame, érigée depuis cinq ans, par lettres patentes du roi , n'avait point encore reçu la sanction épisco- ;V.e, quoique le 20 mai 1669 elle eût été autorisée par l'évêque et qu'il eût permis la réception de postulantes. Monseigneur, prolongeant son séjour en France, et la sœur Bourgeois désirant aller chercher de nou* Telles novices pour le bien du pays, elle 'Nul d'aller en France et d'accompagner Mme Perrot, femme du gouverneur. Elle wtità la fin de 1679; elles arrivèrent à la Rochelle. Le voyage de la sœur Bourgeois «ut un autre avantage, ce fut de lui fournir l'occasion d'exercer, pour la dernière fois, sa sollicitude maternelle à l'égard d'un certon nombre de vertueuses filles destinées pour la colonie de Montréal, et dont plusieurs étaient envoyées par le séminaire de Saint-Sulpice. Les prières de la sœur Bourgeois obtinrent encore la faveur d'échapper •ox Anglais, dont un bâtiment les poursuivit, parce que la guerre avait été déclarée avec la France, et le capitaine du bâtiment fut le premier a reconnaître que c'é- UiU elle qu\>n en était redevable.

Si la sœur Bourgeois n'eut pas la consolation, dans ces voyages, d'amener de zélées compagnes, c'est que Dieu voulait se monter l'unique soutien d'un institut qui était son ouvrage; elle en reçut six l'année suivante. Les sœurs de la congrégation étaient «lors au nombre de dix-huit; trois ans après on en comptait quarante.

L'un des motifs qui avaient attiré la sœur Bourgeois au Canada, était le désir de Ira- Miller à la conversion des sauvages pour l'éducation chrétienne de leurs enfants, mais godant vingt-six ans elle n'avait pu exercer "ta xèle au en donnant ses soins à la jeunesse de Villemarie et à quelques petites "^«gesses, parce que les sauvages refusât de venir se fixer dans l'Ile; l'humeur ,Q-ependante de ces Barbares, leur amour !['ur Ja vie libre et errante; les guerriers, •ont le payS avajt été le théâtre , avaient Jfndn mutiles tous les efforts qu'on avait wtupourlesaitirer à Montréal, ce qui obligea

Ips prêtres de Saint-Sulpice d'aller établir, chez les Iroquois, sur les bords du lac Ontario, une mission, dont le siège princi|>al fut fixé a Trente. Mais on finit par attirer les sauvages près de Villemarie, en un lieu appelé la Montagne. M. de Belmont, diacre, qu. avait renoncé au monde et à ses honneurs, dans le dessein de se consacrer è la mission de Villemarie, fut chargé de l'école des garçons, et la sœur Bourgeois y envoya deux sœurs de la congrégation pourles filles. Leur zèle obtint un prompt succès, et comme les sauvages étaient très-heureux dans cette mission, leur nombre augmenta beaucoup en peu de temps. Les sœurs gardaient auprès d'elles, comme pensionnaires, celles qui montraient plus de dispositions pour la vertu, afin qu'étant soustraites a l'influence de leurs parents elles pussent s'appliquer avec moins d'obstacles aux exercices de la piété, et s'accoutumer plus aisément à notre manière de vivre. A celte occasion, le roi Louis XIV leur accorda une gratification de mille livres, et comme on jugea nécessaire de confier è la sœur Bourgeois les sauvagesses, qui étaient entre les mains des Ursulines de Québec, parce que la vie cloîtrée, ne convenait pas à ces enfants, elle reçut, pour faire face à ces nouvelles dépenses, la somme de 2,500 fr.

La sœur Bourgeois embrasse avec confiance cette nouvelle œuvre qui lui était offerte de la part du roi et les bénédictions dont ses travaux furent couronnés, justifièrent pleinement les espérances qu'on avait conçues de son zèle. L'un des premiers elTets de sa sollicitude, à l'égard de toutes les jeunes sauvagesses, fut de leur apprendre l'amour du travail. Elles apprirent & filer la laine, a tricoter les bas; elles quittèrent enfin leurs couvertures et s'habillèrent d'une manière plus décente. Elles embrassèrent avec ferveur les exercices de piété qu'elles voyaient pratiquer à leurs maltresses, et plusieurs conçurent même le dessein d'entrer dans leur institut.

Les habitants du village de la Montagne étaient des Iroquois et des Hurons; nonseulement ils étaient bien convertis, mais fervents, grâce aux soins et au zèle de MM. de Saint-Sulpice. On y vivait comme dans un cloître, selon les règles de la haute perfection évangélique> il y avait presque toujours quelqu un qui priait à la chapelle; on n'y voyait pas la personne ; plusieurs s'en interdiraient l'entrée pour des lautes légères ; ils avaient tous une merveilleuse application pour conserver leur innocence; ils faisaient retentir de leurs chants les cabanes et les chants pendant le temps de leurs travaux et de leurs occupations domestiques. Quand ils étaient les uns avec les autres ils s enlr'animaient à la pratique de la vertu par la sainteté de la conversation. Un des fruits précieux que produisit la mission de la Montagne fut la vie édifiante de deux vertueuses lroquoises qui se donnèrent à Dieu sans partage et qui embrassèrent l'institut de la congrégation. Une y demeura douze ans, et

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mourut le -29 noveriibre 1091 , à l'Age de trente-i;ixiq ans ; l'autre, élevée aussi par la sœur Bourgeois, admise au nombre des sœurs, fut envoyée 5 la Montagne pour faire l'école aui sauvasses ses compatriotes.

Les vertus qui bri krent le plus d.ms elle, furent la modestie, le silenre, la luoriiuc.ition corporelle. On dit qu'elle ne regarda jamais un homme en face; nu avait de la peine a mettre des bornes à ses austérités. Outre la sanctification des sauvages que Dieu proposa aux fondateurs de Viliemane, poulies déterminer à celte grande œuvre; son dessein était aussi de porter, par cette colonie, la foi catholique dans cette partie du Nouveau-Monde, qui devait être bientôt peuplée d'autres colonies entachées des erreurs des derniers temps. Pour y User le flambeau de la vérité, il inspira la pensée do l'établissement de Villemarie, destiné à jeter d'abord un si grand éclat par la sainteté do ses premiers habitants, qui retracèrent, dans co pays nouveau, la ferveur et la piété de la primitive Eglise. Telle fut la mission de la mère Bourgeois. Klle donna la Visitation de la Vierge pour fête principale de l'institut; « car, disait-elle, la visite (pue la sainte Vierge fil à Elisabeth, fut l'émission du plus grand des miracles, en procurant à saint Jean-Baptiste sa purification du péché originel, et sa sanclilication , ain>i que celle de sa famille; et c'est sur ce modèle que les sœurs doivent faire leurs missions dans le dessein de contribuer à la sanctification de tous les enfants. »

M. de Meulles, intendant du Canada, témoin des fruits étonnants que produisaient les sœurs missionnaires de la Congrégation partout où elles étaient répandues, écrivait, en 1683, au ministre de la marine pour lui en faire le plus grand éloge: >!. de Saint- Vallier leur rendait le môme témoignage et parlait aussi avantageusement des maîtresses qu'elles avaient élevées, et qui, répandues dans la colonie, faisaient le catéchisme aux enfants et Ues conférences très-touchantes et très-utiles aux autres personnes do leur sexe qui étaient plus avancées en âge : il n'y a point de bien qu'elles aient entrepris dont elles no soient venues à bout.

On connaît peu de chose des premières missions établies par la sœur Bourgeois. Les sœurs endurèrent beaucoup de privations dans les paroisses nouvelles où lui manquaient encore toutes les commodités de la vie. La sœur Bourgeois nous apprend en effet qu'elles n'avaient, ni draps, ni lit, ni matelas; qu'elles ne vivaient pas d'une autre manière que les plus pauvres gens de la campagne; qu'enfin, à l'imitation des apôtres, elles travaillaient de leurs mains pour n'être à charge à personne, et qu'elles exerçaient leurs fonctions gratuitement. On peut se former une idée de la pureté de leurs dispositions et de la ferveur de leur zèle par les paroles que leur adressait leur admirable fondatrice en les envoyant en mission. « Pensez, uies chères sœurs, leur disait-elle, pensez que dans les missions

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vous allez ramasser les gouttes du sang de Jésus-Christ qui se perdent. »

Kn 1685, M. Lauiv, curé de ta paroisse de la Sainte-Famiii'-, dans l'ile d'Orléans, frapjié des grands fruits que les sœurs de la congrégation produisaient partout où elles eierçaienl leur zèle, en demanda et en obtint deui, les sœurs Anne et Barlier. On ne peut lue, sans frém-r, ce que ces saintes sœurs eurent à souffrir de !a <3i*on, de leur déndment et de leurs privations , et cependant elles s'en réjouissaient. Un dévouement si généreux et une conduite si apostolique attirèrent sur les travaux des deux sœurs missionnaires les [dus abondantes bénédiction?. La paroisse de l'île d'Orléans était dans tin étal déplorable. Les jeunes filles étaient dissipées et libres jusqu'au dévergonda^, l'immodestie et le libertinage y marchaient la tête levée; les sœurs furent d'abord l'objet de leurs railleries; mais par la constance de leur charité, de leur patience, de leur douceur, et surtout par leurs ardentes prières auprès de Dieu, elles triomphèrent en peu de temps de tous les obstacles. Par leurs manières douces et insinuantes elles retirèrent de cette vie libre, et firent dévouer à l'amour et à la pratique des vertus chrétiennes la plupart de ces filles volages. Enfin, à l'île d'Orléans comme partout eu elles exerçaient leur ministère, elles établirent, outre f'école des petites tilles, la congrégation externe pour toutes les jeunes personnes deii paroisse. Les jours de fêtes et le dimanche, elles les assemblaient avant le service divin, leur faisaient des instructions et des conférences pour leur apprendre leurs devoirs et la manière de se conduire saintement dans le monde, et les conduisaient a l'église tootei ensemble, rangées par ordre, deux à deux. Les travaux des missionnaires eurent un succès si complet qu'elles renouvelèrent, en peu de temps, l'esprit de la paroisse, la piété, la religion, la modestie succédèrent a la légèreté et a l'indévotion. Enlin, plusieurs de ces jeunes personnes, touchées des instructions et des exemples de leurs saintes maîtresses, et dégoûtées tout à fait du inonde, se consacrèrent à Dieu dans la congrégation pour se livrer elles-mêmes è la sanclilication des enfants et aux œuvres apostoliques. Ce fut surtout dans la ville de Québec que Dieu voulait faire éclaler U grâce de la congrégation, en fournissant à la sœur Bourgeois 1 occasion d'y travailler à la sanctification d'une multitude d'âmes. Ce fut Mgr de Saint- Vallier, qui, voyant que Dieu se plaisait à bénir toutes les entreprises des sœurs de la congrégation, en demande à la sœur Bourgeois. Le pillât M fui point trompé dans son attente; car, jamais peut-être, on ne vit d'une manière

Iilus sensible la bénédiction sur unecetivr'- »ar le zèle des deux sœurs missionnaires," s'établit dans celte maison connue sous l< nom de Providence de la Sainte-Famille, ofl esprit d'innocence, de ferveur, dignes d« communautés les plus ferventes. La dévotion, envers la Sainte-Fauiille, y fut mtro-

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