CI NOT DES OHDRES RELIGIEUX. KOT
datte des le commencement ; chaque jour de Dieu paraissaient d'une manière si frap-
loooait Heu a quelque nouvelle pratigoc pante.
war honorer l'enfant Jésus, la très-sainte Outre la maison de Québec et d'Orléans, la Vierge et le giorieux saint Joseph; en sorte mère Bourgeoys en forma bientôt une autre ,;o? cette dévotion, qui, à Québec, avait été au Châtean-Kicher, qui ne fut pas moins fiwjnalors comme réservée aux mères de utile que les précédentes : elle en forma umtSIe, devint bientôt commune a toutes les deux autres, Tune à la Chine, l'antre a la jr an^ personnes sans distinction. Depuis Pointe-aux-Trembles, dans l'Ile de Mont- ^jelcjues années, l'amour de la parure aérant réal, les plus anciennes paroisses après celle fénéiré dans toutes les classes ae la société, de Villemarie. On n'a pas de documents «î grand nombre de femmes et de filles af- assez circonstanciés pour pouvoir faire le faateDt, dans leurs habits, un luxe beau- dénombrement île toutes les missions éta- «••paa-dessus de leur condition, et neres- blies par la sœur Bourgeoys. Toujours les rectaient pas les règles de la décence , sœurs de la Congrégation donnaient des Monseigneur publia un mandement pourar- preuves d'une admirable confiance en Dieu, *er ces abus; toutefois le luxe ne fit que de zèle et de désintéressement. On put ««croître. Ce que les efforts de Mgr de mieux connaître la sublimité de leurs ver- Lirai n'avaient pu obtenir, les sœurs de la tus dans i'incendie de leur première maison ■agrégation l'opérèrent par les sentiments de Villemarie, où périrent deux membres Je piété qu'elles avaient su inspirer aux de la communauté. Elles furent obligées, /»n« filles do la Providence, sans leur en en 1692, d'en construire une autre sur un imr même témoigné le désir; car le 12 plan beaucoup plus vaste, où elles purent ju;d 1616, veille de la fêle du saint Sacre- avoir une chapelle, ce qu'elles regardaient ■Bt, ces filles, voulant renoncer à tout ce comme une faveur inestimable. Elle obtint pi pouvait ressentir les vanités du monde, cette permission , quoiqu'elle n'eût rien fanèrent, de concert, la résolution de re- pour entreprendre ce travail, roiccr a l'usage de certains ornements su- Il y avait à Montréal une très-sainte fille, pria», qu'elles allèrent suspendre devant qui vivait en grande odeur de vertu; c'était rimige de la très-sainte Vierge dans leur ora- Jeanne Le Ber, fille de M. Jacques Le Ber, taire, pour les lui offrir en sacrifice ; en sorte le plus riche négociant du Canada. Elle n'eut que le lendemain on les vit, avec autant de pas plutôt appris le dessein de la sœur surprise que d'édification, assister a l'office Bourgeoys, qu elle offrit de lui avancer la tiuoetà la procession générale toutes vô- plus grande partie de la somme nécessaire t»6 de la manière la plus simplo et la plus & cette construction ; et son frère, Pierre Le z^He. Ber, promit, de son côté, de donner toute la Cet exemple fut suivi, Tannée suivante, pierre de taille qui serait nécessaire pour m les Olles de l'Ile d'Orléans. Mgr de Saint- les croisées de léglise. C'est dans la fré- 'tilier, encouragé par de si heureux résul- quentatîon des sœurs de la Congrégation de Itt, désira de les voir s'étendre a toutes les Notre-Dame, que Mlle Le Ber était parvenue taies de filles de son diocèse. Les visites aux pratiques de la plus sublime sainteté. ! 11 sœur Bourgeois faisait à ses sœurs de Dès sa 17* année, elle fit vœu de chasteté " t#mps en temps ne contribuèrent pas peu à pour cinq ans, et, du consentement de «tjLfr cette ferveur, en ranimant, dans M. Leber, son père, è l'imitation des anciennes •Nw, l'esprit de leur vocation, surtout l'a- récluscs, elle s'enferma dans une cellule, [ ^r de la pauvreté, de l'humilité et de la renonçant à tout rapport avec les personnes unification; elle ne souffrait pas même du dehors, partageant son temps entre la pelles fussent l'objet de la moindre dis- prière, la lecture, le travail, et se livrant à l'*<iioo. toutes les rigueurs de la pénitence. En of- HgrdoSaiot-VaUier, témoin du succès de frant de contribuer à la bâtisse de l'église ftuUiisemeni de la Providence, désira que de la Congrégation, Mlle Le Ber se réserva *s Krars étendissent le bienfait de cette une petite col Iule derrière l'autel du très- Woution a toutes les petites filles, en ou- saint Sacrement, où elle désirait passer le yinl des écoles gratuites pour elles comme reste de ses jours. L'église nouvelle ayant i Villemarie et ailleurs; ce qui fut exécuté, été achevée, celte sainte fille quitta la mai- Uaoée suivante 1689, il les mil à la télo son de son père pour aller se renfermer l»d aotre établissement, l'hôpital général, dans sa cellule, qui devait être son toml;ùl'oo renfermait tous les pauvres ruen- beau. La veille du jour où eut lieu cette ^aou pour les employer à divers ouvrages, cérémonie, elle abandonna aux sœurs toutes | «la d'éviter l'oisiveté de ceux qui négli- les sommes qu'elle leur avait avancées pour l ^«ot de travailler, quoiqu'ils fussent en la construction de leur église, et leur assura «ut de se rendre utiles. Pour répondre au encore uue rente de 500 francs pour sa pen- ^irde son évéque, la mère Bourgeoys eut sion. La cérémonie de la réclusion eut lieu * «durer dans ce voyage des fatigues in- un vendredi, 5 août 1695, vers cinq, heures fables, parce qu'elle le fit à pied; elle du soir; elle fut accompagnée de I appareil fot obligée de se traîner sur les genoux, le plus propre à faire dans les cœurs les plus 'wto dans la neige, tantôt sur la glace, et profondes impressions. Après les vêpres. NqutfoisdansT'eau. Que de traits mira- M. Dallier.cnqualitédogrand vicaire, se renomme |toorrait-on pas citer dans ces di- dit avec tout le clergé à la maison de M. Le ""casions, où le doigt et la protection Ber, d'où l'on partit nroccssionnellemenl eii
Dicnosa. des Ordres rbug. IV. 30
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chantant des psaumes et d'autres prières analogues h la circonstance. Mlle Le Ber, vêtue d'une robe de couleur grise, avec une ceinture noire, suivie de son vertueux père et d'un grand nombre de ses parents et do ses amis, marchait à la suite du clergé et à la vue de toute la ville accourue en foule. Un spectacle si rare et si nouveau tira des larmes de tous les assistants. M. Le Ber, qui avait offert 50,000 écus de dot & sa fille si elle eût voulu s'établir dans le monde, fit paraître dans celte circonstance la générosité de sa foi, en se privant ainsi de celle qui devait être le soutien et la consolation de sa vieillesse, surlonl après la perte qu'il avait faite de son fi's, mort à la suite d'un combat contre les Anglais.
Le rétablissement si prompt do la congrégation après l'incendie, la construction providentielle des nouveaux et vastes bâtiments , l'œuvre des missions développée alors avec lant de succès, tant d'autres marques prodigieuses de la protection de la Providence faisaient assez ronnaltreque Dieu avait spécialement choisi la sœur Bourgeoys et ses filles pour procurer, par l'éducation chrétienne, la sanctification de la colonie ; mais, comme s'il eût voulu montrer la préférence qu'il avait voulu donner à la Congrégation de Notre-Dame, il se plut à rendre constamment inefficaces tous les efforts qu'on ne cessa de faire depuis son établissement pour y amener d'autres instituts ; et une chose très-remarquable, c'est qu'aujourd'hui môme, sans jamais avoir rien fait pour écarter aucune autre communauté, elle est seule en possession de l'instruction de la jeunesse, lin ordonnant la formation de la colouie de Yillemarie, Dieu se proposa d'offrir, dans la sainteté des mœurs des premiers colons, une image de l'Eglise primitive; c'est pourquoi il suscita trois communautés consacrées, l'une à Jésus, l'autre h Marie, la troisième à saint Joseph, afin qu'étant remplis de l'esprit de leurs augustes patrons, elles se répandissent dans celte Eglise naissante, et il ne permit pas que Satan, qui avait demandé à Dieu qu'il lui fût permis de cribler l'Eglise à son berceau, réussit à ruiner dans cette colonie l'ouvrage de la divine Sagesse, en y introduisant des germes de discorde et de dissolution. Toujours inspirée de Dieu, la mère Bourgeoys en s'opposent à toute innovation, eu fut toujours le soutien.
11 y avait plus de quarante ans que la sœur Bourgeoys était établie è Villcmarie et plus de vingt que la communauté avait été érigée par lettres patentes du roi, sans que les évôques dè Québec eussent approuvé les règles de cet institut, quoique manifestement approuvé de Dieu pour les fruits abondants et merveilleux qu'il n'avait cessé de produire. Les réponses de la sœur Bourgeoys aux difficultés qu'on lui opposait, c'est-à-dire le défaut de clôture et le genre de vie, tout différent des autres ordres établis dans l'Eglise, prouvaient évidemment l ordre exprès qu'elle avait reçu de Dieu de
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former cette maison, dont les membres devaient imiter la très-sainte Vierge, leur institutrice, leur mère, leur sœur même. Des bénédictions que le bon Dieu ne cessait de répandre sur les trois communautés de Yillemarie, elle concluait aussi qu'elles répondaient aux désseins de Dieu. Elle oe négligea rien cependant pour obtenir cette approbation, qui devait donner plus rie stabilité à son institut. Longtemps Mgr Saint- Yallier la refusa, toujours dans l'espoir d'obtenir la fusion avec les religieuses ursulines do Québec. Il voulut introduire daos los règles de la congrégation des changements incompatibles avec son but. Pari intervention de M.Tronson, supérieur des prêtres de Saint-Sulpice, les sœurs obtinrent enfin l'objet de leur ardent désir, et M.Tronson lui-môine fut chargé de revoir les usages suivis jusqu'alors, et de dresser dô règles. Elles furent acceptées par la communauté, le 2^ juin 1G98, et le lendemain les sœurs firent les vœux simples «le pauvreté, de chasteté et d'obéissance. La saur Bourgeoys goûta la plus douce consolation en voyant ainsi l'accomplissement de ses désirs dans l'approbation solennelle de son institut ; et, semblable au saint vieillard Siméon, elle n'avait plus rien à désirer sur la terre. A celte occasion, Mgr leur accorda plusieurs faveurs spirituelles. Il vit pour la première fois Mlle Leber, et put admirer la vie toute angélique de celte sainte récluse. Un ministre protestant, qui obtint la faveur de l'accompagner, étant de retour en Angleterre, ne parlait de Mlle Le Ber, dont il avait connu la famille, que comme d'un j>Kh dige; il assurait qu'il n'avait rien vu de si extraordinaire daus le Canada. A cette époque, Dieu permit que la sœur Bourgeoys fût obligée de mettre par écrit les Tumièras qu'elle avait reçues sur son institut, et d'écrire des Mémoires, ses vues sur la perfection, les circonstances les plus extraordinaires de sa vie.
On comprend aisément avec quelle ardeur cette vénérable fondatrice, arrivée è U un de sa longue carrière, soupirait après la bienheureuse éternitô. A 1 Age de 19 an* elle éprouva une maladie grave : la santé lui fut rendue. Cependant elle se plaignit agréablement a ses sœurs do ce que, par leurs soins et leurs prières elles a«iw>t prolongé la durée de son exil; maisajant appris, le 31 décembre 1699, que la saur Saint-Charles ou Saint-Ange était dangereusement malade, elle offrit à Dieu le sacrifie* de sa vie pour conserver celle de sa m«r qui était è toute extrémité. A l'instant même le bon Dieu l'exauça , la malade se trouva mieux et fut hors ne danger, tandis qut. le soir du même jour, la sœur Bonrgee«*< auparavant pleine de santé, malgré son grand âge, lut atteinte d'une grosse ftè»re. accompagnéo do douleurs trè»-aiguès 1ut ne lui laissèrent aucun relâche pendant les douze jours qu'elle vécut encore. Am«i elle Unit une si sainte vie par un «et*»1* charité héroïque; elle rendit paisiMea«»
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son Unie a son Créateur, le 12 janvier 1700, la quarante-septième année de son arrivée à Villemarie, de son âge la quaire-vingtième. Elle n'eut pas plutôt rendu le dernier soupir que son visage, jusqu'alors extraordinairement altéré, par I excès des souffrances de celte dernière maladie, et par ses austérités habituelles, brilla tout à coup d'un éclat qu'on prit avec raison pour une marque de la gloire dont son âme jouissait dans le ciel. Le concours des fidèles fut extraordinaire h ses obsèques. Un ecclésiastique qui y assistait se faisait l'interprète de tous quand il disait : «Si les saints se canonisaient comme autrefois, on dirait demain la Messe de sainte Marguerite du Canada. » Son corps fui enseveli dans la chapelle de l'Enfant-Jésus de la paroisse, où un caveau était destiné aux sœurs de ta Congrégation ; son cœur fut embaumé et déposé dans leur chapelle : des oraisons funèbres furent prononcées et on ne craignit pas de lui appliquer ces paroles de saint Paul : Soyez mes imitatrices, comme je l'ai été de Jésus- Chris*.
De toutes les filles formées par la sœur Bourgeoys, aucune ne l'imita plus parfaitement, et ne se remplit plus abondamment de son esprit, que la sœur Barbier, qui lui avait succédé depuis quelques années dans la place de supérieure. Dans une multitude d'occasions Dieu récompensa son étonnante piété, sa simplicité et sa grande confiance à l'Enfant-Jésus, par des grâces extraordinaires et miraculeuses; elle se voua comme victime pour la Congrégation : ce désir lui lit embrasser, dès qu'elle fût éluo supérieure, des mortifications effrayantes, dont le récit devrait passer pour incroyable, s'il n'avait été attesté par des témoins oculaires Août à fait dignes de foi. Toutes ces épreuves la conduisirent à une sublime perfection. Atteinte d'un cancer au sein depuis assez longtemps, elle fut à Québec, par obéissance, pour subir l'opération, l'année même de la mort de la sœur Bourgeoys ; elle en revint parfaitement guérie. Un peu plus tard, de nouveaux symptômes semblaient la menacer ; elle demanda sa guérison à la Sainte Vierge, et promit de faire un pèlerinage: le jour même elle les vit disparaître pour toujours, et elle vécut encore 39 ans.
Les sœurs missionnaires vouées à l'instruction, en 1701, étaient au nombre de vingt. Dans les huit missions, elles enseignaient gratuitement les enfants, et vivaient du travail de leurs mains ; il arrivait de la que, dans les lieux pauvres où le travail manqueil, elles étaient obligées de s'imposer de durs et continuels sacrifices.
Sous la supériorité de la sœur le Moine, la Congrégation fonda deux nouvelles maisons à Boucherville et à la prairie de la Madeleine où les sœurs rendirent les plus grands services.
La communauté do Villemarie se composait en 1701 de cinquante-quatre sœurs, dont quarante-six professes; ce nombre fut di-
nfcuciEtîx. not m
minué en 1703, a la suite d'une violente épidémie qui enleva aussi un grand nombre de sauvages.
La communauté de Villemarie ne pourvoyait pas seulement au personnel de ses missions, mais elle s'imposait encore beaucoup de sacrifices pour aider les sœurs à subsister et pour la construction des écoles; on a de la peine h comprendre comment, ne retirant rien do ces divers établissements, elle pouvait suffire à toutes ses charges, surtout après l'incendie qu'elle avait essuyée, et les efforts qu'elle avait été obligée de faire pour reconstruire la maison; et cependant, en 1691, elle avait déjà fourni 5 à 6,000 fr. pour le soutien des missions. Ce ne pouvait être que par les bénédictions que Dieu répandait sur le travail de leurs mains et par la miraculeuse protection de sa providence. La guerre ayant été déclarée entre la France et PAngleterre, la prise de la Seine et de plusieurs autres bâtiments, oui étaient chargés d'objets de première nécessité pour lo Canada, plongea le pays dans le deuil; Mgr de Saint-Vallier et dix-huit ecclésiastiques furent faits prisonniers et détenus en Angleterre jusqu'à la conclusion do la paix. Dans cette calamité publique, pour subvenir a leurs pressants besoins, et pour former leurs élèves à pourvoir aux leurs, les sœurs établirent des métiers dans leur maison et fabriquèrent de l'étamine noire pour leurs robes. Plusieurs imitèrent leur exemple, et en peu de temps il y eut à Villemarie vingtcinq métiers de toile ou d'étoffes et bientôt les sœurs do la Congrégation fabriquèrent leur étamine avec tant de perfection quVlle ne laissait rien à désirer; c'est le témoignage que leur rendait l'intendant du Canada en écrivant au ministre de la marine. Le gouverneur général, comme l'intendant, ne manquaient jamais de faire l'éloge do celte communauté, et d'exalter les immenses services qu'elle rendait à la colonie, c'était le sujet constant de leurs rapports.
Après avoir gouverné dix ans, la sœur du Saint-Esprit, Marguerite le Moine, se démit de sa charge et fut remplacée par la sœur Catherine Charly, qui avait pris le nom de sœur du Saint-Sacrement, en vénération de la sœur Bourgeoys et en reconnaissance de ce qu'elle avait obtenu de Dieu son retour à la santé en sacrifiant sa propre vie. Elle était à peine placée à la tôte de la Congrégation qu'une violente tempête s'éleva contre elle par la défense que fit Louis XI V h celte Congrégation de faire des vœux, parce qu'on lui avait persuadé qu'ils nuiraient au but de leur vocation. Il leur fallut lutter longtemps pour obtenir qu'il leur fût permis de continuer à se lier par des vœux à leur institut; il fallut attendre la mort du roi et le changement du ministre de Pontchartrain, qui, par prévention contre Mgr Allie7, avait provoqué cette mesure.
En 1711 les Anglais méditaient la conquête du Canada ; ils firent un grand armement pour attaquer par terre ot par mer Villemarie, qui n'était entourée que d'une
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simple palissade. Les Canadiens persuadés qu'il n'y avait de sa lui dans aucun secours humain, n'espérèrent que dans l'assistante divine. Les prêtres < Je Saint-Sulpico préchèrenl la pénitence au peuple; un renouvellement entier s'obéra dans la ville; on vil se renouveler les prodiges de Niuive; on lit voMj de bâtir une chapelle "n riionneur de Notre-Dame de la Victoire. La personne chargée de porter la nourriture a Mlle le lier l'ayant informée du dangerqui les menaçait tous, la sainte, après s'être recueillie quelques instant>, assura qu'on n'avait rien a craindre. La population avait la plus grande confiance en ses prières. Cependant l'armée et la tlotle approchaient. M. de Longueil, gouverneur de la ville, surnommé le Machabée de .Montréal, fut les attaquer avec une poignée de monde, ne comptant que sur la protection de Marie; il s'avança a leur rencontre armé d'un étendard , sûr lequel fut peint l'image de la sainte Vierge, cl autour de laquelle Mlle le Uer avait tracé la prière suivante : « Nos ennemis niellent toute leur confiance dans leurs armes; mais nous mettons la nôtre dans le nom de la Heine des anges, que nous invoquons. Kilo est terrihle comme une armée rangée en bataille. Sous sa protection nous espérons vaincro nos ennemis, w La confiance de ce vaillant capitaine ne fut pas trompée: pendant la nuit du 2 au 3 septembre, dans une demi heure, sept «les plus gros vaisseaux se brisèrent sur les rochers avec une violence épouvantable, la foudre tomba sur un des vaisseaux, le fit sauter et le réduisit en morceaux; on trouva sur le rivage trois mille cadavres parmi lesquels on reconnut deux compagnies entières des gardes de la reine d'Angleterre. L'amiral anglais retourna droit è Londres, et n'osant se présenter devant la reine, quand il fui dans la Tamise, tout près du port, il fil sauter son navire, où il péril avec tout son équipage ; l'armée- de lerre, apprenant In défaite de la tlotle, rebroussa chemin. Le vent cl les flots poussèrent sur le rivage une grande quantité de dépouilles qui enrichirent le pavs. Aussi l'auteur de la Vie de Mlle le lier n*a pas craint de comparer celte défaite à celle des Egyptiens dans la mer Rouge, et de dire que la mère de Dieu obtint en faveur des Canadiens le plus grand miracle qui fût arrivé depuis le temps de Moïse.
Villemarie exécuta son vœu en faisant bâtir une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge sous le titre de N.-D. des Victoires, ce qui augmenta la dévotion envers cette puissante protectrice, (il prendre une nouvelle forme à la Congrégation externe, cl fui une source perpétuelle de bénédictions pour la ville. Pour donner un nouvel élan au zèle et è la ferveur de ces pieuses con^réganisles, lo Souverain Pontife, Renoîl XIII, daigna leur accorder un grand nombre de faveurs spirituelles.
Non contente d'olïrir à Dieu pour les sœurs de la Congrégation, ses austérités, ses prières, sa vie angélique, Mlle le II' r, pour
attirer do plus en plus les grâces de Noire- Seigneur sur celle maison, y établit l'aooration perpétuelle du très-saint Sacrement pour toutes les heures du jour, en sorte qu'en tout temps il y eut une sœur en adoration devant le saint Sacrement au nom de toute la communauté. Elle assigna pour cette fondation une somme de 3,000 fr. après la mort de son père, elle se dépouilla de loui en faveur des sœurs de la Congrégation, ce oui leur permit d'exécuter les recommandations que la sœur Bourgcoys leur avait faites avant de mourir, d'augmenter les bâtiments do leur maison pour augmenter la bien qu'elles faisaient par l'éducation des filles. Des prodiges curent lieu dans cette construction de l'église qu'on consacra à Notre-Dame des Anges. Elle disposa ensuite de lout ce qui lui restait pour fonder des places gratuites dans lo pensionnat qu'on venait de bâtir. Elle mourut en odeur d« sainteté le 3 octobre 17H. Elle arail été recluse pendant quinze ans dans la maison de son père et vingt ans dans la retraite qu'elle avait choisie dans la maison de la Congrégation.
La Congrégation de Notre-Dame était ouverte aux filles de lous les états et de lootes les conditions; toutes s'estimaient heureuses de se consacrer aux œuvres de zèle soos les auspices de Marie. Les familles de Hautmesnil, d'Ailloboust , do Langloiserie, de Encorne . etc. , se tinrent honorées de to r leurs filles entrer dans cet institut. Ce qui attirait un si grand nombre do sujets c'était le désir de participer à la grâce de cette sainte communauté, qui se répandait au loin dans la colonie, comme un parfum des plus prérieuses vertus avec l'esprit de la fondatrice • qui avait laissé h ses filles ses wlus et son esprit qu'elles conservent \iw précieusement que les plus riches successions.
Vers la fin de 1720, deux sœurs missionnaires allèrent s'établir aux bords du I* des deux montagnes avec leurs élèves iroquoiscs, hurones et algonquines. Pendant plusieurs années elles furent logées dans des cabanes d'écorce. Les autres établiisements de la Congrégation continuaient à édifier la colonie par le zèle pur et liésintéressé des sœurs : elles enduraient avec joie les privations; et une conduite si apaslolnpie attirait de plus en plus les bénédictions du bon Dieu sur leurs travaui. In voyageur célèbre, le Père Charlevoii, <JD' les' visita en 1721, fut si édifié et si frappé des fruits que produisait partout cet in*"* tut, qu'il en lit un grand éloge dan» *o» journal historique et dans son histoire "* la Nouvelle France. Cette même année Di«"u préserva miraculeusement l'établissement^ Villemarie d'un alfreux incendie, qui consuma presque la moitié de la ville, lessœu" s'adressèrent au cœur immaculé de M«rw« dont elles célébraient la tète depuis q"*' ques années, et comme si Dieu avait touii autoriser cctlo dévotion nouvelle par "n
signe
visible do sa protection, le veut cl*»*