‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 180 sur 323 · SOT DES ORDRES · texte numérisé non relu

SOT DES ORDRES

tout a coups cl les flammes prirent une autre direction. Elles rendirent pendant une année entière des actions de grâce i une pareille protection, et en déposèrent d récit dans leurs archives, afin de conserter la mémoire d'une assistance si providentielle. Après que la sœur Lemoine eut vbetè les six ans de sa supériorité, la sœur Mar&umte Trouier lui succéda.

Lorsque la paix fut conclue entre la France ri l'Angleterre, en 1713, les sœurs de la Congrégation formèrent une mission à Louis- Lidarg, chef- lieu d'une nouvelle colonie, buis Mgr de Saint- Vallier avant envoyé une weur contre le gré de la communauté qui ut la jugeait pu propre a cette fondatiou, n!e resta dans un état de grande souffrance jusqu'à re que, en 1729, après la mort de nonseigneur, la sœur de la Conception fut n^elée au Canada et qu'elle fut remplacée pr des sœurs capables de diriger cetlo uison, mais elles eurent à soufTrir longtemps des dettes énormes qu'elle leur avait kissées.

ta 1725, la congrégation des missions étrangères étant sur le point de se dissouln, par défaut de sujets, M. le Pelletier consentit à céder quelques-uns de ses raeil- Itaa préires pour soutenir cette société; U Dosquet, qui avait dirigé pendant longtemps ci avec Ja satisfaction générale la eûQjuuuuté de Villeinarie, fut un de ceux qui lurent désignés ; mais quelques années après il fut nommé lui-même coadjuteur de 'étéquti de Québec. Il donna des marques jt-uculières de sa sollicitude envers les •tfursde la Congrégation; il les visita en 130 et 1731 , et leur laissa un témoignage perpétuel de son zèle pour leur avancement *is<a perfection, en leur donnant sous la Saraie d'un mandement, les plus salutaires »ns. Les sœurs possédaient alors plus de < agt établissements. En 1732, la sœur Marie liiiillet, dite de Sainte-Barbe, succéda à la mt Lemoine et occupa cette place jusqu'à sa mort qui arriva huit ans après.

L établissement de Louis bourg, dont les *mces étaient bien appréciés par M. de Forant, gouverneur distingué par ses ^ooes qualités, reçut, en 17M), une marque •« sa générosité qui devait le consolider lins cette colonie; mais en 17fc5, la guerre »J«it encore éclaté entre la France et l'An- ■■■<■: re, la ville fut assiégée par les colonies «cipuula; ces nouveaux maîtres, après "oirtout pillé, mirent les sœurs de la Con- Jégnioa et leurs élèves sur des navires, et '« transportèrent en France, où elles eurent >**ucoup à souffrir, malgré les ordres réi- ^fés de la cour pour leur envoyer des se- 'oars. La poix avant été de nouveau conjJM par le traité d'Aix-la-Chapelle, en t'W, les sœurs purent retourner a l'Ile ""lie; mais elles trouvèrent leur maison viéiruae; malgré d'incessantes démarches, fl'es ne pouvaient rien obtenir du gouvernaient, et peu de temps après, comme elles »*»ient commencé de la reconstruire , à u »wu> d'une deuxième révolution, elles

RELIGIEUX. NOT m

furent transportées de nouveau en Franco en 1757.

On craignit pour le Canada les désastres que venait d'éprou ver Louishourg ; ses craintes ne furent que trop justifiées par l'événement. Cotte même année les Anglais ruinèrent Québec; les sœurs, dont la maison fut incendiée par le feu de l'artillerie, avaient quitté la ville; plusieurs autres abandonnèrent leurs missions où elles n'étaient pas en sûreté. Mgr de Pontbriand s'était retiré à Villemarie, ainsi qu'un grand nombre de fugitifs. Il y mourut l'année suivante, 1761. La crainte de la domination britannique plongeait tous les cœurs dans la plus amôre douleur, par la crainte surtout de voir s'éteindre la religion catholique. « Pleurez, infortunée colonie, » lit-on dans l'oraison funèbre de Mgr Pontbriand, « pleurez, parce que le pasteur frappé, vou-» avez tout lieu de craindre de voir bientôt le troupeau dispersé, et d'être comme des brebis errantes, sans pasteur et sans guide, exposées à la fureur des loups. Pleurez, terre féconde en fruits de grâce et de salut, pleurez, dans la crainte de voir bientôt le froment des élus ravagé [wir la fureur des méchants, ou étouffé par l'ivraie que l'hommo ennemi y fera croître en abondance. Pleurex, vierges sages, consacrées à Dieu, pleurez la perte de la vigne, qui donnait è vos âmes ce vin délicieui, qui entretenait la ferveur parmi vous et y faisait germer la ferveur et la pureté virginale. » Enfin, comme on l'avait <-rai m, la ville de Montréal fut investie par les troupes anglaises et se vit contrainte de se rendre le 8 se|*embre 1760.

Celte révolution qui Qt passer le Canada sous la domination de l'Angleterre, n'eut pas cependant pour la religion les suites qu'on redoutait; elle sembla n'avoir servi qu'à rendre les habitants plus attachés à leur foi. Les sœurs de la congrégation purent diriger leurs missions et en fonder de nouvelles.

En 175», un furieux incendie avait consumé la maison de la congrégation et la chapelle de Bon-Secours, sans que les malheurs de la guerre eussent permis de les relever. En 1768, une semblable catastrophe consuma tout ce qui restait de bâtiments et de meubles, ainsi que la chapelle de Notre- Dame de la Victoire. Elle fut réduite au plus entier dénûment qui leur avait été prédit par la sœur Sainte-Agathe qui était en odeur de sainteté. Celle perle les exposa à toutes sortes de privations et à des souffrances inouïes, et jamais le dévouement et le courage des membres ne parurent d une manière plus éclatante.

La sœur Marie-Joseph Maugue avait succédé à la sœur Piot de la La ng loi série ; elle avait obleuu de Mgr MontgolUer, supérieur du séminaire, que le corps de la vénérable Mère Bourgeoys fut transféré dans leur chapelle. Un prodige s'opéra pendant l'incendie qui avait eu lieu à la partie du mur où avait été placé le cœur de la sainte; c'était du sang qui coulait ic long decemur.

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Prévenus d'un événement si extraordinaire, des ecclésiastiques vinrent recueillir des rendre.* teints de ce sang. On les renferma dans une boite d'argent qu'on conserve encore aujourd'hui.

l'ar la générosité de M. le supérieur et d'un grand nombre de personnes pieuses, avec les secours des autres missions, qui Relevèrent à environ 50,000 fr., les sœurs purent reconstruire leur maison et les chapelles sur un plus vaste plan. Jamais événement ne prouva mieux l'intérêt qu'inspirait l.i Congrégation et la protection divine qui ne lui lit jamais défaut. L'annéo suivante, 1709, elle put infime acquérir le reste do J'Jle Sainl-l'aul, qui n'a cessé jusqu'à ce jour de lui appartenir; et rétablir la maison de Québec, ,jUj axa\[ ^ démolie pendant le siège, et dont ta mi>sion était interrompue depuis dix ans. Les amis de la maison, les prôtres de Saint-Sulpice donnèrent dans toutes les occasions dos preuves d'une générosité sans exemple.

En 1772, on élut pour supérieure la sœur Véronique, dite Sainte-Rose, et on eut la satisfaction peu de temps après de voir rétablir par Mgr Brianl les règles primitives auxquelles les deux évèques précédents avaient cru devoir introduire quelques changements en admettant surtout de l'inégalité dans les sœurs.

La Congrégation n'eut rien à souffrir do la guerre de l'indépendance des Etals-Unis, qui eut lieu en 1775, si l'on excepte la mission de la Pointe-aux-Trembles, dont un mur fut renversé par l'artillerie, niais la sœur Sainte-Hélène, qui avait lui avec ses élèves, a l'approche des ennemis revint bientôt rétablir celte maison par les dons que tirent les habitants, heureux de voir .«e rouvrir les classes qui assuraient à leurs enfants une éducation catholique.

Ln sœur Haizenne, ou de Sainte-Ignace, fut élue treizième supérieure en 1778, et occupa celle place douze ans; elle forma deux nouvc.iux établissements, relui de Saint-Denis et de la Pointe-Claire. Une perle (pii avait élé justement sensible a toutes les sœurs, ce fut la mort de Mgr Favard, qui était chargé de leur conduite depuis quarante-quatre ans, pendant lesquels il avait travaillé avec tant de zèle h leur perfection. Il mourut en 177V. Depuis la conquête, le gouvernement anglais n'ayant pas voulu permettre aux prêtres européens d'aller exercer le saint ministère au Canada, on était à la veille de voir la religion s'éteindre, à mesure que les anciens prôtres venaient h mourir. Eu 1787, Mgr Monlgoltier se >it hors d élai de diriger la congrégation. De quarante ecclésiastiques de Sainl-Sulpnv qu'on y avait vus avant la conquête, il n'en lestait plus (pie deux, M. Brassicr qui était paralytique, et M. Foncier, chargé seul de l'hôpital général. A la sœur Haizenne suc- » é a, en 1792, la sœur Louise Compain, dite Isiiut-Augustin, qui dirigea la Congrégation pendant dix-sept ans, et sut allier dans un d' n-é lemarquable la fermeté à la douceur.

SOI î"

Sa nia xi me favorite était : que, lorsqu'on « dans son devoir, il faut faire et laisser dit

En 179i, les sœurs do la Congrégnti< eurent la consolation de voir exaucer leu vœux ardents; douze ecclésiastiques Saint-Sulnice, exilés de leur patrie po leur attachement a la religion, arrivèren' Villemarie; l'un d'eux, M. Houve, qui rei plaça M. Marchand, chargé de la directb spirituelle de la communauté, fît reviv pendant vingt-huit ans les exemplesde zèi de piété et de sagesse qu'avaient offerts t idus saints directeurs de cette comrounaul 11 lui lit même des dons considérables. 4 fut d'après son avis que îes sœurs se dé< dèrent à enseigner dans leurs classes le de sein, la peinture et divers genres de brod» rie, puis la langue anglaise, qui n'élaiei point entrées jusqu'alors dans le plan i. leur instruction ; celui pour empêcher U parents catholiques d'envoyer leurs enfan dans des pensions dirigées par des mattrei ses protestantes. Mais leur obict principe fut toujours d'imprimer dans l'esprit et I co»ur de la jeunesse la connaissance de I religion, l'amour de Dieu et la pratique d venus propres à leur position sociale.

En 1809 ou fonda deux nouvelles missions une dans la paroisse de la Hivière-Ou<He l'autre dans celle de Saint-Ily aeiuthe de Y* maska. Les sœurs de la Congrégation et commencèrent une autre en 1823 dans U paroisse de Sainte-Marie de la Nouvelle Beauce, une en 1825, dans la paroisse d\ lîerllner, une autre en 1826 dans celle dt Terre- Bon ne. Ces divers établissements >« formaient par les soins, le zèle et les sacrifices de MM. les curés qui gouvernaient ce> paroisses.

La Congrégation contribua aussi è rétablissement des sœurs Trappistiues, de Trocadie, dans la Nouvelle- Ecosse, pour l'instruction des jeunes liiles. La sœur Yict"irt Beaudry, dite Sainte-Croix, après «voir exercé pendant six ans les fondions de supérieure, fut remplacée en 1828 parla «ceur Mme Catherine Huot, dite Sainte-Madeloine; elle occupa cette charge jusqu'en 18W), où on élut pour lui succéder la sœur Françoise Huot, dite deSainle-Gertrude, qui fut remplacée en 18*3 parla sœur Sainte-Madeletne; celle-ci par la sœur Marie-Louise Dorval, dite de Sainte-Elisabeth.

La ville de Villemarie s'étendait déjà «u loin; plusieurs faubourgs avaient été bât'*- MM. les prêtres de Saint-Sulpice sentirent le besoin d'y fonder des écoles s|*éi'«'«* pour les jeunes personnes, dont elles exposèrent la direction aux sœurs de I* con" grégation; elles acceptèrent avec empressement une {imposition si conforme à attrait et à leur institut, et ouvrirent successivement un grand nombre de classe* : trois au faubourg Saint-Laurent; six auûu* bourg de 0»ébee; trois au faubourg S»* Antoine; trois autres au faubourg Sa*1' Joseph; deux aux Hécollels. Le sémuuii*1 qui appartiennent ces diverses école?.

charge de l'purnir les meubles, delescww-

DICTIONNAIKE

M3 NOT DES ORDRES RELIGIEUX. NOT 9tf0

fer, de les entretenir; do foire conduire eu tous n'avez pas. été inûdèles à Dieu, qui

voiture les sœurs missionnaires dans leurs vous a- placées à Villemarie pour honorer

écoles respectives le matin et de les rame- son augusle Mère et imiter ses vertus. Les

ner le soir à la communauté. Environ 1,500 succès toujours croissants qu'obtiennent vos

enfants sont instruites et élevées gratuite- travaux montrent aussi que le Seigneur est

ment dans toutes ces écoles. En outre les sœurs de la Congrégation ont trois établissements dans leur propre maison : ie pensionnat, qui se compose de six classes; la grande école qui a trois classes et la petite qui en a deux.

Le noviciat de la Congrégation, devenu

avec vous, pour vous assister dans vos pénibles fonctions. Aussi faites-vous notre gloire comme l'un des plus beaux ornements de notre diocèse. »

L'année 184** fut marquée |>ar l'établissement de la mission de Châteauguay, qu'on dut au zèle de M. Bourassa, curé de cette

phis nombreux h mesure que la population paroisse, et par le rétablissement de deux.

autres missions qui avaient été interrompues depuis peu.

A Villemarie, la nécessité d'une maison plus spacieuse se faisait sentir depuis plusieurs années. On démolit l'ancien bâtiment et on donna au nouvel édifice trois cents pieds de longueur sur cinquanle-sept de largeur; elles en prirent possession Tannée 18t5. Cette circonstance ayant coïncidé avec la retraite, il y eut la réunion la plus nombreuse qu'on eût jamais vue.

L'année suivante, 1846, M. Quiblier, s'étant démis de la charge de supérieur du séminaire et de celle de curé de la paroisse, leur écrivit, avant son départ pour la France, une lettre d'adieux, qui fut un beau témoignage du zèle, de la piété et de la ferveur dont elles lui avaient constamment donné

du pays augmentait, mit les sœurs en état d'établir plusieurs nouvelles missions. En 1833, M. Pasquin obtint deux sœurs missionnaires pour la paroisse de Saint-Eustsche, dont il était curé. Interrompue ensuite a l'occasion d'un incendie, elle fut reprise plus tard.

Mgr Bourget, qui occupe si dignement le kiége épiscopal de Villemarie, engagea efficacement les sœurs de la Congrégation a former plusieurs autres établissements de missions, dans les endroits où ils paraissaient être le plus nécessaires, soit dans son propre diocèse, soit dans plusieurs autres diocèses voisins. Kingston, dans le Haut- Canada, érigé en évéché, en 1826, était encore dépourvu de tout établissement catholique, line chapelle y servait de cathédrale, et l'évèque, Mgr Alexandre Mac-Donell, avec des marques. « Je vous remercie, » lour dison secrétaire, qui était aussi curé du lieu, sait-il, « de l'édification si soutenue que vous composaient tout le clergé dè Kingston, avez donnée à la paroisse; do l'instruction Mgr désira ardemment d'y attirer les sœurs si éminemment chrétienne qu'à ma (Iode la Congrégation. Son successeur, Mgr mande vous avez gratuitement donnée à des Uaullin, s'adressa à l'évôque de Villemarie, milliers de jeunes filles ; de la part que vous qui entra avec zèle dans ses vues. Mais il avez prise a ma sollicitude pastorale, eu n'y avait aucune espèce de ressource ; néan- vous associant par vos prières ou par votre moins, après avoir consulté Dieu par do coopération à toutes les œuvres que j'avais ferventes prières, les sœurs de la Congréga- à entreprendre ou à soutenir pour le salut lion entrèrent généreusement dans les vues du nombreux troupeau confié a vos soins... du prélat; deux sœurs missionnaires se J'ai toujours admiré la simplicité et la dor^ndirent en 1841 à Kingston, s'installèrent dans un lieu qui leur rappelait l'établo où la sœur Bourgooys avait commoncé ses écoles à Villemarie, et pour imiter plus parfaitement la sainte fondatrice, elles voulurent y ouvrir leurs classes, le jour de sainte Catherine, à pareil jour où elle avait commencé les siennes en 1657. Dans ce pauvre

cilité évangéliques avec lesquelles vous avez reçu mes conseils et mes avis. Vos vertus et votre zèle apostolique portaient la joie et l'édification dans mon âme; l'accroissement do votre communauté, la confiance qui l'entoure, ses progrès, ses succès, ont «fait mon bonheur. »

Sous la supériorité de Mgr Bourget» évê> réduit elles eurent à souffrir tout ce' qu'on que de Villemarie, la Congrégation augmenta peut imaginer de privations, de gène, d'in- bientôt lo nombre de ses missions. Celle de commodités. Mais en 18i6 elles purent oc- " cuper la maison épiscopale que leur avait léguée M<"r Mac-Uonell.

A cette époque, 1842, Mgr Bourget adressa aux sœurs do la Congrégation un Mandement pour leur annoncer sa première visite pastorale. « Depuis* que nous connaissons

▼otre institut, * leur disait ce prélat, < nous lui avons porté le plus vif intérêt. L'œuvre sublime que vous a confiée la Providence,

l'assomption, rivière de Sachigan, lut établit en 1847. La môme année on en fonda deux autres : uno à Sainte-Thérèse, une à Saint-Jean Dorchoster. L'année suivante ou fonda un pareil établissement h la baie de Saint-Paul, en 1849 à Sainte-Croix, en 1852 une autre à Sainte-Anne d'Yaœacbiche, au diocèse des Trois-Rivières. '

Les sœurs séculières de la Congrégation de Notre-Dame ne font que des vœux siin-

t que vous remplissez avec tant de zèle, pies de chasteté, de pauvreté et d'obéissannous est tellement chère, que nous ne ces- ce, et pratiquent tous les exercices de Ta vie

mon* de bénir le Seigneur, do ce qu'il lui a r>lu de choisir cette ville pour en être lo frerceau. La régularité qui n'a cessé de régner dans votre communauté, prouve que

religieuse, sous la protection de Ja reine des Apôtres,, leur chef et leur modèle. Leur habit est très-simple : la robe de serge noire descend jusqu'aux talons, et est toute fer-

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mée sur le devant. La ceinture est de laine noire et fait deu-x tours : le tablier, d'une étaminc noire; le mouchoir du cou et I.i coitrure, de toile de Boucn; la coiffe ri'él.iniine 5 voile. Elles portent une crois, d'argent sur la poitrine.

La Congrégation ollro une preuve irrécusable de l'action de la divine Providence dans les diverses sociétés ou'il forme pour l'utilité et l'ornement do l'Eglise, par son établissement au milieu de tant d'obstacles qui auraient dû la ruiner, et par sa duric constante, malgré les guerres et les persécutions. Son établissement et sa conservalion sont une preuve manifeste et une démonstration irrécusable du dessein de Dieu dans l'établissement de la colonie de Villcmarie.

A la lui de l'année 1 853, on comptait cent quarante-neuf professes et quarante -huit novices ou postulantes, reparties entre la maison mère de Montréal, et vingt-cinq missions de ce nombre. Treize missions sont dans le diocèse de Montréal, huit dans le diocèso de Québec, deux dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, une dans celui des Trois- Itivières et une à Kingston. Elles font l'éducation de près de six mille jeunes filles ; sur ce nombre, mille cent sont pensionnaires, deux cents demi-pensionnaires; les autres sont externes ou quarts de pensionnaires. Environ mille cinq cents deces intéressantes élèves suivent tous les cours d'une instruction fort étendue.

Le noviciat de celte congrégation de filles séculières et paroissiales a toujours été à Montréal, et l'œuvre de la sœur Bourgeois, œuvre indigène au Canada, y réalise depuis deux siècles un bien iniini. *

On compte aujourd'hui, septembre 185C, quatre-vingt professes, soixante novices, deux cents pensionnaires ou demi-pensionnaires.

NOTRE-DAME ( Congélation des Filles J

à Bordeaux.

Notice sur la vénérable Mère de Lestonac, fondatrice de cet ordre.

Au xvf siècle, l'hérésie do Luther et de Calvin désolait la France et les provinces au delà de la Loire. Chaque jour les cloîtres se dépeuplaient par les soins que prenaient les hérétiques d'y glisser leur venin ; la eunesso ne trouvait plus d'asile contre 'erreur; mais Dieu qui veille toujours sur son Eglise, suscita, contre ses dangers, une femme forte dans le sein même de l'hérésie, pour taire relleurir la solitude et donner un abri à l'innocence et à la vertu.

Cette âme choisie fut la vénérable Mère Jeanne de Lestonac. Elle naquit h Bordeaux, en 1550. Son père, llichard de Lestonac, conseiller au parlement, était aussi remarquable par sa naissance que par sa foi et sa piété. Sa mère, Jeanne d'Eyquem de Montaigne, avait embrassé la nouvelle religion. Elle se montra aussi ardente pour le calvinisme que son mari était zélé pour la loi catholique. Ou peut ju^cr par là de l'édu-

NAIKE NOT 5

cation qu'elle lâcha de donner à sa h., N'osant trop ouvertement lui inspirer »

sentiments par la crainte de son époui.<] s'y serait fortement opposé, elle roc Jeanne à une de ses taules qui profit, secrètement l'hérésie. L'une et l'autre ei ployèrent tous les genres de séduciion j-j corrompre la foi de cette jeune en£tol;tiu tout fut inutile. Dieu, qui avait pris u entière possession de son cœur, la garan du péril par une grâce spéciale : Jeam conserva sa foi toujours pure et intacte.» fut par ces victoires qu'elle préluda ji grandes conquêtes qu'ello devait faire i jour de plusieurs manières sur les euoeii! de l'Eglise.

Aux lumières d'une grâce prématurée, un grand fonds de raison et de sagessi Dieu ajouta un secours qui no servit p peu 5 fortifier sa foi naissante. Son jeur frère François de Lestonac étudiait auro lége des Jésuites rie Bordeaux. Il se faits un devoir de charité de répéter à sa sœi les instructions qu'il recevait de sesmalir; sur les points controversés. Ces enseigne menls furent fort utiles à Jeanne, et lui <er virent à lui-môme d'essai pour les fonction de zèle qu'il exerça plus lard avec tant <i fruit dans la Compagnie de Jésus, où il eti ira fort jeuno. 11 réussit si bien auprès d< sa sœur qu'elle se senlit assez de force et di courage pour essayer d'éclairer sa mère Mais son zèle ne servil qu'à loi attirerai inimitié, au point d'élouUer dans son fiwii les sentiments de la tendresse tualernelii Que n'eut pas alors à souffrir celte hérovqiK enfant 1 Mais rien ne put jamais altem dans son âme le respect et l'amour qu'e'l? devait h sa mère. Elle lui fut toujours mise en lout ce qui n'intéressait pas sa mscience, et complaisante à ses moindres t<?- Jonlés Siins jamais déplaire à son Dieu.

Sa fidélité au milieu do lant de j-iî^. de persécutions deins un âge si U-ndre, :»i mérita les faveurs de Dieu et ses lorouiuu;cotions les plus intimes. Dès Page île do ans, elle reçut un don d'Oraison qui lui w faire de rapides progrès dans la vertu. L> sainte Vierge, qui l'avait choisie pour k * der un ordre qui lui serait consacré, loi ia>pirait déjà de grands attraits pour u« religieuse; mais l'hérésie qui avait |*nr;ri' dans les monastères, ne lui perinil |»a* ,J* suivre ses désirs. Elle n'osa même les manifester à son père. Dieu ne lui donna te* lorts mouvements de retraite, qu'afunk l'attacher plus étroitement |Kir la jirJiN" île toutes les vertus, et de la disposer grands desseins qu'il avait sur elle. I| donna même des vues confuses de ceu/< «• serait un jour. L'exemple de Thérèse Espagne, alluma les premières éliocew'* do ce zèle qui devait un jour produire us si grands fruits. Le temps en était enn^ bien éloigné. Dieu l'appelait auparavant un genre de vie tout opposé; et, maigre se* répugnances, elle céda aux volontés de** pere, qui l'unit, à l'âge de 17an5,à^'

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