NOT DES ORDRES
reot des reliques. A peine lui laisse-t-on de quoi la couvrir.
Pour arrêter ce mouvement qui fut qualité de fanatisme, on décida qu'on jetterait le squelette de la ci-devant religieuse dans une fosse que Ton fit creuser dans le jardin de la Commune. Pour en faire perdre jusqu'au souvenir, on ordonna qu'un cheval serait jeté ensemble dans la même fosse; mais Dieu permit que ce sacrilège ne fût point consommé, et le corps de sa servante fut enterré séparément, et à plus de huit pieds de distance.
Vingt-huit ans s'étaient écoulés, lorsqu'on 18fi, ses Filles, qui venaient de se réunir, tournèrent leurs regards vers le tombeau de leur mère, et obtinrent que Ton fit des fouilles pour rechercher le précieux corps. Les autorités facilitèrent les travaux qui durèrent dix jours. Pendant tout ce temps, une multitude innombrable assiège les travailleurs et veut avoir des reliques de la sainte. Les soldats animés d'un pieux respect disaient qu'ils donneraient une portion de leur solde pour la découvrir. Celui qui avait éié chargé de l'enfouir et qui , pour avoir it$ reliques, avait gardé son voile, donne des indications. Bientôt le squelette du cheval annonce que le précieux dépôt n'est pas éloigné. Ou le trouve enfin; mais tout fait craindre qu à cause du laps de temps et de l'humidité du lieu, les restes de la servante de Dieu ne soient réduits en poudre. On continue avec précaution le travail, on aperçoit le corps enveloppé comme dans un drap de terre qui le dérobe encore aux yeux. H se lait un religieux silence. Deux de ses Filles qui président les travaux tombent à xeaoux. Un prêtre qui était accouru suit irtsr exemple. Toute la foule parait émue et chacun implore la tainte. Malgré les précaution^ prises nour retirer en entier le saint <orp$, il fut beaucoup endommagé.
Par ordonnance de Mgr Daviau, archevêque de Bordeaux, une commission d'enquête procéda a la reconnaissance de l'identité des restes de la fondatrice.
U procès-verbal de la commission d'enquête terminé, Monseigneur, assisté de MM. Desèie et Barrés, vicaires généraux, se transporta à l'hôtel de la mairie, pour apposer son sceau sur la caisse qui contenait les ossements de la vénérable Mère.
Le 28 décembre 1822, jour indiqué pour la translation de sa respectable dépouille, tout le clergé de la ville, plusieurs membres des communautés non cloîtrées , auxquels ^joignirent les autorités civiles et les permîmes les plus distinguées de la ville, se rendirent à la maison commune, sur l'invitation de Mgr l'archevêque de Bordeaux; hait religieuses de Tordre de Notre-Dame • y Jrouvèrei.l aussi pour avoir l'honneur «e porter le corps de leur vénérable fondatrice; une immense population y accourut également. Au moment du départ, M. le curé « Samt-Kloi (dans la paroisse duquel la '«érable avait été trouvée) flt les cérémonie» religieuses d'usage. Le cortège se mil
en marche vers la métropole; le clergé précédait, ayant en tête les croix des doute paroisses de la ville; les personnes invitées suivaient le cercueil, qui était entouré de huit religieuses, dont quatre le portaient alternativement, les autres portaient des cierges; quatre demoiselles de la famille de Mme de Lestonac tenaient les glands.
Le Benedictus fut chanté dans toute la route. Lorsque le cortège arriva è la porte de l'église, le vénérable prélat, qui 1 y attendait, apercevant le cercueil, le bénit, leva les yeux au ciel, et sembla plutôt invoquer celle qui y était renfermée que prier Dieu pour elle. Il l'accompagna jusqu au milieu de l'église, où il fut placé sur un catafalque préparé à cet etfet. Los prières d'usage étant terminées, on reprit la marche dans le même ordre, le digne prélat se joignit à son clergé jusqu'à la nouvelle communauté. Le peuple avait toujours suivi dans le même recueillement, le silence n'étant interrompu que par ces mots : On porte une sainte.
Quand le cortège arriva à la porte du courent où des gardes à cheval étaient placé* pour écarter la foule qui voulait entrer, il fallut donner l'espoir au peuple qu'il contenterait sa dévotion lorsque te clergé et les personnes invitées seraient sorties. L'entrée et le cloître étaient tapissés en blanc, avec le chiffre do l'ordre (un Maria sur un fond bleu de ciel entouré de noir). Ces couleurs étaient le symbole de l'innocence et de la fidélité à la grâce, vertus qui furent toujours reconnues dans celle qui faisait le sujet de la solennité. Son précieux corps fut mis dans un lieu préparé au milieu de la chapelle, et Monseigneur fit les aspersions et les prières accoutumées. Le clergé s'étant retiré, fit place au peuple, impatient de faire loucher des chapelets, des croix, des médailles et autres objets précieux, tant le récit de sa vie donnait la confiance quelle jouissait de la gloire. Ce concours dura quatre ou cinq jours; il eût été d'une plus longue durée, si la régularité de la clôture l'eût permis.
Ses pieuses tilles l'ont placée d'abord dans leur sacristie, où elles ont la consolation d'aller puiser dans le souvenir do sa sainte vie, et dans les grands exemples qu'elle leur a donnés, les vertus propres de leur état, en attendant le bonheur, dont elles conservent l'espérance, de la voir un jour honorée sur les saints autels.
En 1826, Monseigneur ordonna qu'on flt un double procès sur lo non-culte et sur l'opinion de sainteté. Plus de quarante témoins furent enteudus. Ces deux questions restent prouvées et légalement constatées. Mgr Daviau-Dubois de Sanzay, archevêue de Bordeaux, par une lettre en date du juillet 1826, conjure le Souverain Pontife Leou XII, d'exaucer ses désirs cl ceux de son diocèse en offrant à la vénération de l'Eglise la servante de Dieu Jeanne de Lestonac.
Le successeur de ce saint prélat, Mgr de Cheverus, s'unit à S. Km. le cardinal de Clermonl- Tonnerre, archevêque de Tou*
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LUt. l lO.N.YliRE
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louze : M^r do Quélcn, archevêque «le Paris ; Msr Braull. archevêque <i*Alhy ; NN. SS. les évê pies d'Air*', de Fréjus, d'Agcn, de Pamiers, pour solliciter celte faveur.
Leurs vœux reçurent un commencement d'exécution; la tn s-révéreude mère Jeanne de Lestonac a été déclarée vénérable le G septembre 183V.
Plan de l'institut.
La Compagnie de Notre- Dame est un corps .le religion approuvé du Saint- Sié^e et conlirmé par dix Biefs qui ont beaucoup servi à sa gloire et a son nifermissemeut.
Cette société, approuvée par le Pape Paul V le 7 avril 1007, fut agrégée à l'ordre de Saint- Renoit , le 29 janvier 1008, | ar le Cardinal de Sourdis qui en avait re«;u » omtiiission de Sa Sainteté. Cet acte d'a.régaliou ne la soumet pas aux Bénédictins, il ne la met pas non plus de leur ordre; mais il la rend participante de leurs privilèges; et il fut nécessaire a sa naissance pour meure la nouvelle Société en droit de former un véritable corps de religion indépendant de tout autre ordre, et soumis uniquement au Saint-Siège et a la juridiction des évê pies.
Quoique les religieuses de Notre-Dame ne sortent d'aucune autre société, elles reconnaissent néanmoins la Compagnie de Jésus pour leur modèle. C'est cette illustre Compagnie qui a aidé l'ordre de Notre-Dame do ses lumières et de son crédit, tant dans son origine que dans ses progrès.
Les religieu>es de Noire-Dame suivent les constitutions de Saint-Ignace et s'ctlorcent < I c prendre l'esprit de ce saint Fondateur. Ainsi, leur institut estime imilaliondu sien. Celui-ci combat sous les étendards du Fils, et l'autre sous les étendards de la Mère, l«>us les deux dans le dessein de procurer la plus grande gloire de Dieu, en gardant les conseils évangéliqnes.
C'est celte ressemblance qui donna tant de y>ieau Pape Paul V, qu'il se félicita de leu. fondation en disant au II. P. Aquaviva : « Général, je viens de vous donner des sœurs. — Ht qui donc, très-saint Père? » répondit le Général. — « De vertueuses lilles qui veulent rendre à l'Eglise, dans les personnes ue leur sexe, les mêmes services que vous rendez à toute la chrétienté. — Nous ne méritons pas qu'on nous prenne pour modèles; niais puisqu'on veut bien nous imiter, nous lâcherons de soutenir cette qualité. »
Son nom est celui de Com\nvjnie de Notre- Dame ou Filles de Notre-Dame (pie le Pape leur adonné. Il est le seul qui porte proprement le nom oe la glorieuse Vierge Marie dans toute l'étendue de ses grandeurs et de ses mystères. et qui fasse une profession par ticulière de l'imiter dans toutes ses vertus.
Réparer les maux de l'hérésie, rétablir et étendre le culte de la Très-Sainte Vierge, tel lut le dessein général de cette fondation.
Sa (in particulière e>l non - seulement que les Religieuses de Notre- Dame travaillent , avec la grâce de Dieu, h leur salut et à leur perfection propre, mais encore s'emploient
de toutes leurs forces, avec la môme grScc, au salut et à la perfection du prochain, l'our atteindre ce double but, il fallait allier la tic active avec la vie contemplative, et en former une troisième où l'on trouverait joints ensemble les exercices do l une et de l'autre. C'est ce genre de vie, le plus parfait de tous, que Notre-Seigncur choisit pour lui-mémo, qui forma le plan de l'ordre de Notre-Dame.
Pour la vie contemplative : l'oraison mentale une heure et demie chaque jour, l'eiamen général et le particulier, le petit Office de la Sainte Vierge, qu'elles récitent en chœur, le Uosairc, la lecture spirituelle, la fréquentation des sacrements , l'exercice Je la présence de Dieu, la pratique du silence et des vertus intérieures qui consacrent et élèvent les actions ordinaires, les retraites annuelles et celles de trois jours avant les dm rénovations, et d'autres exercices de piété qui charment la solitude et la sanctifient.
A celte vie intérieure se joignent tous les exercices du zèle qui peuvent contribuer ao salut et à la perfection du prochain, et en l>articulier l'Instruction do la jeunesse. Ce* deux sortes de vie, jointes ensemble, constituent l'ordre de Notre-Dame. Quant è l'eïlérieur, la vie est commune et n'a point, par obligation, de mortifications ou austérités, si ce n'est le jeûne tous les samedis de l'année et la veille des fêtes de la très-sainta Vierge.
Son esprit consiste principalement dan$ l'humilité, l'abnégation el le renoncement aux choses du monde et à soi-même, une entière et parfaite obéissance, et un zélé ardent pour le salut des âmes. Pour cimenter la perfection de cette double vie, les v<m •le religion sont le triple lien qui lui donne tout son mérite et toute sa gloire.
Quelque commerce qu'aient arec le prochain les religieuses de Notre-Dame, leur institut met des barrières qui les en séparent et qui les défendent contre les dangereuses attaques du siècle. La cléture fait une matière spéciale d'engagement dans la formule des vœux, comme un moyen de le* mieux garder. Cependant, dans des ras extraordinaires, comme l'indique la règle, l'évôquo peut accorder des dispenses particulières dans les maisons qui sont sous sa juridiction. Ce vœu n'exclut pas l'union qui doit régner dans tout l'ordre de Notre-Dame la Règle prévoit le cas où il serait nécessaire de se prêter un mutuel secours.
Le principal lien est l'amour de Nolre-Seigneuret de sa sainte Mère; et, pour le resserrer de plus en plus, la déférence des bdm à l'égard des autres, l'uniformité de sentiments, les correspondances fréquentes en're les maisons, sont les moyens employés pour conserver et augmenter cet esprit de paix <?' d'union qui fait loule la force et la beautéde la Compagnie de Notre-Dame, laquelle, depuis deux siècles el demi, n'a point « en» son zèle h étendre la gloire de Jésus et de » sainte Mère.
Ce corps se compose de novices, de sœur?, de Mères. Il y a aussi des Sœurs compa^
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OIS ORDRES RELIGIEUX
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ou coadjulriccs pour les choses temporelles de la maisou.
Les novices, après deux années d'épreures, peuvent êlre admises à la profession, et «près dix ans de religion, elles passent au degré de Mère ; c'est alors que les fonctions les plus importantes de la maison peuvent leur être confiées.
C'est parmi les Mères que Ton prend la supérieure, qui a aussi le nom de Mère première. Elle exerce les fonctions du supériorat pendant trois ans. Au bout de ce temps, on procède à une autre élection, et tes Mères, qui seules ont voix délibérative, peuvent réélire la même supérieure. Quelque accomplie que soit une supérieure, elle oe peut |*s suffire au gouvernement. C'est pour cela que la règle lui donne une assistante et des officières qui en partagent le poids, quoiqu'elle retienne touto l'autorité. Elle a trois conseillères et une admonitrice qui l'aident de leurs avis, et qui ont voix dans les délibérations secrètes et particulières. Elles n'ont droit que de proposer et de dire leur sentiment : le pouvoir de décider appartient à la supérieure.
La supérieure a toute la surintendance de la maison; et, afin qu'elle l'exerce saintement et fidèlement, elle a ses règles particulières. Chaque oflicière qui agit sous sa conduite, a aussi les siennes, et toutes les religieuses lui sont soumises par la charité et par l'obéissance.
L'éducation occupant une grande place dans la vie d'une religieuse de Notre-Dame, toutes celles que la sainte obéissance y destine, doivent travailler à se rendre capables de ces nobles fonctions. Pour cela, après los deux années de noviciat, le principal temps des jeunes professes est employé à l'étude , sans pourtant négliger sa propre perfection.
On l'a vu, le but de ce saint institut est de 'travailler au salut des âmes. Les religieuses filles de Notre-Dame s'y dévouent entièrement. Leur zèle s'attache d'abord aux enfants de la classe aisée de la société qu'elles élèvent dans des pensionnats. Là, ces épouses de Jésus-Christ se dépensent continuellement pour former à la vertu et à la piété les jeunes plantes qui leur sont confiées par 'amour maternel, sans négliger, pour entrer dans les vues de leur fondatrice, tout « yui convient à une fille bien née pour $on éducation.
Mais les enfants pauvres ont aussi des âmes à sauver. Les religieuses de celte compagnie u'ont eu garde de les oublier; toutes leurs maisons ouvrent des classes spéciales a celte portion chérie du Sauveur, et partout «s écoles sont fréquentées par de nombreuses enfants qui viennent y puiser, sous les auspices de la très-sainte Vierge, l'amour du devoir, la crainte de Dieu , la confiance en Marie.
Enfin, une autre œuvre a été embrassée par leur zèle. Les jeunes filles adultes lancées dans le monde sans conseils , sans instruction religieuse, y courent les plus grands dangers. Les religieuses de Notre-Dame ont
(I) Koy. à la fin du vol., n° 176.
Dictions, des Unîmes bblio. IV.
compris qu'elles devaient leur tendre une main secourable. Chaque dimanche, cette jeunesse ouvrière vient puiser à la maison de Notre-Dame les principes religieux, seule sauvegarde de sa vertu. Elle y reçoit aussi de salutaires conseils qui relèvent son courage trop souvent abattu par les difficultés de son Age et de sa position.
Telle est la noble carrière que parcourent les religieuses de Notre-Dame à la suite de leur glorieuse fondatrice. Inspirer à la jeunesse une solide et tendre dévotion à l'auguste Marie, sera toujours le moyen sur lequel elles compteront le plus pour lui inculquer l'amour du bon Dieu, sa crainte, l'accomplissement de tous les devoirs qu'impose !e christianisme.
L'obéissance tient dans l'ordre tous les membres de la compagnie do Noire-Dame, la charité les unit, le zèle les fait agir, la dévotion les nourrit, l'humilité les conserve en paix dans la place que leur assigne l'obéissance et les applique uniquement à en remplir les obligations.
Voilà en peu de mots le caractère propre de l'institut de Notre-Dame. Toutes les maisons sont empreintes du môme cachet, autant que la diversité du pays peut le permettre.
Cet ordre s'étendit avec rapidité. Il compte aujourd'hui trente-doux maisons en France, onze en Espagne, trois eu Italie et cinq en Amérique.
A l'exemple de leur vénérable Mère fondatrice, les religieuses de Notre-Daw<* ont pris pour devise ; Tout pour la plus grande gloire de Dieu et de ta très-sainte Vierge, et pour le salut des âmes!
C'est la grande pensée qui anime et fait agir une Fille deMarie.(l)
NOTRE-DAME (Congrégation uns Soeuhs}, maison mère à Namur ( Belgique).
Mme Blin de Bourdon, d'une famille honorable de Picardie, naquit, le 7 mars 1756, à Gézaincourt. Elle fut élevée chez les Bernardines de Doullens et chez les Ursulines d'Amiens. Elle se livra de bonne heure aux exercices de piété et résolut de renoncer au inonde. Elle demeurait chez la baronne de Frouquessoles, sa grand'roère. En 17% elle fut en prison à Amiens avec sa famille, et n'en sortit qu'après la mort de Robespione. Sa grand'mère mourut après la terreur.
Madeleine Blin de Bourdon resta au sein de sa famille à Amiens. Elle s'y lia avec une pieuse fille, Julie Billiard, et toutes deux jetèrent à Amiens, en 1797, les fondements de l'institut des sœurs de Notre-Dame, qui se consacrent à l'instruction des enfants et surtout des pauvres; elles ouvrirent plusieurs maisons en France, et firent en 1807 uu établissement à Namur. Mlle Blin de Bourdon, qui avait pris en religion le nom do Mère Joseph, vint diriger la nouvelle maison. Ses vertus et >a prudence lui concilièrent l'estime et l'amitié de Mgr de la liarde, évèque de Namur. L'établissement
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ralrne. Pendant sa maladie, elle donna l'exemple de toute- les vertus bénit ses Filles, et mourut le 9 février 1H38, au matin, n^ant conservé jusqu'à la lin sa présence d esprit.
Les Sieurs de Notre-Dame possèdent un très-grand nombre d'établissements. Le cheflieu est a Namur, où il y a ordinairement une soixantaine de professes et autant de novices. Leur pensionnat compte plus de cent élèves. Il y n de plus trois classes d'externes, comprenant environ cent cinquante élèves, et trois classes pour h s enfants pauvres, qui sont au nombre de quatre cent cinquante. Les sœurs ont en outre, en ville, deux classes contenant près de deux cent cinquante enfants pauvres. Les sœurs dirigent une maison d'orphelines, où il y a une centaine d'enfants; elles ont aussi une classe d'externes pour les enfants appartenant ;i des familles aisées. Deux d'entre elles ont la direction de l'hôpital Saint-Jacques; quatre autressujursdirigcnl l'hospice d'Harscamp, où il y a de deux cent cinquante à deux cent soixante vieillards. Entin la maison mère tient encore des classes dominicales où plus de deux cents femmes ou lilles, de tout âge, do toute condition, se réunissent chaque dimanche en diverses congrégations.
Il y o d'autres établissements de sœurs à Jumct, a (iand, à 1 lui m , à Dinan, à lierabloux, à Liège, à Verviers, à Zèle, a Fleurus, a Andcnne, a Saint-Hubert, à Bastogne, a Philippcvillc, à Huy.
Jumet est le deuxième établissement des sœurs en Belgique; elles sont au nombre de vingt-quatre; elles ont un pensionnat do soixante élèves, et quatre classes d'externes pour trois à quatre cents élèves, gratuites ot non gratuites. Gand est rétablissement le plus considérable après Namur; il y a cinquante sœurs, un pensionnat de cent cinquante élèves el quatre cents externes.
Tliuin a vingt-deux sœurs, un pensionnat d'une soixantaine d'élèves et quatre classes d'externes; Dinan a vingt-trois sœurs, un pensionnat aussi nombreux et quatre cents externes en quatro classes; Geniuloux, vingt sœurs, soixante pensionnaires, el quatre classes d'externes pour trois cents enfants; Liège, vingt sœurs, quarante pensionnaires,
(t) Vm,. à la fin du vol., n° 177.
cent 50iX.ir.tc- exte: nés payantes et trois renu j -ouvres. Les r. semblées des sœurs le dinnn-.!:* et le lundi comprennent de tros cent cir. juanie à quatre cents personnes <Je tor.t Hz*, t >ut rang; à Verviers, vin^t et u:ie sœurs »t trois maisons, un extern.it 1 de soixante élèves et des classes gratuites de ser t à huit cents; à Zèle, seize sœurs,
bol- ■ in pjante pensionnaires et [dusieurs centa. ne» d'externes; à Fleurus, douze s»rijrs instruisent plus de trois cents enfants de tout.' condition; à Andenne, onze soeurs, un pensionnat et quatre classes d'externes; à Saint-Hubert et à Bastogne, sept sœurs, un pensionnat et plusieurs centaines d'esternés; à Pbilippeville, six su?ors el plus de ceiit élèves; à Huy, trois sœurs, dirigeant l'hospice des vieillards.
NOTRE-DAME Tnstiti t DEsiiLUGitt^csnti, à Barcelone (Espagne).
Ces religieuses se consacrent à rinsiruction de la jeunesse En 1852,unejeunefemiM de S3ntauer vint, à l'âge de vingt-quatre aos consacrer sa grande fortune à i'élsl»i«ement d'un couvent des religieuses de Notre- Dame de Barcelone pour l'éducation gratuite des jeunes ûl les de cette ville. Elle sollicita son admission dans la communauté, sous la condition expresse qu'elle n'en serait pas supérieure. Bien que, malgré son pieux désir, elle pût, une lois religieuse, être portée par l'obéissance au rang de supérieure qui, aux yeux de la foi, n'est pas une faveur, mais une charge ; on ne peut qu'admirer ce bel exemple d'humilité el de renonecuent. La maison mère de Barcelone envoya sept sœurs à Santader pour servir de noyau à la nouvelle maison. (1)
NOTRE-DAME DE CHAMBRIAS (Loire) (Congrégation des Soeurs de), /www d'Lsson, diocèse de Lyon.
La congrégation des Sœurs de Noire-Dame de Chambrias, comme celle des Sœurs o> Saint-Joseph, doit son origine à une réunion de quelques lilles pieuses retirées dans une maison attenante à une chapelle, qu'oo dH avoir été l'église paroissiale. Cette chapelle, de style roman, paraît dater du if siwe. Le but de ces personnes était de se sanctifier dans la retraite et de se livrer aux bonnes œuvres qui seraient à leur portée, lovant qu'elles avaient une maison propice, une chapelle convenable; considérant d'un autre côté qu'elles pourraient contribuer au saui des autres, elles pensèrent à former une congrégation religieuse.
Elles s'associèrent, mirent en commun leur avoir, se firent donner un règlement et vécurent en communauté. Le premier^ d'association date de 1732, entre Col «lle Ojard, Catherine Chamble, Claudine Blaoc, Marie Daurelle. Cet acte est uu tesument réciproque passé devant notaire, en présent de M. Rochette, curé. Il y est stipulé leurs biens passeront à celles qui, dans u suite, entreront dans leur association.
Le costume et les constitutions sont ie
NOT
DES OKDUES RELIGIEUX.
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mêmes que celles de la congrégation de Siiot-Josepb. Elles font les trois vd3UX simules de pauvreté, de chasteté cl d'obéissance. Le règlement ne diffère de celui de la congrégation de Saint-Joseph , qu'en ce qu'il I rcicrit l'abstinence les mercredis de chaque Staline, et quelques pratiques de piété pour houorer la sainte Vierge.
Le règlement et les constitutions furent approuvés, en 17W, par Mgr Le Franc de Porapignan; et dix ans plus tard, par Mgr de G.i|lard, évêque du Puy. Alors la paroisse ■jTssoq appartenait au diocèse du Puy.
Le but des fondatrices était de recueillir 1m veuves, les filles âgées qui voulaient se retirer du monde; les jeunes personnes qui fuyaient les occasions de péché; d'instruire les enfant* auxquels elles apprenaient la prière, le catéchisme, la lecture, et l'industrie du pays, qui, pour leûr sexe, est la fabrication de la dentelle. Sous ce triple rapport elles ont fait beaucoup de bien, comme elle* font encore.
Au commencement de la révolution, elles Paient au nombre de dix-huit; elles furent
hissées de leur maison, dispersées et obtins de quitter l'habit religieux. Leur mai - Km devait être vendue, mois un honorable Umrgeois, qui avait de l'influence dans la localité, en empêcha la vente. Quand les t^mps devenaient plus calmes, elles se réunissaient; elles se dispersaient de nouveau, auand ils devenaient plus orageux. Cependant qtalre d'entre elles furent emprisonoees pour leur attachement a leur religion, tt les services qu'elles rendaient aux persécutés, soit prêtres, soit laïques. Une mourut dans la prison, une autre fut guillotinée, et tes deux autres, qui avaient été aussi condamnées, devaient monter sur l'échafaud.
Us préparatifs étaient faits lorsque la nou- Teile de la mort de Robespierre les arrartuao glaive révolutionnaire et les rendit à la liberté.
Après la révolution, elles ont continué à faire le bien, en conservant la simplicité
Primitive, et l'esprit de famille dans toute Kceplion du mol; cependant elles ont «tendu le cercle de leurs connaissances pour te mettre à la hauteur de l'instruction de l'évoque. Elles ont ajouté à leur programme l'enseignement de la grammaire, du calcul, *lon le système métrique, l'histoire, la géographie, etc. Elles ont, chaque hiver, de *oiume à quatre-vingts élèves.
Jusqu'en 1836, la maison d'Usson est demeurée seule indépendante sous la direction immédiate du curé et de Mgr l'archevêque.
Eu 1836, une nouvelle maison fut fondéo «tons la paroisse de Méderot; en 1837, une ^coQdedanscetled'Aix-les-Fagettes; en 18i0 ure troisième à la Mongie, toutes troisdu diocèse de Clermont. Aujourd'hui elles en comptent ooedizainedanscediocèse. L'évéque de Clermont a établi pour maison mère celle de la Mongie, où a lieu le noviciat général.
Depuis trois ans, deux autres maisons so sont formées dans le diocèse de Lyon ; une Pour desservir l'hospice d'Usson, une aulre
à Erboin, paroisse nouvelle démembrée de celle de Périgueux. Ces trois communautés sont indépendantes les unes des autres; partout elles sont bien accueillies et bien vues, partout elles opèrent le bien.
NOTRE-DAME DE CHARTRES (Institut des Soeurs de).
Le 23 avril 1854, malgré la rigueur de la température, la petite paroisse de Berchèrcsl'Evéque, diocèse du Mans, offrait a la fois un spectacle nouveau et bien touchant, et devenait le berceau de l'institut des Sœurs de Notre-Dame de Chartres, destinées à l'instruction des jeunes Allés de la campagne. Ce diocèse possède déjà la communauté do Saint-Paul, nombreuse et florissante, qui toujours prête a écouler la voix et a seconder les désirs du pasteur, offrait déjà de précieuses ressources à ses besoins. Ces filles admirables de vertus et de dévouement ne pouvaient suppléer par leur zèle au nombre, ni pourvoir à tous les besoins, et avaient appelé de différents diocèses les sœurs de Tours, de Ruillé, d'Evron, et cependant * plus de trois cents paroisses étaient encore dépourvues d'écoles de filles, c'est pour cela qu'imitant le père de famille qui accueillait tous ceux qui se présentaient pour travailler à sa vigne, il reçut comme un présent du ciel un corps auxiliaire que la Providence lui envoya : les religieuses de Notre-Dame de Chartres, qui se sont établies en quelques mois par une protection manifeste de Dieu. Le jour où la supérieure et une pieuse jeune sœur reçurent les premières le saint habit de la religion, l'église pouvait à peine contenir la foule silencieuse et empressée.
Le nombre des membres de cette famille s'est beaucoup accrû, toutes se montrent remplies de l'esprit do l'institut, qui est le dévouement pour les petites filles des campagnes et le soulagement des malades. L'exemple qui a été donné par Chartres a été suivi par les autres villes et par les oaroisses considérables du diocèse.
NOTRE-DAME DE LA FLECHE(Rblioieu8CS de), maison mire à la Flèche (Sarthe).
La communauté des Religieuses de Notre- Dame de la Flèche remonte presque au berceau de l'ordre, fondé à Bordeaux par la vénérable Mère de Lestonnac, et approuvé par le Pape Paul V, en 1607. Il n'y avait que
Suatre ans que les religieuses de Notreame étaient établies à Poitiers, quand la Flèche eut connaissance du bien qu'elles y faisaient. Le désir de procurer aux jeunes personnes les mômes avantages que les jeunes gens trouvaient chez les Jésuites, dans le collège fondé par Henri IV, et fréquenté par un très-grand nombre d'élèves, engagea la ville à faire une démarche auprès de la supérieure. Elle en chargea Dubten et Hamelin qui se rendirent à Poitiers. Anne de Guërin gouvernait alors la communauté; etlo reçut favorablement leur proposition, s'engagea à les satisfaire avec un zèle et une confiance qui ne lui permirent pas de pren-
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WrTIONN.MItK
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abord les mesures né<*ô>s,iii es, cl .lu prévenir les difficultés qui surfirent dans la mi. te. Vou'ant profiler des bonnes dis| osilions des iKilii tauls de la Flèche, la supérieure envova dans cette ville messire Charles de Courues , piètre prieur do Nantnl, ci M' Jean Engueigno, avocat au siège présidial de Poitiers, avec procuration de sa communauté, pour acquérir une maison à la fonditiou projetée. Ils achetèrent, le 7 niillet !<»:>:>, celle «le M* dabriel le (iaigneur, sieur de !a lier melière, au prix de 1*2,000 livres tournois.
Le maire C Indes Davoust et les échevins adressèrent ensuite une requête à MgrMiron, évèque d'Angers, sous la juridiction duquel la Flèche se trouvait alors, |ourohtenir l'autorisation d'avoir dans leur ville une communauté de religieuses vouées à l'instruction des jeunes tilles, comme il y en avait une h Poitiers. Le il septembre, le prélat lui répondit qu'il leur donner lit volontiers son approbation, mais seulement lorsqu'elles seraient pourvues d'un l'omis certain et suffisant pour leur entretien , qu'il permettait dès maintenant qu'on les fit venir pour les établir dans leur maison, où obes pourraient y vivre selon leurs règ!es et leur institut, non sous l'orme du communauté, mais provisoirement sous l'orme d'hospice.
A ces conditions, Anno de lluérin hésitait à laisser partir ses filles; mais les députés lui ayant montré tout le bien qu'elles pouvaient faire dans la ville de la Flèche, ses irrésolutions cessèrent, se voyant surtout pressée follement par les conseils du frère de la vénérable .Mère do Leslonnac, recteur du collège des Jésuites a Poitiers. M-dgré le petit nombre de sujets qu'elle avait à >a disposition, elle cul le courage de se priver d'une religieuse qui lui était bien chère, mais qu'il fallait sacrifier comme la plus digne de 1 1 maison, et celle de ses Filles qui possédait plus paifaitemeiit l'esprit de i institut.
C'était la Mère Jacquelte Chesnel, lïllc d'un grand esprit, d'une rare prudence, d'une vertu qui relevait la noblesse de la naissance qu'elle lirait des seigneurs de la baronnic en Saintonge. Elle avait passé cinq ans dans la maison de Hordeaux, où elle prononça ses vœux; le progiès qu'elle y lit, aux yeux de la fondatrice, en toutes sortes de vertus, lui mérita d'être choisie pour Ui>o de «es compagnes, quand elle vint ellemême faSre la fondation de Poitiers; à son départ elle la chargea du gouvernement de cette maison. Son amour pour la retraite l'avait portée, après quatre ans de gouvernement, à faire procéder h une nouvelle élection. Anne de Guérin, avant été élue, la Mère Chesnel jouissait avec bonheur du repos de la solitude dans l'exacte observance des règles, quand ello fut nommée supérieure de la fondation de la Flèche. Ou lui associa les sieurs Anne Audcb'it, Marie Maugin et Catherine Kugueignc. Elles fui ent a leur départ de Poitiers les tidèles imitatrices de la sainte Vierge dans ses voyages. La
pauvreté les a>'< omp.vna, el In p;:uvMé se< .ourut en arrivant à la Flèche, le "> :>• bre, où elles s'établirent dans une \\,3i< dépourvue do tout; l'hôpital leur prêta r lits, el une dame de cette ville leur serv i caution pour des habits d'hiver.
Elles commencèrent aussitôt les c.'ar avec un zèle qui loucha les h ibitar.ls, et engagea à faire de nouvelles démarches a près de l'évéque d'Angers. Le u aire ci éi hevins réunis au palais royal, en la a. son de ville, le 20 octobre, s'enxagercM nourrir el à entretenir les religicnscs>ur ! deniers de la ville , jusqu'à ce quel eussent prouvé a Mgr I évèquc quel!
avaient des fonds el des revenus sull'eiii On avait meublé leur habitation et étaMiu, sorte de clôture, ce qui engageait plu>ieu tilles des meilleures familles à limiter monde pour se vouer avec elles au servi île Dieu. De concert avec les religieuse*, I magistrats supplièrent donc le prélat ( vouloir bien leur accorder une autorisait entière. L'évèquc leur répondit, le 15noven bre. qu'il exigeait qu'on lui prourlt >]\i réellement le lieu où étaient les relig-eu* leur appartenait; il demandait en outre <i voir l'acte par lequel les suppliants s'oMi geaient, sur les deniers communs cl su tout autre revenu de la ville, à pourvoi au bâtiment et construction de tous les lieu: réguliers et de la clôture, à l'ameuWefLi.t nécessaire pour un couvent de huit rebgieu ses au moins, et 5800 livres de rente i>m la fondation et dotation dud il couvent, jusqu'à ce qu'on trouvât ailleurs des fonds pour lui assurer un revenu de même râleur.
Ces conditions devenaient fort pt';i;b'?s aux religieuses, qui, ayant mille livres à paver pour leur maison le 8 mars prochain, et les sept mille autres avec les intérêts dans deux ans, et ne pouvant rccevuir de novices, ne savaient comment s'en acquitte-' et pourvoir à leurs besoins. La ville foi*«t de belles promesses, et cependant les laissiit dépourvues des choses nécessaires. Aussi furent-elles sur le point de retourner à Poitiers. Dieu ne le permit pas, et leur posiuoo critique excita les habitants à s'occuper de celle atl'airo comme de la leur propre. Us lirent divers voyages à Angers, obtinrent, le 0 mai suivant, de la supérieure de Poitrer* cl de ses religieuses, un acte notarié, f^r lequel elles renonçaient à tout droit ri «cigueurie sur la maison de la Flèche que.' a avaient commencé à paver, et s'enga^ea^ à la solde complète des sept autres in'i* francs, avec les intérêts dans le temps prescrit. Ils présentèrent en outre un acte, ér*loment passé devant notaire, tians lequeJ plusieurs notables s'engageaient à foirt une rente hypothécaire de 600 livres luxd'j* religieuses; ils assuraient que les oeuti & de leur maison leur appartenaient, et^ ^ fourniraient tout ce qui serait nece^ et convenable au fulur couvent. Après vu les documents, l'évêque >^r",",!; supplique des religieuses et des lut'de la Flèche; il lit dresser un MM
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UKS OUDULS UELICILCX.