W3 NOT DES ORDRES
De puissants encouragements vinrent la fortifier. Mgr A lire, le saint archevêque de Piris, louché du bion qui s'acomplissait dans la maison de Sion, lui accorda uno chapelle où lui-môoie vint administrer plusieurs fois les sacrements de baptême et de conlirination. Mgr Sibour , son digne et vénéré successeur, plein de compassion pour les U-ebis égarées de la maison d'Israël, aiouta de nouveaux témoignages de bienveillance à ceux du prélat martyr, et daigna exprimer hautement ses sympathies pour celte œuvre. D'autres princes de l'Eglise, le nonce de Sa Sainteté, Son Eminence le cardinal Fornari, le cardinal Giraud de Cambrai, le cardinal archevêque de Bordeaux; plus tard le patriarche de Jérusalem, et un grand nombre le nos seigneurs les archevêques et évô-
Jues voulurent visiter et bénir lo bercail e> néophytes.
, A ces hautes approbations, est venue s'a- 'outer la plus précieuse de toutes les faveurs: le Souverain Pontife lui même, Pio IX, informé Jes résultats obtenus par la communauté de Notre-Dame de Sion, lui adressa un bref en date du 15 janvier 1847, et lui concéda de nombreuses indulgences. Puis, ouvrant derechef les trésors de l'Eglise, et donnant cours à sa bienveillance paternelle, i daigna étendre ces indulgences à tous les fiJèlcs qui apporteraient leur concours à l'i*uvre.
La bénédiction du vicaire de Jésus-Christ tomba comme uno rosée féconde sur la montagne de Sion , et lit mûrir des moissons de plus en plus abondantes. On vit des familles entières, touchées delà transformation que le christianisme avait opérée dans quelques-unsde leurs membres, demander ('instruction et le baptême; et lu sève chrétienne, urculant à travers les branches et les rameaux de ces familles nombreuses, rémoulades petits erfanb jusqu'à leurs parents octogénaires.
Oulre les jeunes enfants, baptisés et élevés daiis les établissements de Noire-Damo de *i»n, on compte des centaines de néophytes qui vivent chrétiennement dans le monde. Les uns, pour des raisons graves, ne peuvent encore arborer ouvertement la bannière -lu christianisme; les autres, plus heureux, coefessent leur foi au prix des plus grands ucrifioes, et souvent en face des tribulations '«s plus douloureuses. On remarque parmi eui des personnes de toutes les conditions : des médecins, des avocats, des militaires, des artistes, des littérateurs, des ouvriers; même lies vieillards, entre autres, un docte rabbin, âgé de plus de quatre-vingts ans; quelques-uns ont embrassé la vie religieuse; plusieurs néophytes éprouvées se sont consacrées au Seigneur dans la congrégation des filles de Notre-Dame de Sion.
La grâce accordée au zèlo apostolique do «lie congrégation religieuse ne s'est point arrêtée aux Juifs; elle s'est répandue également sur des schismaliques et des hérétiques. Un bon nombre de protestants, parmi lesquels on pourrait citer des noms illustres,
RELIGIEUX. NOT Wt
sont rentrés au sein de l'unité catholique dans la chapelle de Notre-Dame do Sion..
Un fait plus remarquable, mais très-peu aperçu de notre époque, c'est le mouvement général qui se manifeste parmi les Juifs répandus dans les diverses contrées du monde. Leur contact avec les Chrétiens, depuis que la Providence a permis que les barrières sociales fussent renversées, a eu pour effet de dissoudro les derniers vestiges de leur nationalité, et de les mêler à la vie de la société chrétienne, en sorte qu'ils se trouvent enveloppés, et commo envahis de tous coiés par l'atmosphère vivitiante du christianisme.
Aujourd'hui, la Synagogue n'est plus ce qu'elle était il y a vingt ou trente ans. Destituée de sa foi antique, et de toute inspiration divine, elle a couvert sa nudité en s'affublant de quelques lambeaux empruntés aux divers cultes chrétiens. Les observances de la Loi sont tombées en désuélude; les traditions lhalmudiqucs sont inconnues a la
génération nouvelle; l'administration du juaïsmo, calquée sur celle du protestantisme, n'est plus qu'une espèce de constitution civile qui varie, et se transforme au gré des gouvernements.
Quand on compare cet étrange mouvement du judaïsme moderne avec l'immobilité où il est demeuré depuis plus de dix-huit siècles, ne peut-on pas constater quelque dessein providentiel sur les restes de Jacob?...
L'Evangile, comme le soleil, a fait le tour du monde. 11 s'est graduellement manifesté b toutes les nations assises dans les ombres de la mort; et, d'un pôle a l'autre, les hérauts apostoliques ont porté les annonces du salut. Jamais le zèlo des missionnaires ne se déploya avec plus de puissance et d'universalité.
El chose merveilleuse, qui ne s'est pas vue dans les siècles passés, aujourd'hui, les femmes elles-mêmes, d'innombrables servantes de Dieu, messagères de la charité, so ré|>andent sur tous les points du globe, où elles font bénir le nom de Jésus avec lo nom do Marie. L'Evangile achève la conquête du monde, en même temps que les découvertes de la science rapprochent loules les dislances, et mettent lous les peuples en communication instantanée les uns avec les autres. C'est un nouvel ordre do choses qui commence. El ne faut-il pas se rappeler, en ces graves conjonctures, la parole sortie de la bouche de Jésus-Christ : Jérusalem sera foulée aux pieds jusqu'à ce que te temps de la gcntilité soit accompli? (Luc. xxi, 2fc.) Parole commentée par saint Paul lui-même, quand il explique aux Romains do quelle sorte le salut, sorti des Juifs, doit retourner aux Juifs.
Quoi qu'il en soit, la charité catholique, qui s'en va chercher des aines par touto la terre, passera-t-elle avec indifférence a coté des ruines toujours subsistantes de l'ancien peuple de Dieu? La charité, qui s'intéres-e a toutes les infortunes, et embrasse tous le»
995 v>t iucth:
peuples, pourrait-elle oublier le* brebis que Jésus-Christ a si s| érialeiucnt re» oinmandées aux aj ôlres : De potins ad ores qnw perierunt domus Israël : « Allez arttnl tout aux bnbis perdues de la maison d Israël/ (Mntlh.
x, G.} N'est-ce | as elle qui dovra remplir la mission dont parle lsaïe : Le Seigneur étendra sa main pour reconquérir les restes de son peuple; il rassemblera des quatre coins de la terre ceux qui avaient été dispersés? [Isa.
xi, 11.)
Sans doute, un terrible analherr.e pèse sur les Juifs; ils ont méconnu le Sauveur; ils ont blasphémé le saint d'Jsruél [Isa. i, V), comme le prophétisait Isaie; ils ont demandé que le sang du Juste retombât sur la tôle de leurs entants; et, pendant près de deux mille ans, ils ont traîné à travers le monde le poids d'une visible réprobation. Les prophètes leur avaient prédit celle destinée; mais les mêmes prophètes en prédisent le terme.
Les enfants disrail, dit l'un d'eux, seront longtemps sans roi, sans prince, sans sacrifice , sans autel, sans éphod, et sans théraphins. (Osée ni, i.) Kl i! ajoute :
Après ce temps, ils reviendront, rt ils chercheront le Seigneur leur Dieu et Dm id leur roi; et, dans les derniers jours, ils recevront arec une frayeur respectueuse le Seigneur et les grâces qu'il doit leur faire. {Osée m, V )
Lu ces jours-là, et m ces temps, dit un autre prophète, on cherchera l'iniquité d' Israël, et elle ne sera plus; parce que je me rendrai favorable, à ceux que j'aurai réservés. (Jerem. l, 20.)
Je répandrai sur eux un esprit de grélcc et de prière; ils jetteront les yeux sur moi qu'ils auront percé; ils garniront avec larmes et soupirs, comme on pleure sur un (ils unique, et ils seront pénétrés de douleur, comme on l'est A la mort d'un fils aîné. {Zueh. \u, 10. )
Alors, on demandera au Seigneur : D'où viennent les plaies que vous avez au milieu des mains'/ Kl il rénondra : J'ai été percé de ces plaies duns la maison de ceux qui m'aimaient. [Zach. xiu, 0.)
Cependant, je ne traiterai point ceux rpn seront restés de ce peuple comme je les ai traités autrefois, dit le Seigneur des armées; car il y aura une semence de paix.... Et alors, ô maison de Juda cl maison d'Israël, comme vous avez été une malédiction parmi les peuples, ainsi je vous sauverai, et vous serez une bénédiction. (Zach. vin, 11.)
Ces textes sacrés, et une foule d'autres prophéties consignées dans l'Ancien Testament, annoncent avec évidence la conversion des Juifs. Les Livres évangéliques, les enseignements des Pères et des docteurs, cl toutes les traditions de l'Kglise, consacrent les mômes vérités. L'apôtre saint Paul les résume dans sa divine L| ître aux Komains :
Est-ce que Dieu a rejeté son peuple/ Ao», certes ; car je suis moi-même Israélite, de la race d'Abraham, et de la tribu de Benjamin.
Que dirai-je donc'/ Les Juifs sont-ils tombés de telle sorte que leur chute soit sans remède '/ A Dieu ne plaise! Mais leur chute est devenue
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une occnsit'U de su! ut aux gentils, afin q\,> l'exemple des gentils leur doumll de I rutuin. tion. Que si hur chute a été lu richesse du monde, combien leur plénitude enrichirat elle le momie encore davantage? El ti kur perte est devenue la réconciliation du nion<U, que sera leur salut, sinon un retour dr h mort ti la vie / Que si les prémices des Juif t ont été saintes, la masse l'est aussi; tt $i h racine est sainte, les rameaux le sont ans». Or, si quelques-unes des branches ont été rttrunchées; et si n us, qui n'éti'z qu'un obvier sauvage, niez été enté parmi celles pi sont demeurées sur l'olivier franc, et a'tztit rendu participant de la sére et du sue qui sort de la racine, n'ayez pas la présomption de vous élever contre les branches naturelle*: car si vous pensez vous élever au-dessus d'elle-, sachez que ce n'est pas vous qui portez la rucinc, mais que c'est la racine qui vous pont.
Mais, direz- vous, ces branches naturelles ont été rompues, afin que je fusse enté à leur place. Cela est vrai : elles ont été rompunà cause de leur incrédulité; cl pour tout, rmu étts ferme dtws la foi. Cependant, prene: gy.vde (/< ne vous pas élev<r, el tcuei-tnus ilans la crumic; car si Dieu n'a point 'pary • les branches naturelles, vous devez craindre qu'il ne vous épargne pas non plus.
Que si eux-mêmes ne demeurent pat dam leur incrédulité, ifs seront de nouveau tnifi sur leur lige, puisque Dieu est tout-puissant pour les enter encore. Et si vous-même art: été coupé de l'olivier sauvage, qui était rotre lige naturelle, pour être enté contre mire nature sur l'olivier franc, à combien plut forte raison les branches naturelles de l olivier seront elles entées sur leur propre trône!
L'Apôtre continue :
Je veux bien, mes frères, vous découvrir ce mystère et ce secret, afin que vous ne toyei point sages èi vos propres yeux : c'est qu'uni partie des Juifs est tombée dans iareugUment jusqu'à ce que la multitude des nations entrât duns l'Eglise; et qu'ainsi tout Israël soit saut é, selon qu'il est écrit : Il sortira de Sion un Libérateur qui bannira f impie l' de Jacob. Et c'est lû l'alliance que je fenu avec eux, lorsque j'aurai effacé leurs pêche* Donc, quant èi l'Evangile, ils sont maintenant ennemis à cause de vous: mais, quant èt l élection , ils sont aimés à cause de. leurs pères. Car les dons et la vocation débita sont immuables, cl il ne s'en repent point.
Ainsi, comme autrefois vous ne eroytr.
p int en Dieu, et que vous avez ensuite chic nu miséricorde , a cause de l' incrédulité ê.n Juifs ; de même les Juifs n'ont pas cru que Dieu voulût vous faire miséricorde, ûf*q*e la miséricorde qui vous a clé faite, leur serre à obtenir miséricorde à leur tour. 0 profondeur des trésors de la sagesse et de lasaente de Dieu ! Que ses jugements sont imptnétrahies et ses voies incompréhensibles! [Bon* xi, 1 sipp )
Sans prétendre computer les temps, n sonder le mjslèrc des conseils de Dieu, >i peut être opportun aujourd'hui de rappeler ces avertissements d'en haut; et l'on do.i
NOT
M-.S ORDRES RELIGIEUX
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signaler è l'attention chrétienne la situation nouvelle du peuple juif. D'un côté, la dissolution de leurs croyances sous l'action du rationalisme, et l'altération, sinon l'oubli total de leurs rites anciens, de leurs traditions, de leurs observances. D'une autre |4rt , leur incorporation dans la société chrétienne et les conversions de plus en plus nombreuses qui éclatent de nos jours : ces changements, ces phénomènes ne soraient-ils pas les indices d'une prochaine transformation ? No seraient - ils pas les prémices des miséricordes positivement annoncées î
Et si la Providence choisit ordinairement ce qu'il y a de plus faible pour accomplir son œuvre, ne faudrait-il pas envisager à m point de vue et avec une humble tspér»nce, le ministère de N.-D. de Sion? Celle congrégation naissante, consacrée à la Mère Ida Sauveur, et placée sous son égide, serait-elle appelée a triompher sur un terrain où, selon l'Ecriture, les forts d'Israël avaient Vu x-mêmes cessé do combattre? Cessaverunt fortes in Israël, et quieverunl doncc surge~ ret Mater in Israël (Jud. v, 7. ) Auraitelle reçu la bienheureuse mission de faciliter aux coeurs droits la recherche de la vérité, la voie du salut et l'accès du bercail? Serait-elle destinée à consoler des infortunes qui jusqu'ici repoussaient toute consolation? Le fait seul de son existence et de sa vocation semble se rattacher aux promesses des saintes Ecritures : Vous vous literez. Seigneur, et vous ferez miséricorde i Sion : car le temps de la miséricorde est tenu, le temps est venu : « Tu exsurgens, miurtberis Sion ; quia tempus miserendi ejus, vuiatenit tempus. » ( Psal. ci, il , ik.)
Oui, la môme charité qui pressait avec tant d'ardeur saint Pierre et saint Paul , est toujours active dans l'Eglise; elle a de nos jours préparé des dévouements nouveaux pour répondre à. de nouveaux besoins; et quels qu'en soient les fruits, ces dévouements ne seront pas sans mérite devant Dieu; puisque déjà, du vivant de Noire- Seigneur, c était un titre à ses faveurs que d'aimer la nation juive : Diligit enim gent*m nostram. ( Luc. vu , 5. )
U congrégation de Notre-Dame de Sion n'est encore qu'une faible plante éclose sur le sol de l'Eglise; mais, bénie par le Père commun des fidèles, et récemment enrichie de nouvelles grâces et de nouvelles indulgences , elle a vu ses branches se multiplier à tel point , que déjà elle a dû fonder plusieurs établissements : les uns, devenus pensionnats florissants pour de jeunes Chrétiennes; les autres destinés spécialemont aux catéchumènes, et offrant aux Israélites de tout âge et de toute condition les jwyens de s'instruire et d'entrer dans une ère nouvelle.
a pu, lors de la fondation de cette
œuvre, révoquer en doute son utilité, son opportunité ; mais après quatorze années d expériences, et è la vue de sa fécondité , le découragement n'est plus permis. Déjà, quatre cents Israélites ont reçu le baptême; les âmes sauvées attireront d'autres âmes; désormais l'étincelle vivante qui a réveillé les prémices des enfauts d'Israël, ne s'éteindra plus.
Les religieuses de Sion , dont les diverses maisons sont placées sous l'autorité d'une supérieure générale, exerce j»arnii les Juifs un apostolat qui s'étend de plus en plus et se propage partout.
Co qui a été fondé pour les jeunes filles tend aussi à s'établir pour les garçons: plusieurs ecclésiastiques se sont unis pour seconder l'œuvre de Sion ; prenant pour règle cette parole de Jésus-Chrfst : lté potius ad oves ouœ perierunt domus Israël (Matin.
x, 6), ils n'ont d'autres vœux, d'autres liens que ceux de la charité apostoliquo ; et partageant leur vie entre le travail et la prière, dans la paix de leur habitation commune, ils poursuivent leur mission principale, tout en remplissant les autres fonctions du ministère >acrô.
Des laïques dévoués et généreux peuvent s'associer, à litre de frères auxiliaires, h cette communauté naissante; et ils suivent tous la même règle qui n'est autre que la règle de l'Evangile, et qui ne tend qu'a reproduire la vie simple de l'Eglise primitive.
Celte dernière fondation , canoniquement instituée par Mgr l'archevêque de Paris, et encouragée par Ta sainte congrégation de la Propagando de Rome, complète les éléments de I œuvre de Sion ; et, bien qu'elle ne soit encore qu'un germe presque imperceptible, elle renferme une vitalité qui se développera au jour marqué par la Providence.
Rien n'est impossible à Dieu ; et l'on doit beaucoup espérer quand on répète sans cesse avec Jésus - Christ cruciûé : Pater, dimitte illis t (Luc. xxiii, 3i) quand on redit avec Marie, la céleste reine de Sion : Suscepit Israël puerum suum, recordatus misericorâiœ suce ! (Luc. i, 54) quand on se pénètre des sentiments que le grand Apôtre a exprimés d'une manière si touchante dans son Epttre aux Romains ( ix , 1-5 ) : Ma consciente me rend ce témoignage par le Saint- Esprit, que je suis saisi d'une tristesse profonde , et que mon casur est sans cesse pressé d'une violente douleur, jusque-là que j'eusse désiré devenir anal hè me pour mes frères qui sont d'un même sang que moi, selon la chair, les Israélites à qui appartient l'adoption des enfants de Dieu, sa gloire, son alliance, sa lot, son culte et ses promesses; de qui Us patriarches sont les pères, et desquels est sorti , selon la chair, Jésus-Christ lui-même , qui est Dieu au-dessus de tout, et béni dans les siècles.
mi;t!0.nnah;k
OBI. ATS (KEur.iF.rx).
Un oblat, c'c>t un religieux, qui, sans Rengager par «les veux, observe une règle monastique, Ils règles du mori.islère où il ■i été admi-, en eu portant l'habit quoique con^ci vaut la liberté de quitter celle congrégation. Les Oblals et les Condonnés fuient deux espères de moines, les tins demeurant au voisinage des monastères des religieuses, qui leur fournissaient les choses nécessaires «à la vie et auxquelles ils administraient les sacrements: les autres avaient l'administration des choses temporelles des abbayes dans lesquelles ils avaient lait profession. On nommait aussi Oblat l'enfant que les parents consacraient a Dieu, quoique dans un Age tendre, pour devenir plus tard religieux d'un tel monastère. L'estime parti* ulière. qu'on faisan do l'état religieux dans le moyen âge, la dillicullé qu'on trouvait de goûter ailleurs la consolation d'élever chrétiennement les enfants dans le monde, obligeaient le? parents de les (tuilier aux monastères pour y être instruits et dirigés dans la piété et dans les sciences. Un grand nombre croyait leur donner la plus grande marque de tendresse en les y consacrant pour toujours. Lu oblat se croyait lié et par son propre choix et par la religion do ses pèro et mère; il se croyait apostat s'il abandonnait cet état. Celte persuasion était l'ondée sur l'exemple île Samuel et d'autres enfants otl'erls a Dieu des leur naissance pour servir d'abord dans le tabernacle et plus lard dans le temple des Hébreux. Mais ceux-ci n'étaient pas obligés do garder le célibat, ni les autres observances monastiques.
Le concile de Trente, en décidant que la profession religieuse vtait l'âge de seize ans accomplis et qu'elle ne pouvait avoir lieu qu'après un an de noviciat, a supprimé les oblals. L'examen que font les supérieurs religieux des jeunes gens qui se destinent a la profession religieuse prévient les dangers d'une fausse vocation qu'aurait pu leur donner l'éducation qu'ils auraient reçue daiH un couvent.
O.) appelait aussi oblat ou donné, oblals, oblates, ceux ou celles qui se donnent avec leurs biens à un couvent, à la condition d'être nourris et entretenus par les religieux; niais ils devaient rester eux, leurs enfants et leurs descendants au service du couvent.
On les recevait en plaçant sur leur cou la corde de la cloche de l'église, et pour marque d'esclavage ils plaçaient sur leur tète quelques pièces île monnaie; d'autres les prenaient pour les placer sur l'autel. Ces oblats étaient regardés comme îles serviteurs de dévotion; plusieurs cependant portaient l'habit religieux. Quoique, en général, les oblats dont on vient de parler ne portassent pas l'habit religieux, ils portaient, cependant, un costume différent de celui de la
communauté. Quelques-uns enfin donna »ni leurs biens au monastère, en gardaici.l U jouissance pendant toute leur vie. uioxeiii: une petite rente. Les biens ainsi douur? s'appelaient oblates ou choses offertes.
Dans son Histoire de Saint -Jcan-Poric- Latine, Cresimi cite des formules d'offrandes des liions, laites par des oblats, où on fait mention des biens qui ont été donnés. Un fiance ou donnait lé* nom d'oblat à un moine laïque que le roi plaçait dans les riches abbayes ou dans les prieurés qui étaient en sa domination, afin qu'il \ lû! nourri, logé, habillé et qu'il y reçût une pension; c'était un moyen de donner une retraite à des soldats Agés, infirmes ou blessés. 11 sonnait la cloche, balayait l'église il rendait d'autres petits services. Tous ce> oblals furent transférés par Louis XIV dans l'hôtel des Invalides. On raconte que t*s oblals ont commencé sous la race capétienne, lorsque les souverains, ayant renoncé au droit d'assister à l'élection des abbés, se réservèrent celui de disposer d'une place de religieux pour un pauvre soldat ou pour une dame dans un monastère de religieuses. Tout laïque qui obtenait une pension sur un bénélice était appelé simplement oblat. On parlera en son lieu et sous leurs t lires respectifs des autres oblats qui étaient membres d'une congrégation séculière ou légulièro de frères, de moines, des clercs réguliers.
OULATS DE LA SAINTE VIERGE, de Piyncrol.
Cette congrégation a été fondée par le tt. l\ Uruno Sauteri, de Pignerol, en Piemont, né en 1751), élevé dans la piété, <his I amour de l'élude, dans la dévotion à b sainte Vierge, par son père qui était un médecin distingué. Doué d'un esprit pénétrai t, il lit do rapides progrès dans les études auxquelles il se livra dans la solitude; k imeurs pures, et d'une piété fervente il se sentit appelé, encore jeune, à l'état religieux; c'est pourquoi il embrassa la roe'c do Saint-Bruno, mais heureusement sa table santé l'ayant obligé de quitter les Cliartreux, il se détermina à entrer dans le sacerdoce ; il refusa avec fermeté tous les bériélices qui lui furent offerts, alin de se conserver libre pour se vouer aux œuvres q»< Dieu lui destinait. D. Sauteri se formas U science, aux vertus et au zele d'un vrai ministre de Jésus-Christ par l'exemple, réalignement et la direction du célèbre J«u:i« l\ Diesbach. Il se voua surtout au ujinistète de la confession.
Voyant les ravages que produisait la lecture des mauvais livres, il employa iou<?« vie à f.ore imprimer les meilleurs ouvrages et h les propager en compagnie du I'. Di<?-" bach; il travailla sans relâche et avec beaucoup de succès au salut des âmes, seser-
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tioI surtout de la méthode si éminemment utile des exercices de seint Ignace qu'il trait profondément étudiés et médités. Il réunit dans sa maison quelques autres ecclésiastiques pour former une communauté qui prit d'abord le nom de pieuse union de Saint-Paul. Non-seulement ses membres MTCUpèrent de leur propre sanctification, nuis ils se livraient surtout à la prédication, i la confession ; ils exerçaient leur ministère me des fruits merveilleux, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les casernes des militaires, ainsi que dans la ville et dans la campagne. Lorsque l'Allemagne donna des signes évidents d'une réforme, le Pape Pie VI dut se rendre h Vienne, le P. Lanieri et le P. Diesbach résolurent de l'y précéder pour réveiller dans celte capital» la ferveur dans les gens de bien, la foi dans les faibles, tt la vénération des peuples pour Sa Saini«é, de peur que les ennemis de l'Eglise n empêchassent, par la diffusion des livres pestilentiels, les fruits qu'on attendait de ce grand événement.
D. Lantert, étant de retour à Turin, se sépara du P. Diesbach; il se voua à la sanctification des Allemands et des Français que les événements politiques avaient conduits à Turin. Il se voua avec une plus grande ardeur à rétablir la pieuse union pour les exercices spirituels; il ut faire une nouvelle édition d'excellents ouvrages; il convoqua dios sa propre maison un cours public où il réunit la fleur de la jeunesse et des ecclésiastiques ; le nombre en fut immense.
En réfutant les fatales objections élevées contre la religion, le P. Lan 1er i a réuni toutes ses forces, toutes les ressources do son ministère aveu le concours de ses élèves. C'est surtout au milieu des soldats qu'il semiuon zèle se rallumer. Il s'appliqua a dévoiler aux yeux des prélats la conjuration ouverte contre l'Eglise par ses ennemis et à défendre son chef. Il répandait partout des petites brochures pour la défense du Souverain Pontife. Quand le Pape Pie VII était 'ettnu en prison, en Fiance, une conduite »i digue d'éloges provoqua lu surveillance du ministre des affaires étrangères, il fut obligé de quitter par son ordre Turin qui était le principal théâtre de son zèle.
Pie VU ayant recouvré la liberté et étant remonté sur le trône de saint Pierre, le P. Lanieri. attentif à toutes les attaques qui "aient été dirigées contre le dogme et contre la morale de Jésus-Christ, témoin des effets funestes qui s'en étaient suivis, la corruption des mœurs, l'affaiblissement de h foi, les progrès des opinions relâchées; itfoioiu des plaies que produisaient les systèmes théologiques qui étaient soutenus et réj audus en France et en Flandre, il s'el- '"".a de favoriser la |»ropagatiou des Olîuvrnide saint Liguori. Ce fut alors que Dieu lui iu&pira de londer une congrégation de Patres dont le but serait surtout de prêcher les maximes de saint Ignace, de réfuter les priuci^ales erreurs des jansénistes et toutes «elles qu'on répandait parmi les ûdèlos, et Dictions, des Ordres nv.ua. IV.
ODL tûûl
pour atteindre ce but, répandre le plus qu'on pouvait les bons livres dont on ferait un choix selon les besoins du siècle.
Pour obtenir ce résultat, il choisit nombre de prêtres capables de se vouer à cette œuvre, parmi lesquels nous pourrions nommer Jean Reinaud et Joseph Soggevra, Piémoutais, comme les plus distingués. Aussitôt il se rend à Rome, muni de lettres favorables du roi de Sardaigne, Charles-Félix, et des certificats les plus flatteurs de l'évêque de Pignerol, qui désirait ardemment cet établissement a cause du bien spirituel que son diocèse devait en retirer.
Léon XII qui connaissait les principes, la piété, le zèle et les doctrines du P. Lanieri, l'accueillit avec une extrême bonté et approuva conséqucmmenl l'institution par s< s lettres apostoliaues, l?/«i Dei Filius tuam Ecclesiam du 1" décembre 1826.
Après avoir fait examiner les statuts par le cardinal Pacea', le titre de la congrégation fui celui iï'Oblats de la bienheureuse vierge Marie, formée par des prêtres séculiers. Après avoir obtenu la sanction et l'approbation de son institut, le P. Lanieri se dévoua avec le plus grand zèle et la plus vive ardeur à l'élablir solidement à Pignerol, malgré les contradictions et les calomnies que le démon ne manqua pas de susciter contre cetto excellente œuvro ; il mourut saintoment comme il avait vécu, le cinq du mois d'août 1830, ayant occupé jusque -la la place de recteur-major.
La congrégation des Oblals eut une pieuse réunion de prêtres consacrés à Dieu par l'intermédiaire de la sainte Vierge, pour tendre à leur propre perfection et à la perfection des fidèles. Ils emploient pour atteindre ce résultat les exercices de saint Ignace; ils remplissent gratuitement les fonctions du saint ministère eu public et en particulier toutes les fois qu'ils sont appelés avec la permission de l'ordinaire. Ils concourent à former les curés et les ouvriers dans la ville du Seigneur. Ils reçoivent des prêtres pensionnaires pour lour enseigner la théologie, la morale, et les préparer à toutes les autres fonctions du faint ministère ecclésiastique. La congrégation fait une étude particulière des erreurs les plus répandues, alin de pouvoir les réfuter victorieusement et de ne pas s'éloigner de la route de la vérité. Tous les membres professent le plus inviolable attachement, l'obéissance la plus absolue au Saint-Siège et à tous ses enseignements sans exception; acceptent avec uniformité les opinions de l'Eglise romaine dans les choses même qui sont laissées à la liberté de la discussion, et pour cela ils prennent saint Pierre pour leur prolecteur particulier. Enfin la congrégation se propose do faire connaître et de répandre les bons livres; car elle savait que, dès l'année 1525, on avait répandu en France plus de irois millions d'ouvrages intimes, et qu'on comptait dans la capitale plus de trois cents cabinets de lecture où la jeunesse moyen -
DES ORDRES RELIGIEUX
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liant cinq centimes pouvait ni 1er avaler le poison qui lui donnait la mort.
Les PP. Oblau font des vœux simples de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et dont le Pape ou le recteur- majeur peut dispenser.
Ils vivent en communauté; ils ont des habits uniformes ; ils n'acceptent aucuno dignité, ni bénéfices ni emplois en dehors de là congrégation; ils sont soumis à l'ordinaire en tout ce qui est compatible avec les statuts et les règles de la congrégation. Ils sont promus aux ordres sacrés avec le litre patrimonial fixé dans chaque diocèse.
LesOblals n'étant qu'une réunion de prôtres séculiers qui vivent sous une règle adaptée à leur institution et à l'esprit qu'ils professent, ils conservent la propriété de leurs biens et jouissent des mêmes droits que les autres ecclésiastiques. Ceux qui sont à la tète de la congrégation y sont à perpétuité, mais les recteurs de chaque maison sont amovibles. Les Pères font un an de noviciat ; les frères corn ers ne font leurs professions qu'après deux ans d'après la règle. Les PP. Oblals suivent divers exercices de piété pour travailler à leur sanctification; ils apportent un grand soin a l'étude du dogme et de !a morale; ils suivent la théologie de saint Thomas. Leur doctrine est celle de l'Eglise romaine, ayant en horreur tout esprit de parti et de nouveauté. Plusieurs fois par semaine ils ont des conférences de morale. Chacun compose un cours d'exercices selon.la méthode de saint Ignace, et aucun d'eux ne refuse de le présenter quand il y est invité par le supérieur. C'est le seul genre de prédication qu'ils suivent. Ils ont une grande assiduité au tribunal de la pénitence, ils excitent continuellement les fidèles a la fréquentation des sacrements et h la lecture des bous livres.
Cette pieuse congrégation fleurit à Pignerol où elle a été fondée, à Turin, où elle est établie dans l'église de la Consolala qui est l'objet d'une dévotion extraordinaire de tous les habitants de cette ville. Les Pères y ont toujours été en grande vénération; ils y jouissent de la confiance générale. Us possèdent deux établissements prospères à Nice, l'un a l'église Saint-Jacques où le concours des fidèles est sans interruption; l'autre, a Saint-Pons, qui est à une uemi-heure de celte ville.
La congrégation de la Propagation de la foi, ayant proposé au H. P. Oblat de Marie, la mission du royaume de Ava et du Peguc, dans l'empire de Birman (Indes Orientales), ils l'acceptèrent avec empressement; et celle mission produit les plus heureux fruits. (1)
OBI. ATS DE L'IMMACULÉE CONCEPTION, à Notre-Dame de Sion-Vaudémont.
Située au raidi de l'ancienne Lorraine, dans le comté de Vaudémont, près des confins de la Meurthe et des Vosges, la montagne de Notre-Dame de Sion s'élève en pente très-rapide, au milieu d'une plaine immense, ayant Lunéville au levant, 5 l'occident
(1 IVtf. à la tin du vol., n° 178.