I„K OBL DES ORDRES
époqae pour Notre-Dame do Sion ! Ici se rré$eot« an de ces faits qui honorent singnlièrement une nation et lui font une bien utile place dans la mémoire de Dieu et des hommes. Jusqu'ici nous avons vu la sainte nuage fréquentée surtout par le peuple pauvre et le souffrant. Voici maintenant les ri- Hies et les grands qui viennent à leur tour, manne les mages après les bergers, honorer Sotre-Darne de Sion.
Le comte Ferry ne se contenta pas de l'boaorer personnellement. Il entreprit d'énger à sa gloire un ordre de chevalerie, composée des plus grands seigneurs des pars qui feraient profession avec lui de se «Jerouer au service de cette souveraine des anges et des hommes. Il en fit l'institution le* décembre 1393. Toutes les personnes «Je le première distinction sollicitèrent avec empressement la faveur d'y être admises. Il fallait être gentilhomme juré pour y entrer. Us ordonnances de cet ordre portaient que tous les chevaliers admis seraient tenus de [«rterune image de la sainteVierge en argent ou en broderie, sur le modèle de celle de Sioo, huit jours avant la fôte de l'Assomption et huit jours après, de se trouver ce ■M\e jour sur la sainte montagne pour lui présenter tous en commun leurs hommages rt raquer aux exercice* de piété qui leur fuient prescrits. Pas un ne pouvait y manquer sans être puni d'une amende considérable portée par les statuts. Il y avait aussi an règlement de prières et de pratiques do charité dans le cours de l'année. Il leur était uès-expressément enjoint de vivre en bonne intelligence et dans une parfaite uniou de ttunr... Les dames du plus haut rang, ayant témoigné qu'elles n'avaient pas moins d'ardeur pour l'honneur de la sainte Vierge, furent affiliées à cette illustre association. On m ainsi les deux sexes s'empresser a l'envi Ja servir cette auguste reine et de lui rendre leurs respects en la sainte image de ùoo. Cet ordre de la création duquel le comte Ferry ressentit une grande joie, dura l ongtemps après sa mort, et les seigneurs qui s'y engageaient portaient la qualité de chevaliers de Notre-Dame de Sion.
Ce bit tout seul suffirait pour montrer la wime popularité que Notre-Dame de Sion s'était acquise en Lorraine, dès ces temps anciens, ainsi que le courant de confiance et d'amour oui lui amenaient tous les cœurs lorrains. Les successeurs de Ferry ne démentirent pas un si bel exemple. L'histoire de Sion rend hommage à la tendre piété qu'ils ont presque tous professée pour la wiote Vierge. Cependant elle consacre une mention particulière au duc Henri II, suriHimcDé le Bon-Duc, qui jeûnait tous les samedis en l'honneur de Notre-Dame de Sion, qni allait souvent sur cette sainte montagne pour témoigner à l'auguste Mère de Dieu wiubien il l'honorait, et dont l'unique désir était que tous ses sujets suivissent son netnpie et imitassent son zèle. Il y fil une fondation, en 1621, en faveur des religieux Minimes de Vézelise , à charge par eux
RELIGIEUX. OBL l':0ti
d'y venir dire la Messe aux quatre fêtes principales de la sainte Vierge, et d'y tenir deux prêtres depuis les premières vêpres de ces fêles jusqu'aux deuxièmes vêpres, afin d'assister les pèlerins et d'entendre leurs confessions. Il regardait Notre-Dame Je Sion comme le trésor du pays, et en mourant il la recommanda tendrement h la pieuse sollicitude de son épouse, Marguerite de Gonzague, qui depuis Ut élever, non loin du miraculeux sanctuaire, une croix que les pèlerins vont encore vénérer aujourd'hui, quoique la révolution l'ait presque entièrement détruite, et qui porte toujours le nom de Croix de sainte Marguerite.
Tant de piété mettait la sainte Vierge dans la douce obligation de montrer sa puissance et son amour en faveur de la Lorraine, elle n'y manqua pas. Une des marques de sa protection, c'est de l'avoir préservée de l'infection de l'hérésie sur la tin du xvi' siècle et au commencement du xvit*. Pendant que ce fléau s'abattait sur les plus belles provinces de France, traînant à sa suite la guerre civile, le pillage et l'incendie, les Lorrains conservaient intact le dépôt de leur religion et de leur foi. Un historien, dans un chapitre qui a pour titre : Victoire mémorable de la tainle Vierge de Sion, remportée en la personne du prince d'Orange et de $e$ troupes, rapporte que ce prince d'Orange, fougueux hérétique, ayant subitement pénétré dans le comté de Vaudémont, entra avec ses soldats dans l'église de Sion pour la piller et briser la statue miraculeuse, mais la seule vue de cette statue suffit pour arrêter son bras et calmer sa fureur. Dompté par la vertu puissante qui s'en échappait, il fit mettre bas les armes à ses soldats, et s'avouant vaincu, rentra dans ses quartiers.
Après avoir protégé la Lorraine contre l'hérésie, Notre-Dame de Sion la préserva des dissensions intestines, peut-être même de la guerre civile, en sauvegardant le véritable droit d'hérédité dans la famille ducale. A la mort du bon duc Henri, la couronne revenait de droit à son frère François, comte de Vaudémont ; c'était du moins l'intime persuasion de ce prince, qui s'appuyait sur un testament du duc René H, par lequel les femmes étaient exclues du trône. Mais ce testament, l'unique pièce de conviction, était égaré depuis de longues années, et les recherches les plus actives avaient été inutiles. Cependant la princesse Nicolle, fille aînée du duc Henri, venait d'être solennellement proclamée héritière de tousses Ktats. François de Vaudémont confie sa cause à Notre-Dame de Sion , son recours ordinaire. Il va se jeter aux pieds de la sainte image et fait vœu d'établir à Sion un couvent de religieux, si elle daigne lui accorder l'objet de sa demande.
Presque aussitôt ce vœu est exaucé, le précieux testament tomba miraculeusement entre ses mains etsuflit pour faire prévaloir son droit jusque-là contesté. François se déclare duc de Lorraine; mais pour montrer son désintéressement , il se démet en faveur de
i(K>7 OI;h
sou Ois Cl i.i i les, époux de l.i | >i i n* csso Nirolie, qui lui le fameux duc Charles IV. Ce fa il (Ho il autrefois représenté sur un tableau «jiii «'mil iJons le ch(t'iir de l'cgli-c. Un y voyait lo s.-iinte Vierge recevant la couronne des moins du duc Fronçais cl lo remellonl cuire celles du duc Charles son lils.
Celui-ci exécuta le vira de son père, en faisant construire auprès du vénéré soncl noire un monastère dans lequel il plaça des religieux tin tiers ordre de Soint-Fronçois, appelés en Lorraine Tiercclins. Il en posa lui-même la première pierre le 27 septembre 1026, et pourvut généreusement à l'entretien des religieux. Celle fondai ion ne contribua pas peu à l'accroissement de la gloire de Marie, et de la dévotion des peuples. Marie y recul plus d'hommages, et les peuples y trouvèrent ce qui leur avait manqué jusqu'alors : des prêtres élablis pour les présenter à cette bonne Mère, et favoriser l'exercice do leur piété par le saint saerilice de la Messe et l'administration des sacrements.
Ici s'oll're une touchante preuve du lien «mi unissait les princes de Lorraine à Nolrc- Damc «le Sion. Le duc François étant mort en 1633, une partie de son corps, mais surtout son cœur, fut apporté à Sion, selon ses ordres, pour y reposer à l'ombre de l imoge de Marie. Vingt-sept ans plus lard, lo cœur de son second (ils, Nicolas François, y fut également inhumé. Charles IV lui-même ordonna avant sa mort que son cœur fut enseveli aux pieds do la sainte image, ainsi que celui de son épouse Nicolle, morle h Vans. Cela nous montre combien grande était la part de Notre-Dame de Sion dans les sympathies dos Lorrains.
Mais voici qui le montre encore mieux.
C'est le spectacle d'une grondo ville, de la capitale même do la Lorraine, allant par deux fois déposer aux pieds de Notre-Dame de Sion les actions de grâces du pays loul entier.
De dures épreuves étaient tombées sur le duché. Charles IV avait été forcé de fuir, et pendant son absence les Suédois a voient uns tout à feu et à sang, laissant lo peuple eu proie a la peste et à une famine tellement horrible, qu'on vit des mères dévorer leurs propres enfants.
Dans celle effroyable détresse, Dieu poroissanl sourd aux prières qui montaient vers lui de toutes ports, on eut recours a la ( onso'olrice des otUigés, à la protectrice de ia Lorraine, à Notre-Dame de Sion. Un conseil de ville fui tenu à Nancy, et il y fut arrêté que la Mère de Dieu serait très-humblement suppliée de vouloir s'intéresser auprès de son Fils pour obtenir le retour do Cliarles IV, et par là mettre lin à celle cruelle guerre et aux malheurs de l'Ftat. A ceteircl, toute la ville s'engagea par vœu à se rendre «mi procession solennelle sur le mont de Sion, aux pieds de lo sainte image, pour implorer son assistance, et à suspeudr*-, devant elle, une lampe d'argent. Ce fut le 2 octobre 1603, après la cessation des fléaux, que le peuple de Nancy fut solennellement conduit en pro-
oi;b r„s
cession sur la sainte montagne. MM. les conseillers de l'hôtel de ville envoyèrent in lampe d'argent par deux de leurs notables. Vingt et un ans auparavant, le 12 juin 1G'»1 les bourgeois de lo ville de Nancy étaient déjà venus en procession h Notre-Dame <Je Sion, et y avaient apporté une image de la sainte Vierge, de bois doré, tenant à la main un lis d'argent, et dans son piédestal un reliquaire rempli de reliques données par Mgr de Mailliane, évêque de Toul.
Autant la prière des Lorrains à Notre-Dame de Sion avait été suppliante pour obtenir le retour de leur prince, autant leur reconnaissance fut ardente envers leur libératrice (juand Charles IV rentra dans ses Etats. On ne vit partout que feux de joie; et les peuples conduits par leurs pasteurs montèrent en foule à Sion pour y remercier Celle qu'ils appelaient la Heine de la paix. Nous n'iguo tons pas les graves cl justes reproches que l'histoire fait à Charles IV. Il fut en partie li cause, par ses imprudences et son peu de lidélité a garder les traités, des malheurs qui fondirent de son temps sur la Lorraine. Kn outre, il affligea souvent ses sujets par le scandale de ses mœurs. Mais dans la circon?tnnee dont rions parlons, le peuple ne rit en lui que la personnilicalion d'une nationalité qui lui était plus chère que la vie. Cetto nationalité venait de courir de terribles dangers; par le retour du prince, elle fieraissait sortir du milieu des ruines où elle avait failli rester ensevelie. Le peuple le salua avec enthousiasme, et sa vive gratitude en ni hommage «i Noire-Dame de Sion comme d'un bien qui n'avait été conservé que par son secours.
Le duc lui-même crut devoir y faire son pèlerinage d'actions de grâces. Il fit au sanctuaire de riches présents, notamment d'une branche de la couronne de Notre-Scigneur. à laquelle il y a quatre épines, tirée du trésor des anciens ducs de Lorraine. Cette précieuse relique est restée à Sion jusqu'en 1793. A celle époque un pieux Chrétien de Vé/clise la sauva du pillage de l'église et la donna depuis à sa paroisse, où elle est encore.
Charles IV, voulant favoriser le pèlerinage de Sion pour lui et pour les autres, s'y lit construire un corps de logis destiné à le recevoir, lui et sa cour, quand il y viendrait.
Il ne tarda pas à avoir de nouveau l»esoin du secours de Marie. Se trouvant pressé par la France, et sans moyen de lui résister, il porta ses yeux et son cœur vers la montagne »le Sion, èt ne pouvant en personne venir se jeter à ses pieds, il lui écrivit une leur* dont le fond était la prière ordinaire : 5«* tuum prœsidium, etc., à laquelle il a*»'1 • jouté quelques paroles de tendresse don li I s envers sa mère. L'adresse portait: A li sainte Vierge, glorieuse Mère de Dieo, Dame de Sion, souveraine de la couronne des ducs, princes, princesses, de tous les sujets et biens de Lorraine. Cette lettre fut om»' aux oieds de la sainte Vierge. Marie y répondit en garantissant le prince des ûW»11*
MCTION.NAlItE
m OBL
DES ORDRES RELIGIEUX. OBL 1010
d'un corps de troupes que le roi de France avait envoyé secrètement pour se saisir de sa personne.
Trois grandes confréries étaient établies à Sion, en l'honneur du Saint-Sacromenl, du saint Rosaire et du saint Scapulaire. Mlles entretenaient dans le pays la vie publique du pèlerinage. La première était surtout célèbre. Elle fut érigée sous l'inspiration des ducs qui s'inscrivent successivement sur le registre des confrères, ainsi que les princes et princesses de leur maison. A leur exemple la noblesse, les secrétaires d'Etat, les maîtres des requêtes, les présidents, les conseillers des cours souveraines demandèrent que leurs noms y fussent écrits. Le duc Léopold I" s'y engagea également ainsi que Stanislas, roi de Pologne, quand il vint à Sion en 17U.
L'historien de Notre-Dame de Sion a un chapitre spécial pour la piété des derniers •rinces de la maison de Lorraine envers 'image miraculeuse. Il signale en particuier Léopold I" et son épouse Elisabeth- Charlotte d'Orléans, qui vinrent à plusieurs reprises sur la sainte montagne, et qui renouvelèrent la protestation de leurs ancêtres, «le se mettre, eux et leurs Etats, sous la protection do Notre-Dame de Sion ; la princesse Charlotte, cadette des enfants de Lorraine; la duchesse de Richelieu et la princesse d'Armagnac, qui y ûrent un pèlerinage et s'enrôlèrent dans la confrérie du Trôs-Sainl- Sacrernent le 28 février 1737; François do Lorraine, grand-duc de Toscane, plus tard empereur, et Charles de Lorraine, son frère, qui, la même année, étant malades en Hongrie, pendant la guerre contre les Turcs, écrivirent à leur mère, douairière de Conimercy, de faire célébrer pour chacun d'eux une neuvaine de Messes devant l'image miraculeuse de Sion. Celte dernière princesse vint elle-même à Sion en 1736, avec la reine de Sardaigne et la princesse Charlotte, ses Jeux filles, pour remercier Marie de la guérison de celle-ci.
Il faudrait un livre entier pour décrire tous les pèlerinages que les princes lorrains ont faits sur cetto sainte montagne, toutes les neuvaincs que le duc Léopold et Madame Royale ont fait fairo à Sion, soit par les religieux du couvent, soit par leurs aumôniers. Il suffit de dire qu'ils n'entreprenaient rien d'important, qu'ils n'étaient attaqués d'une maladie dangereuse, eux ou leurs enfants, qu'ils ne recourussent au plus tôt a Notre- Dame de Sion.
Je me dispense de parler ici des miracles qui s'y sont opérés. Nous pourrions euciter uu *rand nombre dûment attestés ; mais à quoi i*>n. lorsque toute la gloire de Notre-Dame de sion et l'inaltérable confiance du pays en elle reposent uniquement sur la suite ininterrompue d'une protection toujours merveilleuse T
En 17i9, Mgr Scipion Jérôme Bégon, évêque de Ton!, continuant l'œuvre commoucée l*r saint Gérard, vint consacrer l'église nouvellement bâtie par les Tiercelins, et dont
Stanislas était venu poser la première pierre en 174-1 . C'est colle qui existe encore aujourd'hui.
Ici s'arrête l'histoire écrite ; mais on a la continuation vivante de cette histoire dans le témoignage des vieillards de la contrée. Par eux on .sait que la gloire du miraculeux sanctuaire ne fit que croître jusqu'en 1793. Il est vrai, on n'y vit plus venir comme autrefois des princes et des hauts personnages, mais le peuple lorrain qui, de tout temps, avait si bien communiqué à ses souverains sa loi et sa confiance en Marie, se chargea de continuer leurs pieuses traditions Lo concours des pèlerins sur la sainte montagne était incessant. Des litanies pleines d'une touchante onction et composées spécialement pour Notre-Dame de Sion, se récitaient dans les familles, ainsi qu'un petit Office composé aussi exprès par les religieux, et tout pénétré d'un délicieux parfum d'à-propos et d'applications locales.
Le nom de Notre-Dame de Sion était prononcé jusqu'au fond des Vosges. Celait l'invocation habituelle dans toutes les détresses.
Mais cette gloire de la Vierge de Sion était trop saintement populaire pour quo 93 la respectât. La hache révolutionnaire fit la ce qu'elle faisait ailleurs. Les religieux furent chassés, le sanctuaire dévasté, la statue miraculeuse brisée.
Lorsque celte furieuse tempête fut passée, les peuples levèrent de nouveau les yeux wrs la sainte montagne, et sentirent encore s'en échapper la môme protection, le même amour qu auparavant. Une nouvelle statue y fut placée. Cette statue a pleinement hérité du privilège des miracles, ainsi que de toute la confiauce des peuples dont jouissait l'ancienne. Notre-Dame de Sion est toujours restée cette étoile bienfaisante qui brille depuis neui siècles sur la Lorraine, pour la consolation et le salut de ses habitants. Sans doute l'absence, pendant plus de trente ans, résidant près du sanctuaire, et partant la privation des saintes cérémouies, de la parole divine, du saint sacriûce et autres secours religieux, ont dû rend rejoins nombreuses les pieuses foules qui autrefois fréquentaient chaque jour les sentiers de la montagne. Mais la douce influence de la Vierge de Sion n'a rien perdu do son empire sur les Ames, alors même que tout semblait conspirer pour dépouiller ce lieu de son suave prestige, et amener la chute du pèlerinage. Notre-Dame de Sion est encore un centre de miséricordieuses attractions pour tous les besoins et pour toutes les tristesses de la contrée.
Témoins ces affluences de pèlerins qui, à certains jours de l'année, se comptent par plusieurs milliers, et qui, à une époque peu éloignée, ont parfois dépassé le chiffre de dix milie. Témoins les processions que les environs font annuellement à Notre-Dame de Sion, uiais surtout en un temps de calamité, comme naguère à l'occasion du choléra. Un jour six paroisses se trouvèrent à
ir.t nr.L r.ic.Tio
l,i loi> sur in sainte montagne sans s'être <<«*ii rendez-vous. Témoin encore l'excell. nte couliime par laquelle les enfants, des le lendemain de leur première communion, viennent de plu>icurs lieues 5 la ronde se consacrer 5 Notre-Dame de Sion et lui demander la persévérance.
C'e<t dans ce salubre sanctuaire que Mgr l'évôquc de Nancy vient de placer une colonie de missionnaires de la congrégation îles Oblats de Marie, dont la maison mère est à Marseille, et dont le zèle opère des prodiges partout où ils ont des établissements, dans Je midi de la France, en Angleterre, en Amérique.
. OBLATS DE MARIE, à Yiterbe.
Hyacinthe, tille de Marie-Antoine Maritcotti, alors comte de Vignarello et de Octave Orsini, naquit l'an 1585 et reçut à son baptême le nom de Clarisse. Quoique élevée dans la crainte de Dieu et avec une inclination naturelle pour la vertu, elle passa s'a jeunesse dans l'amour des vanilésdu monde ; une sœur plus jeune qu'elle ayant été recherchée en mariage, elle éprouva un tel dépit de celte préférence qu'elle tombât dans une profonde mélancolie et devint presque à charge à sa famille. C'est pourquoi son père lui proposa d'embrasser la vie religieuse dans le monastère des Franciscaines Clarisscs, dit de Saint-Bernardin à V Herbe, où elle avait reçu son éducation; elle consentit à s'y rendre, quoiqu'elle no connût en elle aucune marque de vocation. Après son année de noviciat, elle lit profession, et aussitôt elle demanda 5 son père de vivre dans un appartement séparé avec un ameublement magnifique. La sœur Hyacinthe vécut ainsi pendant dix ans comme une religieuse de nom, sans avoir l'esprit de son état et sans en pratiquer les vertus; elle obéissait à ses supérieures, comme elle le faisait envers ses parents; on remarquait cependant en elle la modestie, la pudeur, le respect pour les choses saintes. Une maladie grave fut pour elle une circonstance heureuse que le bon Dieu lui ménagea. Ce fut un coup miraculeux, de la grâce. Kl le abandonna à la Mère abbesse tout ce qu'elle possédait, se dévoua à une austère pénitence, cl consacra sa vie à des veilles et à des méditations continuelles.
Pendant une cruelle épidémie, qui causa de grands ravages a Yiterbe, elle donna des preuves de sa brûlante charité pour lo prochain, en instituant deux compagnies, dont l'une s'occupait a se procurer des aumônes pour les convalescents, pour les pauvres honteux et pour les prisonniers ; l'auti e, à recevoir et à soigner dans un hôpital les malades et les infirmes. Ces deux compagnies qu'elle dirigea elle-même pendant sa vie lurent appelées Oblats de Marie. Klles subsistent encore aujourd'hui, et elles continuent a faire le bien que se proposa leur fondatrice.
Après avoir expié par la pénitence, par
SAIUE» OBL \m
les vertus et les bonnes œuvres, la fit mondaine et relâchée qu'elle avait u\tv.^ pendant quelques années et avoir été li bonne odeur de Jésus-Christ pour toute* les religieuses du monastère, la sœur Hyacinthe mourut saintement le 30 juin 1640, âgée de cinquante-cinq ans. Elle fut mise an r?n$ des bienheureux par Benoît XIII en 1726, et canonisée par Pie Y II, le 2ï mai de l'année 1807. Kn 18il le Pape Grégoire XVI allait à Yiterbe vénérer ses reliques.
OBLATS DE MARIE IMMACULÉE (Cov
UKÊGATION DES MISSIONNAIRES ), «0110»
mrre à Marseille.
1. L'amour des pauvres, une tendre sollicitude pour leur salut; tel est le sentiment qui présida à la fondation de la congrégation des missionnaires Oblats de Marie Immiculée, par M. l'abbé Charles-Joseph-Eugène de Mazcnod, actuellement évêque de Marseille.
C'est en 1811 qu'il avait été promu au sacerdoce. Son entrée dans la sainte milice avait élé l'effet de la grâce et le fait d'un« vocation toute providentielle.
La position de sa famille et son nom, dont il était le seul héritier, auraient semblé lui indiquer une toute autre carrière; mais, dès sa plus tendre enfance, toutes ses aspirations furent pour le sanctuaire.
Dans un temps où la cause de Dieu n'avait que peu de défenseurs ol ne pouvait avoir que des défenseurs bien désintéressés il se fit un bonheur et une gloire de lui sacrifier toutes les espérances du siècle.
A peine avait-il quitté le séminaire de Saint-Sulpice ; dès son arrivée à Aix, m pairie, les offres les plus avantageuses lui vinrent de différents diocèses de France; il refusa tout. A Mgr Jauffrel, qui lui demandait ce qu'il désirait : « Bien, Monseigneur. » répondit-il ; « veuillez permettre que je me consacre tout entier au soin «le II jeunesse et des pauvres. »
Et aussitôt il se mil à l'œuvre.
Pendant le carême, dans une église de U ville, il adressait une instruction aui classes ouvrières. II appelait à lui et entourait de ses soins les plus affectueux une jeunesse d'élite, qui, jusque-là, livrée presque entièrement à elle-même, se trouvait eifiosee è toutes les séductions du siècle, et en devenait trop souvent la malheureuse victime.
Bientôt la ville d'Ail put remercier Dieu en voyant surgir au milieu d'elle une association florissante de jeunes gens et d'hommes pris dans les rangs les plus distingues de la société et donnant l'eieoiple de toute* les vertus.
Les [irisons, cependant, et les bôpitaut prenaient une grande partie de son tenir-
Il les visitait assidûment, pénétrait jusque dans les cachots les plus infects, s'y I«is^:1 enfermer avec les malheureux condamnes employant de longues heures à les co»s«'< et à les instruire. On le vit plus d'une kis aj rès les avoir ramenés à Dieu el pénéw