OBL DES ORDRE
jes sentiments les plus vifs de la pénitence, les accompagner lui-môme jusqu'à l'échaûud.
Avec le môme zèle, il visitait les pauvres malades, et peu s'en fallut qu'il ne trouvât la Gn de ses travaux dans cet exercice d'une charité sublime.
* En 1814, le typhus avait éclaté parmi les prisonniers de guerre, entassés dans les priions de la ville d'Aix.
L'abbé de Mazenod n'hésite pas a se dévouer au service de ces infortunés. De jour, de nuit, il était lè, les consolant, les instruisaot, leur administrant les sacrements, leur procurant tous les secours temporels qui étaient eu son pouvoir. Il finit par être atteint lui-même et d'une manière si grave, que presque aussitôt on désespéra de sa vie.
Ce fut une triste nouvelle pour la ville d'Aix.... De toute part, des larmes et des supplications s'élevèrent vers le Ciel, la jeunesse surtout était inconsolable.... Dieu, qui avait des desseins providentiels sur son serviteur, se laissa toucher. Il lui accorda une guérisoo qui fut regardée comme un miracle.
Ainsi rendu à la santé, l'abbé de Mazenod se sentit encore plus obligé de se consacrer tout entier au service de Dieu et de faire quelque chose pour sa gloire et le service des pauvres. Les bénédictions éclatantes que le Seioeur répandait sur son ministère avaient equoi le consoler; mais il était profondément affligé de l'état d'ignorance et d'abandon dans lequel vivaient la plupart des populations rurales.
Les plaies qu'avait faites la révolution saignaient encore; la tribu sainte, décimée et dispersée par la persécution, n'avait pu combler les vides que la mort, l'exil et les lâches apostasies avaient faits dans ses rangs.
Les communautés religieuses n'existaient plus; grand nombre de paroisses étaient sans pasteurs et réclamaient vainement les ouvriers évangéliques, qui, comme les Ké^is, les Bourdoise, les Bridaine, parcourant les villes, les bourgs et les campagnes, allaient, par d'entraînantes missions, y raviver le flambeau de la foi et faire refleurir les vertus chrétiennes et toutes les saintes observances.
Quelques rares pasteurs, échappés au fer de la révolution ou formés à la bâte, s'épuisaient presque sans fruits à un travail qui était au-dessus de leurs forces.
Hélasl on ne pouvait pas même espérer de voir reparaître de longtemps les anciens ordres religieux qui avaient été auparavant et l'ornement, et le plus ferme appui de i Kg lise.
A la vue de tant de maux et de celte exiréme disette d'ouvriers évangéliques, l'abbé de Mazenod aurait voulu pouvoir se multiplier lui-même, afin de suffire è tout.
C'est dans ces circonstances qu'il songea h fonder sa congrégation.
■ Il lui semblait, » écrivait-il lui-même,
RELIGIEUX. OBL loi*
«que s'il pouvait réunir en un corps quelques prêtres vraiment zélés, d'un désintéressement à toute épreuve, solidoment vertueux, des hommes apostoliques, en un mot, qui, ayant à cœur leur propre sanctification, se donnassent tout entiers à la conversion des âmes, il remédierait, autant que possiblè, aux maux de l'Eglise et procurerait un grand bien. »
C'est l'idéal d'une communauté d'ouvriers évangéliques, Dieu lui en fournil bientôt les premiers éléments en lui envoyant quelques compagnons.
Une maison était préparée pour les recevoir, et l'abbé de Mazenod avait acquis, a cette intention, une partie de l'ancien monastère des Carmélites, situé & l'extrémité du Cours, à Aix.
L'habitation était bien pauvre, bien délabrée; mais ce n'était pas Bethléem, et elle parut très-suûlsante pour ceux qui allaient prendre pour devise : Pauperibus evangelixare misit me. [Luc, iv, 18.) Là, tous ensemble, ils consacrent quelques jours à se pénétrer de l'importance du ministère auquel ils vont se livrer, et a se nourrir des maximes des saints, a implorer, à attendre l'esprit que Dieu a promis è ses a poires; et ensuite, pleins d'ardeur, ils s'élancent au combat.
Plusieurs paroisses rurales furent évangélisées, et les fruits de ces premières missions durent, par leurabondance.encourager les nouveaux apôtres.
Après leurs travaux, rentrés chez eux, ils reprennent les exercices de la vie commune et poursuivent avec zèle les œuvres commencées par leur fondateur.
La piété des fervents missionnaires, la tendre charité qui les unit, leur zèle et les succès dont Dieu couronne leurs efforts, leur ont attiré bientôt de nouveaux compagnons; et alors, chacun, pénétré de l'importance de l'œuvre naissante , demande au fondateur une règle et les tiens sacrée de la religion.
C'est dans l'intervallo d'une mission è l'autre que, retiré dans une profonde solitude, M. l'abbé de Mazenod trace les règles et constitutions qui vivifieront son œuvre, et que, quelques années après, approuveront sept évêques et enfin le Souverain Pontife lui-même.
Ce fait est une nouvelle preuve qu'au jour où les fondateurs d'ordres dictent des règles a leurs enfants, Dieu ne les livre pas a euxmêmes; il est avec eux.
M. Dans ses constitutions, le fondateur assigne pour fin principale a sa congrégation 1 instruction et la couversion des pauvres.
Les missions, les retraites et les catéchismes, surtout dans les paroisses rurales, telles sont les œuvres auxquelles ils devrout spécialemenl s'appliquer.
Mais comme rien ne contribue plus à la" sanctification des peuples que la sainteté des pasteurs qui ont charge de les diriger, le fondateur, pour leur préparer des pasteurs .^elon le cœur de Dieu, veut que ses entants
MA. D1CTH
puissent se charger de la direction des t;f rnuls séminaires, et ensuite, pour maintenir ces prêtres dans la pureté et la ferveur «pii leur sont indispensables, il leur ouvre l,-i porte «le ses communautés et leur permet de venir s'y renouveler par la retraite aussi souvent que | o>sible.
Il veut «pie ses disciples donnent un soin particulier 5 foi mer la jeunesse à la piété.
Il leur prescrit «l'aller sauver l'âme du pauvre dans les hôpitaux , dans les prisons et jusqu'au pied de l'échafaud.
Tous les membres de la congrégation devront être pénétrés du plus entier dévouement pour la sainte V.Ji-e. Ils se considéreront comme les hommes du Souverain Pontife et des évôques qui lui sont unis. Ils seront, en particulier, obéissants et pleins «le respect envers les évôques dans les «liocèses desquels ils travailleront. Ils se plairont à honorer le sacerdoce de Jésus-Christ dans la personne de tons ses ministres, et ils s'appliqueront à pénétrer les clercs et les fidèles du môme esprit.
Tout, dans leur extérieur, «levra respirer îa simplicité et la modestie religieuse. Il no leur assigne aucun costume spécial. La croix qu'ils reçoivent au jour de leur oblation et qu'ils porteront constamment arrêtée «levant leur poitrine, sera leur signe «listino tif; et leur rappellera sans cesse «juels «loivent être et leur sainteté et leur dévouement au salut des âmes.
Ce prévoyant législateur a eu soin do leur tracer les règles les plus sages pour les différentes œuvres auxquelles ils doivent s'appliquer.
Il exige, en particulier, que toujours leurs prédications soient simples et à la portée de leur auditoire.
Mats, comprenant que leurs paroles ne produiront des fruits qu'autant qu'elles seront soutenues par l'exemple, et vivifiées, en quelque sorte, par leurs prières et la sainteté «le leur vie, il s'applique surtout à ranimer leur piété et h faire retleurir parmi eux les observances les [dus édifiantes des anciens ordres religmnx.
Aussitôt après le lever, ils donneront trois «piarls d'heure à l'oraison; à la lin du jour, ensemble, ils iront, passer demi-heure en adoration devant le Très-Saint Sacrement. «|ui sera le premier et le principal objet «le leur dévotion. Us nourriront un tendre amour envers leur patronne et leur mère, la Vierge Immaculée. Tous les jours, ils visiteront son autel ; tous les joui s, ils réciteront sa couronne, et ils mettront tout en œuvre pour que les peuples servent • i honorent avec ferveur la .Mère Immaculée du Sauveur.
Le saint otlice, par la manière dont il sera récité, «leviendra, pour eux et pour l'Kglise, une nouvelle source de bén éditions.
Ils devront lepsalmodierdans l'Kglisc,lous ensemble et en chœur, («éuéialemcnl . on trouvera chez eux