IOM ORA DES ORDRE
etc., mêlaient leurs vœux aux vœux de l'ordre renaissant.
Toute la communauté se porta processionnelloment à la rencontre de Mgr Sibour, qui écoula If. le supérieur; M. Pétetot lui adressa une allocution empreinte de l'aménité de son cœur. Après une courte réponse de Mgr l'archevêque, le cortège remonta au chœur, et le prélat s'assit sur le trône qui lui avait été préparé. Un prêtre parut en chaire; c'était le P. de Ravignan; c'était toujours le même extérieur plein d'humilité, la même expression de mansuétude; l'émotion fut générale; c'était un disciple de saint Ignace, qui venait parler au milieu de l'Oratoire; on semblait voir se grouper autour de la chaire, les adversaires opiniâtres des vieilles luttes des deux ordres. On les voyait rierenusdoux et humbles de cœur, s'incliner sous le sceptre de Marie immaculée et consentir a cette grande paix des ordres religieux, dont cette cérémonie semblait l'inauguration.
Le P. de Ravignan, avec cette éloquence d'à-propos qui le caractérisait, tira son discours de la fête même du jour: il prit pour texte ces paroles de l'Evangile : Ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent pour présents /'or, Ceucens, la myrrhe. (Matth. h, 11.) Il monira l'Eglise naissante dans cette pauvre crèche, à laquelle les bergers, c'est-à-dire, les simples et les ignorants, ont été les premiers appelés, et devant laquelle les mages ei les rois vinrent courber leur front à leur tcur, et dans cette circonstance même, apprenant quel est le caractère des œuvres de Dieu, il les trouve faibles et inûrines dans les commencements, tandis que les œuvres humaines, c'est-à-dire, le gouvernement des peuples, la conduite des armées, les institutions sociales, les merveilles de l'industrie s'entourent en naissant de tout le prestige de la force et de la puissance. Mais que leur fin est différente]... et faisant de ce sujet one application directe à l'ordre des oratoriens, il emprunta à l'Ecriture et à la poésie les comparaisons les plus gracieuses, le fleuve qui sort d'une goutte d'eau, le théne, qui a poussé d'un humble gland, bans une péroraison touchante, rappelant que le Père des Jésuites avait connu le Père des Oratoriens, il exprima tous les vœux qu'il faisait pour la prospérité de celte œuvre sainte.
Mgr Sibour ajouta quelques paroles d'encouragement à celles du P. de Ravignan : au salut le P. Hcrmann chanta VAdeste, fidèles ue sa voix vibrante qu'il accompagna du modeste harmonium, qui remplace l'orgue dans 1 Oratoire.
La communauté compte 33 sujets, dont 10 moines, 4 prêtres scolastiques et 19 frères.
ORATORIENNES DE SAINT- PHILIPPE NÉRl (Religieuses), à Angers [Maine-et- Loire).
Eo l'année 1839, il existait à Angers depuis environ quinze ans, un pensionnat de
RELIGIEUX. ORA loM
jeune» demoiselles, tenu par des dames séculières d'un mérite distingué.
Ces daines avaient épuisé leur santé dans le ministère de l'enseignement; c'est pour-
2uoielles songeaient à se retirer. A la même poque une jeune personne de vingt-quatro ans pensait a embrasser la vie religieuse; elle habitait la ville d'Angers et la même rue où le pensionnat était situé. On vint lui dire
Sue puisqu'elle désirait se faire religieuse, y aurait une excellente œuvre à entreprendre, ce serait de soutenir cet établissement en cherchant à former une congrégation pour le diriger.
Alors l'éducation donnée par des religieuses n'était pas aussi goûtée qu'elle l'est actuellement, et il fut proposé de prendre un costume noir, simple, mais en conservant uu chapeau pour ne pas effrayer les familles par un aspect religieux.
A la pensée de fonder une communauté, la jeune personne, à laquelle on s'adressait, pâlit, pour ainsi dire, de fravenr; elle ne connaissait même pas les dames qui tenaient le pensionnat, et était dans une ignorance complète des usages d'une maison d'éducation.
Cependant elle fait des démarches, les ihoses s'engagent, uu traité se passe; ces dames promettent de rester encore un an avec cette jeune demoiselle, et cette dernière quitte la mai*on paternelle, au mois de juin, 1829, et vient se placer à la tête du pensionnat.
C'est bien ici qu'il faut s'écrier • Oh 1 que le bon Dieu est incompréhensible dans ses vues! Choisir un instrument aussi faible pour élever un édiûce, pour former une maison religieuse I
Dieu a béni cette démarche qui, dans la simplicité du cœur, avait été faite pour les intérêts de sa gloire.
1) serait beaucoup trop long de donner ici le détail des difficultés qu'il a fallu surmonter, des marches et des contre-marches qu'il a fallu faire pour la fondation de la nouvelle congrégation; de 1829 h 1831, plusieurs demoiselles furent se joindre à la jeune personne pour continuer l'œuvre commencée.
La maison, jusqu'alors habitée, était peu convenable pour uu pensionnai, et M. le vicaire général, qui s'était occupé d'un règlement, pour la conduite religieuse de la congrégation naissante, avait dit qu'on ne pouvait penser à rien de solide, avant l'acquisition d'un local : il avait permis seulement de faire de simples promesses religieuses.
Le 7 février 1834, un local parfaitement convenable fut acheté.
Le premier règlement fut revisé, modifié. Le 14 septembre il fut signé par Mgr Mou- Inult, évêque d'Angers.
Deui ans furent employés pour construire une chapelle et faire les réparations nécessaires.
La congrégation portait dès fors le nom de Dames de l'Oratoire; c'était celui de la
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nie où elle était située. La nouvelle maison portn il le môme nom, à cause d'un collège tenu dans ce local, par les Pères do l'Oratoiro avant 1793.
L'installation dans le nouvel établissement eut lieu le 10 juin 1836. La bénédiction de la chapelle se fit le 5 juillet 1837.
Mgr Régnier (aujourd'hui archevêque de Cambrai), alors vicaire général, était supérieur de la congrégation. Il décida, en 1837, quon devrait s adjoindre des sœurs cuadjuirices, nu sœurs converses; sept entrèrent le môme jour.
Depuis lors la communauté se gouverne ainsi : sumrs de chœur et sœurs converses; elles sont liées par des vœu s et portent un costume tout à fait religieux.
L'œuvre unique est l'éducation des jeunes personnes.
La clôture n'est pas commandée; cependant les sorties ne peuvent avoir lieu que pour les choses nécessaires, pour les promenades utiles à la santé des élèves et des religieuses; ces promenades se font toujours h une petite habitation qui appartient à la communauté, et qui est située à deux kilomètres d'Angers.
Mgr Angebauîi, actuellement évôquc d'Angers, dès son arrivée dans cette ville, le 10 août 18V2, s'est fait le protecteur et le bienveillant supérieur de ladite congrégation qui, ayant pris pour patron saint Philippe Néri. fondateur des Oratoriens de Home,
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poite aujourd'hui (1857) le nom de Hrh gicuses oratoriennea de Saint-Philippe JWn
Un grand nombre d'élèves sont d^jà $<.-r lies de relie maison, et portent dans le mono et dans leurs familles les influences <i'w, éducation chrétienne. Puisse le Seigneu soutenir cette œuvre entreprise poursaj>:u grande gloire l
La congrégation des Oraloriennes deSainl Philippe Néri est soumise h la direction d l'évêque du lieu qu'elle habite; pour le cm aux magistrats du môme lieu.
Elle est gouvernée par une supérieur locale, une assistante, des conseillères qi sont élues à la majorité des voix; elles soi en fonction pour trois ans.
Le postulat est d'un an.
Le noviciat de quinze mois.
Les vœux sont renouvelés tous les ci»
ans.
Les sœurs de chœur font les trois vœu ordinaires ; de plus un quatrième : celui d se consacrer à l'enseignement des jeune personnes.
Les sœurs converses ne font aueles troi vœux ordinaires
La maison est placée sous la protection d' la très-sainte Vierge; la Présentation, 2 novembre, est la fête patronale de la maison
Saint Philippe Néri est le patron de I* communauté; on en fait la fête d'une œ* nière solennelle, daus la maison, le 21 mai.
PAIX-DE-JÊSt S (Monastère de la), à Arras.
Florence de Verguigneuil obtint. en 160V, do l'évèque Olleinberg, l'autorisation d'établir à Arras un monastère de la réforme du l'ordre de Saint-Benoit. Il prit le nom de la Paix-de- Jésus, et fut délinitivement érigé en 1012. Celle maison fut supprimée en 1792 cl n'a plus été rétablie. Les dames do la Paix se livraient à l'instruction de la jeunesse.
PALLOTI (Congrégation des heligicix
du Père).
Le serviteur de Dieu Vincent Palloti naquit le 21 avril 1735, à Home, do Pierre-Paul Palloti et de Madeleine Devosli. Il fut baptisé dans l'église de Saint-Laurent in l)amaso. Ses parents prirent un grand soin de Je faire élever chrétiennement; l'enfant correspondit parfaitement à leurs e (loris et à leurs vues. Jeune encore, il fut favorisé do grâces particulières, selon le témoignage de toutes les personnes qui le connurent intimement; il était modeste, obéissant et trèsappliqué à l'étude et aux pratiques de la piété.
Ses parents assurent qu'après sa première communion il continua à s'approcher cha-
que jour de la sainte table, allant tous lei matins, tantôt à l'église des suffrages, lantdl à celle de Sainte-Marie in Yaticella, qui étaient voisines de la uiaison paternelle. Il prêchait à ses frères; il dressait de peut* autels devant lesquels ii adressait à Dm des prières ferventes. Il se donnait la discipline jusqu'au sang, et sa pieuse ruère trouvait ses chemises rougies par le sang qui coulait de son corps déchiré. Il jeûnait sévèrement, ne se nourrissait que d'bertes de légumes, en y mêlant même de l'absinthe ou d autres substances amères; quoique encore entant, il faisait contmuellenR'rt l'aumône en distribuant aux pauvres tout « dont il pouvait disposer; ce qui obligea parents à lui donner de nouveaux habillements, un nouveau lit. parce qu'il avait a'm* né par esprit de charité les objets qui I*5 composaient. Un jour qu'il allait à Fra>cif. un petit pauvre étant venu lui demi*"1, l'aumône, il lui donna ses souliers et ttin déschaussé dans la ville, sans être art& par le respect humain dont il réprima ta f** voile par esprit de mortification.
Le serviteur de Dieu n'était pas ouvert -' son naturel, et quoiqu'il apportât beaiKO» ' d'application à I étude, son intelligence ne