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très. Dès son berceau , cette œuvre attira les bénédictions de Dieu, car en peu de temps elle se répandit dans les quatre parties du Doode. Bientôt les cardinaux, les évôques, les prélats, les princes, les ordres religieux, les communautés religieuses, les collèges, les séminaires, outre la multitude de particuliers de tout grade, de tout sexe, de toute condition, se firent inscrire dans cette association. Mais tandis que cette œuvre prospôrni d'une manière si inattendue et se développait avec un succès si inespéré, le démon, redoutant le grand bien qui devait résulter de cette sainte institution, souleva une furieuse tempête qui faillit la renverser, ;i Dieu ne l'eût soutenue de sa main puissante. Il est bon d'observer que, dès le principe, pour que rien ne se fit que conformément à la volonté de Dieu, le serviteur de Dieu avait obtenu l'approbation du car- ^oal-vicaire,, et ensuite celle du Souvenin Pontife Grégoire XVI. Mais tous at connaissaient pas en quoi consistait cette pieuse société, et son titre n'était pas suffisamment compris, étant désignée par ces mots Apostolat catholique, c'est-à-dire universel ; elle avait pour but d'exhorter tous k> fidèles de toutes les classes à contribuer, par tous les moyens possibles, à multiplier tes ressources spirituellesettemporelles pour raviver, ranimer la foi, embraser la charité dans les Ames, à étendre le royaume de Dieu (lias toutes les parties du monde.
11 jr eut donc des personnes qui , animées mbs doute de zèle pour le bien , exposèrent au Pape et lui persuadèrent que cette >ociété faisait concurrence à la précieuse association de la Propagation de la foi, et que, si elle prenait du développement, ce serait au détriment de celle-ci et diminuerait son influence; elles ajoutaient d'autres raisons de la même nature.
Le Souverain Pontife, frappé de ces considérations, résolut de supprimer la société; c'est pourquoi il ût appeler le Bienheureux Palioti, et lui donna ordre d'abandonner cette œuvre; mais les associés, fortifiés par le bouclier de Ja foi et de la prière, et pleins de confiance en Dieu, se présentent devant le tope, et lui soumettent un tableau qui renfermait une notice claire et distincte de la lin, des moyens et des œuvres de la pieuse société, cl les graves inconvénients qui résulteraient si elle était supprimée. Le Saint- Père dit aussitôt : Noi non supperamo tulto petto, et il permit qu'on continuât cette œuvre ; il demanda seulement qu'on change&t le titre en Pieuse union sou» l'invocation dt /a très-sainte Vierge Marie immaculée, &ti*t det apôtres, dans la crainte que les mots Apostolat catholique ne fussent interprétés dans un sens défavorable , comme si on voulait attribuer à l'œuvre du serviteur <le Dieu cette qualité qui est exclusivement propre au Souverain Pontife, dans lequel feui se trouve l'apostolat catholique.
Cette tempête étant apaisée, le serviteur de Dieu continua les oeuvres évangéliques jusqu'à l'année 1839, époque où il vomit le
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sang et oû, pour rétablir sa santé, il partit, au mois de juillet de cette année, pour Frascati, et fut demeurer quelque temps chez les ermites Camaldules. Ce fut là que, favorisé d'une inspiration divine, il composa les Règles de la société ainsi que celles pour la maison des pauvres filles abandonnées. Le serviteur de Dieu, voyant que la maison du Saint-Esprit des Napolitains était insuffisante pour renfermer tant de sujets, et qu'elle n'était pas commode pour une naison religieuse, obtint de Sa Sainteté Grégoire XVI J église et le couvent de Saint-Sauveur, m » ondo, qu'il fit restaurer et mettre en état de servir de retraite aux prêtres et aux frères coadju leurs de la pieuse société.
Le fondateur se livra avec la môme ardeur qu'auparavant, dans cette nouvelle église, aux mêmes œuvres du saint ministère. Voici quel était son genre de vie : il se levait avec la communauté, c'est-à-dire à quatre heures du matin; il faisait une heure d'oraison avec les frères ; il célébrait ensuite la sainte Messe, et après son action de grâces il se rendait au tribunal pour écouler les confessions, occupation qu'il n'interrompait que lorsqu'il n'y avait plus de pénitents; il sortait ensuite pour aller visiter les malades ou pour remplir quelque autre fonction du saint ministère ; ce n'était que quelques heures après midi qu'il songeait à prendre quelque réfection, et pendant ce temps il s'occupait de quelque affaire, ou écoulait une lecture spirituelle. Après cela il se reposait un peu, ou il récitait immédiatement l'Office divin; puis il allait confesser, ce qu'il continuait bien avant dans la nuit; et bien des lois, lorsque la communauté prenait déjà son repos, alors il prenait quelque nourriture; il s'occupait d'affaires pendant ce temps-là, puis il se rendait à l'église, et là, devant le Saint-Sacrement on la statue de la très-sainte Vierge des Sept-Douleurs, il récitait l'Office divin et d'autres prières de dévotion. Il lisait quelquefois un livre de piété, faisait quelque lettre pressante, après quoi il donnait seulement quelques heures au sommeil. Tel fut toujours le genre de vie qu'il suivait invariablement, à moins que des affaires trèspressantes l'obligeassent d'y apporter quelque changement. C'était surtout les jours de fête qu'il passait presque tout entiers au confessionnal du matin au soir.
Ce fut dans cette maison que le serviteur de Dieu donna une nouvelle forme à sa con-
f;régalion et à sa pieuse société; il retoucha es règles, il y fit quelque changement, et adapta mieux quelques points à la fin de sou institut; il fit aussi des règles pour la maison de Charité ou le Conservatorio pour les pauvres filles abandonnées, bonne œuvre qu'il avait instituée et qu'il propagea depuis 1 année 1838.
La pieuse société avait été érigée en 1835. A peine quelques années s'étaient écoulées que le serviteur de Dieu, déplorant la malheureuse condition de tant de pauvres filles que leurs parents abandonnent, et qui sont
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exposées sur les places publiques aux plus promis dangers, parie qu'elles ne peuvent se nourrir quo d'aumônes, pensa qu'avec le corn-ours des personnes rit lies (|ui viendraient en aide à la pieuse société, il serait l'ai : le de se procurer des ressources sullis.inies pour ouvrir une maison de charité, .•iiiu de leur donner asile. Après avoir réllérlu sérieusement sur ce projet et avoir consulté Dieu par de ferventes prières, il commença cette œuvre charitable. A cause des étroites dimensions de la maison, ces filles furent d'abord en petit nombre, el pour plusieurs raisons on fui obligé de clmngcr plusieurs fois de domicile; mais en 1837, à l'occasion du terrible fléau du choléra, la maison augmenta de jour en jour, el la nécessité d'en recevoir d'antres, à cause du redoublement de cette désastreuse maladie, l'obligea de se procurer une maison plus vaste; on lui céda le collège Fuluoli, situé dans la rue du faubourg «le Sainte-Agathe ; il obtint celle autorisation du cardinal Maltei, président des successions, le 25 mars 18-'J8, à l'occasion d'une audience de Sa Sainteté (IrégoireXVL
Avant obtenu ce local et l'ayant disposé pour recevoir les pauvres filles, elles s'y rendirent en procession, en parlant de la rue Dubois, où elles se trouvaient alors. En entrant dans ce local, elles furent placées sous l'immédiate cl spéciale protection de la très-sainte Vierge. Mère -le Dieu, Heine des a poires, de saint François d'Assise, de saint Stanislas Kostka, avec la conliance que la l;é-orière de tant de grâces obtiendrait que relie sainle institution ressentît les efl'els delà miséricorde de Dieu et de sa providence.
Après avoir établi celte nouvelle maison, le serviteur de Dieu vit, devant lui, un plus vaste champ pour exercer son zèle envers ces pauvres tilles. Avec lo secours de quelques personnes généreuses il en réunit plus oe quatre-vingts; et afin de les élever dans la piété et de les conserver, il leur dressa un règlement, adapté à leur condition, en recommandant surtout de fuir l'oisiveté et d'observer un silence perpétuel. Elles devaient réciter l'Office comme les laïques do I ordre du séraphnjue saint François, c'està-dire en remplaçant les Matinos, Laudes, Petites Heures par des P<\lcry des Ave et de.s (Jloria l'uni. Leur habillement devait être le môme que celui du liers ordre de ce saint, couleur de cendre et rouge, ceint d'une corde 5 laquelle serait suspendu un chapelet : elles devaient Cire chaussées de sandales. Le bienheureux Pal loti avait obtenu, pour l'établissement de cet institut et l'adoption de ces règles, l'autorisation de la congrégation des évèques et des Réguliers, Je *2l) mai 18-28. Pour pénétrer de l'esprit do pénitence et d'une véritable piété les jeunes tilles qui *e disposaient a se revôiir de ce saint habit, il faisait précéder le jour de la cérémonie des exercices spirituels, qui duraient trois jours, pendant lesquels chacune devait faire une confession générale des péchés de sa vie.
Quelque temps après l'érection de ce pre-
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niier Consrrvatorio, le nombre de filles qui se présentèrent fut tellement considérai!*; que le serviteur do Dieu dut s'occuper «l'en établir un second. Il obtint pour cela un local convenable, silué près de Sainl-Onuphre; il y transféra dix-huit filles de Sainle-A:aihe, afin qu'elles servissent de moiièles a toutes celles qui seraient admises dans ct ttc nouvelle maison et qu'elles y établissent ii parfaite observance de toutes les règles qu'elles avaient suivies dans la première. On lui donna le nom de Solitudt du (rts-tatra Cœur de Jc'*us; elle fut bientôt habitée par beaucoup de pauvres filles, qui venaient s'» mettre à l'abri de la corruption el y trouver des moyens de se prémunir contre les dangers dû inonde, en apprenant à Iravoiller pour gagner honorablement leur vie. .\l.n> le serviteur ne pouvant plus pourvoirai dépenses, en conlia l'administration à J. K. Commandeur, D. Charles Torlonia, ce qui lui fil prendre le nom de Conttrratono curulino; il ne se réserva que la direction spirituelle.
Enfin, en 18i9, un bienfaiteur générrui ayant mis h sa disposition une somme considérable pour être consacrée à la gloire Dieu, M. Vincent crut qu'il serait lrè>-uti!e d'ouvrir un autre conservatorio dans la vilie de Velletri ; il obtint, pour l'établissent de cette bonne oeuvre, la permission de l'ordinaire, le 5 septembre. Il se hata d'exécuter son projet; il lit plusieurs voyages pour presser les travaux, et quoiqu'il ne dût pa> en voir le parfait accornplissemcnl , parce (pie la mort ne lui en laissa pas le temps, il employa tout son zèle pour assurer «ne nouvelle fondation.
Le serviteur de Dieu élait retourné dan» sa solitude en 18i6; on vit avec grande cuilication, pendant le carême de cette même année, un grand nombre de fidèles, parmi lesquels beaucoup d'hommes, approcher des sacrements. Il était témoin do ce concour> avec une grande joie, parce qu'il lui fournissait l'occasion de se livrer à l'ardcunle son zèle; il s'efforçait de ne laisser sortir aucune personne de son église sans qu'elle «e lût confessée ; il faisait à ses compagnons les plus [tressantes recommandations pour qu'il* exerçassent les fondions de pasleur, en cherchant les brebis égarées et s'ellorçant Je les ramener toutes dans la bergerie par leur» pathétiques exhortations: celles surtout q'ii auraient été tentées de s'en aller à cau>e du grand nombre de pénitents qui assaillant les tribunaux, étaient l'objet de leur i*< charitable. Le saint ne négligeait pasceptndanl de se rendre de temps en tempsdiez les ermites Camaldules, ou dans le couvent de Saint-François de Paule du Mont. Il cho:sissail ordinairement le mois d'octobre, parce que c'était l'époque où il étail leooio* occupe. Dans ses solitudes il s'attachait 4 embraser toujours davantage son cœur du feu de la divine charité; il passait de longue heures devant le Saint-Sacrement: augmtrl.ïiï ses mortilications et pratiquait des jeûnes plus sévères. Il exhortait les autres i