‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 199 sur 323 · PAL DES ORDRES · texte numérisé non relu

PAL DES ORDRES

Titre sobrement pendant les exercices spirituels; mais il leur recommandait aussi de soigner leur santé pour le plus grand bien du prochain, après de grandes fatigues, ,>fio de pouvoir continuer et travailler à la Modification des âmes. Le serviteur de Dieu cardait la retraite autant que ses occupalions te lui permettaient; il adressait alors, continuellement à Dieu, de ferventes prières, pour obtenir les vertus qu'il voyait pratiquer ioi autres. Il ne perdait jamais de vue la présence de Dieu.

L'bomililé, la défiance, le mépris de luimême se remarquaient facilement dans toute sa conduite; on en voit les preuves évidentes et nombreuses dans ses divers ouvrages. II se regardait comme le plus grand pécheur qu'il y eût sur la terre, comme la misère et [abomination môme; c'est pourquoi il recourait sans cesse à l'intercession et à la protection des saints, et surtout à sa très-aimante Mère, innamorantissima Madré, comme il <e plaisait à l'appeler, Maria sanli*$imo. En 1835, pondant qu'il faisait une retraite, il écrivit dans un petit livre à son nsago les ff proches qu'il se faisait à lui-même; il les relisait de temps en temps pour s'humilier fi se confondre; h chacun des points il avait mentionné quelques- unes des grâces, quelques-uns des bienfaits qu'il avait reçus de Dieu, et il se disait à lui-môme : « Comment

as-tu profité? » Corne ne fiai profitato? Il tiborlait les autres à suivre la môme méthode, et il en prenait occasion de s'humilier, •Je peor que ce ne fût une occasion d'être tenlé de vaine gloire en se souvenant des grkes qu'il avait reçues do Dieu. La première fois que se manifestèrent les symptômes de la maladie do poitrine fut en 1829, quand il vomit le sang. Ce fut le jour de la ftte de Saint-Pierre et do Saint-Paul, après avoir confessé longtemps, avoir fait de longues courses à Itome. En rentrant dans sa chambre il se mil à genoux, selon son habitude, pour réciter le saint Office; ce fut en ce moment que se manifesta la maladie, qui, pics lard, devait le conduire au tombeau. Il ne laissa pas de continuer dans la môme posture; mais épuisé, il dut prendre quelque repos. En 1&V3, des symptômes do môme nature se manifestèrent encore, il fit une longue maladie qu'il supporta avec une patience admirable; en 18W>, peu après sa retraite, il souffrit pendant plusieurs mois de la môme :ualadie.

Pendant ce temps il ne négligeait cependant aucun de ses exercices de piété; il choisissait les moments où il se sentait le plus en état de prier; il préférait ôtre seul afin d'avoir la facilité de conserver la présence de Dieu. Pour cela il congédiait honnôtement les personnes qui venaient le visiter, et no leur adressait que quelques paroles pour no pas entretenir la conversation. Si la maladie r.e l'empêchait pas de se livrer à quelques fondions du saint ministère, il confessait, il réalait le saint OUice; il lisait des livres depiété ; il célébrait la sainte Messe dans un oratoire particulier, faveur qui lui avait

été accordée en vertu d'un bref apostolique du 22 mai 1822; et quand il ne pouvait la dire lui-môme il la faisait célébrer par un autre prêtre.

Il suivait très-exactement, par esprit d'obéissance, les ordonnances du médecin : il était empressé de prendre tous les remèdes, quelque répugnance qu'il éprouvât, h souffrir toutes sortes d'incommodités; il obéissait è tous ceux qui étaient chargés de le soigner, toutes les fois qu'on lui demandait s'il voulait telle chose, telle autre, il répondait toujours : « Ce que vous voudrez : » Corne vuole. Il mettait ainsi en pratique le conseil de l'Apôtre : Subjecli ettote omni humanœ creaturœ propter Deum. (/ Pelr. il, 13.)

Au milieu des plus vives doulours sa patience ne se démentit jamais; aucune plainte ne sortait de sa bouche. Quand le médecin l'interrogeait, il répondait à ses questions avec simplicité, sans manifester la moindre inquiétude, et si quelquefois on oubliait de lui donner une médecino au temps prescrit, ou à exécuter quelques-uns do ses ordres, il gardait le silence. Il témoignait constamment sa reconnaissance à ceux qui lui rendaient quelques services, il l'exprimait ordinairement par ces mots : «Que Dieu récompense votre charité : o Jddio paghi la tua cari ta.

Sa résignation, pendant sa maladie, fut des plus édifiantes. Indifférent sur l'issue qu'elle pouvait avoir, on l'entendait dire souvent : Que la volonté de Dieu s'accomplisse : « Si faccia quel che vuole Iddio. » Et uand quelqu'un lui demandaitdes nouvelles e sa santé, s itseréjouissaitde l'espoir de son rétablissement, il répondait toujours : « Ce que Dieu voudra : » Quel che vuole Jddio.

Ala fin de l'année 18VÎ, le serviteur de Dieu envoya en Angleterre un prêtre de sa congrégaiion pour pronagerlecatholicisme.Deux ans après, il en envoya un autre; et ces deux prêtres s'étant unis à deux Anglais rendirent de grands services à la religion. Ce succès étant parvenu à la connaissance de notre Saint- Père le Pape, Pie IX, par son rescrit du 8 du mois de juin 1848, qu'il obtint par la médiation de la congrégation de la Propagande, le Saint-Père les chargea de la direction de l'église qu'ils devaient construire, surtout pour donner des soins spirituels aux stations; il en donna la propriété, la direction et l'administration auxprôtresde cette société.

Le serviteur de Pieu manifesta le plus grand zèle pour celle maison de retraite et pour cette mission. Il lui envoya d'abondantes aumônes, la pourvut de vases sacrés et d'ornements; il ressentait un grand désir de se rendre lui-môme dans ce royaume, il en faisait la proposition à un des prêtres de la mission, et il eût exéculé son projet, si la mort no l'avait prévenu. Le seul mot de mission lui faisait éprouver de fortes émotions, cl comme il ne pouvait autrement contribuer au bien qu'elle procurait, il ne cessait d'expédier aux missionnaires tout ce dont ils avaient besoin. Dans sa dernière maladie il manifesta encore un grand désir

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d'aller à la mission de Civila-Larinic où il \oulail se rendre trois jours après; et dans l'espérance de réaliser son dessein, il avait ordonné a ses compagnons de préparer la maison où on devrait déposer la croix et les antres objets nécessaires pour celle mission. Mais, n'ayant pu exécuter son projet à cause îles progrès alarmants de la maladie, il fut très-contrarié qu'à son occasion on eût différé les exercices de celle mission pour la satisfaction des habitants de celle ville.

Le saint fondateur soutTrit horriblement oendanl le temps que dura le règne de la république romaine, Lu 18'»9, ils avaient la direction spirituelle de l'hôpital du Saint- Ksiiril: le démon ne pouvant souffrir le bien qu ils y opéraient, profita des circonstances .si favorables pour obtenir du gouvernement qu'ils fussent expulsés de 1 hôpital. M. Vincent ne répondit rien, ne se permit ni observation ni réclamation; il ordonna h ses compagnons de faire leurs préparatifs, et, entonnant en même temps le Te Dcum, ils retournèrent tons dans leur maison. C'est ainsi qu'il se conduisit dans l'adversité; dans la prospérité, au contraire, il récitait et invitait ses compagnons à dire lo Miserere, ayant en vue de remercier le Seigneur des épreuves qu'il leur avait ménagées. Arrivés dans leur solitude, il recommanda a ses prêtres de ne rien dire de ce qui venait d'arriver, quand môme on leur adresserait quelque question, car il no cessait de se conduire avec la plus grande charité envers ceux dont il recevait des injures, des injustices, et dont il avait a se plaindre.

Etant rentré dans sa chère retraite, il se rit bientôt obligé, par la gravité des circonstances, d'aller se retirer dans le collège des Irlandais, à Sainte-Agathe des Monts, où il demeura jusqu'au mois de juillet f8V9, époque où il put enfin retourner dans sa maison. Le règne de la démagogie ayant cessé et force étant restée à la loi et au droit par l'assistance des troupes françaises , .Mgr Moristimi, président de la commission des hôpitaux, invita M. Vincent à retourner, avec ses compagnons, à celui du Sainl-Lsprit, pour confesser et administrer les malades. M. Vincent prit les plus grandes précautions pour qu'ils reçussent les mêmes soins qu'auparavant; et comme la dernière phase de sa ma'adie ne lui permit plus du rendre lui-même ces services aux malades, il se faisait rendre compte, chaque jour, de ce qu'on avait fait pour les inlirmes, et il prenait la plus grande part h ces récils.

Du mois de juin de celte année jusqu'au mois de novembre, il ne sortit pas ne sa maison de retraite, passant son temps, comme de coutume, aux œuvres du saint ministère et dansl'cxercicede lacharilé.ll donna encore les exercices spirituels dans la maison de la mission, depuis le 23 octobre jusqu'au 1" décembre; il prépara tout pour la solennité de l'octave de l'Epiphanie qui avait lieu, selon l'usage, à Saint-André de la Vallo; il expédia toutes les affaires, se hala de faire des visites à un grand nombre de personnes,

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et en particulier à la pieuse maison de Charité

I) se trouvait, le 10 janvier, dans la maisoi d'un bienfaiteur, Saint-Jacques Salvati, où i avait coutume de se rendre quand il éio dans ce quartier, pour prendre un peu «b nourriture, parce qu'il était trop éloigné d( chez lui, lorsqu'il sentit aussitôt ses force l'abandonner avant même d'avoir pu prend n le moindre aliment. On dut le porter en voiture, h la maison de retraite; il se mit au ht le médecin crut d'abord que ce ne serai qu'une indisposition, mais la maladie fit de progrès; pendant la nuit, le malade éprouv une douleur aiguë au côté; le docteur voyan le lendemain son étal aggravé, jugea à pro pos de lui faire une saignée qu'il renouvel, deux fois dans l'après-midi; le samedi, V. janvier, une lueur d'espoir apparut, mais ,n milieu du jour des symptômes sinistres U dissipèrent. On jugea nécessaire de lui administrer les derniers sacrements. Cette nouvelle causa la plus grande joie au serviteur de Dieu, qui brûlait du désir de recevoir son divin Sauveur.

Ce ne fut pas seulement en ce moment qu'il se livra aux sentiments de l'amour divin, mais depuis le principe de sa maladie, il s'élevait sans cesse vers Dieu par de> oraisons jaculatoires les plus ferventes et par des actes d'une brûlante charité; il était continuellement uni à Dieu. On lisait les sentiments de son 3me dans les mouvements de son esprit, de ses lèvres, surtout dans l'exi ression de sa figure et la direction li ses yeux toujours tournés vers le ciel, pour lequel il soupirail et où il espérait armer bientôt, car il était persuadé que c'était sa dernière maladie, comme il l'avait manifMé à quelques-uns de ses amis et en parïù-u itr a une de ses pénitentes qui avait appris de lui qu'il serait mort avant quinze j«urs. Avant de tomber malade, il avait dit à la supérieure de la Trinité-du-Mont : « Voici la dernière fois que je vous adresse la parole : » Eceo l'ultima voila che io rï porto.

Dès l'année 18V7, il avait fait son testament; les pauvres et les maisons pieuses étaient ses héritiers. Il avait nommé dm prêtres de sa congrégation pour exécuteur* testamentaires; il donnait dans ce teslamc&i des preuves de >a profonde humilité en prenant le nom de rien, nienle, de péché, -te misérable, do la misère même, d'uidigro de vivre dans une congrégation. Dans une lettre adressée aux Pères de sa congrésatie/). il demandait d'être enseveli dans l'église de Snnl-Jean-Déeollé, au milieu des pauvres condamnés ù la peine capitale.

Cependant la maladie ne cessait de faire de graves progrès et de devenir plus dangereuse. Il reçut le saint viatique le 20 janvier; il demanda avec instance qu'on iui administrât le sacrement de l'eitreweonclion: mais le médecin et les prêtres 1* la congrégation ne trouvant pas de dan^r pressant, crurent devoir différer jusjtwu soir pour lui procurer celte consolation. Vers les dix heures du soir, il fut visité d béni par l'enfant Jésus do l'église de l'An-

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