PAL DES ORDRES
c«/i; le serviteur de Dieu se livra dans cesbeoreux moments à la plus vive démonstration de la dévotion en baisant pieusement, et a plusieurs reprises, ses pieds sacrés. A Tant de recevoir le sacrement de l'extrômeonciioo , M. Vincent se fit apporter dans su chambre tout près de son lit, la statue de la très-sainte Vierge, Reine des apôtres, ce qui lui donna occasion de lui témoigner toute sa dévotion. Environ vers les deux heures après minuit, on commença à réciter le* mères de la recommandation do l'âme et des agonisants. Le serviteur de Dieu béait tous ses compagnons avec la plus loucbaote expansion. Quelques heures «près, il avait fini sa course; il mourait de la mort des justes.
On différa trois jours de l'ensevelir; chaque jour avaient lieu les cérémonies des funérailles , non-seulement de la part des prêtres de la congrégation, mais de la part «le plusieurs ordres religieux qui étaient venus simultanément avec le clergé séculier pour lui rendre ses honneurs. Il y eut un concours immense du peuple, chacun cherchant a baiser et a se procurer quelque objet qui eût appartenu au serviteur de Dieu. Bien des personnes élevées en dignité, môme fotu les grades militaires, et parmi eux des Français, voulurent voir cet homme qui avait laissé sur la terre tant de preuves de sa sainteté. Son corps, après le troisième jour, s'était conservé intact et sans marques de corruption ou de dissolution ; il fut renfermé dans un cercueil de plomb et celui-ci dans un autre de bois. On en fit un acte notarié en présence du fiscal, du viraire et d'autres personnes appelées pour témoins et qui y apposèrent leur signature. Il fut enseveli dans l'église môme de Saint-Sauveur ut onda, dans la maison de laquelle il élt:t mort.
Les Souverains Pontifes Grégoire XVI et Pie IX ont accordé beaucoup de privilèges à lin.vlitut , entre lesquels la communication des trésors spirituels des ordres réguliers et les confraternités séculières; des privilèges même des réguliers, entre autres de pouvoir ordonner les élèves de la maison sous le titre de la Mission, tilulo mis$ionis. On 'Tait accordé au serviteur de Dieu l'église (te Saint-Sauveur in onda, ainsi que la maiton qui y était contiguë ; elle a été donnée «n dernier lieu aui prêtres de sa congrégation. On leur a confié la direction de l'hospice ecclésiastique et l'hôpital des prêtres malades, qui est établi dans une partie du local dit des Ont-Prêtres, di Cento Preti.
Voici le but de la pieuse société en généfftl et de la communauté régulière fondée par e serviteur de Dieu André Pailoli en 1835.
Atiociaiion à la pie use société des Missions.
Una til fide* menlium eivietatu-
ctimum. (Oral, bccl.) El fol tumrn wUe et umu nuhr.
(Joan. x, 16.)
U pieuse société des Missions nationales « étrangères fut fondée à Rome en im ,
pour ranimer la foi , pour rallumer la charité des catholiques, pour propager l'une et l'autre parmi les infidèles et les hétérodoxes, pour obtenir la réunion si désirée de toutes les nations et de tous les peuples de l'univers dans l'unique Eglise de Jésus-Christ, sous l'unique, suprême et légitime pasteur le Pontife romain.
Tous les fidèles de l'un ou de l'autro sexe, de toute nation, de tout grade, de toutes conditions, disposés à contribuer par des avantages spirituels ou temporels qu'ils pourront procurer pour atteindre ce but , chacun selon sa position, sont invités à faire partie de cette société.
Cette société pieuse se divise en collégiale et en collective. La première est formée ecclésiastiques séculiers, réunis en communauté sans être liés par des vœux, pour mener une vie commune selon la règle écrite par le serviteur de Dieu, ceux-ci constituent la partie centrale et motrice du pieux institut. La deuxième est composée indistinctement d'ecclésiastiques ou clercs réguliers et séculiers et de laïques des deux sexes, qui s'offrent spontanément et gratuitement pour les œuvres de la pieuse société, de concert avec les prêtres du corps central. Tous les corps moraux des deux sexes, même des ordres religieux et des vœux solennels, peuvent appartenir à cette partie externe.
Il y a trois moyens principaux pour exciter les cœurs a la pratique des vertus évangéliques : l'exercice du saint ministère , la prière et l'aumône. La pieuse société se divise, dans la partio externe, en trois classes : la première, celle des ouvriers; la deuxième, des coopéra leurs spirituels; la troisième, de ceux qui contribuent, en laissant à chacun de choisir la classe qui lui convient. A celle des ouvriers appartiennent, en premier lieu, les clercs séculiers ou réguliers qui se livrent avec les prêtres du corps central aux fonctions du saint ministère; en deuxième lieu, les laïques qui, sous leur direction, remplissent les œuvres de l'apostolat, qui sont compatibles avec leur état et leur condition. I,a classe des coopérateurs spirituels se compose des associés, qui, comme Moïse sur la montagne, travaillent en priant, et qui, par leurs ferventes et continuelles prières, rendent fécondes les fatigues et les efforts des ouvriers évangôliques de la pieuse société. Or, comme tous les fidèles peuvent prier, tous, sans exception, peuvent appartenir à la classe des coopérateurs spirituels. La classe de ceux qui contribuent est formée des associés qui s'appliquent à pourvoir le pieux institut des moyens matériels nécessaires pour le succès de cette œuvre, c'està-dire : 1* on employant les talents, les relations, l'autorité, l'emploi, la profession, l'art, etc., a la fin que se propose la société; 2* en donnant pour les missions et pour le* églises pauvres des objets sacrés ou de dévotion, comme des calices, des ciboire», des ostensoirs, des ornements, des linges,
MCTION.VUKE
des tableaux, des chapelets, «les ro>aires, dos scapulaires, des livres de piété, des images, etc., etc.; en fournissant de l'argent par des aumônes annuelles ou mensuelles ou semestrielles, des aumônes extraordinaires, des bijoux, ou autres objets précieux, ou des habillements , ou des comestibles pour l'entretien des ecclésiastiques du corps central de la société. L'associé ne contracte ni lien lé^al , ni lien moral; il demeure libre de renoncer à tout emploi qu'il aurait accepté et môme de renoncer à la société. Pour qu'il reste uni, il doit rendre le service gratuitement, sans aucun intérêt propre, pour la seule gloire de Dieu et la sanctilication des hommes.
Cette pieuse société travaille sous la protection de Marie Immaculée, Reine des apôtres, et sous la dépendance immédiate du Souverain Pontife et la soumission des ordinaires des lieux. L'associé fait un acte très-agréable à Dieu en s'inscrivant dans cette société, car l'Espril-Saint nous enseigne que la volonté de Dieu est que tous les hommes soient sauvés et éclairés de la lumière do la vérité .(/ Tim. il, V.) Saint Denis l'Aréopagitc observe que parmi toutes les œuvres , la plus divine, la plus sublime, la plus sainte, est celle de coopérer aux desseins de la miséricorde de Dieu pour le salut des âmes. Saint Grégoire ajoute qu'aucun sacrifice n'est plus agréablo à Dieu tout-puissant quo le fcèle pour le salut des âmes, et saint Jean- Chrysosloine observo que celte œuvre est la plus chère au cœur de Dieu. Elle n'est pas seulement très-agréable 5 Dieu, ello est trèsutile à l'associé, parce qu'elle l'aide à meltro en pratique le précepte mutuel de la charité : Dilvjite ultcrutrum.aWe nous fait exercer cette partie de l'apostolat que chacun est obligé d'accomplir en procurant autant qu'il le peut le salut de son prochain : Lnicuinuc tnandavit I*eus de proximo suo [Eccli. xvn, 12) ; empêcher son éternel malheur : Récupéra proximum tuum secundum rirtutem luam. (lîccli. xm, 27.) En troisième lieu, elle mérite la grâce du valut éternel, parce que saint Jacques dit : qu'en procurant le salut de nos frères, nous sauvons noue âme : Qui converti fecerit peccutorcm (tO errorc viœ suœ, saliabit aninium ejus et operict multitudinem peccatorum. (Juc. v, 20.) Lulin elle rend l'associé participant, eu vertu d'une concession apostolique, de toutes les Messes, Offices divins, fonctions du saint ministère, prières, méditations, contemplations, pénitences, mortifications, jeûnes, et de tout autre œuvre de charité et de vertu que pratiquent, en particulier et en commun, les ordres monastiques ou religieux, les clercs réguliers qui sont dans l'Eglise «Je Dieu, en y comprenant les bonnes œuvres des religieuses qui sont soumises a ces divins ordres, et, outre cela, l'associé participe aux innombrables indulgences des ordres ûui ont reçu du Souverain Pontife la faculté ue les communiquer.
Cette pieuse sociétéest établie*» Rotuc, dans l'église de Saint-Sauveur in ondu , rue des
Pettinari, près le pont de Sixte, dans la" quelle est enseveli le serviteur de Dieu fou* dateur, et qui est la résidence du recteur général, comme aussi dans les retraites ou maisons do charité , dans Home et hors de Home, où résident des prêtres du corps, central de celte pieuse société.
PASSIONNIS1ES ( Religieux ).
Notice sur la fondation, sur le développement de la cotu/rc'fjation des Clercs (Wvhaussés de la très-sainte Croix et Passion de Xotre-Sci'jncur Jésus -Christ.
Paul François Daney. surnommé ensuite Paul de la Croix, fut cet homme éminent que Dieu choisit pour fonder la nouvelle congrégation des Clercs déchaussés de la trèssainte Croix et Passion de Notre -Seigneur Jésus-Christ.
Il était issu d'une famille noble de Montfer rat du diocèse d'Aqui, qui faisait alors partie Je la république de Cènes et qui fut la patrie fortunée de ce serviteur de Dieu. Il vint au monde le 3 janvier 169^ ; et sa naissance fut accompagnée de tels prodiges que dès ce moment on put prévoir quelle serait la sainteté de cet enfant, qui à son berceau était prévenu des grâces les plus abondâmes. L'aïeule de Paul Daney et un grand nombre de personnes qui assistèrent à sa naissan. e attestèrent qu'au moment où il venait au monde, l'appartement brilla d'une lumière subite et extraordinaire. Pour se convaincre comment la vie et les œuvres de cet entant extraordinaire correspondirent à ce prodige, on n'a qu'à parcourir la vie de ce serviteur de Dieu écrite par le vénérable Slrambi, uo des disciples les plus illustres de ce célèbre serviteur de Dieu.
Ce saint jeune homme se préparait par l'innocence de sa vie et par les rigueurs delà pénitence à remplir la mission à laquelle la Providenco le destinait. Lorsque le moment fixé dans les desseins do Dieu pour l'accomplissement de cette bonne œuvre, pour la fondation de la congrégation de la très-sainte Croix et Passion, fut arrivé, un jour qu'il était animé d'une plus grande ferveur, Dieu daigna le ravir en esprit, et pendant ce ravissement il lui montra l'habit dont il voulait que fussent revêtus lui et les compagnons qu'il devait appeler auprès de lui. Ceci arriva vers l'an 1790. Le Seigneur lui communiqua en même temps des lumières particulières sur les règles qu'il rédigea dans la suite comme nous lo verrons plus bas. Cei humble serviteur de Dieu, ne voulant agir dans une affaire d'une si grande importante qu'avec la plus grande prudence et après uo examen approfondi, la soumit, avec la franchise et l'ingénuité qui lui étaient naturelles au jugement éclairé et au sage discernement de Mgr Castinara, Barnabilc, alors évèque d'Alexandrie en Piémont, que le saint jeune homme avait choisi depuis quelque temps pour directeur de son âme. Le savant prélat, très-instruit dans la voie de Dieu, avait déjà compris de combien de dons précteui et <J<-'
crJceseitraordiuaires le Seigneur se plaisait à favoriser cette grande Ame; après avoir adressé à Dieu de ferventes prières et avoir longtemps et sérieusement examiné celte question, il déclara que Paul-François avait été choisi par Dieu pour fonder la congrécjtioo de la très- sainte Croix et Passion de We-Seigneur Jésus- Christ, et aussitôt, «ni le moindre délai, dans la matinée du 22 (membre 1820, Sa Grandeur revêtit Paul de l'habit que Notre -Seigneur avait daigné lui faire connaître par révélation et qui est le même que celui que portent aujourd'hui les religieux Passionuistes, coqui remplit le jeune Paul d'ineffables consolations.
L'babildes Passionnistes consiste dans une tunique de drap de couleur noire et d'un manteau de la même étoffe qui est grossière; la robe et le manteau sont semblables à ceux que portent les clercs réguliers, si ce n'est que l'étoffe est plus commune. Ils portent de plus sur leur habit du côté gauche de la poitrine et suspendu au cou un cœur brodé eo blanc surmonté d'une croix blanche arec l'inscription suivante :
Je$u XPJ Pastio ; pour distinguer les laïques des prêtres, reui-ci les portent sur la tunique et sur le manteau, tandis que les autres ne les portent que sur la tunique. Cette robe est serrée me une ceinture de cuir noir. Entre autres auiiérités , ils n'ont à leur usago que des chemises de laine grossière, l'hiver comme iéié ils ne pouvent avoir quo des sandales f<»ur chaussures; ils portent sur la tête un mourais chapeau; ils jeûnent habituellement trois jours de la semaine outre l'Avent et le Carême; ils couchent sur la paille tout tubillés, et ils ne peuvent quitter leurs vêlements, pour se mettre au lit, que dans le cas <s< maladie grave; ils se lèvent la nuit pour chanter les Matines, et récitent d'ailleurs en «.-tueur, et au temps fixé parles rubriques, ctwaue partie do l'Office canonial. L'amour 'je la perfection , surtout du recueillement et de la prière, leur fait rechercher la solitude; de là \ient que leurs maisons, qui [orient le nom de retraite ( ritiri ) sont établies dans des lieux écartés.
La volonté de Dieu s'étant manifestée d'une minière encore plus évidente à Paul par la décision de son supérieur qui était en même temps le directeur de sa conscience, ce serviteur de Dieu s'appliqua dès ce moment à exposer les règles que le Seigneur se plaint à lui inspirer. Il a avoué à son confesseur et à son directeur qu'il écrivait avec tant de rapidité en les rédigeant, qu'il traçait les lignes avec la même célérité que si quelqu'un les lui avait dictées.
Avant terminé cette œuvre, il fut la soumettre a Mgr Gaslinara sous la dépendance duquel il s était entièrement placé, ne voulant rien entreprendre qu'avec son approbatao. Mais l'humble pasteur n'osant pas se kr a son jugement, après avoir examiné aUVrili veinent ces règles, les soumit h celui «iautres pieux et savants religieux qui y rc-
connurent tous te doigt de Dieu. Ils se réunirent au saint évôque d'Alexandrio pour engager Paul à se rendre à Rome pour solliciter du Saint-Siège l'approbation de sa congrégation et des règles que Dieu lui avait révélées. Dès lors il quitta sa patrie, se rendit à Rome pour exécuter les desseins du Ciel. Esclave de l'obéissance, Paul craignant de s'opposer À la volonté de Dieu , se hAta d'exécuter le projet que les décisions de ses ministres avaient assuré en être l'expression; il se mit donc en route dès le mois de septembre de l'année 1721; mais comme il arrive aux œuvres que le bon Dieu inspire, celle-ci ne rencontra que contradictions. Le refus qu'on opposa à sa demande l'obligea de retourner dans sa patrie sans que ses démarches eussent obtenu aucun succès.
Paul ne se découragea pas cependant; quelque temps après il entreprend de nouveau le voyage de Rome en se faisant accompagner d'un de ses frères ; mais alors cette affaire prit une tournure bien plus favorable. Après quelque séjour dans la ville sainte , ils lurent l'un et l'autre promus au sacerdoce, puis employés à Rome même pendant quelque temps à des exercices do charité envers le prochain; ce fut alors qu'ils obtinrent la permission de se retirer sur le mont Argentaro près de la ville d'Orbitello, péninsule qui appartenait alors au royaume de Naples et qui est aujourd'hui sous la domination de la Toscane ; ce fut là et dans un petit ermitage qu'habitèrent d'abord les deux frères, qui étaient avides de mortifications. Mais ayant obtenu ensuite la permission de réunir des compagnons, et leur nombre augmentant de jour en jour, le serviteur de Dieu mit aussitôt la main à la construction du premier monastère de la congrégation naissante qu'il plaça sur la mémo montagne Argentaro; on en prit possession le li septembre 1737 avec beaucoup de solennité. Le serviteur de Dieu, ayant heureusement obtenu ce premier résultat do ses démarches et de ses sollicitudes, dirigea tous ses efforts pour obtenir du Saint-Siège la confirmation et l'approbation des règles de la société, afin qu'on s'appliquât à les observer plus exactement dans une autre solitude, qui serait mieux appropriée à l'esprit de l'institut et de la règle. Ce ne fut qu'après des efforts longs et persévérants et plusieurs voyages entrepris dans ce but, quo Paul reçut du Seigneur cette consolation et l'objet de ses vœux les plus ardents. Après avoir fait examiner avec maturité ces règles et avoir indiqué les modifications à apporter à quelques articles, Benoît XIV, d'immortelle mémoire, par un rescrit du 15 mai 1741, les approuva avec joie, et le 28 mars 17W>iI fit expédier le bref de celle approbation. Clément XIV approuva et confirma ensuite les même règles, et fit expédier le bref de cette faveur qu il venait d'accorder le 15 novembre de Tannée 1769,; mais ce Souverain Pontife ne voulut pas so contenter de celte approbation, il voulut bien publier une bulle qui commence par ces mots Suprtmi apostolatus,
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