PAS DICTION
datée du 10 novembre de lu même année, pour approuver de Ja manière la plus formelle el a perpétuité la nouvelle congrégation de la très-sainte Croix et l'avion de Notro - Seigneur Jésus - Christ.
L'immortel Pie VI, avant voulu insérer dans les règles quelques modifications i|iie raeeroisseuient du nouvel institut rendait indispensables, et ajouter à la considération et au respect dont les bulles île ses prédécesseurs avaient entouré celte congrégation, accorda aux religieux Passionnistes la bulle Prœclura virtutum exempta, sous la date du 15 septembre 1775.
Enfin le Souverain Pontife Pie VII, dout la mémoire no périra jamais, lors do leur rétablissement après la fuucste Révolution, ne se contenta pas de nommer les Passiounistes les premiers pour reprendre leur saint habit, mais il conlirmael approuva tout ce que ses glorieux prédécesseurs avaient fait en faveur de la congrégation de la très sainto Croix, ainsi que les privilèges qu'ils lui avaient accordés, mais il en ajouta un grand nooobro d'autres.
C'est ainsi quo la congrégation des religieux Passionnistes fut placée par l'autorité apostolique sur des bases solides, qu'elle lit des progrès nlus rapides. Le vénérable fondateur avait établi sur le môme mont Argon* taro une autre maison, un ultro ritiro, dans un emplacement plus salubro, voisin du premier. Il le destina au noviciat qui s'y trouve encore aujourd'hui.
Le vénérable fondateur, qui avait déjà fondé dans la province du patrimoine do Saint-Pierre plusieurs établissements, fut heureux de pouvoir en former aussi dans la province maritime et dans la campagne. Jusqu'alors la congrégation ne possédait dans la ville de Homo qu'un seul hospice, mais le Pape Clément XIV, d'heureuse mémoire, qui la favorisa dans toutes les occasions, leur céda la maison el l'église de Saint-Jean et de Saint-Paul sur lu mont Celius, où le vénérable fondateur li\a depuis sa résidence et réunit une nombreuse communauté; comme on le voii encore aujourd'hui, ce lut là que le bienheureux fondateur termina sa carrière cl mourut en odeur de sainteté; c'est dans la nef gauche de celle basilique qu'on voit son tombeau. Peu après fut introduite la cause du sa béatification; il jouit déjà du litre de Vénérable, on espère qu'il sera bientôt permis de l'appeler Bienheureux. Après la mort du saint fondateur la congrégation ne cessa do prendre de l'accroissement, et comme un arbro d'étendre au loin de nombreux rameaux. On fonda des maisons dans la Marched'Ancône, dans rOmbrie,dans le royaume de Naples; dans les derniers temps dans le duché de Lacques, depuis dans la Toscane, dans les Liais de Gènes. On compte aujourd'hui des religieux Passionnistes en Angleterre, en Belgique, cri France dans le diocèse d'Arras. La congrégation a trois noviciats, un en Italie, un en Belgique, lo troisième en Angleterre. Dans chacune des
iaiiil pas \m
maisons les religieux sont très-nombreux; la plupart s'appliquent à l'élude de la philosophie et de la théologie, ils y consacrent six années, dont deux à la philosophie, trois à la théologie, une à l'éloquence sacrée, à J'élude de l'Ecriture sainte et des SS. PP. Parces fortes éludes ils se rendent capables d'atteindre le but de leur institut. t
Il est temps maintenant d'exposer I utilité de cette congrégation des Passionnistes et les services qu'elle rend à la société et a l'Eglise. Il est hors de doute que le vénérable serviteur de Dieu, le P. Paul de la Croix, en instituant avec tant de peines et de langues celle congrégation, n'a pas eu seulement en vue lo salut de ceux qui voudraient devenir membres de celte société, mai* qu'il s'est proposé surtout la sanctification des Ames, puisqu'au commencement de> règles en général et en tète de chaque règle en particulier, il rappello à ses religieux que lu fm de celte congrégation n est pa> seulement de sauver son Ame, mais aus<>! celle du prochain; c'est pourquoi la vie des Passionnistes est en môme temps active tt contemplative. Les membres qui la composent montrent dans tous leurs actes cette vie apostolique à laquelle ils s'elïorcenl de se former chaque jour.
Quant aux devoirs que la première partie, e'esl-5-diro la vie contemplative, mipose aux religieux de la congrégation de la Passion, il suilit de lire leurs règles pour les connaître, et, pour no parler que d'un seul point, je me contenterai de dire que le* Passionnistes sont lenush l'exacte observance des trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance; ils font de plus un quatrième vœu qui les distinguo des autres religieux, Celui de faire tous leurs etl'orts pour exciter dans les cœurs des fidèles le souvenir dt >z mort do Noire-Seigneur Jôsus-Chri>t; et quoique ce quatrième vœu ne sott point solennel, puisque le vénérable fondateur crut devoir so soumettre au désir du SaiPt- Siége, qui approuva l'institut avec des vaux simples; c'est pourquoi on en n'exige j^s rigoureusement l'observance. Les religieux Passionnistes fent une lu-urc de méditation le matin el une heure le soir, et une deimneuro pendant la nuil; après la récitation de l'Ollico. divin, le silence continuel, l'éioignement du bruit el de la dissipation «lu monde est la vertu qui est propro aux Passionnistes et c'est pour ceïa que le véntroblo Paul de la Croix voulut que les tuoria»lèros fussent, autant que possible, bûlis dans les solitudes, afin que les religieux, sépares des agitations du siècle, pussent jouir plus facilement de U première partie de leur vocation, et qu'après s'être livrés aux fatigué du saint ministère pour la sanctification des âmes, ils eussent l'avantage de se retirée" dans la solitude, de s'y recueillir, des) fortifier et de se rendre plus capables de livrer ensuite aux fonctions de la vie active. Enfin, pour me résumer, je dirai que la d'un Passionnisleestune vie consacrée à un-' rigoureuse pauvreté, à une sévère solitude,
m pas
ce qui les dispose parfaitement a remplir tous les devoirs de la vie contemplative, qui est an des buts de l'institut. Disons quelques mots de l'autre partie de la vie des re- Jigieux Passion nistes.
La vie active que le vénérable fondateur de la congrégation de la Très-Sainte Croix et Passion de Notre-Seigneur Jésns-Christ prescrivit a ses enfants consistait de travailler, autant que leurs forces le leur permettaient, à la sanctification des âmes; c'est pourquoi tous les prôtre3 de la congrégation qui étaient jugés capables de se dévouer au sacré ministère devaient se livrer aux missions, donner les exercices spirituels au clergé, aux séminaristes, aux monastères, aux pensions et à toutes les personnes qui vivent en communauté. Pour remplir cette partie de leur vocation, ces religieux donnaient sans interruption des exercices spirituels à toutes les personnes qui voulaient *e recueillir et faire une retraite pour leur avancement spirituel. Pour correspondre à cette partie spéciale de leur vocation, les prédicateurs évangéliques de la congrégation de la Passion s'efforcent de graver dans le cœur de leurs auditeurs Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié : Jesum Christ&m et hune crucijixum (I Cor. 11, 2); c'est-à-dire d'imprimer dans la mémoire et dans le cœur des fidèles le souvenir de la trèi-sainle Passion de Noire-Seigneur Jésus-Christ, ce qui fait, comme nous l'avons dit, l'objet du quatrième vœu; pour cela ils traitent ce sujet soitdauslesmissions.soitdanslesautresexercicesqu'ilsdonnent.llsenseignenlla méthode pratique pour la méditer, et pour retirer de son crucifix ces trésors de science et de sagesse qu'il renferme. Mais comme tous ne se livrent pas aux fonctions du ministère apostolique, parce que, comme dit l'Apôtre (/ Cor. xii, • seqq.j, tous ne reçoivent pas les mômes dons de Dieu, ceux qui ne se livrent pas à la prédication s'acquittent des devoirs de la vie active dans le sacré tribunal de la pénitence, et reçoivent tous les jours de l'année la multitude des pénitents qui fréquentent leurs églises. Le zèle de ces hommes apostoliques n'a pas été limité par les frontières de I Italie, de la France, de l'Angleterre, de fa Belgique, il s'est étendu jusque chez les infidèles. La congrégation de la Propagande a confié depuis bien des années aux Passionnistes les missions de la Bulgarie et de la Valachie; elle entretient un évôque et huit missionnaires et conserve ce nombre toujours complet. On peut dire à la louange de la Porte-Ottomane qu'elle respecte la liberté des cultes, ce qui permet aux missionnaires Passionnistes, non-seulement de travailler a entretenir la foi et la piété des catholiques qui habitent ces royaumes; mais ils ne désespèrent pas de convertir un jour les musulmans.
Enfin la congrégation de la Passion de Jésus, quoique dans des limites étroites, n'a pss laisse que de réjouir autrement l'Jvglise; elle adonné à l'Eglise plusieurs évoques, entre lesquels nous devons surtout
faire mention du célèbre évôque Strambi, qui fut le troisième supérieur de la congrégation; il naquit à Civitta-Vecchia ; il eutra dans la compagnie lorsqu'il était déjà revôtu du sacerdoce, il fut reçu par le vénérable fondateur lui-môme ; il lut élevé à la dignité épiscopale en 1801 et placé sur le siège' de Macerata et Tolentino, qu'il gouverna pendant vingt-deux ans; à foret* de prières et d'instances auprès du Pape, il finit par obtenir de ce Souverain Pontife de renoncer à son évêclté : une condition lui fut imposée par le Saiut-Pèro, qu'il viendrait habiter son propre palais Quirinal, ce qui fut une marque extraordinaire de l'estime
Bsrticulière qu'il faisait de ce serviteur do ieu. En effet pour avoir une idée de la sagesse, de la prudence, de la science, de la sainteté de cet illustre prélat, il sullit du lire sa Vie écrite par le P. Synagio del Costato de Jésus, religieux de là môme congrégation. L'Eglise, en entreprenant la causo de sa béatification et en le déclarant vénérable, nous apprend ce qu'il fallait penser de sa sainteté. Mgr Vincent-Marie Slrambi mourut le 1" janvier de l'année 182i. Ou voit son tombeau dans l'église de Saint-Jean et de Saint-Paul à côté de celui du fondateur de la congrégation.
11 est bon d'observer que, quoique les religieux de la congrégation île la trèssainte Croix et Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne soient pas liés par des vœux solennels, ils ne sont pas pour cela libres; car le jour môme de leur profession ils font vœu do persévérance dans la congrégation ; par conséquent, à moins d'un motif réel et grave, approuvé par le supérieur général, les Passiounistes ne peuvent quitter la congrégation, ni la congrégation ne peut les exclure ds son sein. Ce qui pourrait surprendre quelques personnes, parce qu'il semble que cette congrégation n'offre pas, de celte manière, la môme stabilité que les autres ordres religieux, mais on doit observer plutôt que c'est là une marque toute particulière do la Providence ; car, par ce moyen, la congrégation a conservé à 1 esprit de I institut la même régularité qu'à l'époque de son établissement. Car s'il arrive que quelques-uns se relâchent et perdenlJ esprit de leur état (comme cela arrive à tous ceux qui ne correspondent pas à la grâce de Dieu), ils quittent l'institut, tandis que ceux qui restent, peuvent alors plus facilement servir le Seigneur dans toute la ferveur do leur cœur.
Le vénérable Paul de la Croix fonda, avant sa mort, un monastère de religieuses de la Passion. Leur vie est en tout semblable à celle des religieux, si ce n'est que la règle admet quelques petites différences dans les choses qui ne conviennent pas à leur sexe. La ville de Cornetto eut la faveur d'ôlre choisie pour recevoir ce monastère (ou retraite) des Filles Passionnistines. La règle leur prescrit de s'appliquer, autant que cela leur est possible, à annoncer à tous Jésus et Jésus crnciûé.Quand il ne leur est pasdouno
DES ORDRES RELIGIEUX
lOol PAS
d'y contribuer autrement , elles doivent adresser au Seigneur des prières ferventes pour obtenir l'efficacité de la parole de ceux, qui vont évangoliser les peuples, et en particulier des religieux, de la très-sainte Croix et Passion de Notre.-Seigneur Jésus-Christ.
Les Passionnistincs portent leuiôinc custume que les religieux ; elles chaulent les OHiees aux mômes heures, consacrent le môme temps a la méditation aux mômes heures du jour et de la nuit; en un mot, les religieuses Passionnislines vivent du môme esprit cl sont en tout conformes aux religieux de la môme congrégation.
Tel est en quelques mots l'institut mie forma et qu'illustra par la pratique des |>lus sublimes vertus le vénérable Paul do la Croix. Comme on l'a vu, le but de cette société des Passionnistes est leur propre sanctification et celle du prochain. Les élèves do cette congrégation, après un an de noviciat, font Jes trois vœux simples de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, auxquels ils ajoutent le vœu do propager la dévotion de la passion de Notre -Seigneur Jésus-Christ, bans ce but, ils donnent des missions, des retraites et d'autres exercices où ils déploient un zèle vraiment apostolique tant au dehors que dans les maisons de leur ordre. Dans Je môme esprit, ils exhortent les tidèles à réciter la couronno des cinq plaies, et leur supérieur général délègue, môme des prêtres séculiers pour bénir et indulgencier ces sortes de chapelets. Les Passionnistes doivent être disposés 5 aller prêcher partout, même parmi les inIHèles.
Ils possèdent aujourd'hui plus de trente maisons, dont onze dans l'Etat romain, deux sur le mont Argcniaro, et une près d'Aqui- Ja, etc.
Pour observer plus strictement la pauvreté, ils n'ont point de revenus, ne vivent que d'aumônes, et ne possèdent absolument rien, si ce n'est en commun.
La maison de retraite Je Saint-Jean et de Saint-Paul qu'ils ont à Home, est située au lieu même où ces deux saints soutinrent le martyre pour Jésus-Christ. Les Passionnistes jouissent à Home, comme dans toute l'Italie, de la plus haute estime. Ils ont une grande réputation de régularité. Leur maison est à Rome, au jugement de Grégoire XVI et de Pie IX, actuellement régnant, un des couventsde la ville sainte où règne le plus de ferveur. Le vœu le plus ardent do ces religieux est de voir l'Angleterre revenir à la religion catholique. Ils prient beaucoup à cette tin avec une grande confiance d'être exaucés ; ils ont môme à cet égard une prédiction de leur vénérable fondateur, qui leur a annoncé le retour de l'Angleterre à l'unité. Ils dirigent en ce moment leurs ell'orts dans ce but. Nous avons entendu, il y a quelques années, le P. lord Penser, qui appartient a une des plus nobles familles d'Angleterre, et devenu membre do la congrégation des Passionnistes, nous l'avons entendu, ce ministre anglican converti, dans l'église de- Notre-Dame des Victoires, devant un nom-
PAS in;,*
breux auditoire, former les vœux les plu, ardents, supplier de la manière la y\m pressante, tous les tidèles, de réciter chaque jour un Ave Maria pour obtenir celle crâ n ace royaume qui porta si longtemps le~m,ai de l'Ile des Saints. Dans une suite d'instructions qu'il donna pour exposer l'état du pretestantisme en Angleterre et l'histoire de s* conversion, ce prêtre, vivement pénétré luimôme do reconnaissance pour la grâce de sa conversion, les terminait par de nouvelle* instances, aûn que tous tissent violence su Ciel pourdissiper les ténèbres qui couvraient encoro sa patrie; ses accents pénétraient ses auditeurs de la plus vive émotion, et leur communiquaient l'ardeur des vœux si légitimes.
Outre l'éminento sainteté, qui rend déji les Passionnistes si rccommandables, ce qui les distinguo encore, c'est la profondeur de leur science. Us ont dans leur sein des théologiens du plus grand mérite et du hommes très-habiles dans toutes les sciences ecclésiastiques ; et c'est ce qui rend ces fervents missionnaires puissants en paroi» et des ouvriers utiles à I Eglise. Aussi voiton beaucoup d'évôques les charger de donner des missions, des retraites, ou des prédications ordinaires dans leurs diocèses, et solliciter des sujets propres à y fonder des maisons de leur ordre.
Espérons que le Seigneur donnera de plus en plus la bénédiction et l'accroissement h cette congrégation; qu'elle remplira touteles vues de son vénérable fondateur, et que celui qui a converti les Juils et les genids par la folie de la croix, ramènera encore à lui un grand nombro de frères égarés, de catholiques tièdes et indifférents, par le ministère d'hommes dévoués à honorer et à faire honorer la Passion do Noire-Seigneur Jésus-Christ, qui est la résurroetiou et li vie.
Pie VII a porié depuis longtemps un décret pour la béatification du vénérable Paul de la Croix et la congrégation des Rites avait tenu deux séances pour approuver U"> miracles opérés par son intercession; le mémo Pape proclama, le 18 lévrier 1821. l'héroïsme des vertus de cet homme apostolique. En 1853, eut lieu la solennité de sa béatilication. Tout fait espérer l'heureu>fi issue de la procédure commencée pour m canonisation.
On a deux Vies du P. Pau! de la Croii, I* première, écrite en 1786, par le P. Vincent- Marie Strambi, Passiounisle, depuis évôque de Macerata et Tolentino, mort a Rouie, eo odeur do sainteté. La deuxième, plus étendue, a été publiée en 1821, par un Père do môme ordre.
On peut voir dans le Bullaire, au n* files Constitutions do Clément XIV, Suprt™ apostolatus, ainsi que les règles de la fongrégation do la Passion au n* 37. On trouvera le bref du môme Pontife, Saltatom Domini. Au n" Ù\ la bulle de Pic VI. fr*- Clara virtulum exempta . au n* i un
DICTIONiNAIIU: