‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 202 sur 323 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

DES ORDRES RELIGIEUX

PAU 10.il

astre bref du mémo Pape commençant par M mois : Po$t eonstitutionem. (1)

PAIX (Co.igregitiofi des rblioibusbs ur SAINT), maison mire à Angouléme (Chartnte).

Mme Irénée-Fanny Rousseau do Magnac, fondatrice et promière supérieure de la coopération des religieuses de Saint-Paul , naquit en 1796, à Lagrange, commune de Torsac, département de Ta Charente. Elle avait reçu du Ciel les plus heureuses disposions : imagination brillante, esprit vif et pénétrant, cœur sensible , Ame dévouée et généreuse. Ces précieuses qualités , développées par une éducation iutelligente , furent rehaussées encore par une piété douce et forte puisée dans les leçons et l« exemples de sa noble famille. Le désir de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse avait grandi avec elle : bien jeune encore elle conûa à sa pieuse mère l'attrait irrésistible de son Ame, et lui demanda la permission de suivre ce qu'elle croyait la taie du ciel. L'humble jeune tille ne pensait iia'i se dévouer tout entière, mais seule, dans uue congrégation déjà florissante : Dieu, <jù l'avait prédestinée à devenir la mère >fuoe nouvelle famille religieuse, opposait ) l'exécution de son projet un obstacle que la piété filiale de la jeune Fanny devait respecter.

Il n'y avait pas, à cette époque, dans la v ie d'Angoulême, do pensionnât dirigé par Oes religieuses. Mlle de Magnac partageait meoaent les regrets de* familles chrétiennes i cet égard. Un jour, que, dans ses méditations ferventes, elle présentait à Dieu m gémissements, et le priait de venir au tecours de ce diocèse déshérité, elle fut inspirée de fonder elle-même une association religieuse pour l'enseignement. Celle pensée sourit à son zèle, mais elle effrayait wn humilité. Une circonstance heureuse, qu'elle regarda comme une manifestation de !a Providence , mit fin à ses incerliludes. Mlle Magnac n'avait contié son projet qu'à Dieu, pour implorer ses lumières, à des guides éclairés et discrets, pour avoir leurs conseils, quand une jeune prolestaute, récemment revenue à la foi de ses pères, vint lui ouvrir son Ame , et faire part des désirs <|te Dieu lui inspirait pour sa gloire. Mlle Darnaud, c'était le nom de la jeune converge» joignait à uue piété et à une instruction solides, le dévouement le nlus généreux et un goût prononcé pour renseignement. Ces deux amies, si bien faites 1 une iour l'autre, s'entendirent bientôt et se réunirent dans la maison dite du Doyenné,

est encoro la maison mère. C'était au ibois d'avril 1822. Mlle de Magnac avait 25 ««s et Mlle Darnaud, 21. Une respectable imitatrice, Mlle do Laporte, tante de Mlle Uarnauri, voulant concourir à cello bonne **uvre, leur céda gratuitement son pensiouu*t. En 1821», Mgr Guigou , qui venait do jreudre possession du siège d Angouléme, distingua bientôt les deux jounes iustilu-

(>) >'o|. à la Ûn du vol., u° 180.

trices , et prit leur établissement sous sa protection. Pendant deux années entières, il voulut étudier et éprouver nar lui-même leur vocation. Le 23 avril 1826 le saint prélat, que les religieuses de Saint-Paul regardent comme leur fondateur , daigna luimême donner l'habit religieuxà Mlles Fanny de Magnac, Anne Darnaud, et à Anne de Lachaumette, qui s'était réunie aux deux premières.

L'association nouvelle prit le nom de saint Paul pour lequel la pieuse fondatrice professait la plus haute admiration et la dévotion la plus grande. Elle fut placée sous la protection spéciale de la sainte Vierge, et sous la dépendance de l'évêque d'An- ;oulêmc, qui en est le supérieur. Le but de a uetite congrégation est l'instruction et 'éducation des personnes du sexe dans les différentes classes de la société.

La fondatrice voulut que chaque religieuse apportât à la communauté unedot assez forte, aGn que l'excédant des revenus du pensionnat pût être employée 'en bonnes œuvres.

Les religieuses de Saint-Paul substituent à leurs noms de famille un nom de religion depuis 1843. Leurs règles et leurs constitutions, calquées sur celles que saint Franois de Sales donna aux religieuses de la Visitation, sont appropriées à leurs fonctions et tendent à leur on faciliter l'accomplissement. La règle ne prescrit ni austérité particulière, ni récitation de l'Office, pour que les religieuses puissent se dévouer tout entières à leurs élèves, et leur consacrer leur temps et leurs forces. Elles font les trois vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté.

Les épreuves qui accompagnent d'ordinaire les œuvres (de Dieu ne manquèrent

Kas à la nouvelle association. La mère de lagnac, écoutant son zèle plutôt que ses forces, entreprit plusieurs œuvres pour le salut des Ames. Outre son pensionnat elle établit deux externats et une école gratuite pour les enfants de la classe ouvrière. Le dimanche elle réunissait les mendiantes et les pauvres vieillards des deux sexes, et leur adressait une instruction familière toujours précédée de la prière et de deux dizaines de chapelet, et suivie d'une petite aumône, qu'elle leur distribuait elle-même, avec des paroles qui en doublaient le prix. Ces travaux excessifs auraient épuisé une santé plus robuste que celle de la mère de Magnac. Mais l'activité de son zèle et l'entraînement de sa charité ne lui permettaient pas de se rendre aux supplications de ses compagnes qui, voyant avec anxiété son affaiblissement progressif, la conjuraient de prendre du repos. Le 6 avril 1830, à l'Age de 33 ans cinq mois et quelques jours, elle rendit son Ame à Dieu, ha peu d'années elle avait rempli une longue carrière : ses derniers moments furent consolés par tous les secours de la religion que Mgr l'évêque d'Angoulême lui prodigua lui-même : sa mort , sainte comme sa vie, fut précieuse aux yeux de Dieu et des hommes.

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