‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 205 sur 323 · PEU · texte numérisé non relu

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qui produisit la plus solide perfection de la vie civile et chrétienne ; et si le monde à celte époqne devint fou d'amour, comme on le lit dans les poésies de saint François, on le dut au zèle brûlant du fondateur du tiers ordre qui avait rallumé un si grand feu sur la terre, et le mouvement fut si universel, surtout en Italie, que Je célèbre Pierre des Vignes, chancelier de l'empereur Frédéric, en prit ombrage et s'en plaignit à son mat- Ire. 11 craignait pour l'autorité de l'empereur si les peuples d'Italie embrassaient les pratiques de cette dévotion. Tout le monde, hommes et femmes accouraient pour se ranger sous la règle de saint François, riches, pauvres, etc., les faibles comme les puissants, les hommes detoulecondition.il n y en avait aucun qui ne voulût marcher sous cette bannière. En regardant comme des tendances politiques l'enthousiasme que le tiers ordre de saint François excitait par le sentiment religieux dans les masses catholiques, Pierre des Vignes se trompait comme tous les hommes qui veulent juger de la religion par la sagesse humaine, et, à bien considérer, cette agitation universelle des esprits était une régénération sociale qui s'opérait : le monde se transformait sous l'influence toute puissante du christianisme. Knûn l'ardent amour de la pauvreté qui brûlait le cœur divin de saint François d'Assise, se répandait dans celui de tous ceux qui le voyaient si rempli, et qui étaient saisis d'admiration en voyant ses enfants marcher sur ses traces. François d'Assise était inondé de joie au milieu des souffrances, des humiliations et des tribulations, parce que ce sont là les sources de la gloire et de l'amour pur. Il fut si vif à cette époque, que de l'habitation modeste du peuple, il pénétra dans les palais. Saint Louis, roi de France, n'alla-t-il pas,

Rieds nus, recevoir la couronne d'épines du édempleur? Et deux fois ne fut-il pas en Afrique, sous l'étendard de la croix, pour combattre les infidèles? Enfin cette soif d'une vie meilleure porta d'autres monarques, empereurs et reines, à déposer leurs couronnes, a renoncer & tous leurs plaisirs et à se revêtir d'habits de pénitence.

Nous nommerons surtout sainte Elisabeth de Hongrie, dont la vie fut remplie de tant d'héroïques vertus que tous les antres personnages loués dans l'histoire , ne sont auprès d'elle que de pâles figures, commo on peut s'en convaincre par la lecture de sa Vie, publiée par M. le comte de Montalembert, surtout la partie où il traite do l'institution du tiers ordre. Voulez-vous donc connaître la grande régénération qui s'opéra alors dans le monde, admirez le mouvement catholique dans les sciences et dans les arts qui se manifesta partout et qui fut une période glorieuse pour l'histoire des nations. Nous ne nommons que Roger-Bacon, le docteur Séraphiquc, Duns Scott. Le premier ressuscita les sciences naturelles, en les purifiant et en les ennoblissant sous l'influence de l'esprit religieux. Les deux autres rétablirent la philosophie et la sublime

DES ORDRES RELIGIEUX

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théologie mère et patronne de toutes les sciences.

La poésie, expression certaine de l'état moral et civil de la société, après la promulgation du liersordredeSainl-Francois, devint si populaire et si universelle que toute l'Europe .semblait élre devenue une vaste ollicine où le feu divin de l'amour produisait tous les jours de nouveaux chefs-d'œuvre où l'on chantait toujours messirc Jésus et Mme la sainte Vierge. Cet enthousiasme poétique se répandit en France, en Allemagne et surtout en Italie. Quand co mouvement d'amour séraphique n'aurait produit que le Dante et Pétrarque, les enfants de l'Italie devraient élever un monument do reconnaissance à l'ordre de Saint-François.

Que dirons-nous de la peinture, do la sculpture, de l'architecture? Co fut après la dilfusion de l'esprit de saint François dans lous les ordres de la société qu'apparurent Ihs plus beaux monuments de celle ère de foi et d'amour. Quel délicieux chef-d'œuvre, pour no citer qu'un exemple, que sainte Marie de l'Epine et leCampo Sanclo à Pise, édiliec unique en son genre et d'une gloire immortelle, et la nouvel lo cathédrale de Pise, qui devait surpasser toutes les autres si elle eût élé terminée. Dans ces deux villes on vit alors paraître Nicolas de Piso avec toulo sa famille d'artistes qui fonda cette école de sculpture qui donna une âme a la pierre et produisit l'œuvre merveilleuse de Sainte-Croix à Florence. Guinto do Pise, Gui de Sienne, annoncèrent pour la peinture cette école grave qui s'accrut et se perfectionna dans Cimmabué elGiotlo. Le premier fut porlé en triomphe, à Florence; sa salutation anyéliquc se voit encoro aujourd'hui dans l'église des Scrviles. Les Frères mineurs ne se contentèrent pas d'influencer les arts, ils mirent eux-mômes la main à ces arts sublimes, nés pour représenter sur la terre les beautés insaisissables du ciel. A partir de co moment les artistes n'eurent plus d'autres inspirations que le Séraphin d'Assise. Ces artistes, comme s'ils avaient trouvé le secret de leur supériorité dans les prodigieux développements de l'amour, s'appliquèrent à l'envi a représenter on loutes manières, en pointure et en sculpture, el la Vie de François d'Assise el de sa Mlle aînée, Claire, auprès do celle de Jésus et de Marie sa divine mère. Aussi tous les peintres les plus célèbres de ce siècle el du .siècle suivant allèrent payer à saint François d'Assise le tribut de leur admiration, en ornant de leurs peintures la basilique, née m si peu de temps comme par enchantement.

Ce fut là que naquit l'école d'Ombric, qui dans Perugin el dans Raphaël. Sanzio, loucha à l'apogée de l'esthétique chrétien ne, comme si Dieu avait voulu accorder le privilège et la couronne des arts, le plus bel ornement de l'humanité el de ce monde, à celte terre, d'où ou lui avait adressé les plus fervenles prières el les plus généreux sacrilices.

îNAIRE PCT \m

Par cet exposé, nous avons voulu vencer Tordre séraphique des injustices el des injures dont il a été souvent l'objet «le la part des mondains et des ignorants. Nous voulions rappeler les bienfaits signalés que les Frères mineurs ont apportés au monde, afin d'allumer en Kurope le désir de vouloir encore expérimenter leur snlulaire influence. On ne peut se dissimuler que le besoin en est grand, nous pourrions dire exlrême. Les vices qui dominent aujourd'hui la menacent d'une nouvelle catastrophe. Le grand remède et même l'unique remède à opposer a co torrent nous parail êlre, comme dans jle moyen âge, de guérir l'orgueil par l'humilité, la mollesse par l'austérité d* la rie, le désir immodéré des richesses et des plaisirs sensuels par l'amour et le spectacle de Ii pauvreté, le désir ardent de l'amour de Dieu; la révolte de la volonté, l'amour de l'indépendance, par la soumission à une volonté suprême et pleine de sagesse ; et enfin l umour eflïôué du monde, par l'amour, p&r le désir des biens célestes. Nous sommes persuadé que les enfants de saint Français d'Assise sont aussi aptes que tous les autres religieux h remplir cette mission, car ils n'ont pas dégénéré de l'esprit tle leur Père ot de leurs illustres ancêtres du un* et du xiv1 siècle.

PERE- ETERNEL (Religieuses di).

Celte maison fondée à Vannes, dans la seconde moitié du xvu'sièclc, par Mlle Jeanne de Quéler de Monteville, avait pour objet principal l'adoration perpétuelle du Saini- Saerement. Ce ne fut d'abord qu'une communauté séculière a laquelle M. Dik^ouges évèque do Vannes, donna un règlement en 1701. Plus tard elle fut érigée en monastère sous la règle de Saint-Augustin. Ce couvent était le seul en Bretagne où l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement fut établie, rt il n'était cependant d'aucun ordre; il ne subsiste plus. Le local est aujourd'hui occupé par les dames de la Charité de sautf Louis.

PETITES -SOEURS DE MAKIE, d 6W«chard, du diocèse de Béarnais.

La communauté des Petites-Sœurs de \\\lie-Immaculée, fondée depuis peu d'anuée* dans la paroisse de Gaudechard. diocèse de Reauvais, vient d'être reconnue comm* congrégation à supérieure générale psr uo décret impérial en dale du 9 janvier 1856, inséré au bulletin des lois. Placée spécial mcnl sous le patronage de la Mère de Dteu, immaculée dans sa conception.

Celte congrégation a pour but l'de donner, surtout aux enfants pauvres, une éducation chrétienne.

2° De prémunir contre de nombreui dangers, de maintenir daus les principes ri> gieux, et de faire vivre par le travail " icunes personnes indigentes et les oiyii'liiics, en les recueillant daus un pi*-1 asile.

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3* D'ouvrir enfin une retraile aux demoiselles ou veuves délaissées et sans fortune.

PETITES- SOEURS DES PAUVRES (Congrégatios des), maison mère à Rennes.

Les œuvres de Dieu sont pleines de merveilles; elles confondent la raison; elles lui montrent ses faiblesses et révèlent les procédés inconcevables dont use la Providence en faveur des desseins qu'elle adopte.

L'histoire de la fondation des divers instituts de prière et de charité que l'Eglise a vus éclore est aussi pleine d'enseignements que d'intérêt : la main de Dieu s'y manifeste clairement, on peut suivre son action, travaillant au rebours de la sagesse humaine, dans la bassesse et l'humilité, et choisissant, comme le plus solide fondement des œuvres les plus éclatantes, l'abjection et l'anéantissement. Le bras de la Providence n'est point raccourci ; notre siècle voit les mômes merveilles que les siècles précédents. L'œuvre des Petites-Sœurs des pauvres, comme toutes les œuvres de Dieu, est née petitement; elle s'est développée et se maintient sans autres ressources que celles que lui ménage la Providence. Dans toutes ses contradictions et ses nécessités, elle n'a pas eu d'autre secours que la prière. Avec cet appui, elle trouve à employer surabondamment le zèle de charité qu'elle développe parmi ses membres. C'est à Saint- Servan que l'œuvre des Petites-Sœurs a commencé.

Saint-Servan est une petite ville de Bretagne, en face de Saint-Malo, sur le bord de l'Océan, dont un bras, laissé à sec deux fois par jour, sépare les deux cités. La population des côtes gagne sa vie et exerce son industrie sur la mer, et on attribue aux fureurs de cet élément le grand nombre de vieilles femmes veuves et sans ressources qu'on rencontre dans la Bretagne. Elles n'ont d'autres moyens d'existence que la mendicité, et participent à tous les vices qu'elle enfante. Beaucoup d'entre elles rappellent ces pauvres dont parlait déjà à saint François de Sales la bonne Anne-Jacqueline Cosle : ils prennent l'aumône sans savoir que c'est Dieu qui la donne; ils vivent dans un état de vagabondage déplorable, hantent les portes des églises sans jamais y entrer et sans rien connaître des mystères qui s'y célèbrent ; ils s'adonnent à tous les vices, vivent et meurent dans une ignorance absolue des choses du salut. Le souci de ces pauvres âmes qui engageait la bonne lourière du premier monastère de la Visitation d'Annecy, à parier hardiment au bienheureux évêque de Genève, et à lui indiquer les mesures à prendre pour le bien de cette nombreuse portion de son troupeau, le souci de ces pauvres âmes délaissées, aveugles, éloignées de Dieu et dans un état de misère religieuse cent fois plus à plaindre que la "'isere physique, qui leur attire au moins des aumônes; ce souci pressait, il y a une douzaine d'années, un vicaire de la paroisse d« Saint-Servan. 11 ne nous est pas permis

d'entrer dans les détails de la vie de ce prôtre. C'était déjà une vie adonnée à Dieu et aux saints exercices de la charité, une vie dévouée, dont le zèle ne s'arrêtait pas devant les obstacles. Le dénûment des âmes sur lesquelles il s'apitoyait était complet Saint-Servan ne possédait pas d'hospice, pas môme de ces hospices gouvernés par nos administrations civiles, où les vieillards reçoivent un asile et sont censés trouver aussi les secours spirituels qui leur sont nécessaires.

Le pauvre vicaire n'avait devant lui aucune des ressources indispensables pour louer un de ces établissements; mais il pouvait communiquer à certaines Ames la compassion dont il était pénétré. La Providence se chargea de lui désigner celles auxquelles il devait s'adresser. Une jeune fille de sa paroisse, qui n'avait pas coutume de s'adresser à lui, se trouva un jour à son confessionnal sans avoir jamais pu expliquer pourquoi et comment elle y était entrée. Le prêtre reconnut tout de suilo une Ame propre au dessein qu'il méditait. De son côté, en écoutant les avis du prêtre auquel elle avait été conduite pour ainsi dire malgré elle, cette ieune ûlle ressentit cette foi et celle consolation que Dieu donne aux Ames soumises à sa direction et à sa volonté. Elle avait depuis lors tout le désir d'être religieuse; elle était ouvrière et n'avait d'autre moyen d'existence que le travail de ses mains. Le prêtre la confirma dans ses intentions, et commença à entrevoir à réaliser quelque jour son désir de soulager les pauvres vieillards. Il avait déjà remarqué parmi les Ames qu'il dirigeait une autre jeune fille, orpheline, et de même condition que la première. Il les engagea à se lier ensemble, et sans rien leur communiquer encore de son projet, les assura que Dieu les voulait l'une et l'autre entièrement à lui et qu'elles le serviraient dans la vocation religieuse; il les encouragea à se préparer à cet honneur et à s'essayer à vaincre en ellesmêmes tous les penchants de la nature. Les deux enfants, on peut leur donner ce nom (l'aînée n'avait pas dix-huit ans, la seconde en avait à peine seize), les deux enfants se mirent généreusement à l'œuvre. L'abbé leur avait dit qu'elles serviraient Dieu dans la même communauté, elles le croyaient sans rnchercher autre chose. Il avait dit à la plus jeune do considérer l'aînée comme sa supérieure et sa mère. Elles travaillaient chacune de leur côté durant la semaine et se réunissaient le dimanche. Avant que l'abbé leur eût recommandé de se lier, elles ne se connaissaient pas. A partir de ce jour, elles se trouvaient unies par un de ces liens puissants et aimables, que la Providence crée entre les âmes qui lui appartiennent, et dont les frivoles amitiés des hommes du monde ne peuvent faire comprendre la douceur et la forcé.

Tous les dimanches, après la Messe paroissiale, ces deux enfants, évitant les compagnies et les distractions, s'en allaient sur

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les bonis de In mer. Elles avaient adopté un certain creux de rocher; elles s'y menaient h l'abri et y passaient leur après-midi a .s'entretenir de Dieu et à se rendre compte l une a l'autre de leur intérieur et des infractions qu'elles pouvaient avoircommisesà ce petit règlement de vie (pie l'abbé leur avait donné. Elles s'entretenaient de la sorte et tout simplement a cet exercice de la vie religieuse qu'on appelle la conférence spirituelle. Elles s'entretenaient de leur rôpic et s'appliquaient h en pénétrer l'esprit. I ne pbra.se les arrêtait, et elles ne pouvaient en pénétrer le sens : « Nous aimerons surtout.» y était-il dit, «à agir avec douceur et bonté envers les pauvres vieillards infirmes et malades, nous ne leur refuserons pas nos soins toutefois quand l'occasion s'en présentera, car nous devons nous donner bien de g.irde de nous ingérer en ce qui ne nous regarde point. » Elles pesaient tous ces mots sans (jue rien leur apprit le dessein de celui qu on pouvait déjà appeler leur père. Il en usait avec elles comme avait fait saint François de Sales à l'égard de sainte Chantai, leur parlant de leur vocation, leur proposant certaines communautés, changeant ensuite d'avis, les engageant Maire des démarches où il savait qu'elles seraient rebutées, exerçant enfin leur patience et ployant leur esprit par toutes les manières possibles pendant près de deux ans. Vers les derniers mois de ce temps d'épreuve, il s'était ouvert à elles un peu davantage et leur avait recommandé do prendre soin d'une vieille aveugle de leur voisinage. Les enfants obéirent et employèrent tous leurs loisirs autour de celte pauvre intirme; elles ta soulageaient selon leur petit pouvoir, disposant en sa faveur de leurs économies, faisant son ménage, la conduisant à la Messe le dimanche, enfin, remplissant auprès d'elle tous les olliccs que la charité pouvait leur inspirer. Cependant la Providence accommoda bientôt les choses do manière à ce qu'on pût procéder à un petit commencement de Pieuvre, dont on n'avait encore qu'une si faible esquisse. Elle mit ?ur le chemin des deux jeunes filles une ancienne servante, dont le nom est aujourd'hui connu de toute la France. Jeanne Jugun avait quarante-huit ans; elle possédait une petite somme d'environ U00 iï\; elle suffisait par son travail au surplus do ses besoins ; elle vivait seule; on s'associa avec elle, et .Marie-Thérèse, qui était orpheline, s'installa dans sa mansarde. Marie-Augustine vint y passer tout le temps dont elle pouvait disposer, mais elle resta dans sa famille.

On ne voulait pas publier qu'on allait fonder un institut nouveau, et les trois nouvelles sœurs l'ignoraient à peu près encore elles-mêmes. Leur Père leur avait recommandé de se livrer entièrement h la divine Providence, de se confier à elle de toutes i-lioses et de s'inquiéter seulement d'aimer Dieu, de lo servir de toute leur âme et de se dévouer au salut et au soulagement du prochain et des vieillards. Les enfants le fai-

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saient joyeusement; elles avaient prié Dieu de bénir leur entreprise et de regarder ave. miséricorde leur essai de vie commune.

D'ailleurs, en s'élablissant dans la mansarde, Marie-Thérèse n'y vint pas seule; elle amena avec elle Noire-Seigneur, présent et vivant dans la personne de ses pauvre». Le jour de la lètc de Sainte-Thérèse. 18*0, on installa dans la petite chambre de Jeanne la pauvre aveugle de quatre-vingts ans qu'on soignait depuis plusieurs mois. Marie-Augustine et Marie-Thérèse apportèrent sur leur bras celle chère infirme, et In bénédiction de Dieu entra avec elle dans le nouveau ménage. Il y avait encore une autre petite place dans le logement, on y mil bientôt une seconde vieille. La maison se trouva alors complète. Hien n'était changé d'ailleurs aux allures des personnages qui l'habitaient. Jeanne lilail, Marie-Au^ustme et Marie-Thérèse travaillaient à leur coulure ou à leur lingerie, interrompant leurs travaux pour soigner les deux infirmes et leur rendre tous les devoirs de tilles pieuses envers leurs mères, soulageant leurs maui, éclairant leur foi, animant, soutenant et réchauffant leur piété. Le vicaire, que nous pouvons bien déjà appeler le fondateur et le Père , aidait de tout ce qu'il pouvait à Ja petite communauté, et avec la grâce de Dieu on se sullisait. Ce n'était pas tout que de suffire, il fallait encore se développer. Une quatrième servante des pauvres s'était unie aux trois premières; elle était malade et sur le point de mourir; comme aux anciens jours, elle voulut mourir consacrée à Di«u et parmi les servantes des pauvres. Elle s* fil transporter dans la mansarde et v guérit Elle laissa h Dieu celte vie qu'elle lui awii olferle et qu'il lui avait rendue, elle se voua au service des infirmes et des vieiliaMi Mais le soulagement de deux vieilles femmes ne pouvait pas être tout le fruit que l'Eflli» devait tirer pour la gloire de Dieu du dévouement de ces généreuses filles.

On resta dans la mansarde environ dit mois; c'était le temps d'essai; le terni s 'le noviciat, pour ainsi dire. Peul-élre ataii-"» espéré que ce dévouement exciterait bientôt un généreux concours et attirerait desressources qui permettraient d'étendre l'autre et d'ouvrir un asde à un plus grand nombre de vieillards. Peul-élro aussi n'avait-oo }>i< regardé au delà du commencement que non venons de raconter. Toujours est-il qw. *' on attendait un secours humain, on résolut do s'en passer; et si on avait borné ses désirs au spectacle si beau et si consolante ce qui se passait dans la mansarde, oa w s'en contenta plus désormais. Quand on * donne à Dieu, il faut se donner tout enter, le sacrifice a des saveurs auxquelles I* Ames qui les ont une fois goûlées ne f*3vent plus se soustraire; elles veulent , * rf jusqu'au bout, taisant ce qui dépend dei''^ et laissant aux autres le soin de concourt:, si bon leur semble, aux œuvres que Dau leur a une fois indiquées.

Dans les conseils delà mansarde on n*-

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