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et pourvue de tout ce qui était nécessaire. La même année on fonda une autre maison à Besançon. En 1850, de nouveaux établissements furent fondés à Angers, a Bordeaux, h Nancy, à Rouen. La première fois que les Petites - Sœurs parurent sur le marché à Rouen, elles firent presque une émeute; chacun les appelait, se précipitait vers elles et voulait leur apporter son offrande; la police fut obligée d'intervenir, en réglant que les bonnes sœurs feraient le tour du marché, afin que chacun pût leur remettre à son tour l'aumône qu'il avait préparée, et un jour des marchands se plaignirent à la supérieure de la quêteuse qui ne venait pas vers eux aussi souvent que vers les autres. Dans une ville où tous leurs efforts et ceux de leurs amis les plus dévoués restaient à peu près stériles pour les faire connaître, le bon Père ne se rendant pas compte de l'obstacle, réfléchi, pria, consulta Dieu» et prit enfin sa résolution. Je vais prendre, dit-il, le plus de pauvres que je pourrai : d'après ses ordres, la supérieure en prit trente en quinze jours, dès ce moment les ressources abondèrent. Avant de propager davantage l'institut, le bon P. Le Pailleur aurait voulu travailler à fortifier l'esprit des sujets aptes à maintenir partout la discipline ardenle et dévouée des premières Mères; c'était prudent, mais la Providence a des raisonnements qui ne sont pas pires que ceux des hommes; on voyait se former et se développer rapidement les sœurs destinées à conduire les maisons. Los postulantes étaient toujours eu grand nombre » les novices avançaient rapidement dans la vie religieuse et parmi les anciennes sœurs, celles qui devaient devenir les Mères se distinguaient à mesure que les sollicitations devenaient plus pressantes.
Le 15 janvier 1850, deux religieuses de cette nouvelle famille qui manquait aux innombrables œuvres do charité, soutenues par l'inépuisable trésor do leur foi, furent fonder une maison de !enr ordre à Bordeaux. Leur ressource temporelle se composaitd'une pièce de 5 fr., que chacune d'elles possédait. A peine arrivées, ces deux saintes filles, deux anges de la terre, se mettent a !a recherche d'un local ; il le leur faut spacieux, aéré; elles parcourent les divers quartiers saus succès; elles arrivent devant le château du Diable ; on aurait dit une maison vouée à une démolition prochaine. Cet abandon avait été |>rovoquô par une terreur panique; le vulgaire le croyait habité par des fautomes effrayants. Les Petites-Sœurs qui apprennent ces rumeurs épouvantables n'en sont pas effrayées; elles sont habituées ù combattre le démon sous toutes les formes et à le vaincre; elles passent un bail; des réparations urgentes sont immédiatement faites et une humble croix, symbole d'intarissable charité et d'amour infini, apprit aux passants que ce lieu jadis de terreur imaginaire, était devenu un refuge assuitS de paix et «le repos.
La fondation d'uu hôpital est toujours une