‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 209 sur 323 · SAUTE P1.T · texte numérisé non relu

SAUTE P1.T

par Son Euiinenco Mgr !e cardinal-archevêque de Lyon, qui y prononça une admirable allocution ; cotte solennité fut honoiée de la présence de AL le maire, de mesMem s et de dames en. grand nombre. La pierre lut posée, les Lyonnais se chargèrent de continuer l'édifice. Ce jour-là il y eut trente-huit réceptions ; à la lin du mois il y en eut cinquante-trois, fin mars soixante-quinze, lin avril quatre-vingt-quatorze.

Comment les ressources affluèrent-elles chez les Petites-Sœurs à Lyon? de la mênu.manière que dans tous les aulres éiablisscments. Les Petites-Sœurs reçoivent tout, parce que leur industrieuse chari'.é leur fait tirer parti de tout : vieilles bardes, vieux linges, meubles antiques, fauteuils manchots, chaises boiteuses, et quelquefois aussi du neuf; de même qu'à Houen el dans quelques autres grandes villes elles se font suivre par un Ane, qui est aussi un don do la charité, et qui porte dans des paniers le» diverses offrandes récoltées sur la roule. Les sœurs quêteuses s'arrêtent aux portas des établissements publics et sur les marchés aux légumes; la sympathie générale les accompagne presque partout.

L'esprit de pauvreté est toujours admirablement conservé chez les Petites-Sœurs; elles ont une, toute petite chapelle que les dons particuliers enrichissent chaque juur de quelques ornements simples. Ce qui domine même cet admirable amour de la pauvreté, c'esl leur confiance sans borne, sans exclure cependant les règles de la prudenre elle se traduit au dehors par toutes leurs paroles, dans tous leurs actes, dans leurs plus pressants besoins. Elles ne sont m découragées, ni impatientes ; elles prieni avec ferveur, elles s adressent directement à Dieu, elles s'ellorcent d'arriver à lui par le cœur de ceux qui leur sont chers. C'e^t surtout la sainte Vierge qui est leur intermédiaire auprès de son divin Fils; après elle, les patrons de l'institution Saiut-Jose{ ii et Saint-Augu>lin. Pour l'admission dans leur maison, elles n'ont pas égard aux recommandations ni au tour d'inscription, elles réservent les droits aux plus granies misères, au plus entier abandon; leurs premiers soins sont pour les pauvres souffrau:* et les plus délaissés.

En 1832, les Petites-Sœurs des paums achetaient une maison très-vaste, bien telle, bien distribuée pour un hospice levant contenir plus dequatrt* cents pauvre»; plus de deux cents étaient installés. Nu!.'e part qu'à Lyon, celle œuvre ne fut nueui comprise. Les hautes classes oui donné Urgeincul, le commerce s'est signalé avec cet-' générosité qui lui esl habituelle, les ouvriers même leur ont apporté leurs offrandes, plusieurs corporations leur apportèrent eur utile concours; Sou Eminence le cardinal-archevêquo avait donné l'exemple [jr l'offrande d'une somme considérable.

tilels de la charité furent jetés, et la péïJ< • généralement abondante , fui quelque^ merveilleuse; les militaires ne fureut i*>

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les derniers à aller leur porter leurs offrandes; elle devint régulière et journalière Uni que le *>2* tint garnison dans celte ville. Rien n'est attendrissant et édiûant comme le détail de ces actes de générosité et de dénuement qu'elles reçoivent journellement.

In Tondeur, connu par la beauté de ses centres donna une cloche ; son frère, fâché de <t laisser devancer, envoya un billet de 200 fr., les menuisiers fournirent les bancs, les boulangers s'engagèrent à donner quelques livres de pain par semaine, un excellent plâtrier fit réparer les dortoirs, laissés par les militaires qui les avaient habités, «Jans un triste état, et envoya son compte acquitté.

D'où peut venir une si grande sympathie? sinon do ce que Ses Petites-Sœurs des pau- Tres sont réellement petites par l'humilité, rar la modestie, par le zèle, la charité, la douceur, le dévouement et le don entier d'elles-mêmes. Cette puissance de la douceur, qui fait ainsi réussir les Petites-Sœurs tu dehors, fait sentir son heureuse influence *ur les vieillards qu'elles adoptent comme •les frères dont Jésus-Christ leur confie la garde et l'entretien. Les hospices des Petitessaurs ne cherchent pas à thésauriser ; quand les besoins du lendemain sont assurés, les quêteuses interrompent les courses pour recommencer le jour suivant. Sous le toit tulélaire des Petites-Sœurs, une surveillance intelligente procure l'aisance aux vieillards. L'ordre et la propreté remplacent le luxe; les aliments sont préparés avec un soin minutieux; leur nourriture est saine et suf- 6<ante. L'attentive prévoyance des bonnes *œ;;rs a trouvé divers moyens ingénieux de créer pour les vieillards valides un travail qui leur sert de distraction et qui est en luéme temps utile et profitable à l'hospice.

Pour se conformer à la volonté de Dieu, si clairement manifestée par le nombre toujours croissants de sujets et par leurs rapides i rogrès dans l'acquisition des vertus et des «jualités propres àleur vocation, le P. Le Paill«ur consentit à fonder un deuxième établissement à Paris, sur les sollicitations do la 10* légion, en faveur des vieillards du 10* arrondissement. Les offres furent acceptées, et on s'installa à la rue du Regard, et le P. supérieur apporta pour tout mobilier une statue de la sainte Vierge, une image de saint Joseph et une autre de saint Augustin ; il plaça la statue sur la cheminée, attacha les gravures à la muraille, se mit a genoux, récita un P*tcr et un Ave avec les sœurs et leur •dressa quelques paroles d'encouragement.

Sept mois après, 150 vieillards habitaient cette maison.

Déjà l'on traitait d'une nouvelle fondation hors de France; le cardinal Wiseman demandait des sœurs avec instance, mais aucune des sœurs ne savait lire, n'entendait l'anglais; on n'osa refuser cependant, le Engage de la charité ne s'ontend-il pas partout? On partit, on s'installa dans un faubourg, puis dans le centre de Londres, où ou les appela les filles du Pape, ce qui

n'empêche pas les sœurs d'être aimées et respectées. Les petits enfants surtout se laissent aller à l'attrait de leur bonne grâce; ils subissent naïvement l'influence de cette vertu qui rayonne autour des âmes du Seigneur. Ils courent après les Petites-Sœurs, les entourent et leur baisent les mains. Elles accueillent les vieillards sans distinction de religion. Le cardinal-archevêque est plein de bonté pour elles et les visite souvent. Elles suivent la même manière de vivre qu'à Saint-Servan. La quatorzième maison fut établie à Laval, ou les Petites-Sœurs des pauvres furent appelées par l'administration hospitalière. Sans rononcer cependant au glorieux privilège d'édifier sur les seules promesses de la Providence, elles arrivèrent quelque temps après à Lyon où rien n'avait été préparé d'avance. Comme è Tours et à Rennes, un ami dévoué s'était trouvé heureux de leur donner asile pour quelques jours. Dans la ville des aumônes, au milieu des ouvriers et des fabricants, leur établissement prit un accroissement rapide et obtint des résultats aussi prompts qu'à Rouen et Bordeaux.

La congrégation des Petites-Sœurs des pauvresse compose aujourd'hui de près de trois cents filles : Qui pense h s'occuper de ce que font trois cents filles, destinées par leur naissance et leur éducation à être des servantes dans nos maisons ou de simples ouvrières en broderie ou en couture? La sagesse humaine ne saurait trouver a employer de si cbetifs et de si fragiles instruments. La providence de Dieu ne les dédaigne pas; elle éclate au milieu de celte faiblesse, et semble, de nos jours surtout, prendre plaisir à s'y manifester. Ce Dieu aimable et tout-puissant se complaît avec les humbles et les petits; et tandis qu'on propose, qu'on discute et qu'on essaye k grands frais des projets insensés et ridicules de soulagement des pauvres, il charge ses trois cents filles de nourrir h elles seules, de consoler et de soulager plus efficacement que ne sauraient le faire toutes les lois et toutes les administrations du monde, quinze cents vieillards en Fiance. Toute la merveille est la : les autres détails sont superflus.

Voilé ce que peut produire dans une Ame sacerdotale une seule étincelle de la charité divine. Réchauffées et unies sous ses rayonnements, les Petites-Sœurs ne s'emploient pas seulement au service des hommes, si misérables qu'ils soient, c'e>t Dieu lui-même qu'elles servent; elles lui donnent, dans la personne de ses pauvres, le soulagement que, selon la tradition, la sainte Véroniquo lui rendit autrefois sur le chemin du Calvaire. Il était alors l'opprobre des hommes un objet de dégoût et de honte pour la nature entière ; conspué, couvert de sueur et de crachat, la sainte lui essuya le visage avec un linge. On sait comment son action fut merveilleusement récompensée, et aucun Chrétien n'a jamais pu songer sans admiration et sans envie à cette gloire do Véront-

DES ORDRES RELIGIEUX. PET

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que. Ce que relit- sainte forum f an emplissait sur le « lieiniu du Calvaire pour Jésus îïéi,his>ant sous sa croix, les p. liles-Su'Ui s «les pauvres l'accomplissent au joud'hui, et l'admiration ne <k»vr;iit pas être nnundro. {Clles s'approchent du visage de Jésus-Christ souiïiant, «le Jésus pauvre, dépouillé, outragé, insulté, rebuté et méprisé; elles essuient eette faee «livine avec une grande miséricorde et un grand amour. I.a sainte, autrefois, pour accomplir >oti acte «l'amour ;i l'égard du divin Maître, eut tout à braver, les huées «Je la failo, les violences des sol- «lats, et ce mépris universel dans lequel s'était changé le triomphe «lu jour des Haineau\; ce mépris si puissant et si fort, qu'il avait forcé les disciples à fuir, et saint Pierre à renier son Maître. Les Petites-So-urs des pauvres ont à vaincre aujourd'hui la sagesse du monde et les désirs de la nature; elles lui font violence et marchent au rebours «le ses inclinations, f.o n'est pas tout «pie de vaincre la répugnance pour ces vieillards sordides cl repoussants, couverts d'infirmités dégoûtantes, il faut soi-même, en dehors >!es soins a donner à ces pauvres créatures, où la foi des sœurs leur fait démêler les traits divins du Sauveur, il faut s'abn uvor d'humiliation et de pauvreté, d'une pauvreté si extrême, que tout ce que nous en avons «lit n'en peut «humer une idée a ceux «p.ii n'ont pas été admis a en péru-lror le mystère.

Tout manque en cITcl, tout manque à la

MOTIONNAI KG

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fois dans

les maisons

Petites-Sœurs

après avoir triomphé «l'une délicalesse légitime à l'égard «le « elle ii Mirriture c<"Kiq-«»éc • le débris ramassés «le toutes parts, il faut a chaque instant manquer encore «les meubles les plus usuels et les plus nécessaires a la vie. Ce ne -ont pas seulement les lits, les paillasses, les draps, dont on peut être privé un laps «le temps plus ou moins long au commencement «les fondations. Des maisons établies depuis longtemps, et pour lesquelles la charité pubb«jue, quoique toujours active, n'a peut-être plus ces empres- .semeuls de premiers jours, quand personne n'ignorait la pénurie oe toutes dn^cs où >Ltronva enl les pauvres sœurs; des maisons établies depuis longtemps sonl encore aujourd'liui entièrement dépourvues «le chaises, par exemple; les vieiilanls «n ont chacun nue, mais les »,eur> «Pu veut s'en passer. Celle absence est a se/ générale «Ians leurs maisons pour «pù-lles aient put'uit pris l'habitude de x'tt .scuir mir leurs /««-/"/.s. C'est volontiers «Ians «elle posture liuurdiée, «■l avec «les cœurs plus rabaissés encore, qu'elles écoutent h-s instructions du Père et les avis «le leur Mère dans la salle de communauté. L'n jiur, un Jésuite visitait une dejeurs maison-, il entra dans le réfectoire aû moment où la communauté allait se mettre à table. Au lieu de verres, les Meurs avaient «les lasses de t«>u<e dimension, do* pots à coulitures, des pots à nioniar«le, le •oui ébrécho, cassé; cl «unis un tel él.'d. que l- |.o;i père invita le ptciuiçi de s, s péui-

lenls qui lui tomba sous la main, à frire porter immédiatement une douzaine «Je verres à l'asile «les vieillards. Nous erurr:t;s «Ians ces détails ; ils indiquent tout un ».r :i e de faits (pie nous n'avons fait qu'entrevoir. Car.il faut découvrir ou deviner « es besoins les Pet i les- sVuu rs se gardent «le les avouer, elles quêtent et reçoivent avec rci^nnrussance, mais elles ne demandent rien pou: elles-mêmes; elles craignent d'abuser «le h bienveillance qu'on leur ténmigne et tr<r> vent toujours <pi'«tn fait l:op pour elles tt beaucoup plus qu'elles ne méritent.

Au milieu de ce «lénûinent, qu'il faut imaginer aussi grand et aussi complet que l'ossible, nous avons déjà insiste sur îo bonheur et la joie innocente des Pctdos- Sœnrs La joie vient de l'âme, elle naît «Ir.ns les replis de la conscience. Qui fioul dinde quelle ivresse sublime et tranquille lut é<lairé<' et transportée sainte Véronique, lorsqu'elle reconnut sur le linge l'empreinte du visage «lu Sauveur! Nos sœurs éprouvent la mêiue allégresse, lorsqu'elles voient reparaître cette divine empreinte dans mues confiées à leurs soins. Kilos ne >■ blasent pas sur celte émotion; chaque vieillard qui retourne à Dieu est pour ces grains cœurs l'occasion d'une fête. Cette fête se renouvelle souvent, et rien n'est néglige pour qu'elle soit tout à fait lég tune. D'iwl'ilude, dans les maisons nouvellement fondées, lorsqu'il y a déjà un petit nombre '-ic pauvres, on prêche une retraite. Ses fru;t> snflisonl à former un noyau de bonnes gor> bien dévoués au bmi Dieu, et qui exercent ensuite à leur tour une sorte de propagande sur les compagnes (jue la providence «le Dion leur adresse. H ion n'égale la joie de e s pauvres créatures réconciliées; elles cabrassent les sœurs en pleurant et en <b!tsiiit. et ne savent comment exprimer l«vir bonheur et leur reconnaissance. Il v a soixante et quinze ans que je ne me sin< approchée de Dieu, disait l'une, et je v. i> le recevons demain !

Pas un des hôtes de ces maisons léni'< ne saurait résister à cette grâce de la elwraé que Dieu leur réservait au bout de toutes h s épreuves de leur triste carrière. Ils comprennent bien celle miséricorde, et ils célèbrent. Après sa confession, un pauvre barbier, qu'un rhumatisme sur les doigts avait réduit à la misère, en le rendant in* a- I able d'exercer son étal, regardait ses pauvres mains infirmes; et comme on lui demandait ce qu'il considérait si attentivement : Je regarde le doigt de Dieu, répuK- «hl-il!

N'est-ce pas un miracle que de voir L'ait lie malheureux, tant de vieillards perdus vu es, heureux, contents et consulé>?La .r.^'i •Je Dieu est là en olfet, rien de triste «b-'is ses pieux nsiles; partout, au milieu d'une propreté charmante, la paix et la joie règnr-ot en ces lieux. Les pauvres créatures s'ïiMmlueiil à aimer cl à goû:«.r Dieu; elles pret*reul leur l ; en heureuse éternité, et odes]* ; «-gardent approcher avec une inaï'.éni V

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