‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 211 sur 323 · PIE IX · texte numérisé non relu

PIE IX

Pour en perpétuer la mémoire.

« La nature de l'esprit et du cœur de l'homme étant tels qu'ils sont puissamment encouragés par l'attente des honneurs et des louanges à pratiquer la vertu et la justice, à cultiver les beaux-arts, à accomplir des actions d'éclat, les Souverains Pontifes nos prédécesseurs ont sagement institué des ordros de chevalerie pour récompenser tons ceux qui s'étaient distingués par les services qu'ils avaient rendus à la religion et au gouvernement de l'Etal,' et pour exciter dans les autres le désir d'imiter ces illustres modèles.

« C'est pour atteindre ce but que, par nos lettres apostoliques du 17 juin de l'an 1847, nous avons créé un ordre de chevalerie appelé Piane de nuire nom, et que nous l'avons divisé en deux degrés, dont l'un concerne les chevaliers de première classe et l'autre de deuxième classe, en faisant jouir exclusivement ceux île première classe du droit de transférer à leurs enfants leur titre de noblesse. Par ces mômes lettres apostoliques, nous avons établi une décoralion en or particulière à cet ordre, qui a la forme d'une étoile divisée en huit rayons, couleur de bleu de ciel, portant au milieu une petite médaille blanche avec ces mots en lettres d'or : Pu s IX. Celle médaille, entourée d'un cercle d'or, porte en lettres azurées cette inscription : A la rertu et au mérite, et dans la partie opposée de la médaille : Année 18V7. Nous avons aussi réglé que les chovaliors de première classe popte-

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raient, suspendue au cou, celte décoration Uxée à un ruban de soie bleu do ciel , ayant à son bord deux lignes rouges, et que les chevaliers de deuxième classe porteraient, selon l'usage ordinaire des chevaliers , celte même décoration , d'une plus petite dimension, suspendue à un ruban semblable sur le côté gauche de l'habit.

« Nous avons également déterminé la qualité d'habillement propre aux chevaliers, de couleur bleu de ciel, avec des bords rouges et d'antres ornements en or. Nous avons accordé en môme temps aux chevaliers de première classe le privilège de porter, sur le côté gauche de la poitrine, une grande médaille en argent semblable à la décoration, eu déclarant qu'aucun des chevaliers ne pourrait user de ce privilège sans notre permission expresse, en nous réservant & nous et aux Souverains Pontifes nos successeurs le droit de choisir les chevaliers, et d'accorder à ceux de première classe la faculté de porter In médaille d'argent dont nous venons de parler. Déjà nous avons statué et arrêté, par ces mêmes lettres apostoliques, que tous ceux qui seront nommés chevaliers de première classe doivent user du droit de porter cette grande médaille d'argent sur le côté gauche delà poitrine, et que ces mêmes chevaliers ne portent plus la décoration comme elle leur avait été précédemment accordée, mais qu'étant attachée à un long ruban de soie de couleur azurée , ayant à ses bords deux lignes rouges bien distinctes, elle soit fixée à l'épaule droite. Nous voulons que les hommes illustres que nous avons nommés chevaliers de l'ordre de Pie IX avec le privilège de porter exclusivement ladite médaille d'argent, puissent I orier et portent l'autre décoration de cet tjrdre , comme nous l'ordonnons par nos lettres apostoliques. Les chevaliers de l'ordre de Pie IX pourront aussi porter h l'avenir la grande médaille d'argent ornée de pierres précieuses , avec notre autorisation expresse ou avec celle de nos successeurs, autorisation indispensable pour jouir de cette faculté.

« Nous arrêtons toutes ces choses , nous les accordons nonobstant, tout ce qu'on pourrait faire de contraire , nos lettres apostoliques du 17 juin 1847 exceptées , Auxquelles nous voulons conserver toute leur force dans tout ce qui n'est pas contraire aux présentes lettres.

« Fait à Gaëte, sous l'anneau du pêcheur, le 7 janvier 1849. >»

POLYCARPE (Bénédictins réformés de l'abbaye SAINT-).

Notice sur Vabbé de Lafite-Maria, réforma teur de ctttt maison.

Quoique la réforme de Saint-Polycarpc ail eu peu de retentissement et peu de du rée, l'époque à laquelle elle a eu lieu, son genre austère , sa fin tragique demandent cependant qu'on lui consacre un article étendu. Dieu choisit , pour raineuer la régularité dans celte maison , un jeune cedé-

*AIRE POL m

siastique nommé Henri -Antoine de Lalite- Maria, né h Pau, de parents nobles, nui» malheureusement engagés dans l'hérésie d* Calvin. Il avait étudié le droit è Paris. Il n'était encore qu'acolyte et âgé de vingt ans,

Îuand le roi, par un brevet du 2fc décembre 705 , le nomma abbé commendataire de Saint-Polycarpe. Il se prépara au sacerdoce par une retraite de cinq ou six semaines. En arrivant h son abbaye , il trouva l'hôtel abbatial si délabré, que, ne pouvant y loger , il fut obligé à se mettre en pension chez les Doctrinaires de Limoux , d'où il venait les dimanches et fêles a Saint-Polycarpe, pour y assister h l'Office divin. Les religieux, qui étaient de la congrégation dite des Exempts, vivaient dans un relâchement scandaleux. La douleur qu'en repentit Laiite-Maria lui fit penser qu'il était véritablement chargé d y remédier; il résolut dès lors d'établir la réforme; mais s'il était d'un caractère à ne jamais s'ébranler à b vue des obstacles qui s'opposaient a ce qu'il croyait de son devoir et qu'il avait arrêté devant Dieu , néanmoins son zèle n'était m amer, ni précipité. Jamais homme n'eut dans un plus haut degré que lui le don de tempérer la rigueur des préceptes de la morale par l'aménité de ses discours et la douceur de ses manières. Il alla consulter U Charles-Nicolas Taffoureau , évêque d'Aleth , ville voisine de Saint-Polycarpe. Par les avis de ce prélat, il commeuça par donner l'exemple d'une vio chrétienne, ecclésiastique et pénitente. Pour ne point effaroucher les esprits en leur montrant tout d'un coup où il voulait les amener, il essaya d'abord , dans des conversations familières, de troubler le repos de leur conscience, qni les laissait tranquilles à l'ombre de leur agrégation avec les Exempts. Il prouvait par les bulles des Papes qu'en érigeant la congrégation des Exempts, c'était une vra* réforme et non une mitigalion qu'ils avaient eu l'intention d'établir. D'autres fois, il 1'* rappelait à leurs propres engagements, pn> h la face du ciel et de la terre, de réfonM leur conduite suivant la règle de Suni-Benoll. Enfin il invoquait les principes généraux de la vie monastique consignés diw toutes les règles et dans les décrets de reformation du concile de Trente. H insi«U'1 particulièrement sur le vice de propriété ► dont les religieux n'avaient aucun scrupule, vivant chacun dans son particulier ri jouissant du revenu de leurs bénéltces.

La possession privée n'était pas la w abus qui se trouvât à Saint-Polycarpe eMui lît gémir le vertueux abbé. Il [W** aux religieux un règlement de vie, <\a > sans être austère, ii aurait pas laissé * la ire prendre une nouvelle face è la ma*» et de la rendre digno d'une société det*** et pieux ecclésiastiques. C'était ssns do»t? un acheminement à la grande réforme méditait. Toute la journée devait être r*' lagée entre l'office divin et l'oraison octale, de bonnes lectures en public el taf*r' ticulier, un travail un |>eu pénible,

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