‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 212 sur 323 · S POL 1>ES ORDRE · texte numérisé non relu

S POL 1>ES ORDRE

utile; la lecture pendant le repas qui devait être frugal. Le temps , le sujet des entretiens, la manière de s'y comporter, tout était marqué avec beaucoup de sagesse , et de manière à rendre les conversations utiles et édifiantes. Ces règlements furent écrits : rien de plus doux , de plus charitable et de plus humble que la manière dont le pieux abbé s'y exprimait pour les faire agréer à ses religieux. Mais ces religieux n étaient pas ceux que Dieu avait choisis pour réformer la maison ; l'abbé ne tarda pas à s'en apercevoir. Il n'eut pas plutôt déclaré ses intentions, qu'elles furent unanimement traversées, et ses règlements rejetés 8T6C le dernier mépris. Ces enfants révoltés couronnèrent ainsi les dédains avec lesquels ils avaient recueilli les remontrances d'un père qui ne cherchait que leur avantage. Cette opposition peut être regardée comme un coup de la Providence eu faveur de la réforme de Saint-Poly carpe; car si les règlements eussent été acceptés et mis en pratique, il y a tout lieu de croire que les religieux, persuadés qu'ils en faisaient assez |our l'acquit de leur conscience, n'auraient i as voulu dans la suite s'engager h une réforme plus étroite, qu'ils auraient refusée arec une sorte de raison. L'obstination de ces religieux fut un coup décisif pour l'établissement d'une réforme réelle. Huit ans s'étaient écoulés depuis la rentrée de l'abbé de Maria à Saint-Polycarpe sans qu'il eût rien gagné sur eux. Le refus net et précis qu'il venait d'essuyer lui fil penser qu'il '■lait temps de faire parler l'autorité et d'employer les remèdes les plus forts. Sur une requête qu'i ! sollicita du |>arlement de Toulouse, l'union de son monastère a la congrégation des Exempts fut cassée par un arrii.de l'an 1713. Cet acte lit rentrer la communauté sous la juridiction immédiate de l'archevêque de Narbonne, qui alors était M. le Joux de la Berchère; il semble qu'il eût fallu aussi l'intervention de l'autorité pontificale pour cette rupture, mais on n'en l«arlo point dans l'histoire de Saint-Polycarpe. M. Maria avait pensé d'abord à faire veuir deux religieux de Sept-Fons pour rétablir et maintenir la régularité; l'archevêque de Narbonne, qu'il avait consulté, ne croyait pas la chose possible, vu que deux religieux des Sept-Fons consentiraient peut- ôue avec peine a venir dans une communauté peu nombreuse, et surtout parce que cette communauté n'était pas de leur ordre. Il lui conseilla de plutôt appeler de Toulouse ou seulement consulter les religieux de la cougrégatiou de Saint-Maur. L'abbé de Maria portail ses vues plus haut et méditait une observance plus austère. Ce fut alors quil annonça aux siens cl leur déclara nettement qu'il était résolu à faire revivre dans la maison l'observance de la règle de Saint- Benoit par une exacte réforme. C'était annoncer une vie toute nouvelle, basée sur la pratique de la perfection évangélique, dans une grande austérité. L'abbé s'arma de courage et de résolution pour atteindre

RELIGIEUX. POL tO?l>

son but. Cotte résolution ne fut pas plutôt rendue publique qu'elle devint pour les étrangers une odeur de vie et pour les enfants de la maison une odeur de mort. Kn même temps qu'on accourai-t des environs pour entrer dans celte nouvelle carrière, les anciens religieux, glacés à l'idée de réforme, prirent honteusement la fuite. Ils étaient peu nombreux; c'était le prévôt, l'infirmier, le sacristain et un quatrième simple clerc; un autre ancien proies s'était déjft agrégé aux Bénédictins de Saint-Maur, à Toulouse. Un seul , le prieur , nommé dom Charrière, témoigna quelque bonne volonté. L'abbé qui avait fondé sur lui des espérances, lui conféra l'office claustral de la prévolé et le chargea de la Jonction importante de maître des novices. Ainsi commença, en 1713, la réforme de la maison do Saint-Polycarpe, dont il faut faire connaître l'origine, la situation, etc. Son histoire se lie h celle de la réforme et de son abbé.

Quoique située à deux lieues de la ville d'AIcth et à une de Limoux, dans le pays de Aazès, l'abbaye de Saint-Polycarpe est du diocèso de Narbonne. Sou établissement fournit des détails édifiants. Elle doit son origine aux difficultés sans nombre que les Chrétiens d'Espagne éprouvaient sous la domination des Sarrasins, établis depuis plus d'un siècle dans ces provinces. Vers J'an 810, un riche Espagnol, nommé Atlale, passa en France avec un grand nombre de serfs et d'affranchis , pour y former un établissement. Il élait accompagné d'un aulro Espagnol, nommé Agobard, qu'il ne fju| l«s confondre avec l'Espagnol du même nom, archevôque de Lyon. Atlale pénétra jusqu'en Seplimanie, au pays de Razès, et parvint à la vallée dont nous avons parlé. 11 y jeta les fondements du monaslère de Saint- Polycarpe, doul il fut premier abbé. Atlale , savait que, pour lui surtout, l'autorisation du prince était nécessaire. Il alla donc trouver Charleinagne, qui tenait alors sa cour au palais d'Anûernhac, dans le territoire de Cologne, et qui non-seulement accorda à Atlale ce qu'il demandait, mais aussi ordonna que toutes les églises voisines de Pérélade, alors dans un état déplorable , fussent soumises h la nouvelle abbaye de Saint-Polycarpe. Celte maison devint bien-* tôt nombreuse et fut aussi favorisée par l'empereur Louis le Débonnaire, qui envoya deux commissaires sur les lieux pour régler les bornes de ses possessions; il lut accorda, en outre, plusieurs privilèges.

Malheureusement, cet état heureux ne dura pas. Le relâchement s'introduisit dans sa maison et à sa suite le dépérissement des biens , qui devinrent la proie des seigneurs voisins. L'abba.ye fut réduite, à la lin du xi' siècle , adjugée au monastère de la Grosse et plus tard a l'abbaye d'Aleth , et devint un simple prieuré. Lorsque les commendes furent établies , Saint-Polycarpe fut donné a des abbés comraendalaires; mais elle avait eu auparavant des abbés réguliers et avait repris son titre d'abbaye. Les archs-

nv.w

toi.

IHCTIONSAIIŒ

v^iiio.-. île Narbouue , auxquels elle était soumise, y faisaient de temps en temps des viMte>, qui étaient un 1 : c i n h !a licence où aurait neii entraîner le relâchement des religieux. Ceux -ri , pour se soustraire nppaie titillent à ces vi>iiesF /unirent, de leur autorité privée , à la viiityrryalion des E.i cmj>l.< , vei'.s l'an Hj'iU. L'abbé coinuiendatairc Ue Laîile-. Maria , qui avait de nouveau soumis la maison à la juridiction de l'ordinaire, y mit la h J'uim e eu 171.1, eoinme nous venons «le le il i je. l'u des premiers actes de la non vi

e communauté l'ut de supplier l'archevêque de la décharger des louelions curiales, qui se l'avaient aux grandes léles dans l'église de l'abbaye, et étaient un obstacle au recueillement. Cela leur fut accordé. Peux religieux du prieuré de l'erj ecy, envoyés par l'abbé Ucrrier, rél'oi maicur i!e celte maison, pour aidera rétablir l'ordre dans celle du Sainl-l'ol y carpe , y testèrent peu , n'étant nullement propres à remplir l'objet de leur mission. Le prieur, doiu Charrière, qui avait de l'alliait pour h- ut j liislère de la conlession , qu'il avait exercé avec quelque succès à Lhmuix, voulait continuel de' l'exercer à Saint-LNjly carpe , à l'égard d-s étrangers qui se présentaient. Ne voyant pas la lou e des raisons de l'abbé , qui lui représentait que cette l'onction élail incompatible avec celle de maître des mixités, et de l'archevêque qui le désapprouvait,>e i et ira à Toulouse, iimy vui<ai:t une pension, et s'y livra sans obstacle à son y.ele dans l'église 'de >ainl - Sei nin jusqu'à sa mort en I72't. Tout le poids retomba donc sur l'abbé de .Maria, qui uuil les oliiees claustraux à la communauté. Ces oliiees claustraux, qui dans l'origine n'étaient que de simples administrations , étaient, par le malheur des temps, devenus des bénetices en titre, possédés par des religieux particuliers, jouissant tics revenus connue d'un bien propre. Ce fut lonjouis un grand obstacle à la réformatiou des monastères. Urbain VIII et Crégoire XV , par des bulles enregistrées au parlement, avaient supprimé les titres de ces oliiees, et uni les revenus a laineuse conventuelle, dans tous les monastères <le France qui embrasseraient la réforme de la congrégation de Saint-.Maur, bien moins austère que celle de Saiul-l'olycarpe. L'abbé de .Maria se crut autorisé par ces bulles à faire lui-mèiue celle union. Ne pouvant néanmoins supprimer les litres à mesure que les oliiees venaient à vaquer, il y nommait des religieux reformés de la maison , en leur faisant promettre qu'ils, laisseraient le revenu à la communauté. L'abbé <:e Itet heraud , sou successeur, se- prêta à cet arrangement, qui subsista jusqu'à l'extinction de la maison.

La réforme gagna beaucoup à ce que l'abbé de Maria eût seul tout le poids de la communauté, parce qu'il ue fut [dus arrête par des cooperaleurs dont ni les vues n'étaient aussi étendues que les siennes, ni les intentions aussi | ures, ni peut-être les lumières aussi profondes. l'eu louché des qualités

extérieures de ceux qui se présentait-»'. . < des avantages qui pouvaient en revenir à communauté, il n'avait égard qu'à leurs J » positions intérieures et aux moiit's de K u entrée. Voila ce qu'il cherchait à comiait; surtout, et ce qui le décidait uniqueuici: pour admettre ou renvoyer les sujets. S historien nous dit qu'ordinairement il i:e s' trompait pas, ayant reçu de Dieu dans u. degré supérieur le don du disccrnni < r des esprits. Ce qu'il exigeait surtout «..• postulants, c'était un grand amour de ) pénitem e et vin ar.ient désir d'aller à Dir par la voie de l'obéissance religieuse liu.'ii i leur expliquait toute l'étendue. Pour f ^ qu'il les v il, chant clanls sur ces deux atti c'e^; pour peu qu'ils témoignassent que i règle de la maison leur paraissait tro,» a.-is tue, il ne les admettait même pas aux éjn.u \es du noviciat. Ucaucoup de candeur et <i> sir.; cnié, avec une confiance sans rest-rvi pour h- supérieur et le maître des noiiu> élaie..t des dispositions également c»ei;lielles, dont le délai, t, ainsi que l'ait;!* liemeut « ses propres pensées, sullba.t pou. être renvoyé dans le monde. Les premier novices répondirent à l'idée que peuves donner d'eux les exigences et les prêtions dont nous venons de parler. Jjoij;», peut-être, réformateur d'ordre, n'eut une ai liante idée de l'esprit de saint Hctioit; jamais, peut-être, réforme monastique ne commença avec tani ue ferveur. .Malheureusement ic nombre do ceux qui persévérèrent fut très-petit. La réforme, d'ailleurs, soutint beaucoup de contradictions. On la trouva trop «lustere, et on traita de folie le «ourage que montrait l'abbé à J'enlrej'rciidre. Les gens du monde trouvaient dans »a conduite delà bizanerie, du rentl)<ju>iû>iie et de la cruauté. Les gens de bien y voyaie,.. de l'excès du zèle, et craignaient que if nouvelles pratiques du monastère Iuïhiii au-dessus des lon.es de la nature. Lcgr.'t: : nombre de ceux qui regardaient eu arne;e après quelques essais, et qui m» reliraient après une légère épreuve du noviciat, donnait une couleur de raison aux cntxjiu> diverses. Il parait même que dans l'intérieur de la maison, il y avait parmi les mu Ko une làvheuse contrariété de vues et lie projets. Les uns se bornaient a l'austérité de u règle; les autres, entraînés par l'idée d'un1 plus haute perfection, voulaient enchérir sur l'observance commune : et soit i-l'autorité dut bel ne parût point assez clinique, ou pour d'autres laisons ignorées, iJ s'élevait îles doutes sur le degré il'ul^isauce et de confiance qu'où lui devait. t > doutes étaient londés, ce nous semble,^"1 a la canonicité, car l'abbé de .Maria ikMH point religieux, mais simplement erclc?^tique séculier cl commendataire. Cet al'e comprit la diîliculté et ue se déioncfii point. Toutes ces dilllcultés ne lireiit \& plus d'impression sur Al. de la Uert here. archevêque de Narbonne, protecteur zele uf la réforme. Ce prélat jugea que c'était à 'ul de les dissiper, à imposer aileuceaui eu:.':--

dictuurs, et à ôler tout prétexte de division. Le moyen qu'il employa fut de revêtir le chef de toute l'autorité dont il était susceptible, et de lui marquer ce que la discrétion permettrait d'accorder au zèle des plus fervents. C'est ce qu'on voit dans une lottro, qu'il lui adressa, en date du 22 mars 1717, cl avec laquelle il lui envoyait les pouvoirs de grand vicaire. Il était allé visiter Saint- Polycarpe quelque temps auparavant. Il était persuadé qu'en qualité d'archevêque, il était le supérieur d'une maison qui lui était soumise, et que par conséquent, il pouvait recevoir les vœux des profôs. Cependant on se demanderait toujours si on peut s'agréger à l'ordre de Saint-benoît ou de tout autre en s'engageant entre les mains de l'ordinaire; les femmes, il est vrai, le fout dans leurs monastères, mais elles ont uno supérieure ou une abbesso, qui reçoit leurs vœux. M. de Maria, qui comprenait aussi Jui-même, sans doute, la force de cette objection, voulait, à l'exemple de l'abbé de Kancé, embrasser lui-même l'état religieux. 11 sollicita l'agrément du roi pour qu'il lui fût permis de tenir sou abbaye en règle, et il l'obtint par un brevet daté du 6 mars 1718. Le bref du Pape contenant la môme permission, n'arriva que deux ans après; mais l'abbé, dans sa position de sauté et pour d'autres raisons, ne se lit point moine. Ses infirmités continuelles , portent les actes capiluldires, et autres obstacles, l'ont empêché malgré lui d'être abbé régulier. Il continua donc de gouverner, moins en vertu de sou litre d'abbé commendataire, qu'eu vertu des pouvoirs qu'il avait reçus de l'archevêque de Narboune, et il eut la consolation de recevoir au noviciat un sujet distingué sous tous les rapports; ce sujet, qui prit le nom Je doui Arsène, avait eu, comme prêtre séculier, des fonctions honorables, et devint un appui solide à la réforme. Bientôt il fut noiumô et reçu claustral. « Des raisons particulières qu'on ne dit pas, obligèrent à en agir ainsi,» portent l'acte capitulaire. Il aida beaucoup l'abbé Maria dans la composition des règlements de la réforme dont je vais donner ici les articles principaux. Elle consistait, à proprement parler, dans l'exacte observance de la règle de Saint-Benoît. Les jours qui n'étaient pas de jeûne, les religieux dînaient à midi et faisaient une légère collation le soir. Dans le temps pascal, la collation était plus forte. Les jours de jeûne d'Eglise, commo les Qualre-Temps et les vigdes, on ne faisait qu'un repas, et ce repas était après None. Eu Carême, il était après Vêpres, et il y avait encore alors cette difiéreiice qu'on n'y buvait point de vin, tous les religieux, au moins les choristes, se portant à s'en priver après en avoir obtenu la permission. On jeûnait encore tous les mercredi et vendredi de chaquo semaine, c'est-à-dire que, ces deux jours , on ne faisait qu'un repas après Noue; ce jeûne avait encore lieu tous les jours, le dimanche excepté, depuis l'Exaltation de la sainte druix, T* septembre, jusqu'en Carême, mo-

ment où commençait le grand jeûne. La nourriture consistait en bouillie, légumes, herbes, pois, racines, mais jamais m œufs, ni poisson, encore moins de la viande, a moins que la maladie d'un frère ne l'exigeât. Hors le temps du Carême et des jeûues d'Eglise, on usait d'un peu de vin et d'huile. Quoique les religieux fussent toujours ensemble, le silence était perpétuel. On se levait à deux heures après minuit, au plus tard, les jours ordinaires, et plus tôt les

i'ours de fêtes, surtout de fêtes solennelles. »endant l'été, on faisait la méridienne, c'est-àdire qu'on prenait une heure de sommeil selon que lo permet la règle. On ne portait que des chemises de serge. On se couchait tout vêtu, sur une paillasse piquée, à huit heures, en été, à sept heures en hiver. On se livrait pendant le jourau travail des mains, par exemple, à bêcher la terre, fairo la lessive, charrier des pierres, ou à faire d'autres ouvrages utiles. Les signes qui remplaçaient la parole ne devaient se faire que dans la nécessité, et môme, pour éviter la dissipation, il était ordonné aux religieux de ne point fixer les regards les uns sur les autres

Voilà l'ensemble de l'observance; j'ajouterai quelques détails, pour mieux l'aire connaître la pratique de cette édifiante réforme. Après Matines, qui se disaient à deux heures, comme je l'ai déjà fait remarquer, les religieux, pendant l'hiver, allaient dans une salle s'occuper, l'espace d'une heure, à 1 étude et à ta méditation des saintes Ecritures, surtout des Psaumes. L'Angelua suivait celle élude, et après V Angélus on disait Laudes, on faisait une demi-heuro d'oraison. Ensuite chaque religieux allait ranger sa cellule, puis faire une lecture particulière au chapitre. Venaient ensuite l'office de Prime, la répétition du chant, ou l'élude des règlements, et enfin la Messe conventuelle, qu'on disait à huit heures. Elle était précédée de l'oraison préparatoire et suivio de l'office de Tierce, après lequel on se rendait au chapitre. 11 me semble qu'il eût été mieux, et plus conforme aux usages monasliques, à l'esprit et à la lellre des rubriques de l'Eglise de dire Tierce avant la Messe, et de tenir le chapitre après Prime ; mais enfin , à Saint-Polycarpe on avait réglé autrement, et il en était à peu près de même aussi chez les Prcmonlrés. Après le chapitre on s'occupait pendant une heure et demie au travail des mains qui était suspendu à midi pour l'Ofiice de Sextc. On se préparait par quelques prières et lectures à l'Office de None, récité à deux heures, et ensuite on allait au réfectoire. Après les grâces terminées à l'église, on se rendait au chapitre pour s'y occuper jusqu'à quatre heures et demie à de saintes lectures particulières et y entendre la lecture publique des saints Pères, sur les saintes Ecritures. A quatre heures trois quarts, oraison de préparation pour Vêpres, après lesquelles on faisait une lecture particulière ou un examen de conscience. A six heures, lec-

DES ORDRES RELIGIEUX

IÛ!>5 roi.

turc publique, une prière à l'église, et Compiles, tjui se disaient après la demi-heure. Les religieux recevaient l'eau bénite en sortant tlu chœur, montaient au dortoir, où, avant dd ic coucher on récitait tous ensemble, ù genoux, et à voix haute, le Symbole des apôtres. Voila comment se passait la journée, mais cet ordre variait selon les temps, car les dimanches, dans! le temps pascal, ainsi que tous les jours où l'on dînait à midi, les exercices avaient une autre suite, et ils étaient différents pour les heures où on devait les acquitter. Ainsi le Dimanche le supérieur faisait une instruction. On taisait deux conférences d'une demiheure, l'une pour les choristes, l'autre plus tard, pour les couvera et l< s donnés. J'ai dit le dimanche, car ces conférences n'avaient point heu aux jours île fête. Ku Carême le travail était plus long. Tous les lundis do l'année on récitait l'olliee des morts (outre quatre anniversaires pour eux chaque année); tous les mercredis, les psaumes graduels; tous les vendredis, les psaumes de la pénitence. Dans le Carême» les religieux demandaient à ajouter à la pénitence commune et ordinaire; il y avait dans le monastère plusieurs des usages établis en d'autres communautés, cl si propres à maintenir la régularité et l'esprit intérieur. Ainsi -on s'accusait personnellement au chapitre, et on y proclamait ses frères. Des règles fort sages dirigeaient ces proclamations qui peuvent devenir une occasion de faute contre la charité, mais qui contribuent si largement au maintien de la régularité. Les frères «onvers n'é'.aient pas vêtus d'habits noirs, comme les choristes, mais leurs habits étaient de couleur brune; leurs observances étaient un peu plus douces que celles des Pères. Ainsi ils ne se levaient qu'à trois heures du matin , et prenaient avant le repas cette petite portion de pain qu'on ap-

1 >el le mixte dans les monastères où l'on suit a règle de Saint-Benoît,

Quand un religieux avait été inhumé, l'abbé, à la tête de ses religieux, allait avec jeux commencer à ouvrir une autre fosse mortuaire, tous y travaillaient un peu, et jusqu'à ce qu'elle fût creusée, chacun allait, à sa dévotion, y travailler en ôUml une pelletée de terre. Le portier disait : JJco yratius, en rece\ant les étrangers ; il se niellait à genoux devant eux en prononçant ce mol Ilenedicite (1) et mi icçevail ainsi le moindre mendiant dans lequel on voyait uno plus grande bénédiction sur le monastère que dans un grand du monde, lorsqu'il venait visiter la maison. Un ne refusait l'aumône à aucun pauvre, mais cet acte de charité se faisait avec discrélion, pour ne pas donner imprudemment

(t) On sait que les étrangers étaient reçus ainsi à la Trappe, el qu'un les cun Jn i>;iît ainsi en silence adorer le maître de la maison, Jc-.us-1'.lirisl dans le bainl-Sacrcmeul, el qu'on leur laisail la lecture de quelques versets du livre de ['Initiation. Mais tlepnis longtemps deja, a la Ci undc-ïruppe, où ou a inodilic beaucoup des usages qu'on voyait dans

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aux vagabonds et fainéants ou coureurs quauraient abusé de la bonté des religion. Tel est le fond do la réforme de Saint-Pohcarpe;tel est l'abrégé des règlements qu'établit l'abbé Latite-Maria, el dont il maintint la pratique en dépit des contradictions des critiques dont j'ai déjà parlé et des difficultés sans nombre qu'il éprouva. L'auloiité diocésaine le soutint après la mort de l'arciievèquo de la llerchère; le chapitre lui continua aussi les pouvoirs de grand vicaire, pendant la vacance du siège de Narbonne. M. de Hoauvcau, nui, après une longue vacance du siège, succéda à M. de la llerchère, lui témoigna aussi beaucoup de bonté, seconda son et lui donna des lettres de vicaire général, à l'exemple de son prédécesseur. La maison de Satnt-Polycarpe avait acquis une grande renommée. Lès étrangers y venaient conduits par une curiosité légitime, quelques-uns, il faut le dire, par sympathie, car on savait qu'il y régnait un certain esprit d'opposition, et les jansénistes regardaien. celte maison comme élant do leur bord.

L'abbé Maria ne jouil pas longtemps du fruit do ses veilles; il mourut le 4 mai 1728, après une longue maladie de dures soutirâmes, supportées avec une patience admirais.

A son convoi, il y eut une foule si extraordinaire, qu'on eut bien de la peine à tenir fermées les portes du monastère pour empêcher que la masse du peuple, qui accourait de toutes parts, ne troublât 1 ordre de la maison. On ferma à clef la porte du chœur, et on n'y laissa entrer que les prêlres, dont le nombre néanmoins fut telquo les religieux eurent beaucoup de peine à se placer. On s'empressait aussi de loucher au corps du vénérable défunt, de l'embrasser. La communauté inhuma son précieux dépôt dans son ciruetière, au pied de la croix du côté de la porte. Peut-on dire que l'abbé de Lalito-Maria fût véritablement janséniste? Voici ma réponse: Il était lié avec beaucoup de gens du parti; il établit dans son monastère des pratiques chères à ce parti et qui sont au moins étranges, et qu'alors on aurait dû abandonner, par exemple, de vouloir que les frères suivissent en entendant la Messe toutes les actions du prêlrcdans leur livre; qu'on ne dit point le Confiteor au moment de la communion, lorsque quelqu'un s'approchait delà sainte table, tous l'ayant dil au commencement de la Messe. Quoiqu'on puisse raisouner d'une manière fondée en principes sur cela, il fallait suivre l'usage commun aduus depuis si longtemps, surtout h celle é|>oque où le diocèse de Maux venait d'être agité pur l'introduction de celte pratique (d'uujdtre le Confiteor) qu'un des anciens ecclésiastique de Uossuel venait de d'insérer dans le

celte maison et aulrcs à l'époque de leur retour, comme dans leurs monastères de W'migraliou, tt probablement aussi en d'autres couvents de Trappistes, on ne reçoit plus, ainsi que ceux a qui <"» veut l'aire lumn. ur, ce qu'ils appellent recevoir ri- (juluitmeiii. Les autres sonl revus sans foçoo.

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