‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 214 sur 323 · DICTIONS A ME · texte numérisé non relu

DICTIONS A ME

DES ORDRES REJUGIEUX.

lédiflerlet habitants de In maison et h gagner leur confiance (1). L'archevêque interrogea wecessi rement et séparément tous les relirieux. Tous, excepté un, le frère Moïse, repèrent de signer le formulaire et montrèrent leur attachement à la secte que tout le pobtic les accusait de suivre. Avant son dél^rt de Limoux, l'archevêque fit dresser un itfocès- verbal de la visite et l'envoya aussitôt en cour. Dès le 30 avril arriva do Marly où était Louis XV, un ordre de Sa Majesté de renvoyer sous huit jours les postulants et novices qui sont à Saint-Polycarpe, et Jéfensede recevoir aucun novice à la profession, aucun étranger en retraite spirituelle jusqu'à nouvel ordre. Cette lettre de cachet fut signifiée par le subdélégué de l'intendant du Languedoc, le 3 juin 1741. Al époque de la signification, il ne restait p.'usde novices de chœur que le frère Marc, dont j'ai parlé ci-dessus; le frère Benjamin 'enail de mourir'; lefrère Bruno et le frère Siméon s'étaient retirés; ce dernier mourut quelque temps après sa sortie. On put regarder le résultat immédiat de cette visite «mine le commencement de la longue agooie de la communauté des réformés de Satnt- Polvcarpe, car elle languit encore quelques fanées avant de s'éteindre tout à fait. Mais eu quel état les passa-t-elle ? Agitée à l'intérieur par les inquiétudes et le peu de consistance qui résultait de celte position anormale ; agttée au dehors par les rapports et les menaces et par les tracasseries aue lui suscitaient deux des religieux qui s étaient soumis, il est vrai, aux volontés de l'archevêque et avaient signé, mais qui avaient tourmenté leurs frères par leur conduite ivant de quitter la maison, et qui depuis iejr départ, les tourmentaient encore par leurs demandes d'argent ou de collation <fun des bénéfices du monastère (l'inflrmenejetqui, il faut en convenir, ne paraissaient pas avoir eu Dieu uniquement en vue «o se soumettant a l'Eglise. Elle devint, "Mile maison de plus en plus chère au parti qui la voyait martyre de la tarife', et était ao objet de scandale et de douleurjpour les g»iude bien. De quel œil ceux-ci pouvaient-ils voir une communauté qui exposait dans son église, des reliques du diacre Puis, de Soanen, etc. î qui écrivait au fameux Caylus.évôquod'Auxerre, le coryphée •îe la secte, au milieu du dernier siècle, pour déposer ses douleurs en sou sein, et adhérer I ses sentiments et sesappels?qui réclamait -les avocats de sou bord des Mémoirtt à tontulter, car ces Mémoire* et ces consultations devinrent une vraie manie dans l'esprit d'insubordination du dernier siècle.

Kn 1755, U communauté, réduite à trois

(1) L'histoire de ta maison ajoute : < Les relif>.oi te trouvèrent confondus, et pour ainsi dire •dipsés dans une foule de personnes, dont la plupart Mat éducation e4 foulant aux pieds toutes les régies lie la bienséance, se répandirent indiscrètement et dans les endroits les plus retirés du Cette maison de silence parut tou: à une tulle ou en uu narclié pu-

moines, écrivit à Mgr de la Rocho-Aymon, qui venait de succéder à Mgr do Crillon sur le siège de Narbonne, pour lui fairo compliment et lui demander sa protection. Ce prélat, qui fut membre de la fameuse commission des réguliers, (2) aurait été, en tout cas, un triste protecteur; et en le cas présent, il n'était guère disposé à favoriser un monastère aussi justement décrié que l'était depuis longtemps Saint-Polycarpe. L'année suivante, 1756, les Lazaristes, directeurs du séminaire de Narbonne , demandèrent au roi la donation au séminaire de la mense conventuelle de l'abbaye Saint-Polycarpe, et la réunion des trois bénéfices des offices claustraux à la mense abbatiale, c'està-dire aux revenus de l'abbé commendataire, qui était alors M. de Saint-Bonet, ecclésiastique soumis à l'Eglise comme M. de Bécheraud, son prédécesseur. Un brevet du roi daté du 17 janvier 1750 permit au syndic du séminaire de Narbonne de poursuivre pardevant le sieur archevéaue , la suppression de la mense conventuelle , et offices claustraux, et sa réunion au séminaire de Narbonne... à condition que les revenus des offices claustraux... seront réunis à la même abbatiale. Les religieux ne voulurent jamais consentir, et avec raison, firent toujours opposition a cette union, que l'hôpital de Limoux aurait voulue aussi à son profit. En 1758, Mgr de la Rocbe-Aymon vint à |l'abbaye faire de vaines tentatives pour amener les moines entêtés à la soumission et à la signature; mais il est probable que quand môme ils auraient montré alors des sentiments catholiques, la suppression du monastère n'en eut pas moins eu lieu, car les procédures étaient tropavancées. Néanmoins les religieux végétèrent encore longtemps. Le prieur dom Jérôme mourut en 1765, le

10 janvier et laissa ses deux fidèles confrères, dom Pierre et frère Arsène, dans une triste position. Ce P. Jérôme était alors âgé de plus de 73 ans; il avait été de la congrégation de la Doctrine chrétienne , congrégation dont plusieurs membres jansénistes tinrent aussi à Saint-Polycarpe et contribuèrent largement è son entêtement dans l'erreur et par conséquent à sa perte. Homme doué de plusieurs belles qualités,

11 eût été fort utile à la réforme et à la communauté, s'il n'avait pas eu le malheur d'être victime d'un jansénisme fanatique dont il doana une dernière preuve, avant de mourir, dans une déclaration bizarre qu'il fit écrire et qu'il appela son testament spirituel L'archevêque de Narbonne l'avaitprivé du droit de confesser les religieux. Après

» sa mort, les choses allèrent toujours plus mal pour l'existence matérielle du monas-

blic... C'est par des visites faites avec aussi peu de décence que plusieurs évéques s'étaient mis anciennement dans le cas de perdre la juridiction •qu'il» avaient sur les monastères de leurs diocèses. »

(2) Qu'on se rappelle ce que j'ai dit de celte trop fau.euse commission, dans V Introduction à ce volume.

D1CTI0NNA1IŒ

1ère, quoique los deux religienxsurvivants, vendredi C juin, dons I ancien couvent des

dom Pierre et le frère Arsène vécussent ton- Prémontrés. Mgr I ôvôque de Soissons, dans

jours avec In môme régularité, se remuant, le but de conserver à son diocèse ce qui

écrivant de tous côtés pour se maintenir, fc«o de celte i lustre abbaye, s en est rendn

espérant contre toute espérance. Ils avaient ' acquéreur, et

es|

trop d'obstacles contre eux sans parler de leurs sentiments erronés. Leur nouvel abbé roramendatairc et M. Coronat, curé de Saint- Polycarpe, procureur fondé de cet abbé, les tracassèrent. Les Lazaristes de Narbonno hâtaient leurs poursuites, faisant un exposé <juc les religieux trouvèrent avec raison basé sur le mensonge, au moinsen certains points, par exemple quand on y disait que les bâtiments de l'abbaye étaient en mauvais étal, quand on arguait du petit nombre de religieux. Singulier prétexte en eu"el;ondit que les religieux ne sonl plus que deux, et on leur défend de recevoir des sujets. Il valait mieux no point biaiser et donner le vérita ble motif. Des lettres patentes , datées à Compiègne du ik août 1771, autorisent l'archevêque de Narbonnc, à procéder a l'union sous certaines réserves, par exemple, d'une pension de 600 livres à clianue religieux de Saint-Polyrarpc , celle d'affecter l'Eglise du monastère a la paroisse Saint- Polycarpo , etc. Ces lettres furent enregistrées au parlement de Toulouse, le 11 septembre de la même année. Les deux religieux pensèrent à se procurer une retraite. Le frère Arsène obtint du roi «le se retirer à l'abbaye de la Grasse, diocèse •le Carcossonne. Les Bénédictins de Saint- Maur, par charité, et disons-lo, par sympathie s'offraient à les prendre chez eux. On avertissait dom Pierre qu'on en voulait à ses jours et que le jardinier du monastère trahissait et volait la maison. Il n'en tint compte, et lo mardi 6 avril 1773, lorsqu'il allait à deux heures après minuit, seul et

y a établi un orphelinat.

Mais là ne s'est pas bornée la pensée du pieux prélat. Poursuivant son œuue de restauration , il avait voulu confier !a direction do cet orphelinat h des religieux allemands de l'ordre des Prémontrés , dont il méditait le rétablissement en France. Celle tentative n'a pas réussi. Mais heureusement il s'est rencontré un vertueux et détoué prélre Cistercien, religieux Je la Trappe de Briquebcc (Manche), qui, de l'avis de îes supérieurs, et avec leur autorisation, a quitté l'ordre de CIteaux, pour se mettre a la disposition do Mgr l'évéque de Soissons.

Le rév. P. Edmond, entre les mains de qui commence la restauration de l'ordre de Prémontré, a été revêtu par le prélat de l'habit de cet ordre, le 6 juin, fêle de Saint- Norbert, qui en fui le premier fondateur, en présence d'un nombre considérable de fidèles, accourus à cette cérémonie. Mgr de Soissons a confirmé dans un mandement la joie que lui inspirait un semblable éiénement.

Nous avons éprouvé aujourd'hui, s'écriet-il, de bien douces, de bien profondes émotions : notre cœur surabondait de joie en célébrant pour la première fois, è Prémontré même, la fête de saint Norbert, fondateur des chanoines réguliers de Prémonlré, et en revêtant de l'habit de cet ordre si célèbre, celui auquel la Providence, par notre entremise, a confié le soin de former, pour la religion comme pour la société, nos cher» orphelins. Il nous semblait que celle soleonité, célébrée au milieu d'un grand concours de nos bien-aimés coopérateurs et de ik!è>< de tout rang, consacrait plus que jamais la résurrection encoro si récente de celte

suivant la règle, dire Matines à l'église , il fut assassiné dans le cloître par le jardinier et trois autres scélérats que le P. Pierre avait gnihque abbaye, et assurait à ces ruines imtoujours secourus. Ces assassins subirent le posâmes une vie que les souvenirs da supplice de la roue. — Ainsi finit cette passé, les impressions du présont et les esaustôre réforme, qui, sous une autre direc- pérances de I avenir concouraient a répare lion, aurait édifié l'Eglise à cette époque de plus parlante encore, la décadence de la vie monastique. Ainsi Nous écrivons ces lignes le 21 juin : pm* fut détruit cet antique monastère, dont les a Dieu que de nombreuses vocations viesreligieux causèrent la ruine par leur con- nent couronner les vœux de Sa Grandeurs duite et leurs sentiments schismatiques , faire renallre do ses cendres un ordre m mais qui , en d'autres temps et avec plus édifia le monde par ses vertus, et qui renaît d'équité, aurait été donné à des moines et d'éminents services à l'Eglise. Puisse Dieu qui, en tout cas, ne devait pas être donné donner l'accroissement à ce grain de seaeaux Lazaristes , lesquels ont été mis, ainsi vé, jeté sur celte terre bénite, que les Oraloriens en possession de plu- PRÉSENTATION (Religibusbs de Sotusieurs anciens monastères , et ont îunsi Damb db la) foaison mèr$ à agrandi le nombre de leurs établissements. (diocèse d9 D'ianel

Histoire de l abbaye de Saint- Poly carpe, depuis sa fondation jusqu'à sa destruction 1779. — Histoire de l ordre de Saint-Benoît, rédigée par ordre des temps, 1785. Ouvrages jansénistes, le 1" do l'abbé lleynaud (ancien frère Marc), !e2'duP. Labat," Bénédictin.

(Dde.)

La communauté de Notre-Dame de la Pré*

PRÉMONTRES (Ordre des).

Une intéressante solennité a eu lieu le

ment par ordonnance royale du 7 juin 18* doit son existence au zèle et aux travaux « plusieurs prêtres vénérables, qui oni plus ou moins contribué h sa direction, fci.e reconnaît cependant pour son principal m-

jjteur M. l'abbé Proal, mort a Digne (1837), «hanoine et supérieur du grand séminaire. Ce fut lui, en effet, qui, après avoir dirigé pendant plusieurs années la société des f«rsonDes pieuses d'où est sortie la congre^ galion, réunit quelques-uns de ses membre! M communauté, dans la ville de Manosque (diocèse de Digne) , le 6 janvier 1818.

Voici quels furent les commencements do cette pieuse associatiou. Kn l'année 1797, un prêtre vénérable, et plein de l'esprit de Dieu, M. Cour bon, que la révolution avait emporté, comme tant d'autres prêtres, en \?Jl, sur la terre étrangère, revint courageusement dans sa patrie, pour y travailler i la gloire de Dieu et au salut des âmes. Il Ma i Manosque, où il vécut caché dans j maison d'une famille chrétienne. La retraite forcée qu'il était obligé de garder, à nuse des malheurs du temps, ne "empêcha pu de donner à son zèle toute l'extension <jue permettait une sage prudence. Non- *ulement il administra les sacrements aux Catholiques qui venaient réclamer les sonars de la religion, mais il chercha de plus jîormer des âmes intérieures exercées à la ; relique de toutes les vertus, et destinées, m leur ferveur, à dédommager un peu le lieu-Sauveur des outrages sanglants qu'il recevait des impies, dans ce temps de désolation. Le 6 janvier 1797 , il organisa dans ce M, au moyen do quelques personnes vertueuses, qu il avait rencontrées dans ce pays, uoe petite société qu'il avait le dessein d attacher idus tard a Dieu par des liens plus intimes. Il considérait cette association comme le germe d'une nouvelle communauté, dans Quelle se continuerait le bien opéré autefoU par les ordres religieux, que l'iml'iété avait dispersés quelques années auparavant. Le temps lui manqua pour la réaliwtion de ce dernier projet. Mgr Yves Des- ■OHff, premier évêque de Digne, après le cvo.:ordat,lui confia la cure de Sénez (1802), « il fut plus tard nommé par Mgr Miolli*. chanoine et supérieur du grand séminaire de Digne (1808). Par suite de ce changement, ildut laisser la direction de ces pieuses Mes à M. l'abbé Arbaud , alors curé de Vil- '«neuve , plus tard directeur du séminaire de b'Kne, et en dernier lieu évêque de Gap.

M. J'abbé Arbaud aida celte petite société <** ses conseils, jusqu'en 1812. A celle époque, M. l'abbé Joseph Proal, ayant été nomné vicaire à la paroisse de Saint-Sauveur, à wnosque , M. Courbon , qui connaissait 1 esprit .intérieur de ce jeune prêlre, le pria >te diriger cette association naissante. M. Proal remplit cette tâche avec un zôle digne 'J* sa rare piélé. Son séjour, fixé à Manos- 1ue, pendant onze ans, lui permit de donner les soins les plus suivis et les plus fructueux à ces vertueuses filles, dont la confite continua d'édifier touto la ville. Quel- «iws-uues d'entre elles, appelées à une vie l 'lus parfaite , se consumaient du désir de Ijwoir servir Dieu, dans la solitude du •'dire. c'eS| pourquoi le jeune vicaire, «eureui do secouder nar ses conseils les

nu. uoe

opérations de la grâce dans ces âmes d'élite, songea sérieusement à exécuter le projet, autrefois conçu par M. Courbon, de doter le diocèse de Digne d'une communauté religieuse.

Le démon, prévoyant tout le bien que pouvait réaliser une telle oeuvre, ne manqua pas de susciter mille obstacles pour en empêcher l'exécution. Le zèle et la prudence de M. Proal , joints è la force de ses prières, vinrent à bout de triompher de toutes les diUicuIlés, de telle sorte que le 6 janvier 1818, il put réunir en communauté six personnes faisant partie de la fervente société. Neuf mois plus tard, plusieurs autres demoiselles, d'une vertu éprouvée, vinrent grossir cette colonie naissante, qui vécut sous l'observance d'un règlement provisoire, donné par M. Proal, en atlendant qu'il eût rédigé des constitutions plus étendues.

Les premières années qui suivirent leur réunion en communauté furent, pour ces pieuses filles, des années d'épreuves. Leur dénûment était complet, et des contradictions sans nombre vinrent se joindre aux privations de toute nature qui accompagnent

Ïresque toujours une fondation nouvelle, ouïes ces croix servirent d'aliment i ces âmes généreuses, bien loin do diminuer leur piété et leur confiance en Dieu. Elles expérimentèrent bientôt que la Providence divino veille d'une manière spéciale sur les âmes de bonne volonté qui, ne cherchant que le Seigneur, lui abandonnent le soin de tout ce qui les intéresse. Contre toutes les prévisions humaines, Dieu bénit l'œuvre de M. Proal. Ce prêlre, plein de vertus et de mérites , appelé à Digne en 1823 , par Mgr Miollis, fut nommé quelques mois plus tard supérieur du grand séminaire de celte ville. Sa nouvelle position l'éloignant de la communauté qu'il venait de fonder, il continua cependant à la diriger, comme Pèro spirituel, par sa correspondance et par ses visites annuelles.

En quittant Manosque, M. Proal confia sa chère communauté aux soins do M. l'abbé J. J. Fouque, natif de Manosque, et vicairo a la paroisse de Saint-Sauveur. Il ne pouvait la laisser en de meilleures mains, puisque M. l'abbé Fouque partageait déjà la sollicitude du Père pour celte maison. Ce digne prêtre, doué d'un cœur dont rien ne lassa le dévouement, se livra tout entier è celte œuvre. Pendant vingt ans, il lui consacra son temps, ses labeurs, ses veilles, ses soins incessants; en un mot, il se sacrifia pour en assurer la prospérité et l'asseoir sur des bases solides et durables. Ce fut M. Fouquo qui obtint l'ordonnance royale par laquelle la communauté des religieuses de Notre- Dame de la Présentation de Manosque fut approuvée par le gouvernement. Ce fut lui encore qui sollicita de la libéralité de Mgr Miollis une partie des ressources nécessaires pour l'achat et l'agrandissement du couvent qu'elles occupent; ce fut lui enfin qui contribua d'une manière spéciale à oiganiser, développer et fairo fleurir le peo-

DES ORDRES RELIGIEUX

1107 iin: DICTH

sionnat qu'elles dirigent. M. l'abbé Fouquc n été Appelé h Digne, en 18V'*, f our y occuper l.i place rJe chanoine titulaire) que son mérito distingué lui a si justement acquise.

La population tJe Lorguos ^Var", ville du diutè-c <lc Frojus, a.\ant sol!i<«iie avec les plus vivt's instnnees la fondation d'une maison «Je l'institut, «les religieuses leur lurent envoyées du couvent <!■ Manosquc; clies s'y établirent en septembre 1837, à la satisfaction des habitants. Cet établissement se fil sous l'autorité toute bienveillante de Mgr Miollis, évôquo de Digne et su; Prieur do la congrégation, et avec l'approbation de Mgr Michel, évêque île Fréjus.

En septembre 1853, la congrégation de Notre-Dame de la Présentation a fondé un nouvel établissement à Lunel (Hérault; , diocèse de Montpellier. Cette fondation, vivement sollicitée par les autorités de cette ville, s'est faite sous les auspices de Mgr Meirieu, supérieur de la congréintion, et sous la haute protection de Mgr ~do Montpellier.

La congrégation de Notre-Dame de la Présentation est gouvernée et présidée sous j'aulorilé spéciale de Mgr l'évoque de Digne, par une supérieure générale résidant à\Manosque. Les religieuses qui vont s'établir dans des diocèses étrangers sont soumises , conformément 5 la discipline de l'Eglise, a l'ordinaire des lieux où se trouvent leurs maisons; elles restent néanmoins toujours sous la dépendance des supérieurs généraux.

La fin de cet institut est : 1' d'ouvrir un «silo aux jeunes personnes qui désirent imiter dans la vie religieuse les vertus de Jésus et de Marie, et de leur fournir les moyens d'atteindre è la perfection île leur saint état; 2* d'établir des pensionnats, des externats et des écoles gratuites, pour donner aux demoiselles de toutes les conditions uno éducation essentiellement chrétienne.

Les religieuses do Notre-Dame de la Présentation gardent la clôture: elles font deux années do noviciat dans la maison mère, avant de prononcer les vœux ordinaires de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et de clôture, selon les règles de Saint-Augustin, et les constitutions particulières que M. Proal leur a données. Elles ne font d'abord ces vœux que pour trois ans. Elles passent encore ces trois années au noviciat , et co n'est qu'après cinq ans d'épreuve qu'elles font des vœux perpétuels et reçoivent la croix pectorale, comme marque de leur profession.

Pour s'entretenir dans la piété, et avancer chaque jour davantage dans la voie étroite de la perfection chrétienne, les religieuses de Noire-Dame de la Présentation font tous les jours deux heures d'oraison, deux examens do conscience, une demi -heure de lecture spirituelle, et récitent en chœur le chapelet ot lo petit Office de la sainte Vierge. Sans gèner leur attrait pour la pénit-nce, leur sainte règle ne leur prescrit pic l'absti-

XURE PRE r.<«

nence pour le mercredi, et le jeûne pour tous les vendredis de faDnée. Le silence, la pnèro et l'oubli de soi-même doivent être ratiqués d'une manière spéciale par les reigieuses de cet institut.

Ces mots. Dieu seul, que M. Proal a donnés pour devise à celle congrégation, résument parfaitement l'esprit de >acnlice qui la dirige oans l'accomplissement de l'œuvre quelle t.Vhe d'accomplir pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Hotiee hi*torique sur M. ràbbi J.-J. Proal, fondateur oe la congrégation de JWrt- Dame de la Présentation de Mano^ut (fiasses-Alpes); et sur Mlle Madeleine Jrmssaud.en refiyion Mère Sainte-Thërèst, première supérieure générale de cette coutjrcgalion.

M. l'abbé J.-J. Proal, que les religieuses de Notre-Dame de la Présentation regardent comme le principal fondateur de leur institut, naquit le 5 mai 1788 dans la patrie de Sainl-Jean-de-Maiha, à Faucon, petit village de la haute Provence, actuellement compris dans le dé; anement des Basses-Alpes. La fa mi !e hnnoraMe â laquelle il appartenait le destinait à gérer le notarial dont elle était en possession 'depuis longtemps, lui fit faire de fortes études pour le mettre en étal de remplir ses intentions. II était sur le point de se rendre aux désirs de ses parents lorsque Dieu, qui avait d'autres desseins sur lui, l'arracha subitement par un coup de la grAce aux séductions et aux embarras du monde. P< us-é ; ar un de ces mouvements surnature'- «.-longent les destinées Jcs hommes et f r,t les saints, il renonça tout à coup à l'aveidr temporel qu'on lui offrait et tourna ses c-j érances et ses affections Ter» le bien infini dont la possession était seule capable de satisfaire la noble ambition Je son cœur.

M. Proal venait de reconnaître que le sacerdoce était la voie par laquelle Dieu l'appelait à lui; c'esl pourquoi il partit pourl* séminaire. Il v entra avec cet élan de cœur et celte soif dè perfection qui sont un présage infaillible de sainteté. Il eut le bonheur de trouver dans cette sainte maison un directeur aussi pieux qu'éclairé dans la personne de M. l'abbé Augier, prêtre dune éminente vertu, très-versé dans l'art difficile de conduire les âmes dans les voies intérieures. Le jeune abbé qui voulait être tout à Dieu ne put que faire de rapides progrès sous la conduite d'un tel guide. Aussi le vit-on bientôt commencer à pratiquer avec ardeur toutes les vertus sacerdotales; il s'adonna surtout à la mortification. Par esprit de pénitence et d'abnégation il s'imposa le plus rigoureux silence pendant une année entière et il se livra à des privations telles que sa santé en fut gravement altérée. Ses supérieurs s'en aperçurent et le forcèrent à modérer son attrait pour la mortification; mais la ferveur de son âme, loin J'en être affaiblie, ne fit que s'accroître de p'us en pkts. La générosité de ce cœur toul M*

Page 1