‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 22 sur 323 · AU. 1(11. 1 U · texte numérisé non relu

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deux ans. A la Un, elle donna son assentiment : les travaux ftm'iil autorisés.

Les lionnes religieuses sont arrivées au point où elles se trouvent, sans rien solliciter de la bienfaisance publique. Avec une habile gestion, elles ont roussi à taire lace à tout.

On a remarqué qu'elles s'étaient sacrifiées elle^-mèmes au bien-être de leurs chères pensionnaires : en ell'et, elles man<|ueut ent :>re de dortoir et se gîtent où elles peuvent.

La charité chrétienne fait si bon marché des aises de la vie !

Aux. personnes qui ont de la fortune et qui voudraient goûter les douceurs de la retraite, l'établissement offre un bAliment séparé, des appartements très-propres, un enclos charmant.

On conçoit que leur pension doit être plus forte. Elles ont d'ailleurs cinq mets à chaque repas et du vin à discrétion.

Le prix de ces pensions varie selon le choix de l'appartement; ni l'éclairage, ni le chauffage, ni le blanchissage n'y sont compris. Le profil est exclusivement consacré au soutien des deux lionnes œuvres.

Le nombre des pensionnaires allant toujours croissant, une véritable chapelle était devenue indispensable, parce que celle qui existait n'était qu'une simple et étroite remise; malheureusement, leur pauvreté empêcha les religieuses Augustines de répondre aux désirs et aux demandes réitérées de leurs pensionnaires, et elles se virent < oulrainles de faire appel à la bienfaisance publique.

L'établissement n'étant pas seulement pour les habitants d'Angers, mais pour tous ceux du diocèse, l'appel des religieuses Augustines aura du retentissement dans tout le déparlement. La nouvelle chapelle sera mise sous la protection de Marie, et j'espère que ce qu'une sainte Ame a dit se vérifiera : Tout ce qu'on entreprend pour la Mère de notre bon Sauveur, arrive toujours à bonne fin.

Atin d'intéresser, de plus en plus, les lecteurs ù l'œuvre dont d est question , nous terminerons par la révélation de f uis trop honorables à l'Anjou pour être passés sous silence. Si quelque écrivain veut un jour traiter des nombreux établissements religieux de eelte cité, il s'estimera heureux d'en enrichir son histoire. Pour entrer dans les détails qui suivent, nour nous sommes bien gardé de demander aux personnes qu'iis concernent leur autorisation.

Trois religieuses Augustines ayant reçu de la charité chrétienne quinze cents francs destinés à fonder un établissement, prirent d'abord un loyer de cinq cents francs ; mais, dans la crainte que Dieu ne bénît point leur dessein, elles résolurent de ne pas toucher à celte «-.ont me durant tout le cours du bail, afin que le propriétaire ne courût aucun danger de n'être fias payé.

« Cependant, » se dirent-elles, « la détresse pourrait bien nous porter h violer la résolution que nous venons de prendre 1 » Pour parer à celle éventualité, elles se rendirent

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a l'Hôtel-Dieu d'Angers et déposèrent la somme entre les mains de la supérieure, morte depuis quelques aunées. Quelle délicatesse!

C'est bien ici le lieu de rapporter les j»aroles remarquables que leur adressa, avant d'expirer, celle vénérable religieuse : Prenez fournije, mes chères soeurs, dans six ans vous serez à l'hôtel Labare. Voulait-elle les encourager à persévérer? Ces paroies lui étaient-elles dictées par une lumière prophétique? Je l'ignore, le fait est que, celle année-la même, les bonnes religieuses prirent possession du loi al indiqué.

Klles entrent dans leur première demeure, tout leur mobilier se compose des modesies vêtements et du linge a leur usage, d'un crucifix et d'une statue de l'auguste Marie. D'abord elles vivent d'aumônes ; six livres de pain et un peu de viande leur sont apportées. Pas de potage : elles manquent des ustensiles de cuisine nécessaires pour le faire. Ce ne fut qu'une quinzaine de jours après qu'elles commencèrent à en user et, pendant plus de deux ans des pommes de terre furent leur nourriture. Quelques morceaux de moutons de rebut, venus de loin en loin, s'ajoutèrent h peine à ce chétif ordinaire.

Remplies de compassion à la vue d'une si grande détresse, toutes les personnes qui leur portaient intérêt, les conjurèrent de renoncer à leur entreprise. Ce lut en vain.

Mgr Régnier lui-même, alors grand-vicaire du diocèse d'Angers, s'effraya de leur dénûment et, ne leur sachant aucune ressource, les pressa je mettre fin à leurs sacrifices. Toutes les représentations furent inutiles. Le doitjt de Dieu était là.

Dès les premiers jours, des pensionnaires s'étaient présentées. Qu'ont fait nos bonnes religieuses? Trois lits leur avaient été donnés, elles les cèdent aussitôt; durant deux ans, elles couchent sur lecarrean, se contentant de guinche (1], pour en amortir ladurelé.

Les aumônes qu'on leur faisait cl les petits bénéfices qu'elles commençaient à retirer de leurs pensionnaires, étaient employés a acheter des couches pour les pensionnaires nouvelles et à vivoter.

Trois semaines après leur entrée, le Seigneur leur envoya, comme un ange consolateur, Mgr Flaget, depuis mort en odeur de sainteté. Il vint les visiter el donner l'habit à leur première postulante, dans la chapelle des dames de Bellefontaine. La touchante allocution qu'il leur adressa, se terminait par tes paroles : Mes chères filles, ayez con~ fiance, prenez courage, le Seigneur bénira votre établissement, parce gu il a pour fondement la pauvreté évanyéligue, paroles prophétiques, qui commencèrent bientôt à se vérifier par le don que fit M. l'abbé Bénard d'une petite campagne, qui avait appartenu autrefois aux Augustins, avec le produit de laquelle on put acheter l'hôtel Labare.

Les débuts si édifiants de l'établissement des religieuses Augustines méritent d'être consignés dans les annales de l'Anjou.

AIIG DES ORDRES

Cet établissement possède aujourd'hui une très-jolie chapelle que Mgr Montaull a bien voulu consacrer. Elles ont les cloîtres et les lieux réguliers. Les religieuses Augustines mitent de temps immémorial la règle de Sxnl-Augustin ; leurs constitutions sont relies d'hospitalières, qui joignent aux trois tœui ordinaires de religion le quatrième nru de servir les malades jour et nuit.

Lies ont tous les exercices religieux commises avec les œuvres d'hospitalières, tues n'admettent point d'auxiliaires ; elles prodiguent elles-mêmes à lopte heure du jour et de la nuit toutes sortes de soins toi malades.

les religieuses Augustines du Saint-Cœur de M* ne d'Angers fool consister leur perfection daos l'exacte observation delous les points de leur règle, dans les liens d'une parfaite union rt de la plus étroite charité qui les unissent entre elles, dans leur dévouement auprès des naïades et dans le zèle avec lequel elles exercent leur apostolat. Ainsi ont-elles souvent la ooosolation de voir d'admirables retours itr s Dieu.

ta communauté a perdu cinq religieuses, &t>nes dans des sentiments si édifiants qu'on pourrait les citer comme modèles pour leur obéissance aveugle et leur esprit religieux tar vie offrirait un grand nombre de traits intéressants.

ta première décédée, la mère Marie dps toiges, souffrit un véritable martyre pendant tio* aiaiadie de huit mois; pendant tout ce iea>p6 comme pendanlles cinq années qu'elle («stidans la maison, elle donna des preuves f ane obéissance oui faisait l'admiration de mol le monde. Elle avait une si grande chanté pour le salut des finies qu'elle demanda lue les trente messes qui devaient être iites pour le repos de son âme après sa mort le fussent pour la conversion des infidèles, s'en amenant pour elle à la miséricorde divine.

La sœur Saint- Joseph mourut un an après «a profession dans des sentiments touchants 4e douceur et de patience. Elle croyait toujours ne rien souffrir.et son courage était tel qu'elle est morte en suivant la retraite annuelle. Elle se trouva mal a un sermon et tfeut heures après elle recevait les derniers sacrements ; on ne pouvait se lasser d'adaiirer ses heureuses dispositions a ce moment suprême. Une heure avant de mourir elle en demanda la permission à la supérieure, voulant que le dernier acte de sa vie fût un •rte d'obéissance. Après sa mort son visage resta d'une beauté remarquable; son corps net bal ait pas la moindre odeur; il était si souple qu'on l'eût crue vivante; en la meluotdans le cercueil toute la communauté fiot l'embrasser, et beaucoup de personnes do dehors s'empressèrent pour venir la voir.

Cneautre religieuse jeune demanda a avoir ^ jour de sa mort son habit nuptial en désignant le drap mortuaire ; lorsqu'elle l'eut vu, elle parut rayonnante de joie et s'endormit dans le Seigneur. On remarqua sur plusieurs autres étendues sur leurs couches funèbres, 1** ravoosdu bonheur du ciel briller sur leur

m i b (indu vol., «• 9.

visage.

L« costume était blanc autrefois, comme est encore aujourd'hui celui des religieuses qui desservent le petit hôpital de Saint-Martin a Tours, d'où elles tirent leur origine: elles obtinrent de Mgr Montault, quand elles étaient encore à Saumur, la permission de porter toujours le costume noir qu'elles prenaient à certaines fêles de Tannée: depuis lors elles l'ont toujours conservé (1).

Les religieuses Augustines du Saint-Cœur de Marie d'Angers n ont pas de supérieure générale.

Lu communauté se compose aujourd'hui de trente quatre personnes, dont vingt religieuses professes et quatorze autres converses novices et postulantes.

Celle communauté a été approuvée par le gouvernement le lOjunvier 1833.

Le personnel de l'établissement est de cent cinquante personnes.

Voici en quels termes Mgr l'évêque d'Angers approuva l'installation de ces religieuses dans sa ville épiscopale: «Nous, Charles Montault, évêque d'Angers, avons pris sous notre protection spéciale les religieuses Augustines, dites du Saint-Cœur de Marie, nos anciennes filles de l'Hotel- Dieu de Saumur, et leur avons permis bien volontiers de se fixer dans notre ville épiscopale. Nous avons approuvé et, approuvons leur installation en celte ville, qui a eu lieu le 8 septembre 1835, sous les auspices de la sainte Vierge à laquelle elles font gloire d'être particulièrement dévouées. Nous avons même béni leur chapelle, et donné le voile blanc à leur première novice. Nous sommes dans la ferme espérance que ces chères filles contribueront encore dans notre diocèse, comme elles le faisaient autrefois, è h gloire de Dieu, et au soulagement des pauvres et des malades, auxquels elles sont toutes dévouées par leur sainte vocation. Nous approuvons qu'elles fassent le précis de leur histoire et de la manière toute particulière dont Dieu les a remises sous notre obéissance, qu'elles nous assurent leur être si douce et si précieuse, qu'elles comptent pour rien les épreuves dont il s'est servi pour cela.

« Les deux œuvres qu'elles renferment dans leur établissement; l'éducation des petites filles abandonnées, et le soin des malades, que leur éducation exclut des hôpitaux, manquaient à Angers, et nous bénissons la Providence de leur avoir inspiré le généreux dessein de l'entreprendre lorsqu'elles n'étaient encore que trois, et sans ressources. Nous avons établi la mère Saint- Louis supérieure, en attendan t qu'elles soient en nombre suflîsaut pour faire leurs élections elles-mêmes, suivant leUr ancien usage, et nous avons dit en les bénissant : Croiuex et multiplies. (Gen. i, 28). Nous voyons avec une consolation toute paternelle que la divine Providence a exaucé las vœux de notre cœur pour ces chères filles, dont la fervenr, croissant avec le nombre, nous donne une

H! Aid MCTIf

consolation bien sensible au milieu îles sollicitudes «le nuire épiscopat. »

Statuts de la communauté des religieuses Au- (/uslinrs du Saint-Cœur d>: Marie, établie* à Angers.

Ciur. I". — Uni il»: la Congrégation.

1* Les religieuses d» celle congrégation ont pour but l'instruction des jeune» personnes de leur sexe.

2* Klles tiennent dans leur enceinte des écoles pour les enfants des pauvres, et leur donnent gratuitement des instructions convenables a leur condition.

li" Elles tiennent un pensionnat de jeunes personnes aisées auxquelles elles donnent une éducation particulière, et qui n'ont aucune communication avec les classes précédentes.

Elles reçoivent des daines pensionnaires qui choisirent chez elles une retraite honnête et religieuse.

Chai*. II. — llégime général de h Congrégation.

1* Les religieuses île celle congrégation dépendent immédiatement de Mgr. l'évèque d'Angers; elles sont soumises à sa juridiction eu tout ce qui regarde les choses spirituelles. Elles déclarent qu'elles sont soumises pour les choses temporelles ii l'autorité civile; qu'elles conservent la propriété de leurs biens pour en disposer à leur gré, mais «pie l'usufruit est remisa la caisse de la communauté, tant qu'elles en font partie et sans pouvoir en lien réclamer si elles venaient à en sortir.

2° Elles font les ti oî •* vœux religieux auxquels elles joignent l'engagement de se consacrer à l'instruction des jeunes personnes de leur .se\e.

3* La congrégation se compose de sœurs enseignantes et de sœurs converses.

4° La supérieure actuelle est élue pour la vie ; le choix de Mgr l'évèque et le suffrage unanime des sœurs lui assurent la supériorité h raison du zèle et du désintéressement qu'elle a montrés pour cet établissement , le premier de ce genre qui ait été formé à Angers denuis la révolution; mais après le décès de la supérieure actuellement en exercice, celle qui lui succédera ne sera élue que pour trois ans, et l'élection devra être confirmée par Mj;r l'évèque; la même supérieure pourra être continuée pour un deuxième triennal, mais seulement en vertu d'une élection nouvelle, et pourvu qu'elle réunisse au moins les deux tiers des suffrages.

5- L'assistante est élue par la communauté et pour trois ans; elle peut être élue pour m: deuxième triennal; il faui qu'elle réunisse les deux tiers des suffrages.

6" L'assistante, la directrice des éludes, l'économe et la plus ancienne des religieuses forment le conseil pour trois ans.

7' La supérieure seule nomme aux autres emplois de portière, d'intirmière , de sacristine, etc.

i |i Voit. à la fui ilu \ol., n» 10

NAIItF. AlC Iti

8* Les postulantes ne sont admises dans l'association qu'après trois mois d'une première épreuve et après dixdiuit mois de noviciat.

9J Les sœurs professes converses n'ont pas de voix aux élections.

AUGUSTIN ES DE L'INTÉIUEUK DEMAHIE.

Les premiers fondements de la communauté des Augustines de l'Intérieur de Marie ont été jetés le U octobre 1829.

Le but de l'institut est l'imitation des vertus humbles et cachées de la très-sainte Vierge et l- dévouement à l'enseignement de la jeunesse. Cette communauté demeura sous une forme mixte, et seulement anprouvée pour l'enseignement. jusqu'en iëkï, époque où l'auioriié diocésaine se chargea de sa direction; elle suit la règle de saint Augustin ainsi que des constitutions appropriées au but île la communauté, lesquelles furent approuvées dans le courant ne 18V9 par Mgr Marie Dominique Auguste Sibonr.

La communauté fut approuvée par le gouvernement le 29 novembre 1853. La communauté n'a qu'une maison, au Grand-Montrouge, laquelle se compose de 31 membres; dont 25 relkieuses de chœur et tt sœurs converses (1).

AUGUSTIN ES HOSP1TA Ll EUES.

Des religieuses Augustines hospitalières d'Arras.

Sous le règne de Louis VU, dit lejcune.rl sous l'épiscopat de Krémauld, vers l'an 1178, un nommé Sauwaics ou Sauwallon Huiquedieu, natif d'Arras ( Pas-de-Ca ais I, l'un des olliciersde Philippe d'Alsace, comte de Flandre et d'Isabelle de Vermandois sa femme, usa de tout son crédit auprès de ses maîtres pour les déterminer à londer à Arras un hôpital en faveur des pauvre> malades. La demande fut bien accueillie. Philippe donna pour hiltir cet hôpital, un terrain qui lui appartenait; il ajouta pour dol 200 livres de re u t e ; 1 sa be I le sa p r e u i i è r e f e i n u i e 1 é gua a u ss i à cet établissement des ressources en nature. En 1181, Philippe donna encore 200 autres livres de rente, et plusieurs seigneurs et habitants d'Arras, à l'exemple du comte et ne la comtesse de Flandre, léguèrent a cet hôpital différentes propriétés.

On appela cet hôpital Saint-Jean en Sestrée, parce qu'il lut placé sons la protection du Précurseur et b.Ui à côté de la rue principale strata qui conduisait à la cite.

Dans le cours de la même année, le Pape Alexandre III confirma les donations précédentes et frappa d'auaihème tous ceux qui '.enteraient d'y porter atteinte et en empêcheraient l'exécution. Elles furent aussi cjnfirmées par Guillaume, cardinal du titre de sainte Sabine, son légat en France, archevêque de Reims, ainsi que par le roi Philippe Auguste en tlîU. Les Papes Grégoire IX et Honorius III font mention des

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Mires patentes de ce prince données à Arra>, l'une dans une bulle de 1227 et l'autre Jjos une bulle de 1246.

Cet hôpital était destiné à recevoir tous les pauvres, les malades et femmes en courbe de la ville et de la banlieue. Les fondateur: y établirent d'abord quelques hommes rt quelque» femmes pieuses, pour le service de» malades; puis des prêtres pour l'administration des sacrements et la gestion des tiens et revenus de la maison.

Ma h*ul, comtesse de Bourgogne et d'Artois, fouua à perpétuité 10 lits, outre le nombre déjà établi, à l'hôpital Saint Jean. Le nouibre des malades variait suivant les circonstances et les revenus. En temps de garnison nombreuse ou de guerre, il y avait quelquefois b l'hôpital Saiul-Jean plusieurs oailliers de malades.

Les hommes et les femmes chargés du soin des malades, appelés frères et sœurs Ijjs, administrèrent avec bonheur l'hôpital Saint- Jean, si l'on en juge par l'auginentauod de ses revenus dans le cours du xiv* uècJe. Dans une charte du 16 avril 1337, le t. Svnace fait l'éloge des femmes pieuses <bargeesdu soin des malades : il les qualité-de précieuses sœurs; elles étaient dignes en effet de cette qualification, non-seulement par les soins qu'elles donnaient à de pauvres malheureux, mais encore par les libéralités qu'elles faisaient, ainsi que les beres. à I établissement. Biais au commenceojenldu xv* siècle, il s'introduisit j»armi ruiile graves abus. D'abord ils furent en

lraucuup trop grand nombre; de plus, après itcwr ps*sé une partie de leur vie dans 1 hôj'ital. plus pour jouir de leurs aises que pour ttreir bieu et les pauvres membres de Jésus- Ckrùt (re sont les eipressions des lettres patentes du duc de Bourgogne), ils en soruieoi emportant avec eux tout ce qu'ils avaient d'effets mobiliers et de numéraire, contrairement aux intentions des fondateurs. Informé de cet état de choses, qui n'était pas moins préjudiciable aux malades qu'aux intérêts temporels de la maison, Philippe le Ben résolut d'y porter remède. En conséquence, d'après l'avis de l'évèque d'Auxerre, Fortigaire de Plaisance, son chapelain et •uu'ônier, il fil un règlement du 17 juin 1^18, par lequel il réduisit le nombre des frères et sœurs : parmi les frères deux au ojoins devaient être prêtres. Les uns et les autres devaient nommer un chef ebaque année; les hommes et les femmes devaient f-cendre leur repas dans un local séparé; il ordonna que les comptes fussent rendus annuellement, par-devant son aumônier, le gouverneur d'Arras et le procureur général u'Arlois.

i> régime dura un peu plus d'un siècle. Dt nouveaux abus donnèrent lieu a de nou- 'ebes plaintes. L'empereur Charles V, ayant. • 1>n» que l'hôpital Saint-Jean était mal" administré, fit un nouveau règlement, par lequel il supprima les trois frères et fixa & neui

nombre des sœurs, et les servantes à deux. *" t lut le 16 janvier 1520 Cet étal de choses

RELIGIEUX. AUG lia

ne Jura que quatorze ans. Comme il n offiart pas encore assez de garanties, on résolut de congédier les sœurs.

Dès l'an 1554, le président du conseil d'Artois, le lieutenant de la ville d'Arras et le procureur du roi se rendirent à Cambrai pour supplier MM. du chapitre métropolitain de vouloir bien permettre à quelques religieuses de l'hôpital Saint-Julien de venir à Arras réformer et diriger l'hôpital Saint-Jean; ces religieuses vivaient sous la règle de saint Augustin. Mais elles refusèrent de desservir cet hôpital. En 1563, les mêmes magistrats, connaissant les désordres qui résultaient du mauvais gouvernement des tilles séculières, qui donnaient du scandale et ne soignaient pas les malades, tirent de nouvelles instances, ei par l'entremise de la sœur Jeanne de Rochefort, membre de la communauté de Saint-Julien, le chapitre leur accorda des religieuses.

La dame de Rochefort et trois de ses filles, sœur Marie ïavernier, sœur Jacqueline Pesé et sœur Anne Noisette,vinrent a Arras s'établir à l'hôpital Saint-Jean le mois d'août 1563. Elles furent suivies de dix jeunes tilles de Cambrai dont elles avaient fait choix. Jeanne de Rochefort, après avoir réglé l'hôpital Saint-Jean et nommé supérieure de cet établissement la sœur Jacqueline Pesé, retourna à Cambrai. Il est inouï combien ces femmes généreuses eurent à souffrir au commencement de leur séjour à Arras. Elles étaient privées de tout, parce que les tilles séculières avaient tout emporté. A ces privations venaient se joindre les injures les plus grossières de la part de quelques personnes malveillantes excitées sans doute par leursdevancières. Les religieuses voyant que les supérieurs no prenaient aucune mesure pour mettre fin à ces outrages, qu'on voulait leur faire contracter des habitudes contraires à leur Institut, menacèrent de retourner à Cambrai. Celle menace eut sou effet. Les administrateurs écrivirent à Philippo II, qui confirma le nouvel ordre de choses par ses lettres patentes du 18 février 1565, lesquelles portèrent a 18 le nombre des religieuses.

Dès ce moment, cette maison prit un»

nouvelle face. Les historiens rendent hommage à la bonne administration des religieuses et aux soins qu'elles avaient des pauvres et des malades. DomQuinzer ajoute : « Qu'elles rétablirent le bon ordre dans cette maison des pauvres, bon ordre qui a continué depuis, qui se perpétue encore aujourd'hui, qui est la consolation des malades, l'édification du public et qui fait l'éloge parfait des religieuses. »

Qued'actesdedévoueraenletdecouragequi ne sont connus que de Dieu et de ses anges I Uien de plus touchant que le nécrologo de ces pieux asiles de la charité 1 Que de choses renferment ce peu de mots : aœur Mûrie Ostin, native de Cambrai, morte de la peste; sœur Anne de Fienin, morte de la peste auprès d'un reposoir du Saint-Sacrement ; sœur Rose de Couleur, morte de la contagion, un

lis au;

mois aprr* ta profusion. Or en mutin > ml c»rttc* lecture on arrive au ■ -hoiera où la communauté «le Saint-Jean eut encore à déclarer l,i perte de pl u>t«mr^ de ses membres victimes 'Ju terrible fléau.

Dans b-s siècles suivants, les revenus de l'hôpital ainsi que ses charges s'a' crûrent considérablement, soit par t 'etTet «le nuiiibreiises donations qui lui furent faites par Jes personnes charitables «Je* toutes les classes de la société, soit par la réunion de plusieurs hospices ou inaladreiies tjui n'étaient plus fréquentés.

En 1770, on (it bâtir flux dépens «lu roi, dans le jardin de l'Hôpital-des-Pauvres un corps «le logis destiné aux militaires, auquel on donna le nom d'Hôpital -Ho val. La direction en fut confiée aux religieuses dont le nombre fut dès lors porté à 37. Vers la tiu du dernier siècle et avant la révolution de 80, les religieuses, au nombre de 37, continuaient de desservir les deux hôpitaux civil et militaire. Kilos étaient nourries et entretenues aux frais de la maison; il y avait un aumônier et un prêtre pour aider l'aumônier à célébrer l'ollice divin. On pa vait à un receveur établi pour la recette des rentes, pour dresser les compte», 212 fr. Les relieuses avaient un médecin et un chirurgien auxquels on pavai t, chaque année, 1 12 fr. Le bureau d'administration était composé du orésident au conseil d'Artois, du grand bajlly d'Arras et du procureur général du conseil d'Artois, qui se chargeaient des baux, contrats, procédures et des réparations, rééducations, et de toute autre chose qui ne tombait pas dans la dépense journalière, laquelle était abandonnée h la supérieure, à la charge par elle d'eu rendre compte.

La révolution ne tarda pas d'introduire ses réformes. Une délibération du IG nivôse, an 11, expulsait les religieuses \le l'Hôtcl- Dieu et de la Providence. Voici comment s'expriment les administrateurs, qui avaient déjà fait disparaître tous Us siynrs du fnuutismcetducultedominant/Sous lie citons que quelques passages Ue cette pièce curieuse, inspirée dans un moment de vertige et «le uelire.«Considérantquedans;un momentoù le peuple fiançais terrasse et proscrit les préjugés de la superstition, renverse les autels élevés au mensonge et au fanatisme, et n'a pour évangile et pour culte que la raison et la nature, ce serait un crime de lèse-nation et de lèse-humanité que de contier plus longtemps nos citoyens, nos frères malades, aux soins des tilles forcenées et fanatiques, qui, sans cesse, forment des vœux pour le relourde leurs pieux et hypocrites imposteurs, et qui sans cesse importunent le ciel oe prières impies qu'elles lui adressent pour la ruine de la république, et pour le triomphe de ses ennemis ;

« Considérant que ces filles, par mille moyens, dans les maladies périlleuses, peuvent, en parlant de Dieu, de ses auges, de ses saints, d'enfer, de purgatoire et de paradis changer l'esprit des malades, et, par là,

(lj y«<j i li im «lu vol , h» n.

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nuire au progrès de l'esprit public, fine -l--s ennemis j la république de ses propres défenseurs, jeter la terreur dans les failles, et même ébranler le^ f'Tls ;

« Considérant qu'il est de la saine philosophie de ne point laisser plus longtemps dans les hôpitaux des personnes aussi dangereuses, aussi fanatiques et aussi contrerévolutionnaires que celles qui en sont en ce moment chargées ;

« Considérant que ces femmes peuvent tuer les malades autant que les maladies mêmes par les rêves de la superstition et du fanatisme ; arrêtons que les lilles attachées à l'hôpital connu sous le nom d'Hôtel- Dieu, et à la maison de la Providence, évacueront ces maisons trois jours après que l'arrêté leur aura été notilié. »

Il serait dillicile de trouver un modèle plus |kirfait d'un dévergondage de paroles et de raisonnements aussi ridicules.

Malgré les humiliations et les mépris dont se plurent à les accabler «les hommes aussi égarés, les religieuses ne voulurent pas se séparer de leurs malades; elles restèrent auprès de leurs lits, au prix de tous les sacrifices possibles. Forcées de quiller l'habit religieux, pour reprendre, dans les vingtquatre heures , les livrées du siècle, elles parurent dans leurs salles, sous un accoutrement qui jeta l'alarme parmi les pauvres malades, qui ne les connaissant oas sous ce costume oizarre :Quoi, disaient-ils, on nous enlève nos lionnes religieuses!

Lorsquo la terni ôie révolutionnaire fut calmée, les hospitalières reprirent l'habit religieux, et furent autorisées par l'empereur à le conserver. Il leur donna ensuiie, le 10 novembre 1810, des statuts qui diilèreiit sur plusieurs points des anciens.

Les bâtiments de l'hôpital Saint -Jean étaient très -défectueux, et tombaient en ruine, divers quai tiers n'étaient plus habitables; un décret impérial en ordonna la reconstruction; elle fut terminée en 1813. Kl le coûta 208. .'i00 francs. Dans la soirée du 27 janvier 1838, elle fut la proie des llammes. On attribua généralement cet incendie à un tube de poêle qui traversait la toiture. Le feu lit de rapides progrès, malgré les el!brts réunis des pompiers, des élèves du séminaire, de toutes les troupes de la garnison pour l'arrêter. Le lendemain matin, cet hôpital, si beau la veille, n offrait plus aux regards attristés que des murailles noircies et calcinées. Sous prétexte de sauver les meubles des religieuses, des malveillants .s'introduisirent dans leurs cellules elles dé-, poui lièrent entièrement.

Quelques mois s'étaient à peine écoulés qu'on ne voyait déjà plus de traces de ce désastre; tout était réparé. (I)

Al'Cl S UNS DKCILUSSKS.

Df la reforme dis Augitstins drrhaussts.

La congrégation d'Italie commença en 1301, et reçut son approbation du Pape Clément Vllî, l'an 1500. Le P. André Die*. l-i'O-iol. en fut l'auteur; il était vi.atte-

Mi:iiij\v\mt;

fur

DES ORDRES RELIGIEUX

B.VP

général de U congrégation des Ermites de Swtnt -Augustin de Centorby en Italie, et » étant démis de sa charge , il embrassa la nouvelle réforme sur le modèle des Déchaussé d'Espagne. Elle s'étendit dans la Romagne, au royaume de Sicile, dans la Lombar-, oie, le Piémont et les Etats de Gênes. L'empereur Ferdinand 111 appela de ces rel:gieux à Vienne, et ils y allèrent sous la conduite du P. Marc de Saint-Philippe. Ce prince envoya au-devant d'eux le cardinal ue Barrarh et tous les grands seigneurs de sa nour, et il les logea daus son propre par tai», en attendant qu il leur eût fait bâtir une maison tout auprès ; en sorte que leur église lert de cba|*e)le au palais impérial, et c'est U que les cm|»ereurs ont toujours fait leurs pius grandes cérémonies. Cette congrégation : Julie forma quatre provinces, jusqu'en î&ôfi. qu'elle fut divisée en sept, deux de Na^es, deux de Sicile, une de Gènes, une d'Allemagne et une de Piémont (Voir t. I", col. 329, rétablissement de la

reforme.)

AVEUGLES ou AVEU LAS (communauté dbs) Il y eut aotrefois, en différentes localités, •le* institutions qui paraîtraient aujourd'hui tort étranges, mais qu'il ne faut pas se hâter •le juger, même en considérant l'état où les avait amenées la snile des temps et les modifiions des circonstances. De ce nombre était

assurément la communauté établie à Châlous, et portant la singulière appellation <i' Acculas, qui n'était qu'une corruption due au langage habituel du peuple.

Cette maison , dont je ne connais point l'origine, était à Chûlons, dans le second faubourg de Marne, près lo pont Rupé. Elle était habitée par une communauté ou institut

3ui formait une sorte de religieux mariés, ont les femmes, pour y être reçues avec leurs maris, devaient avoir atteint l'âge de cinquante ans. Quoiqu'ils eussent l'usage de la vue et de bons yeux, ils étaient appelés Aveugles ou Aveulas. Ils portaient îles tuniques ou robes grises. Ainsi vêtus et une sonnette à la main, ils allaient, avec permission de l'autorité, quêter par la ville; ils assistaient aux processions générales; ils ensevelissaient les morts ët allaient aux enterrements. Si leur femme venait a mourir, ils étaient astreints à se remarier en l'espace de six semaines, sous peino d'être renvoies de la maison. Ces religieux étaient au nombre de douze, dont l'un portait le titre de Prieur. On ne sait ni quand, ni par qui avait été fondé ce couvent, qui suivant moi, éiait plutôt une sorte d'hospice, et qui, ne convenant pas à Mgr Vialart, évèquc de Châlons-sur-Marne, fut supprimé par lui un 1641. Son église, sous le vocable ue sainte Pudentienne, et une partie de ses bâtiments subsistaient encore en 1750.

BAPTISTINS.

sur lté Baptistins , ou Missionnaires de Saint- Jean- Baptiste.

Cest a ne congrégation de prêtres-mismo:; mires, sous les auspices de saint Jean- Baptiste. La vénérable sœur Jeanne-Mana -Baptiste Solimani, fondatrice des itptistines, nourrit toujours le plus grand dé»ir de voir s'établir une congrégation de prêtres-missionnaires, qui s'obligeraient, ter un vœu particulier, à former des miswon* dans les pays hérétiques et infidèles. Cette fidèle servante de Dieu croyait avoir 'eço une lumière spéciale pour cette fondation, comme pour celle des Baptistines.

H'resavoirétabliaGênes son monastère pour tes sœurs , elle envoya À Rome le P. Doniiaiqoe-F renvois Olivieri, son confesseur, pour obtenir l'autorisation de fonder la maison des prêtres-missionnaires. Ce digne prêtre , aé à Gênes le 1" novembre 1691, était cé- ■ébr* par son talent pour la prédication. C'est pourquoi il établit dans sa patrie une ronfcTégation pour la ville et pour la campagne, •lin que les prêtres qui la composeraient • uUigeassenl a évangéliser les habitants de Tune et de l'autre. Mais avant été nommé ardiiprétre de Moneglia, if y rencontra, en ITM. ta vénérable Solimani, qui se mit sous m direction. Animé du même esprit et du ■Détne ièle, il renonça à sou archiprôtré et se dévoua tout entier à l'institut des sœurs- Erait** Baptistines. S'élant donc rendu à Bon* , avec deux autres prêtres , après avoir

habité proche de S. Rufllne, au delà (du Tibre, il va dans le cloître du Saint-Jean des Génevois, et, par l'intermédiaire du cardinal nal Spinola, se prosterne aux pieds de Benoit XIV, qui, après avoir fait examiner les règles avec soin, approuva cette société , par son bref du 23 septembre 1755, avec le nom de Congrégation des prêtresmissionnaires séculiers de Saint-Jean-Baptiste , dit Baptislins, sous la dépendance de la congrégation des cardinaux de la Propagande , |>our propager la foi par les exercices des missions dans les pays des infidèles et des hérétiques. Le nombre de prêtres ayant augmenté et ayant acquis une maison près de I église de Saint-Isidore, ils bâtirent une chapelle et ils furent employés à faire des missions a Rome et dans d'autres villes, en continuant d'envoyer des ouvriers dans les missions deBrubgasée, de Philoppopolo, de Nicopolis, dans la Chine et ailleurs, pour l'exercice du ministère apostolique. Plusieurs membres de cette congrégation étant devenus évêques in partibus ont rendu d'utiles services a la congrégation de la Propagande. Après avoir été témoiu des progrès de son institut, et s'être livré à la pratique de toutes sortes de vertus, le bienheureuz Dominique - François Olivier! mourut le 13juin de l'année 1766. Les prodiges que Dieu accorda à soo intercession après sa mort lurent des preuves non équivoques et la récompense de sa sainteté. Il fut enseveli dans l'église des Baptistines.

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