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Montpézat, une grande- paroisse, nommée Sainl-Martin-do-Volamas, où la jeunesse, délaissée sans instruction, allait se perdant tous les jours de plus en plus, et la religion dépérissait d'une manière effrayante. Le nouveau curé de celte paroisse qui connaissait le zèlo immense do Mlle Rivier, lui proposa de venir se fixer à Saint-Martin, en lui exposant combien ce théâtre serait plus digne de son zèle, et combien la gloire de Dieu et la religion y gagneraient davantage. A un tel langage» le cœur de Mlle Rivier n i avait rien à opposer; elle accepta la proposition, surmonta tous les obstacles qui s'opposaient a son départ, et se rendit à Saint- Martin, où elle commença aussitôt les mêmes œuvres de zèle et de charité qui l'occupaient tout entière à Montpézat. Elle ouvrit sa classe qui fut bientôt très-nombreuse; elle se Ht la mère des pauvres, leur distribuant soit son argent à mesuro qu'elle le recevait de ses élèves, soit une partie do son linge ou de ses habits, et reprit, commo à Montpézat, les dimanches et fêles ses instructions aux femmes et aux jeunes personnes. On ne saurait dire les grands biens qui furent les fruits de ces instructions; on y accourait en foule, et plus on entendait la pieuse institulrice, plus on voulait l'entendre; elle sut |>ar son affabilité, son esprit, sa douce gaieté, s'attacher tous les cœurs.
Après vingt mois de travaux à Saint-Martin, elle crut sa mission remplie dans cetto paroisse, et revint à Montpézat, où ses bonnes œuvres près de déchoir la rappelaient et nécessitaient sa présence. Là elle reprit, avec le même zèle qu'autrefois, sa cla.sso, la direction du noviciat, ses assemblées, et toutes les saintes occupations dont nous avons parié. Cependant au milieu de ses travaux habituels, elle ne négligeait aucuno des bonnes œuvres particulières qui se présentaient. Avertie qu'il y avait à Montpézat une fille scandaleuse plongée dans la plus profonde misère, ainsi que plusieurs enfin is, fruits de ses désordres, elle surmonta la répugnance naturelle que devait lui inspirer une telle compagnie, pour n'écouter que son zèle et sa chanté, et recueillit dans sa propre maison cette pécheresse malheureuse avec deux de ses petites filles qui étaient estropiées. Elle s'appliqua à l'instruire, à lui faire sentir l'horreur «le sa conduite, le danger qu'elle courait de perdre son Ame; et celle-ci, docile à ses leçons so convertit sincèrement, Gl une confession générale et se réconcilia avec Dieu. Heureuse d'un retour si consolant, Mlle Rivier pourvoyait à tous ses besoins, lui procurait du travail au dehors pour suppléer par l'argent qu'elle gagnerait h ce qu'elle no pouvait faire elle-même, et pendant son absence, elle soignait les petits enfants, les lavait et les couchait, les tenait toujours propres et leur donnait à manger. Un si bel acte de charité trouva des critiques; mais la servante de Dieu, sans se mettre en peine des hommes, n'en continua pas moins sa bonne œuvre, toute disposée à recommencer si