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l'occasion s'en présentait. L'occasion, m effet, no tarda pas ; une étrangère qui pi*, sait par Montpézat étant accouchée dans ce lieu, et avant eu la barbarie d'y abandonner son enfant nouveau-né, Mlle Rivier vola an secours de cette innocente créature, loi procura une nourrice à ses propres frais, et le soigna comme une mère jusqu'à sa mort qui arriva peu après.
Cependant tant d'œuvres de zèle et d« charité accablaient la pieuse institutrice, et sa sanlé ne pouvait plus tenir au travail pénible dont elle était surchargée; d'un antre côté, une pensée l'affligeait et lui venait continuellement à l'esprit : « Tout va bien dans cette paroisse,» se disait-elle, < mais h autres paroisses I ô comme elles sont abandonnées 1 qui y fait l'école et le catéchisme? qui y montre aux fillos et aux femmes le chemin du ciel? » A cette pensée elle eût voulu se multiplier, se répandre partout, pour travailler partout à faire connaître et aimer Dieu ; et au lieu de cela, elle ne pouvait pas même suffire au travail de la seule paroisse où elle était : que faire donc? O fut alors qu'elle conçut la pensée de s'associer quelques personnes pieuses pour l'aider a Montpézat, et d'aller ensuite, quand elles seraient bien formées, ouvrir des écoles dans d'au 1res paroisses. Pleine de celle idée, elle accepta avec joie et sans eiamen la première personne qui se présenta pour cette bonne œuvre; mais l'essai fut des plu» malheureux :au lieu de lui être utile, cette personne ne servait que d'exercice à sa patience, et ne lui parlait jamais que du ton le plus grossier cl le plus injurieux; Mlle Ri* vier supporla tout avec une douceur inaltérable, et au lieu de la renvoyer, elle attendit sans se plaindre qu'elle se retirât d'ellemême; elle ne fut pas plus heureuse avec la seconde personne qui se présenta; une maladie dangereuse obligea celle-ci de retourner dans sa famille; de sorte que Mlle Rivier continua de porter seule le poids 'Je ses travaux. Elle le porta courageusement, et ne craignit pas même d'y ajouter de nouvelles occupations en acceptant la mission que lui confia alors M. le curé de surveiller les garçons et les filles de la paroisse à qui elle avait fait faire la première conituunioo, afin de les maintenir dans la bonne voie, en éloignant d'eux les occasions et les compagnies dangereuses.
Peu de temps après éclata la révolution, les prêtres qui ne voulurent pas prê:er serment furent persécutés et obligés tic le cacher. Mlle Rivier, au moment des épreuves, ne fit que redoubler de zèle; elle «• courageail tout lo monde, l'exhortait à » maintenir dans la foi : et à plutôt nenlre II vie que do renoncer À son Dieu. Ce fui peut-être dans ces moments si critiqt>« qu'elle fit le plus grand bien; elle connaissait les maisons où les bons prêtres se )enaient cachés, et les appelait partout oùloa avait besoin de leur saint ministère- Ce M dans ce temps-là qu'elle eut la douleur «le perdre sa mère; à cette croix s'en jorgwi
DES OHDIŒS RELIGIEUX.
l'RE
uoe autre m'en sensible h sou cœur; le goureroeœent révolutionnaire s'empara de la ouisoo des Dominicaines qu'elle occupait, et la tendit comme bien national. Dès lors pusde moyens de faire la classe et d'enseiper la religion à la jeunesse. Mme Rivier eu fut si affligée, qu'elle en fut malade pendant quelque temps.
Il y avait dans le voisinage une petite rtfie nommée Thueyts, dont les principaux txiUunts connaissaient le mérite de l'insuutrioe de MoiHnézat; ils avaient plusieurs lots eu l'idée de l'Mtirer au milieu d'eux; ils crurent que le moment était venu de réviser leur projet, et ils envoyèrent un eipre* pour aller chercher Mme Rivier qui se rendit à leurs désirs. Elle s'empressa d'ouvrir une école, et dès les premiers jours elle y suit un tel ordre, sut si bien gagner .tiTcVtion de ses éièves et l'estime des parents, que ceux-là même qui s'étaient le H us hautement déclarés coulre elle n'hésitèrent pas s lui confier leurs enfants, et détinrent ses plus chauds partisans.
Eue se concilia encore plus l'admiration ye tout le monde, par sa générosité et sa difce d'âiue, dans une épidémie qui allligea Thuevts en 179», et lit mourir un grand utfnbre de personnes. C'était, disaient les médecins, une fièvre typhoïde ; sans penser >a danger qu'elle courait, Mme Hivier se déroua spécialement aux soins d'une malade menue du fléau dévastateur, et passa pinceurs nuits auprès d'elle. Pour fruit de sa ràarilé, elle contracta elle-même la maladie; elle en négligea d'abord les premiers sjmptômes, et bravant la flèvra dont elle ne soupçonnait pas encore la nature dangereuse, elle se rendit chez ses parents à Montpéut, où quelques suaires l'appelaient. A |nae Hue Hivier élail-eJle arrivée, qu'il bllul se mettre su lit. Le mai fit des progrès si rapides, si effrayants, qu'on lui administra les sacrements des mourants. La nouvelle de sa maladie arrivée à Thueyls y répandit la consternation; on en fut affligé comme d'une grande calamité; on Gt des pnérw et des neuvaines pour sa guérison, et. ai la distance des lieux, ni le péril do la contagion, ne purent ompêcher qu'on allât souvent la visiter; on voulait même, si les uédacin* ne l'eussent défendu, la rapporter » Thueyls sur un matelas, atin de ne se séparer délie, ni jour ni nuit, et de l'entourer de tous les soins que réclamait son état. hu affligées encore que tous les autres, ses élevés montrèrent, dans cette circonstance, une affection et un dévouement incomparables; elles allaient eu troupes à Montpézat, et étaient inquiètes comme de la maladie d'una mère. Enfin le ciel la rendit à tant de v«utet de prières; et après six semaines «e maladie, Mme Hivier revint à Thueyls, '^*!gré l'épidémie qui y régnait encore, et y f^ntavec uu graud succès ses occupations Rituelles.
Il y «van bien des années que Mme Rivier * tentait pressée par la grâce de fonder une «oiuiflunauié d'institutrices vertueuses et DttTioM*. ues Ordres ntuo. IV.
zélées, qui allassent dans les paroisses inspirer anx enfants et aux grandes personnes ue leur sexe, les principes de la religion si universellement oubliés dans ces jours de désordre. Elle eut aussi voulu fonder un asile pour recueillir les orphelines abandonnées, les élever chrétiennement et lus placer ensuite dans des maisons vertueuses, où elles pussent pratiquer les bons enseigucments qu'on leur aurait donnés. Mais, comment exécuter de si beaux projets sans aucune ressource pour subvenir aux dépenses, sans personne pour seconder l'entreprise, et dans un temps surtout où toutes les maisons religieuses venaient d'être renversées, où les plus haineuses précautions contre tout ce qui offrait l'apparence de communauté, avaient envahi presque tous les esprits? La difficulté sans doute était grande, mais elle n'arrêta pas le zèle de Mme Rivier, qui mit toute sa confiance dans le Seigneur; elle se rappela que douze pauvres hommes, sans naissance, ignorants, avaient couquis presque l'univers à Dieu. Pleine de ces pensées de foi, elle se choisit pour premières compagnes cinq pauvres irlles très-pieuses, mais sans éducation, dont trois ne savaient rien autre chose que le catéchisme, et les deux autres ne pouvaient qu'apprendre à lire aux enfants, car elles ne savaient pas même écrire. Aucune d'elles n'avait de costume religieux, et elles conservaient toutes les vêlements grossiers de leur ancienne condition. Le monde qui juge tout avec des yeux charnels, Qt beaucoup de railleries au sujet de la communauté naissante : on disait que Mme Rivier devait avoir perdu la tête. Mais la servante de Dieu laissait parler le monde, priait beaucoup, instruisait et formait ses compagnes, et songeait à acheter une maison pour loger sa communauté; il se présenta tant d'entraves, qu'elle fut obligée de temporiser encore.
Cependant la ferveur et la générosité de ses sœurs la consolaient et lui donnaient chaque jour plus d'espoir. Elle eut une preuve non suspecte de la solidité de leur vertu, dans la grande disette qui termina l'année 1796. Alors elles n'avaient pour vivre que du pain fait avec du son de farine de seigle, et les restes de la table du pensionnât, qui était loin de suffire pour les nourrir, eu sorte qu'elles souffraient beaucoup de la faim. Mlles étaient mCcne réduites à aller chercher sur leurs épaules, à la montagne voisine, le bois nécessaire et quêter chez les paysans quelques poignées d'herbes noue en faire le souper de la communauté. Mais ces généreuses filles ne se laissèrent pas abattre par les croix dont la Providence les chargeait; elles souffraient, mais c'était avec joie, et leurs souffrances ne faisaient qu'accroltre en elles la ferveur et l'amour. Mme Hivier jouissait avec bonheur de ce spectacle, sans néanmoins cesser d'implorer le secours du ciel par des prières ferventes; et quand le pain manquait, elle allait se jeter aux pieds de la sainte Vierge, et l'appelait à son aide avec la simplicité d'uu
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enfunl qui >*;idresso à sa mère. lu jour où la détresse allait toujours croissant, Mme Hivier recourut a sa protectrice ordinaire, et lui écrivit une lettre touchante, où après avoir exposé sa pénible situation, e le la conjurait de lui venir en aide, et protestait de son abandon entier enirc ses bras maternels. Elle envoya celte lettre par une fille vertueuse à Notre-Dame de Bon-Secours, avec mission de la déposer sur son autel. l,a sainte Vierge sembla l avoir entendue : quelques secours arrivèrent; mais ce qu'elle estimait bien davantage, une ancienne religieuse du couvent de S tint-Joseph de Monistrol, femme de mérite et de piété, s'associa à la communauté naissante, dont elle admirait la ferveur et donna ele-même du crédil et de l'augmentation au pensionnat. M. Vernet, grand vicaire du diocèse et sou directeur, lui hennit enfin de poursuivre son œuvre sur le plan sur lequel elle l'avait conçu. Alors elle so hâta d'acheter un local convenable, dont elle prit possession le 17 novembre 1797. Le 21 du même mois, féte de la Présentation, dont la congrégation naissante prit le nom, Mme Hivier et ses huit compagnes prononcèrent l'acte par lequel, sous la protection de la sainlc Vierge, elles se consacraient a l'éducation «le la jeunesse. Pour chercher «les sujets propres a >econder ses vues et partager ses travaux, Mme Hivier (il le voyage de la ville du Puy, pour lâcher d'y gagner quelques débris "de l'ancienne congrégation de V Instruction -Chrétienne, vouée, comme sa société, à l'instruction des tufants et des grandes personnes de leur sexe. Elle y gagna Mlle Sénicroze, qui cependant fut empêchée par son directeur de rester à Thaeyls et retourna au Puy. Celte contradiction éprouvée par Mme Hivier, qui voulait faire de cette nouvelle compagne la supérieure de l'institut naissant, la rendit gravement malade. Dès qu'ellefut relevée de sa maladie, elle alla chercher une ancienne religieuse du couvent de Prade'des, Mme Dubès, qui avait été sa maltresse, qui consentità l'accompagner et à prendre sa place; mais les sœurs ne purent se risquer à cette substitution arrangée pa- l'humilité de Mme Hivier, qui fut ainsi forcée à garder la supériorité. Mme Dubès se relira, emportant une nouvelle estime pour la pieuse fondatrice. Celleci eut à peine repris sa position, qu'elle en sentit le poids d'une manière bien cruelle pour son cœur. Une de ses religieuses, ennuyée de la vie de communauté, et animée du plus mauvais esprit, chercha à dégoûter les pensionnaires du couvent et à les emmener avec elle pour fonder ailleurs un autre pensionnat, leur promettant plus de bien-être et plus de liberté. Mme Hivier, avertie de ses intrigues, lui lit les reproches qu'elle méritait, mais la coupable n'en profila point et osa traiter sa supérieure d'orgueilleuse et d'ambitieuse. Mme Hivier, après avoir consulté Dieu, chassa l'indigne religieuse, qui alors, devenue plus furieuse, ne mil )>lus de bornes à sa malignité, décria ses anciennes compagnes ; l'éducation et la
Pur. tri
nourriture qu'on donnait aux ieunes personnes, et ne négligea rien pour faire i<.»iber le pensionnat. Cet orage |»assé, il sVn éleva un plus terrible. Le comité révolutionnaire envova cent soldats en garnison à Thueyls, avec l'ordre de détruire le nouveau couvent et d'en disperser toutes les religieuses. Mme Hivier pria le Seigneur, espéra contre toute espérance, et le maire de J* commune obtint grâce pour le couvent.
Nouvelle persécution; on voulut, peu aprè«, que Mme Hivier et toute la communauté, ainsi que les pensionnaires, assistassent à l'assemblée de la Décade, par laquelle on avait remplacé le saint jour du dimanche Mme Hivier déclara au capitaine que ni elle, ni personne do sa maison, ne se soumettraient à un pareil ordre tout à fait contraire à ses principes. Par sa prudence et le crédit de ses amis, elle parvint à dissiper re nouvel orage. Toutes ces peines sont cruelles; mais les plus dures pour les personnes de communautés, sont celles qui viennent de leurs associés ou de leurs disciples. Ces peines, Mme Hivier les éprouva de nouveau de la part do la première maîtresse même du pensionnat, c'est-à-dire la |>ersoniie de laquelle elle s'y fût moins attendue, et qui par son Age, sa qualité d'ancienne religieuse, semblait lui promettre un continuel appui. Celle dame ne pouvait souffrir les représentations qu'un lui faisait sur son excès de délicatesse; elle se vantail aussi aux pareois et aux étrangers d'être la seule capable dans la maison, et surtout elle s'était familiarisée avec les grandes pensionnaires, et spécialement avec une d une manière scandaleuse. 11 fallut retrancher le mal.
Ces deux personnes, avant de partir, cherchèrent à toul perdre et à tout désorganiser dans la maison par leurs mauvais discours; au moment de leur départ, Thueyls se rassembla dans la rue du couvent, et «le toutes parts retentirent des paroles de blâme contre la supérieure. Plusieurs parents tron)|»és retirèrent leurs enfants. Plus tard cette religieuse rebelle eut beau solliciter son pardon, Mme Hivier montra une sage fermeté, ei refusa toujours de l'admettre de nouveau. Aux peines Dieu mettaildes compensation*; les enfants sortis rentrèrent, une ancienne religieuse de Saint-Joseph remplaça cdie qu'on avait éconduile. La communauié, «u milieu de ces troubles, ne perdait rien de esprit. Elle vivait sans se plaindre, il*"5 une pauvreté extrême, fa sant les œurreW< service les plus bas, en apparence, et lorsqu'on 171)9 on bâtit le premier réfectoire f( les premiers dortoirs, ce furent encore If sœurs qui firent l'office de manœuvre, p°r* lant I eau, le mortier et les pierres, i rr* épreuves, disons-nous, Dieu apportait^' compensations, et à celles que nous venu"* de mentionner nous ajouterons, connue u'i? fortune immense pour la nouvelle sociales rapporls que la fondatrice comœecÇ' avec Mgr d'Aviau, alors administrateur <u diocèse de Viviers, et surtout avec il. ï*tl9t Vvruet,(vicaire général, qui deviul lepo****
blCTIO.NNAlKF.
PflE DES OltmtES RELIGIEUX. PUE ||34
leur et lo supérieur de la Congrégation. Deux sujets distingués entrèrent dans l'institut, mais la joie qu'ils apportèrent fut aussi, plus tara* modifiée par les peines qu'ils causèrent è MuieRivier. De nouveaux membres entrèrent ; on créa un noviciat en règle. L'évêque du diocèse et le préfet du département visitèrent et félicitèrent la maison. Mme Rivier fut de nouveau créée par le prélat supérieure à vie, comme elle l'avait été par Mgr D'Aviau. Le premier établissement qui se Ut au dehors de la maison mère fut relui de Vernoux qui éprouva aussi et vil aplanir de graves difficultés. L'établissement de Time vis était toujours dans la gêne, et néanmoins, il ne put laisser passer l'occasion d'une acquisition tout a fait oportune, puisqu'il s'agissait d'un domaine voisin de l'établissement, occasion qui ne se serait plus présentée si ou l'eût laissé passer; la Providence vint encore sensiblement au secours de la maison. La supérieure nourrissait toujours l'idée de se démettre de la supériorité et chercha de nouveau, mais inutilement, à l'exécuter. Aux travaux ordinaires de l'administration de son institut, elle joignit un nouvel apostolat en allant dans plusieurs localités, ou, avec l'autorisation des curés, elle faisait une sorte de mission pour les personnes de son sexe, et cela avec le plus grand fruit. Aux épreuves extérieures dont j'ai parlé, Dieu joignit aussi, pour Mme Rivier, le mérite des épreuves intérieures, dont le poids, comme on sait» est bien pjus lourd que celui des maux corporels, qui l'accablaient néanmoins dans le même temps ; elle se croyait délaissée de Dieu, et destinée à éprouver toute la rigueur ds ses jugements ; elle ne pouvait se distraire des plus horribles tentations de désespoir; elle les combattait néanmoins et priait, mais la paix et le bonheur fuyaient toujours loin d'elle. Les communions ne se faisaient que par obéissance. Autres chagrins : les ennemis de la religion prirent occasion Jes retraites qu'elle donnait et de ses autres œuvres de zèle pour indisposer le gouvernement contre la maison do Thueyts, et en demander la suppression. La fondatrice sut intéresser les maires, le préfet, et assura l'existence de sa maison, qui bientôt prit le nom de maison ou communauté de la Présentation, à la place de celui de maison de l'instruction qu'elle portait auparavant. Il fut arrêté qu'on donnerait à Mme Kivier le uom de Mère. Ceci se passa le 20 mai 180t. La fondatrice, et c'est là le principal, au milieu de tant de travaux, no perdait point de vue sa propre sanctification, et était soigneuse surtout de faire régulièrement la retraite annuelle, surtout dans quel-
Îue liou do dévotion dédiéà la sainte Vierge, a providence visible pour la congrégation naissante, fut M. l'abbé Vernet qui, obligé à quitter le séminaire dont il était supérieur, vint se fixer a Tnuevts, h la fin de 1 époque de l'empire, et là rédigea des constitutions définitives ; ce qui prouve qu'où avait eu la sagesse de ne pas se hâter de donner des
règles, autres que provisoires. Demeurant dans la maison môme, M. Vernet, qu'on peut regarder comme cofondateur, aidait Mme Rivier dans l'administration de la communauté, et relevait le courage des religieuses dans ces mois d'épreuves et de guerres. C'était l'époque où le retour des Bourbons allait bientôt donner à la religion des espérances, hélas! si illusoires! Le 21 novembre 1814, Mme Rivier commença l'œuvre des orphelines délaissées, qui fut continuée après elle, elle en fit un des statuts de sa congrégation. Après de nouvelles épreuves personnelles, elle eut la satisfaction d'acquérir a Bourg-Saint-Andéol un ancien couvent dont elle fit le chef-lieu de son institut. En l'année 1819, Mgr Démons, administrateur du diocèse de Viviers, vint visiter cet établissement , continua M. Vernet dans sa charge de supérieur de In communauté et de la congrégation. Celui-ci donna »lors une forme et une organisation définitive à la communauté, dressa le tableau des Electrices d'après le scrutin des Anciennes , fit quelque changement au costume régulier pour l'éloigner le plus possible des usages des personnes séculières. A la fin, il bénit tout le nouveau couvent, ce que lévêque n'avait pas eu le temps de faire. A cette cérémonie, les sœurs portaient leur nouveau costume et les musiciens de la ville chantèrent le Te Deum. La. congrégation nouvelle se fortifiait de plus en plus; elle était consacrée à Saint-Régis; Mme Rivier désira aller à la Louvesc vénérer les reliques du saint patron, et visita, chemin faisant, plusieurs de ses établissements, et après avoir fait un petit séjour a Thueyts, elle rentra à la maison mère, où de nouveaux sujets de peine allaient bientôt se présenter. Le ministre de l'intérieur avait ordonné de soumettre les maltresses et soosmaltresses des pensionnats à l'inspection et à la surveillance d'un bureau de dames du monde. I.« préfet de l'Ardôche annonça à Mme Rivier la ferme volonté où il était de mettre cet arrêt à exécution. On conçoit la contrariété qu'éprouva Mme Rivier de voir ses filles formées par un long noviciat, soumises à la censure de dames du monde qui, le plus souvent, n'entendent pas la tenue des écoles, pas même le gouvernement des enfants. Elle eut recours à la prière et espéra. Elle eut raison, car les préfets des départements où elle avait des établissements la rassurèrent, et l'arrêté du ministre de l'intérieur ne fut point exécuté. Ce fut dans ce temps qu'elle fit approuver par l'évêque de Mende les règles de la congrégation et les livra à l'impression, après une expérience de viugt anuées. Bientôt de nouveaux établissements vinrent ajouter à sa satisfaction, mais toujours avec compensation d'amertume, tantôt d'un genre, tantôt de l'autre. Une joie sans trouble vint dans ce temps la consoler. Ce fut celle que lui causa le rétablissement du siège de Viviers. Peu de temps après, elle établit ce tiers ordre, dit de la Saintc-Famitli.
Une ordonnance rouille. ! n 29 mai 1830, donnée par Charles X, approuva la < ongié-alion de i la Présentation, mais deux mois plus lard, Ja lunostc révolution de Juillet, vint la faire trembler pour la France entière, pour la religion, pour sa congrégation surtout. Comme je le répète à chacune de ses épreuves, Mine Uivier eut encore recours a la prière. La sainte fondatrice désirait depuis longtemps voir sa société établie en Savoie; elle eut cette consolation en 1832. Un saint prêtre du pays, M. Picolct, lui demanda une colonie pour la paroisse de Saint-Julien, son lieu natal. Cette nouvelle communauté se furma en effet avec la permission des deux évéques respectifs, et depuis, d'antres établissements se formèrent dans le même pays, où elle fut aussi légalement reconnue. La congrégation s'étendait aussi en France, mais tout I institut ressentit bientôt une atlln tion générale, lorsque des s\mptômes d'hydropisie se déclarèrent dans Mme Uivier. Sa dernière et longue maladie eut lieu en 1837, et se prolongea jusqu'à l'année suivante. Après avoir été "comme toujours un modèle de patience et do résignation au milieu des souffrances, après avoir reçu souvent la sainte Eucharistie dans les sentiments de la plus grande piété, elle mourut le samedi 3 février 1838, rendant son ame à Dieu dans un sommeil paisible et sans la moindre convulsion. L histoire de sa vie donnée par M. l'abbé Hanion, en parlant avec un grand talent de ses vertus et de ses établissements, ne dit malheureusement rien des constitutions do l'Institut, t e qui, en effet, n'entrait point dans sa tâche. Les religieuses sont vêtues de noir; I ou peut se faire une idée de leur costume dans le portrait de Mme Uivier. B. i>. i:.
Statuts de cette congrégation.
1* Les Sœurs de la Présentation de Marie
nif.TIONNAmn
ment autant d'élèves indigentes qu'il leur est possible.
G" Le principal soin des sœurs est de former leurs élèves aux bonnes mœurs, a la religion, à l'amour du travail, h l'esprit d'ordre, au respect pour leurs parents et pour les supérieurs ecclésiastiques et civils.
7" La supérieure fait tous les ans, par elle-même, ou par des sœurs commises à «et effet, la visite des écoles.
8° Il n'y a qu'un seul noviciat attaché à l.i maison mère. On exi^e deux ans au moins de noviciat, dont une partie est passée dans une école pour y faire ses premiers essai*.
9° A leur réception, les sœurs assurent à la maison mère, une dot, dont le maximum est de trois mille francs.
10* Pour le surplus de leurs biens elles en conservent la propriété, ainsi que de cent qui peuvent leur survenir par succession ou autrement, et elles peuvent en disposer conformément aux lois. Quant à l'usufruit, m elles en jouissent, la supérieure veille seulement à ce qu'elles en fassent un usage convenable a leur état.
11* La congrégation s'engage, dès le jour do leur réception, à les nourrir, a les entretenir, et à en prendre soin tant en santé qu'en maladie le reste de leurs jours.
12" Les profits que les sœurs peuvent faut par leur travail ou dans leurs écoles ou pensionnat, appartiennent à la congrégation, et elles en rendent compte à la supérieure.
13* Les sœurs ne se lient h l'association par aucun vœu. Elles sont toujours libres de sortir, comme aussi la congrégation peut les en exclure si elles le méril- nt par leur inconduite.
ik° Lorsqu'une sœur meurt dans la conr grégalion, sa dot, ainsi que son trousseau, et autres effets dans la maison, sont irrrétocablement acquis h la maison mère.
15° Si elle sort volontairement de la cen-
se consacrent a l'éducation de la jeunesse grégalion ou si elle en est exclue, sa <!;• de leur sexe dans les campagnes comme ' ^'llll'ril|;l:i^ 'irn,,,ll',,!l"-
dans les villes.
2° La congrégation est gouvernée par une supérieure générale qui est inamovible jusqu'à l'âge de soixante ans. C'est elle qui nomme aux divers emplois do la maison mère et des divers établissements qui en dépendent.
3* La supérieure est éclairée et soulagée oans son gouvernement par un conseil permanent, et par l'assemblée générale composée de sœurs anciennes élues à cet effet par la même assemblée qui représente la congrégation. C'est cette môme assemblée qui nomme la supérieure générale.
k' Pour la validité des actes administratifs, il suffît qu'ils soient signés par la supérieure ou celle qui lient sa place en cas d'absence ou de maladie, et par deux de se* conseillères.
5* Les écoles publiques sont la principale rieur de la congrégation, les sœurs se i occupation des sœurs. Elles forment le vœu forment aux règle* approuvées par-W* qu'il puisse en être établi partout de gra- vèque. , tuiles. Jusque-15, elles reçoivent gratuite- 18" Elics sont soumises, poune spmiw»
t lui
est rendueenentieren trois payements egw
de six en six mois, le premier six mois 9\vh
sa sortie. .
Mais la congrégation à le droit de retenr la pension qu'elle pourrait n'avoir pas pendant son temps d'épreuves, ou le montant des fournitures à elle faites, ou les dépenses qu'elle aurait occasionnées hors de l'ordre commun; le tout en conformité^ règles pour le régime intérieur.
Afin d'éviter toute discussion, il est convenu entre la congrégation d'un côté et les sœurs avec leurs parents de l'autre, qoen cas de mésaccord, on s'en rapportera toujours, sans appel, à la décision de Mgr levèque ou du supérieur par lui nommé.
1G" Les épargnes que peut faire la congrégation sont consacrées au soulagement w pauvres et surtout des jeunes orphelines qu'elle adopte pour ses enfants. .
17" Pour tout ce qui tient au régime mie*
PRB
OES OUDRES RELIGIEUX.