DES SŒURS DE
Suite. — (Voir la 1" partie de cette notice, col. 681 et suivantes).
Sa fin. La congrégation, (jui est placée sous le vocable et le patronage de saint Joseph, et dédiée au Sacré-Cœur de Jésus et au saint el immaculé Cœur de Marie, a une double lin.
La première, qui lui c*t commune avec toutes les congrégations religieuses, a pour objet la sanctification personnelle de ses membres, par l'observance des devoirs et pratiques dé la vie religieuse et régulière; la seconde a pour objet le salut du prochain, soit au moyen de l'éducation, soit par celui des œuvres de charité corporelles, telles que le soin, le soulagement des pauvres el des malades. Dans son œuvre d'éducation, l'institut embrasse les diverses classes de la société, depuis la classe pauvre jusqu'à la classe la plus élevée, et les divers Ages, depuis l'enfance jusqu'à l'Age adulte. Quant aux œuvres de charité, elles s'étendent particulièrement au service des aliénés, des vieillards dans les hospices, et des malades dans les hôpitaux.
Ainsi qu'il a été facile de le voir dans la partie qui précède, il exerce son zèle, sous ce double rapport, non-seulement dans la France . qui a été son point de départ, mais encore en Asie, en Afrique, Amérique et Océanic, et il va, celte année même, 1859, essayer de se faire jour dans la grande terre de Madagascar, afin de servir d'humble auxiliaire aux missionnaires, pour tenter de faire pénétrer dans celte île la lumière de l'Evangile et la foi catholique.
Pour parvenir à leur première fin, c'est-àdire leur sanclilicalion personnelle, les sœurs de Saint-Joseph, après deux années d'épreuve qui forment le temps du noviciat, se consacrent à Dieu et se lient à l'institut par les vœux simples, soit temporaires, s'oit perpétuels, de pauvreté, de chasteté et d obéissance.. C'esl là la première base fondamentale de la société.
Ces vœux ne se font d'abord que pour Irois aus, à l'expiration desquels a heu l'émission des vœux de cinq ans ou des vœux perpétuels, suivant la décision des supérieures et la demande des sujets. Quoique les vœux perpétuels ne soient pas obligatoires, on n'admettrait cependant pas à la profession une personne qui n'aurait point l'intention formelle de persévérer dans l'institut.
Le vœux de l'obéissance exige une grande docilité, un grand abandon de volonté, l'oubli de soi-même, de ses intérêts propres, pour aller, au moment le plus inattendu, partout où il plaira aux supérieures d'envoyer, soil en France, en Europe, ou dans les pays les plus éloignés ; pour accepter tous les emplois, en changer suivant les intérêts de l'institut.
Quant au vûïu de pauvreté, qui varie d'étendue dans les iiHituts religieux, il cun-
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siste, pour la congrégation de Saint-Joseph, à n'avoir rien en propre, soit argent, soil objet quelconque, à ne disposer de quoi que ce soit, n'ayant que l'usage des choses fournies par la communauté ; mais il permet à chacun «le conserv er ses biens de famille, de recevou ceux qui arrivent par voie de succession; toutefois, les revenus reviennent à la congrégation , à qui seule il appartient d'en disposer.
Les exercices de piété adoptés dans la société, pour l'avancement spirituel de ses membres non moins que pour la sanctification du prochain, sont : la méditation, l'examen particulier et général, la lecture spirituelle, la récitation du petit Office de la sainte Vierge, du chapelet et de quelques autres prières vocales, sans parler de la reddition de conscience et du chapitre des coulpes. Tous ces exercices se font en commun ; car ce qui fait la seconde base constitutive de la société, c'est lavie commune, nui oblige ses membres à vivre en communauté, et à ne pouvoir demeurer seuls dans un établissement.
La règle ne prescrit aucune austérité, attendu la vie active et de dévouement à laquelle se livrent les membres de l'institut. Les fatigues, les souffrances journalières dans des emplois qui épuisent facilement les forces, leur tiennent lieu de pénitences plus rigoureuses. Ce qui doit particulièrement faire leur vie à eux, c'est 1 esprit de sacrifiée et de renoncement, le dépouillement du jugement et de la volonté propre
Cet institut, dont la fin vient d'être exposée ainsi que les moyens à l'aide desquels il l'accomplit, se compose, outre les postulantes et les novices, de sœurs dites de chœur, et de sœurs converses. Celles-ci font les mêmes vœux que les premières : elles sont soumises à la môme règle, suivent les mêmes exercices, sauf la récitation de l'Office, qui est réservée aux sœurs de chœur. Elles sont parliculièremcnl employées aux travaux matériels qu'exige le service des communautés.
Les unes et les autres ont un costume différent qui les fait facilement reconnaître : celui des premières comprend une robe de laine bleue à manches larges et relevées en forme de parement, une ceinture, un grand seapulaire d'étamine noire ; un chapelet à gros grains avec un crucifix suspendu au côté gauche ; une croix portée sur la poitrine et suspendue par une torsade bleue. Elles portent, de plus, un anneau au doigt annulaire de la main gauche, comme marque distincte de leur alliance avec l'Epoux céleste qu'elto ont choisi pour leur partage.
Le costume des secondes se compose d'une robe également bleue, d'un tablier et d'un mouchoir en laine noire, d'une petite canette blanche couverte d'un petit voile noir, et d'un crucifix suspendu au cou par ufl cordon noir. Les sœurs converses ont aussi un anneau à la main gauche.
Son organisation. La congrégation est divisée en provinces, et subdivisée en communautés. Son gouvernement est celui-ci
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DF.S OKDBES RELIGIEUX.